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Full text of "Méthode pour prérarer les enfants à la première communion"

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MÉTUODË 



POUR PRÉPARER LES ENFANTS 



A LA 



PREM1ÈBE COMMUNION 



PAR 






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J. SCHMITT,! n °- M. x & 



Répétiteur au Séminaire archiépiscopal de 



TRADUIT SUR LA TROISIÈME ÉDITION ALLEMANDE 

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L. H. SCHOOFS, 

Curé de Tilleur (diocèse de Liège). 



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• BRUXELLES 

H. GOEMAERE, LIBRAIRE-ÉDITEUR, 

IMPRIMEUR PONTIFICAL. 
1870 



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Approbation de l'Archevêché de Malines. 

Imprimatur. 
Mechlinias, 43 Septembris 1869. 

J. B. LAUWERS, Yic. Gen. 



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Approbation 

DE MONSEIGNEUR THÉODORE DE MONTPELLIER, 
ÉVÊQUE DE LIEGE. 

Ayant fait examiner la traduction française de la Méthode pour 
préparer les enfants à la première Communion, par J. Schmitt, et 
reçu l'assurance que cette traduction pourra être employée en Belgique 
avec la même utilité que le texte original en Allemagne, Nous nous 
faisons un devoir de l'approuver et de féliciter le Traducteur 
M. L. H. Schoofs curé de Tilleur-lez-Liége, d'avoir utilisé ses loisirs 
à une œuvre aussi recommandable. En effet la préparation des enfants 
à la première Communion est chose tellement importante, que Nous 
ne laissons passer aucune occasion de la recommander dans nos exhor- 
tations au clergé et dans nos réunions synodales. L'ouvrage de 
J. Schmitt a reçu d'ailleurs de la part de Monseigneur l'Archevêque 
de Fribourg une approbation bien méritée et à laquelle Nous souscri- 
vons pleinement. 

Donné à Liège, le 4 mars, 1869. 

f THÉODORE, Évêque de Liège. 



Approbation 

DE MONSEIGNEUR HERMAN V1CARI, 
ARCHEVÊQUE DE FRIBOURG. 

Non-seulement nous accordons volontiers notre approbation à l'ou- 
vrage qui a pour titre : Méthode pour préparer les enfants à la première 
Communion, par M. J. Schmitt, mais nous le recommandons encore de 
la manière la plus chaleureuse au clergé paroissial, auquel il pourra 
rendre des services signalés dans Tune des fonctions les plus impor- 
tantes et les plus salutaires du ministère pastoral, celle de former les 
enfants à la piété. 

Que le divin Ami des enfants daigne bénir le vénérable auteur pour 
son travail distingué. 

Fribourg, le 8 mars, 1865. 

f HERMAN, Archevêque. 



AVIS DU TRADUCTEUR 



Nous savons qu'il ne manque pas de Manuels pour préparer les 
enfants à la première Communion. Depuis quelques années surtout, on 
en a publié un grand nombre en France, en Allemagne, en Belgique, 
et la plupart de ces ouvrages semblent écrits avec beaucoup de soin. 
Rien n'y manque, ni pour le choix des expressions, ni pour la noblesse 
du style,'ni pour l'harmonie des phrases; en un mot, la correction y est 
unie à l'élégance, et les exigences des oreilles les plus délicates doivent 
y trouver leur compte. Tout cela est fort bien ; nous n'y trouvons 
qu'un seul défaut, c'est, nous semble-t -il, celui d'être trop bien écrits 
pour la classe de ceux à qui ces ouvrages sont spécialement destinés. 
Prenez en effet la plupart des enfants, c'est-à-dire ceux qui appartien- 
nent aux classes pauvres, aux familles d'ouvriers, ou qui vivent dans 
les campagnes, que comprennent-ils le plus souvent à ces belles et 
élégantps expressions qu'ils n'ont jamais entendues, à ces périphrases 
riches et harmonieuses qu'ils ne peuvent déchiffrer, à ces comparai- 
sons originales et poétiques dont ils ignorent l'objet, à ces instructions 
bien arrangées, soigneusement limées, dignes parfois d'être prêchées 
dans la chaire d'une vaste cathédrale? Les pauvres enfants souvent 
n'y comprennent rien, et conséquemment quels fruits peut-on espérer 
de cette littérature presque académique, où l'écrivain semble avoir 
pensé trop souvent à lui-même, au lieu de s'oublier? 

L'auteur et le traducteur de cette Méthode, au risque de passer 
pour de piètres écrivains, s^ sont bien gardés de vouloir viser à cette 
élégance et même à la correction que prescrivent les règles de la syn- 
taxe; ils n'ont eu qu'une seule chose en vue : être utile aux enfants, 
sauver leur âme précieuse, et pour cela, se faire comprendre. C'est 
pourquoi ils se sont efforcés d'adopter, autant que possible, le langage 



Il AVIS DU TRADUCTEUR. 

dos enfants, langage simple, naïf, parfois même incorrect; ils ont 
choisi, entre différentes expressions, celle qui est la plus claire, la 
plus populaire; ils n'ont pas craint, au lieu de recourir aux relatifs en 
y, dont etc., de répéter souvent le mot propre, afin de mieux fixer 
l'attention des enfants et de se rendre plus intelligibles; en un mot, 
ils se sont faits enfants avec les enfants, et se sont plus à bégayer en 
quelque sorte un langage qu'on ne rencontre guère dans les livres. 
Pourvu que leur travail produise du bien, qu'ils puissent être compris 
des enfants, cela leur suffit ; les éloges ou les critiques des littérateurs 
ne les inquiètent pas. 

Que ce nouveau livre aille donc dans le monde, accompagné des 
bénédictions du divin Ami des enfants! 

L. H. SCHOOFS. 

Tilleur, fête de l'Assomption, 1869. 



PRÉFACE 

DE LA PREMIÈRE ÉDITION ALLEMANDE. 



Le désir de venir quelque peu en aide à mes vénérables 
confrères, dans une des fonctions les plus importantes du 
ministère pastoral, m'a décidé à publier ce travail. Je n'ai que 
peu d'observations préliminaires à présenter. 

Le catéchisme qui a servi de fondement aux instructions 
sur la sainte Eucharistie, est celui du P. Deharbe, adopté 
dans le diocèse de Mayence. En l'expliquant, je me suis 
attaché exclusivement au texte catéchistique, et servi d'un 
langage qui puisse être généralement compris des enfants. Ce 
ne sont pas de simples matériaux que j'ai fournis au caté- 
chiste, et sur lesquels il aurait dû travailler pour leur donner 
la forme simple et naïve du langage des enfants, mais j'ai 
essayé de lui procurer un travail tout fait, qu'il pût utiliser 
immédiatement. 

Quoique la méthode, par demandes et par réponses, mé- 
rite en général la préférence sur toutes les autres, quand il 
s'agit simplement de donner des explications, j'ai cru néan- 
moins qu'elle ne devait pas dominer ici, et cela pour des 
motifs faciles à comprendre. En effet, lorsqu'on s'adresse au 
cœur et à la volonté des enfants, il faut un discours continu, 
entraînant, et voilà pourquoi l'on trouvera maintes fois dans 

MÉTHODE, ETC. 1 



II PREFACE. 

manuel dos passages plus longs et plus développés que 
ceux dont on se sert d'habitude dans le catéchisme. 

Si je me suis borné à faire uniquement des instructions sur 
la sainte Eucharistie et sur quelques parties du Sacrement de 
Pénitence, sans toucher à d'autres matières que l'on traite 
fréquemment et dont on doit s'occuper autant que possible, 
quand il s'agit de la préparation à la première Communion, 
c'est que je voulais m'attacher au plus nécessaire, et si j'avais 
fait entrer dans mon travail ces différentes matières, il est 
probable qu'on n'aurait pas pu s'en servir partout, puisque 
leur utilité dépend des lieux et des circonstances. 

Les exemples et les récits mêlés aux instructions, ont été 
empruntés en grande partie aux ouvrages catéchistiques de 
J. E. Schmid et du P. Deharbe, au recueil de Sermons du 
P. Hunolt et à d'autres auteurs. J'ai cru qu'il était superflu de 
citer chaque fois la source où j'ai puisé. 

Daigne la bénédiction du Très-Haut accompagner ce petit 
livre î 

S. -Pierre, le 20 Février 1865. 

L'AUTEUR. 



PRÉFACE 

DE LA DEUXIÈME ÉDITION ALLEMANDE. 



Peu de mois après que la première édition de ce petit ou- 
vrage, tiré à 2000 exemplaires, eut paru, je fus informé qu'une 
seconde était devenue nécessaire. Elle paraît donc, mais à 
peu près dans le même état. Il m'a semblé, qu'il ne fallait pas 
y introduire de notables changements, puisque d'aucune part 
on n'en réclamait, et l'accueil si empressé qu'a reçu mon tra- 
vail, prouvait suffisamment l'utilité pratique de la forme primi- 
tivement adoptée. C'est avec reconnaissance que j'ai mis à 
profit les observations et les remarques de mes vénérables 
confrères, lorsqu'elles me paraissaient fondées. Que les béné- 
dictions de Dieu, à qui seul doit être attribué le succès de ce 
travail, daignent ne pas lui faire défaut dans la suite ! 

S. -Pierre, le 27 Septembre 186o. 

L'AUTEUR. 



PRÉFACE 



DE LA TROISIÈME ÉDITION ALLEMANDE. 



Cette nouvelle édition n'a pas subi de changements sensi- 
bles dans sa forme. Seulement le livre a été augmenté par 
l'addition d'un grand nombre d'exemples, qui donnent au 
catéchiste l'occasion de varier de temps en temps, et qui 
peuvent être utilement employés dans les sermons (auxquels, 
nous le savons, cet ouvrage a servi çà et là). De plus nous 
avons ajouté, comme supplément, une suite de plans de ser- 
mons, qui pourront être mis à profit le jour de la première 
communion des enfants et pendant l'Octave du Très-Saint 
Sacrement. 

Je recommande de nouveau cette édition à la protection di- 
vine et à la bienveillance de mes vénérables confrères. 

Du séminaire de S. -Pierre, le 14 Mai 1868. 

L'AUTEUR. 



METHODE 



POUR PRÉPARER LES ENFANTS 

A LA PREMIÈRE COMMUNION 



PREMIÈRE SECTION. 



INDICATIONS POUR LE CATÉCHISTE. 

4. de l'importance de la première communion et de l'instruction 
préparatoire a la première communion. 

Dans ces quelques pages, il ne peut s'agir de faire un traité 
complet sur la manière dont les Pasteurs doivent préparer 
les enfants à la première Communion, ni de discuter à fond 
toutes les questions qui s'y rapportent; nous ne voulons que 
communiquer simplement à nos vénérés collègues, quelques 
observations, certaines remarques, pour qu'ils les méditent 
et les prennent à cœur. 

Pour que la première Communion soit faite d'une manière 
vraimentdigne, qu'elle produise des fruits abondants, etexerce 
une heureuse influence sur le reste de la vie, sachons-le, cela 
dépend, en grande partie, de la manière dont les enfants y ont 
été préparés ; et cette préparation sera plus ou moins bonne, 
d'après l'instruction préparatoire qui aura été donnée aux 
enfants. Donc tout ce qui prouve l'importance de la première 
Communion, prouve aussi l'importance et la nécessité d'une 
solide instruction à donner à ceux qui s'approchent, pour la 
première fois, de la Table sainte. 



b MÉTHODE POUR PRÉPARER LES ENFANTS 

Or l'importance de la première Communion paraît évi- 
dente, quand nous considérons : 

I. Les enfants. A l'époque où ceux-ci sont admis à la pre- 
mière Communion, ils se trouvent sur le seuil de cet âge qui 
sert de pierre fondamentale à tout le reste de la vie. Alors 
s'approche une période où commence dans l'âme humaine un 
travail mystérieux, où se déclarent des passions que jus- 
qu'alors ils n'avaient que peu ou point ressenties, et où une 
action plus libre et personnelle va remplacer la contrainte 
dans laquelle on les a tenus. Ce que la floraison, au printemps, 
est pour la vigne et pour les autres plantes, les années de 
la jeunesse le sont pour la vie humaine ; règle générale, les 
jeunes années décident de toutle restedela vie (4) . Orlapremière 
Communion décide, elle aussi, en règle générale, du temps de 
la jeunesse. Un poëte païen en faisait déjà la remarque, lors- 
que, pour montrer combien les premières impressions de- 
meurent souvent gravées au fond de l'âme, il disait : Quo 
semel est imbuta recens servabit odorem testa diu; et chacun 
a pu en faire l'expérience par soi-même. Combien donc n'est- 
il pas important que le calice de ces fleurs si fraîches, qui 
vont s'épanouir, je veux dire les âmes des enfants, s'ouvrent 
d'abord à la lumière, à la pure rosée du ciel et non au souffle 
fétide des principes corrupteurs et des habitudes vicieuses? 
Combien n'est- il pas important que celui qui, le premier, 
trouve l'entrée de ces jeunes cœurs, soit, non le démon, mais 
Jésus-Christ! 

Cette importance de l'instruction et de l'éducation des en- 
fants se montre plus évidente que jamais, surtout de nos 
jours. Or le couronnement de l'éducation à donner à l'en- 
fance, c'est la première Communion, et par conséquent l'ins- 
truction qui la précède. Car, dans la sainte Communion, tout 
le but de l'éducation, qui consiste à conduire les enfants à 
Dieu, est atteint comme anticipativement. 

L'expérience le confirme pleinement. C'est en effet à l'épo- 
que de la première Communion, que se lève pour un grand 

[i) Aflolescens juxta viam suam, etiam cum senuerit, non recedetab ea. 

Prov. 22. 6. 



A LA PREMIERE COMMUNION. 7 

nombre d'enfants la radieuse étoile qui les conduit dans le 
sentier du salut et ne s'éteint plus devant leurs regards ; alors 
apparaît en eux l'aurore d'une nouvelle vie surnaturelle, au 
milieu de laquelle ils sentent une joie toute religieuse, une 
paix douce et intérieure qui les lie comme par une chaîne 
étroite et ferme à Jésus- Christ, et les empêche de s'égarer ou 
de tomber dans l'abîme. Et chez les enfants mêmes qui, dans 
les orages delà vie, se laissent séparer de leur Sauveur et font 
naufrage, la première Communion bien faite n'est point per- 
due pour cela. Comme l'éducation, donnée par une mère 
réellement vertueuse, influe beaucoup sur tout le reste de 
la vie, et fait revenir plus aisément dans le bon chemin le 
pauvre enfant prodigue, ainsi en est-il d'une première Com- 
munion bien faite. Que de fois, dans le cœur de cet enfant 
égaré, s'élèvent des soupirs et des regrets, quand il se rappelle 
sa première Communion, l'innocence, la sainte joie et la paix 
céleste qui régnaient alors dans son cœur ! Que de fois 
viennent s'y joindre des remords de conscience, suivis de cette 
résolution : Surgam et ibo ad Patrem (S. Luc. 15. 18.). Oui, 
chez un grand nombre, il faut bien le dire, la racine de leur 
bonheur ou de leur malheur éternel va toucher à leur pre- 
mière Communion. 

Ajoutez à cela que, lors des instructions préparatoires à la 
première Communion, les enfants se montrent spécialement 
bien disposés, de bonne volonté et dociles; puis le divin 
Sauveur leur accorde pendanteette époque des grâces en abon- 
dance. Tel le soleil, avant de semontrer au-dessus de l'horison, 
envoie au-devant de lui les doux rayons d'une lumière 
rosée, pour annoncer sa prochaine venue : tel le divin Sau- 
veur, avant de se lever comme soleil de la grâce divine dans 
les cœurs. Aussi tout prêtre, qui s'est déjà occupé de prépa- 
rer les enfants à la première Communion, aura pu remar- 
quer qu'ils sont plus assidus, plus zélés, plus tranquilles, 
plus appliqués à se corriger de leurs défauts, plus exacts et 
fervents à dire leurs prières et à faire leurs exercices de 
piété. 11 s'agit donc de bien profiter de ce temps et de cette 
circonstance, car l'occasion ne s'en présentera plus dans la 
suite. 



8 MÉTHODE POUR PRÉPARER LES ENFANTS 

2. Pour le reste de la paroisse, la première Communion des 
enfants et l'instruction qui la précède, sont également d'une 
grande importance. 

Je ne veux point parler ici de l'impression si vive, si pro- 
fonde, si émouvante que la solennité de la première Commu- 
nion produit sur le cœur des grandes personnes, même sur 
le cœur de celles qui ne sont pas facilement impressionnables 
sous ce rapport. Je ne prétends pas faire ressortir longue- 
ment , comment les enfants bien préparés à la première 
Communion, opèrent souvent, comme de petits apôtres, des 
prodiges de conversion dans leurs familles, par leur zèle, 
leur foi vive, leur délicatesse de conscience, leurs prières, 
leurs exhortations (1). 

Il n'y a qu'un point sur lequel je voudrais surtout attirer 
l'attention. On se plaint beaucoup de la corruption de la gé- 
nération actuelle, du développement de l'impiété et des mau- 
vaises mœurs, etc. Si ces plaintes sont fondées, il est évident 
qu'il faut surtout y remédier, en donnant des soins tout par- 
ticuliers à l'éducation de la génération nouvelle, en plantant, 
en nourrissant et en conservant dans le cœur de la jeunesse 
qui s'élève, la foi, la piété et les mœurs pures. Or l'un des 
plus puissants moyens pour y arriver, c'est la première Com- 
munion ; c'est là le grand levier. De même que le respect 
envers la sainte Eucharistie, le fréquent usage de cet auguste 
Sacrement, est en général, non-seulement le thermomètre qui 
montre où en est la vie chrétienne, mais encore le moyen le 
plus efficace pour y faire des progrès ; de même la première 
Communion est une pierre de touche, pour savoir jusqu'à 
quel pointlaviereligieuse s est éveillée dans l'âme des enfants ; 
et, quand ils l'ont bien faite, c'est la meilleure garantie 
qu'ils la recevront encore fréquemment. Ainsi la vie de leur 
âme, après s'être épanouie comme un arbre en fleurs, pro- 
duira des fruits de piété et de sainteté. Mais une première 
Communion bien faite jettera surtout dans le cœur d'un grand 

(1) Je connais quelques cas où, par exemple, un enfant ne se donna pas 
do repos qu'il n'eût reconcilié ses parents avec leurs voisins, et où la con - 
version de plusieurs membres d'une famille fut amenée par la première 
Communion d'un enfant. 



A LA PREMIÈRE COMMUNION. 9 

nombre d'enfants les bases d'une tendre dévotion envers la 
sainte Eucharistie, ce qui est d'une importance incalculable. 
L'ennemi capital que notre siècle doit combattre, c'est le natu- 
ralisme et le matérialisme sous toutes ses formes. Pour s'y 
opposer avec succès il faut que, dans l'enseignement reli- 
gieux, on fasse ressortir particulièrement le côté surnaturel 
du Christianisme, dans son origine, dans sa foi, dans sa vie et 
dans son but ; il faut, en présence des appétits d'une brutale 
sensualité qui tourmentent la société actuelle, que, dans la 
pratique, on ait soin surtout de porterie chrétien à régler sa 
conduite d'après les principes surnaturels, sur la vie de la 
foi, sur la vie de la grâce. Or comme il n'y a pas de dogme, où 
notre foi fasse sentir plus vivement à notre esprit combien elle 
est surnaturelle, élevée au-dessus de la raison et exige de nous 
une complète soumission, que dans le dogme de la présence 
réelle de Jésus-Christ dans la sainte Eucharistie, ainsi, dans 
aucune autre institution du Christianisme, ne se manifeste 
plus clairement que dans la sainte Communion, que la vie 
de tout chrétien doit être une vie surnaturelle, mystérieuse- 
ment unie à Dieu, venant de Dieu et nourrie par Dieu. Il 
n'est aucune autre institution divine, où la vie surnaturelle 
de la foi et de la grâce trouve une nourriture plus abondante 
et plus riche, une vertu et un fortifiant plus efficaces que dans 
la sainte Communion. Aussi un des problèmes capitaux à 
résoudre par notre époque, c'est celui de propager et d'incul- 
quer autant que possible dans les cœurs, la dévotion envers 
le très-saint Sacrement, et l'usage fréquent de la Commu- 
nion. En effet quand l'Eglise se renouvelle et se fortifie inté- 
rieurement dans ses membres, quand dans ses veines coule 
la vie de la grâce avec une nouvelle vigueur, alors le triomphe 
est proche, alors elle pourra répandre dans des espaces tou- 
jours plus vastes, la lumière surnaturelle, et y réveiller la vie 
vraiment spirituelle. Mais, d'un autre côté, si l'homme, au 
jour de sa première Communion, n'a pas appris à recevoir 
saintement son Dieu, s'il n'est point parvenu à ressentir, au 
pied de la Table sainte, ces pieuses jouissances de l'âme, cet 
amour profond pour le Dieu eucharistique, comment serait-ce 
possible plus tard, à moins d'un secours spécial de Dieu ? 



10 MÉTHODE POUR PRÉPARER LES ENFANTS 

3. Eutin pour le Catéchiste lui-même, c'est quelque chose 
de bien important que de préparer avec soin les enfants à la 
première Communion, parce que le succès de ses autres tra- 
vaux et son propre salut peuvent en dépendre. D'abord, par 
les soins assidus qu'il prodigue aux enfants, il gagne avec fa- 
cilité le cœur des parents et se fraye ainsi le chemin à plus 
d'une influence efficace. Il s'attache ensuite le cœur des en- 
fants ; et que n'a-t-on pas gagné, quand les enfants s'atta- 
chent au prêtre avec une affection, une confiance toutes filia- 
les ? quand ils lui ouvrent exactement leur cœur, pour lui 
faire connaître à temps les dangers et les tentations qui les 
menacent? Quel puissant moyen de salut le prêtre n'a t- il 
pas à sa disposition pour ressaisir ou retenir plus tard ces 
enfants, quand ils descendent dans l'abîme, et pour les ra- 
mener à Jésus-Christ ? 

Mais la préparation soignée des enfants à la première Com- 
munion, influera encore sur l'âme du catéchiste lui-même; 
elle la rafraîchira, la réjouira, et lui donnera comme une vie 
nouvelle. Ainsi, lorsqu'il expose aux enfants l'amour infini de 
leur divin Sauveur et le bonheur qui les attend ; quand il voit 
la fermeté de leur foi naïve, l'ardeur de leurs désirs, sa foi et 
sa charité ne doivent-elles pas devenir, à leur tour, plus vi- 
ves, plus simples et plus généreuses ? De même que le souffle 
tiède des zéphyrs printaniers, et les chauds rayons d'un soleil 
d'Avril dissipent le froid, raniment la vie dans les plantes et 
les fleurs; ainsi son cœur de prêtre sentira la douce influence 
d'un souffle bienfaisant qui le ranimera, qui chassera de son 
âme le froid et la sécheresse, qui fera éclore les boutons et 
les fleurs de la charité. Quand même il éprouverait à cette oc- 
casion quelque trouble, quelque agitation inquiète au fond 
de sa conscience, cela ne lui fera pas de mal. Ainsi il peut 
arriver, qu'une voix intérieure, la voix du remords, lui dise: 
Pourquoi donc n'es-tu pas demeuré comme ces enfants ? 
Pourquoi as-tu laissé se flétrir et tomber les premières 
fleurs ? Que sont devenus ta ferveur, ton zèle sacerdotal ? Tu 
vois comment ces enfants se préparent avec soin et ardeur à 
recevoir Jésus-Christ, et toi tu es devenu tiède et indiffé- 
rent î Pourquoi ne t'approches-tu plus de l'autel, avec un 



A LA PREMIÈRE COMMUNION. 11 

cœur aussi pur, un désir aussi ardent qu'autrefois? Cette agi- 
tation, ce trouble même sera donc salutaire au catéchiste, et 
servira à purifier son âme. Tels les vents orageux qui rendent 
au ciel sa pureté et permettent au soleil de reparaître dans 
tout son éclat. 

Et si le prêtre considère ces enfants avec les yeux de la foi, 
s'il les aime avec la tendresse d'un bon pasteur et d'un père 
spirituel, s'il pense qu'il lui est donné de les conduire au 
divin amant des âmes pures, au Pasteur suprême, de prépa- 
rer en elles une habitation au doux Sauveur; s'il les dispose 
avec soin à cette céleste visite ; s'il voit l'affection et la recon- 
naissance que lui vouent ces enfants; comment ils suivent 
avec docilité et exactitude ses avis, comment ils font des 
efforts pour se corriger, comment le souffle de l'Esprit-Saint 
produit dans ces âmes le travail mystérieux et fécond de la 
grâce; s'il reconnaît que les germes d'une vie riche en vertus 
et en piété, se montrent et se développent déjà chez un certain 
nombre d'enfants; — quelle source de joies pures et ravis- 
santes jaillit alors pour le cœur d'un prêtre ! Vraiment sa 
joie, son bonheur ne le cèdent pas en douceur à celui qu'é- 
prouvent les parents. Quant à moi, j'avoue, que les heures, 
consacrées à préparer les enfants à la première Communion, 
et celles où je les vis s'approcher de la sainte Table, ont été 
les plus belles de ma vie; à ce dernier moment surtout, des 
larmes d'une délicieuse émotion venaient baigner mon 
visage et je me croyais devant l'autel de l'Agneau dans le ciel ! 

Est-il encore nécessaire de montrer combien cette prépa- 
ration est une œuvre méritoire pour le prêtre! Ah! qu'elle 
sera grande la récompense, que le divin Sauveur accordera 
à celui qui lui aura amené quelques-uns de ces petits qu'il 
aime tant, à celui qui a cultivé avec soin le jardin de leur 
âme, orné ces temples vivants, sauvé ces chères petites bre- 
bis, qui ont coûté son sang divin! Quelle consolation ce doit 
être, et pendant la vie et au jour de la mort, pour un prêtre, 
si , par ses soins , ces jeunes âmes , ne fut-ce même que 
quelques-unes, ont été conservées dans l'innocence et la 
pureté, puis admises à partager le bonheur du ciel! Mais 
d'un autre côté quels cruels remords, quels tristes reproches 



13 MÉTHODE POUR PRÉPARER LES ENFANTS 

ne doit-il pas sentir, s'il a manqué à son devoir! Quelle ter- 
rible responsabilité n'assume-t-il pas, quel jugement sévère 
ne doit-il pas attendre, s'il néglige de préparer ces enfants, 
et s'il est la cause de leur damnation éternelle! Puissent 
ces considérations et d'autres encore nous engager, si nous 
voulons correspondre aux intentions de l'Eglise, à employer 
toute la sollicitude possible pour préparer dignement les 
enfants à la première Communion. 

2. RECOMMANDATIONS AUX CATÉCHISTES. 

D'après ce qui a été dit, on comprend que toutes les re- 
commandations qu'il y a à faire au catéchiste, quand il s'agit 
pour lui de donner l'instruction religieuse aux enfants, ont 
une importance bien plus grande encore, quand il s'agit de 
les préparer à la première Communion. Si, avant tout, il est 
nécessaire d'avoir du zèle en donnant l'instruction, du cou- 
rage à s'y préparer, un amour sincère des âmes, une inten- 
tion pure, une grande tendresse pour les enfants, afin de 
pouvoir réussir dans l'enseignement catéchistique, ces qua- 
lités sont doublement et même triplement nécessaires ici. 
Comme nous ne voulons pas traiter au long tous ces points, 
qu'il nous soit permis d'attirer du moins l'attention sur quel- 
ques-uns d'entre eux. 

Toute leçon de catéchisme, .donnée sèchement, qui s'a- 
dresse seulement à l'intelligence et laisse froid le cœur des 
enfants, qui ne cherche pas à influer sur leur conduite, est 
une leçon défectueuse et mal donnée ; or, si elle est donnée 
de cette manière, quand il s'agit de la préparation à la pre- 
mière Communion, le défaut et le mal qui s'en suit, sont 
encore bien plus grands, parce que alors, selon l'expression 
des théologiens, il y a lucrum cessans et damnum emergens. 
11 s'agit en effet d'inspirer aux enfants une grande horreur 
du péché, un profond respect et un ardent amour pour le 
Dieu eucharistique, un vif désir de s'unir à lui, de préparer 
quelquefois tout un changement de vie en eux, de les former 
aux joies pures et saintes, à une vie de prière, à la pratique 
des vertus, et d'élever dans leurs cœurs un rempart contre les 



A LA PREMIÈRE COMMUNION. 43 

assauts de l'ennemi et contre les dangers des chutes. Or, ce 
n'est pas par des explications arides et sèches qu'on atteindra 
ce but; pour cela il faut une parole chaleureuse, vive, ani- 
mée qui aille au cœur des enfants ; car rien ne va au cœur, 
rien n'y pénètre, que ce qui vient du cœur. Et c'est seulement 
lorsque le catéchiste lui-même a un cœur ardent, lorsqu'il 
est lui-même pénétré des vérités qu'il annonce, et rempli de 
saintes dispositions, oui, c'est alors seulement qu'il peut 
enflammer le cœur des enfants, les saisir, les transporter et 
les mettre aussi dans de saintes et sublimes dispositions. C'est 
seulement lorsque lui-même porte dans son cœur une sainte 
horreur du péché, un profond amour pour Jesus-Christ, une 
grande ardeur pour la prière, qu'il peut communiquer ces 
sentiments aux enfants qui lui sont confiés. C'est pourquoi, 
surtout à l'époque où il les prépare à la première Commu- 
nion, le catéchiste doit s'efforcer de ranimer ces vertus et 
ces sentiments dans son âme, veiller sur lui-même, méditer 
de temps à autre sur l'importance et le mérite de sa tâche, 
sur la responsabilité qui pèse sur lui ; il doit chercher, par 
le moyen de la méditation, à se mettre dans les dispositions 
qu'il veut inspirer aux enfants, à nourrir surtout au dedans 
de lui, avec un redoublement de soins, la dévotion et l'a- 
mour envers la sainte Eucharistie. Dans la persuasion que 
nous bâtissons en vain, si le Seigneur n'édifie la maison, et 
que tous nos travaux sont inutiles, s'il ne les bénit, le ca- 
téchiste comprend qu'il doit souvent offrir à Dieu des prières 
pressantes pour la réussite de ses instructions, et pour les 
enfants qui lui ont été confiés. C'est là surtout ce qu'il ne 
perdra pas de vue, en récitant son bréviaire, en célébrant la 
sainte Messe, en faisant sa visite au saint Sacrement. Certes, 
ce serait une excellente chose, si, en commençant à préparer 
les enfants, il célébrait le saint sacrifice à leur intention, s'il 
les avertissait, eux et leurs parents, de vouloir unir leurs 
prières aux siennes. Dans certaines instructions épiscopales, 
il est prescrit aux curés de recommander du haut de la 
chaire, aux prières de tous les paroissiens, les enfants qui se 
disposent à faire leur première Communion. 
Quant aux autres recommandations touchant la conduite à 



1* MÉTHODE POUR PRÉPARER LES ENFANTS 

tenir envers les enfants, la manière de les traiter au confes- 
sionnal, etc., nous en parlerons plus loin. 

3° QUELS SONT LES ENFANTS QUE L'ON DOIT ADMETTRE 
A LA PREMIÈRE COMMUNION. 

Dans l'admission à la première communion, il s'agit d'une 
affaire purement ecclésiastique, puisqu'il s'agit de recevoir un 
sacrement ; les lois civiles, les règlements communaux n'ont 
rien à y voir. Quand même l'Etat prescrirait le temps et l'âge 
où les enfants peuvent quitter l'école, comme cela a lieu 
dans les pays où l'instruction est obligatoire, cela ne peut et 
ne doit avoir aucune influence directe sur l'admission des 
enfants à la première Communion. La question est celle-ci : 
Existe-il une loi ecclésiastique, qui indique quand et à quels 
enfants on doit donner la permission de faire leur première 
communion? Oui; car le quatrième Concile général de Latran 
a établi, que tous les chrétiens des deux sexes, parvenus à 
l'âge de discrétion, sont obligés de s'approcher, au moins une 
fois par an, de la sainte Table et cela vers le temps de Pâques. 
L'opinion commune et la plus probable des théologiens, en- 
tend par l'âge de discrétion, où commence l'obligation de 
communier, non l'époque où les enfants ont déjà acquis l'usage 
de la raison, et sont capables de pécher grièvement, de se 
confesser, mais l'époque où ils sont en état de distinguer 
le corps de Jésus-Christ de la nourriture ordinaire, et de re- 
cevoir la sainte Eucharistie avec respect et avec fruit. Or, en 
règle générale, cette époque se trouve entre 10 et 14 ans, 
chez quelques enfants plus tôt, chez d'autres plus tard (î). 
Ce serait donc une erreur, une bévue, lorsqu'il s'agit de l'ad- 
mission à la première communion, de faire attention seule- 
ment à l'âge, et de vouloir fixer le même âge pour tous les en- 

(1) Voici comment s'expriment à ce sujet les Statuts du diocèse de Liège 
d179 : « Juxtaregulam diœcesanam, puellae non anteannumundecimum 
saltem a quatuor meneibus incœptum, pueri non ante duodecimum etiam 
sic incœptum, communiter admitti possunt. Si ante hanc œtatem admitti 
cupiunt, et digni judicantur, dispensatio super régula petatur abOrdinario 
qui eam libenter concedet. » Conf. S. Alphonse de Liguori. Thcol. Mor. 
Lib. 6, tract. oCp. 2 IY° 501. 



A LA PREMIÈRE COMMUNION. 15 

fants indistinctement. Ce à quoi il faut plutôt faire attention, 
c'est de voir si le degré d'instruction religieuse que possède 
l'enfant, si ses dispositions morales peuvent donner l'espoir 
qu'il recevra la sainte Eucharistie dignement et avec fruit. 
Quant au minimum et au maximum de l'âge fixé par les au- 
torités ecclésiastiques, le curé comprend naturellement qu'il 
ne lui est pas permis d'y faire des exceptions de son autorité 
privée (1). 

Les enfants qui n'ont qu'une faible intelligence, doivent 
être instruits en particulier si c'est nécessaire, afin qu'ils 
soient en état de communier au moins à l'âge de 14 ans. 
Quant aux enfants paresseux et méchants, lors même qu'ils 
posséderaient les connaissances requises, on ne doit les ad- 
mettre que lorsqu'ils ont donné des preuves d'amendement. Il 
est bon d'ailleurs de faire envisager aux enfants leur admission 
à la première Communion, comme une récompense de leur 
application, de leur conduite modeste et pieuse, et leur non- 
admission comme une punition de leur paresse et de leur 
mauvaise conduite, de sorte que, dans l'un comme dans l'autre 
cas, c'est un moyen d'exciter les enfants à bien se prépa- 
rer à cette grande action (2). 

(1) Souvent dans les campagnes, l'époque de la première Communion 
est celle aussi, où les enfants quittent définitivement l'école pour aller 
servir, ou travailler dans les fabriques. Cette coïncidence offre de graves 
inconvénients. En effet, il arrive, que pour un grand nombre de parents, le 
gain qu'ils vont faire au moyen de leurs enfants est l'affaire principale, et 
la première communion l'affaire accessoire. De là il arrive aussi que les en- 
fants sont soustraits presque entièrement à la surveillance immédiate et à 
l'influence de leur pasteur; il n'a plus guère le moyen de leur faire conser- 
ver les fruits de la première communion, de les préparer à s'approcher 
saintement de la Table sainte, et de les habituer à communier fréquem- 
ment. — Au reste, on peut tomber aussi dans une autre erreur, celle d'ad- 
mettre les enfants trop tôt à la première communion, lorsqu'ils sont encore 
trop volages et incapables de ressentir des impressions nobles et profon- 
des. Ceci pourrait influer d'une manière funeste sur les communions sui- 
vantes, tout comme chez les enfants qui, après avoir assisté trop jeunes 
aux cérémonies de la première communion, y restent presque insensibles 
plus tard. Au surplus, dans le doute, mieux vaut d'admettre les enfants 
trop tôt que trop tard. 

(2) « Pro rudibus, ignaris et tardo ingenio impeditis, annus extendatur, 



16 MÉTHODE POLH PRÉPARER LES ENFANTS 

Au reste le catéchiste doit faire une attention spéciale aux 
enfants qu'il croit aptes à être admis à la sainte Table; il 
faut que, déjà longtemps avant de les y préparer, il ait un 
œil vigilant sur eux, à l'école, à l'église, sur leur manière de 
se conduire au confessionnal et ailleurs; qu'il les engage, 
selon les circonstances, à venir d'eux-mêmes se confesser 
plus souvent que les autres enfants, qu'il se serve en un mot 
de la future première Communion, comme d'un moyen pour 
les encourager, les avertir, les corriger, leur montrant, lors- 
qu'ils ont le malheur de s'oublier, combien cela est inconve- 
nant pour quelqu'un qui doit faire sa première Commu- 
nion. 

4. OU, QUAND ET EN QUOI DOIT-ON INSTRUIRE LES ENFANTS 
POUR LES PRÉPARER A LA PREMIÈRE COMMUNION? 

Lorsqu'il s'agit de choisir un local, pour donner l'instruc- 
tion religieuse aux enfants qui se disposent à la première 
Communion, on doit tâcher d'en choisir un qui soit assez 
vaste, pour y mettre les enfants à l'aise, et où l'on puisse faire 
du feu. Dans quelques paroisses, on choisira, s'il se peut, le 
local de l'école, dans d'autres la sacristie, si elle est dans les 
conditions voulues. Ce n'est qu'à défaut de l'un et de l'autre 
de ces locaux, que l'on doit choisir l'église. Le catéchisme 
étant donné pendant une grande partie de l'hiver, et l'église 
étant généralement un édifice trop vaste pour qu'on puisse le 
chauffer, le froid que les enfants y ressentiraient, pourrait 
nuire à leur santé, et faire tort à l'attention, à la tranquillité 
avec laquelle ils doivent écouter. Donc si l'on se trouvait dans 
la nécessité de donner le catéchisme à l'église, il serait prudent 
de procurer du moins aux enfants un plancher en bois, pour 

quantum fieii poterit, usque ad complementum, tumque fiât serium exa- 
men, an sic instructi sint, ut liceal sperare, eos, licet catechesi fere vale- 
dicturos, tarnen esse in officiis vitae christianae sufficienter pcrseveraturos. 
Si ejusmodi spes non affulgeat, praeparatio ad alium annum prolongetur. 
— Ultra annum quartumdecimum prima Communio a parochis, inconsulto 
ordinario, non differatur. — In mortis periculo prima Communio per mo- 
dum Viatici ad arbitrium parochi anticipetur. » Ibidem JV° 179. 



A LA PREMIÈRE COMMUNION. 17 

empêcher le froid des pieds sur les dalles glacées. Cependant 
lorsqu'il s'agira de préparer immédiatement les enfants pour 
la retraite spirituelle, de s'occuper avec eux de la confession 
générale, dont il sera question plus loin, il vaudrait mieux 
de choisir exclusivement l'église pour ces exercices, la sai- 
son n'étant plus d'ailleurs aussi rigoureuse qu'auparavant. 

Quant au temps, c'est-à-dire à la durée de l'instruction pré- 
paratoire, il existe des pratiques différentes. Dans maints en- 
droits cette instruction commence seulement au carême; dans 
d'autres à la nouvelle année ; dans d'autres encore, à la Tous- 
saint ou à l'Avent. Dans quelques paroisses, les curés font 
durer ce catéchisme toute l'année, quelques-uns même deux 
années et cela sans discontinuer. Sans doute il faut, sous ce 
rapport, voir les circonstances et les lieux où l'on se trouve. 
Mais à part cela, pour parler en général, il nous semble 
qu'exiger des enfants la fréquentation journalière du caté- 
chisme, pendant une ou deux années, c'est exiger trop; c'est 
d'abord très-fatigant pour les enfants, et ensuite il est à 
craindre qu'à cause des répétitions continuelles, l'attention 
ne se perde à la fin, et que les instructions n'offrent plus d'in- 
térêt. D'un autre côté, c'est commencer trop tard que de 
commencer avec le temps du carême; car, pendant ce 
court espace, à peine pourra-t-on traiter à fond la doctrine 
touchant la sainte Eucharistie et préparer les enfants à bien 
faire leur confession générale. Il me semble qu'il vaut mieux 
commencer à l'Avent, ou au plus tard, si les circonstances 
ne le permettaient pas, à l'époque du nouvel an (1). 

(1) Voici ce que prescrivent les Statuts du diocèse de Liège, touchant la 
durée du catéchisme préparatoire à la première communion : « Etsivero 
per totum biennium pueros catechisare magno studio oporteat, majori ta- 
rnen in eorum proximam praeparationem ab Adventu quotidie huic operi 
incumbendum est.Quoenim accuratius doctrinam Christianam cognoverint 
et ea praesertim quae ad S. Eu( haristiam spectant, eo majore veneratione 
fide, amore ac fiducia ad divinum Mysterium accèdent; eo uberiores fru- 
ctus percipient, ut postea in fide fundati, et stabiles et immobiles in semitis 
Justitiar permaneant. » (N° 180j. Par cette fréquentation de deux années, 
on n'entend pas une fréquentation journalière mais hebdomadaire : « Ha±c 
catechesis per totum annum qualibel hebdomada, die ac hora fixis, locum 
obtinere débet. Attamen permittimus ut octo dicbus Dominicis sibi non 



18 MÉTHODE POUR PRÉPARER LES ENFANTS 

En quoi doit consister l'instruction préparatoire à la pre- 
mière Communion? Après que les enfants ont appris tout 
leur catéchisme, pendant deux ans, on le leur fait répéter 
depuis l'Avent jusqu'au Carême; et dès cette époque, c'est-à- 
dire quelques semaines avant la première Communion, on 
leur fait de solides instructions sur la sainte Eucharistie. 
D'abord on récapitule la doctrine sur la Grâce, sur les sacre- 
ments en général et l'on dit au moins quelques mots du sa- 
crement de baptême Si l'on a du temps de trop, on répète ce 
qui regarde la création, la chute de l'homme, le mystère de 
l'incarnation, et à l'occasion de la confession générale, on 
pourrait repasser les dix commandements, afin d'aider les 
enfants dans leur examen de conscience. Naturellement il y 
aura des points qu'il sera plus ou moins nécessaire de passer 
de nouveau en revue, et d'inculquer plus fortement. Néan- 
moins avant tout, il faut que les instructions se rapportent, 
autant que possible, au très-saint-Sacrement et à la pre- 
mière Communion, que l'on fasse ressortir ces rapports ou 
ces relations avec la sainte Eucharistie, et qu'on les rende 
clairs aux yeux de l'enfant. Il serait bon également, quand 
cela peut se faire, de récapituler les autres parties de la doc- 
trine chrétienne, qu'on n'a pas eu le loisir de développer 
ou de répéter tout au long, de sorte que l'enseignement se pré- 
sente dans tout son ensemble et que les enfants puissent em- 
brasser d'un coup d'œil général tout ce que contient la doc- 
trine catholique. En tout cas, il vaut mieux de repasser les 
traités en quelques mots, d'une manière solide et enchaînée, 
que de vouloir entrer dans tous les détails, de surcharger la 
mémoire des enfants et de devenir superficiel. 

succedentibusad nutum parochi electis, habeatur relaxatio. » (N° 124). Ce 
n'est que pendant l'Avent et le Carême que l'instruction doit se faire 
chaque jour, comme c'est indiqué au n° 127 : « Toto tempore Adventus et 
a Septuagesima usque ad epocham ipsiusmet primae Communionis, singulis 
diebus, quantum fieri potest, speciali catechesi proxime prseparabuntur 
pueri ad tantum Sacramentum suscipiendum. » 

(1) Les enfants d'une intelligence très médiocre réclament des soins 
particuliers, et un pasteur zélé pour !e salut des âmes, les instruira à part. 



A LA PREMIÈRE COMMUNION. 19 

5. MANIÈRE DE DONNER L'INSTRUCTION. 

Il est aisé de comprendre qu'il ne s'agit pas ici de montrer 
ou d'expliquer de quelle manière on doit faire le catéchisme, 
quelle est la méthode qu'il faut suivre, mais d'exposer suc- 
cinctement ce qu'il y a à observer en donnant l'instruction 
préparatoire à la première Communion. 

Avant tout donc, il faut que le catéchiste, dans sa conduite à 
l'égard des enfants, se montre tout rempli de charité et d'une 
sainte gravité. Se montrer froid, indifférent, dur et sévère à 
leur égard, ce serait produire sur eux un effet extrêmement 
nuisible et l'on ne réussirait guères à leur imprimer les sen- 
timents qui doivent les animer. Ce sont leurs cœurs que l'on 
doit gagner avant tout, et leur cœurs seront gagnés, quand ils 
verront que le catéchiste leur porte un amour sincère et dé- 
voué; quand ils s'apercevront que leur instruction, leur pré- 
paration à la première Communion est une affaire qui 
lui tient au cœur et lui procure une véritable jouissance. 
Les punitions, il ne doit les employer que dans des cas ex- 
ceptionnels. Les enfants doivent être si bien disposés, qu'un 
simple avis un peu sévère, une réprimande, ayant trait à la 
première Communion, suffise pour les rappeler à Tordre ou à 
leur devoir. 

Surtout que l'on soit bien doux et bien patient avec les en- 
fants d'une intelligence plus faible; qu'on n'exige pas plus 
que ce dont ils sont capables ; qu'on tâche de les encoura- 
ger, de leur inspirer de la confiance et d'exciter ainsi leur 
zèle (1). 

(1) Il arriva qu'un jour où les enfants s'étaient plus dissipés que de cou- 
tume, un grand nombre d'entre eux n'avaient pas appris leur leçon de caté- 
chisme. Je leur déclarai, que c'était la première fois qu'un pareil cas s'était 
présenté pour moi chez des enfants qui voulaient faire leur première Com- 
munion, et que j'en étais bien triste; je leur dis que je n'étais pas d'avis 
de leur donner des explications ou de les garder pendant une heure com- 
me de coutume ; allez, leur dis-je, allez devant le saint Sacrement deman- 
der pardon, et retournez chez vous apprendre de nouveau votre leçon. — 
L'impression que produisirent ces quelques paroles sur les enfants, fut 
très vive et dans la suite je n'eus plus de motif de me plaindre. 



s 



20 MÉTHODE POUR PRÉPARER LES ENFANTS 

Si le catéchiste doit éviter d'être rude et sévère, il doit évi- 
ter également le défaut contraire. Ce serait en effet une gran- 
de maladresse de croire qu'il faut gagner les enfants par des 
badinages, des flatteries et des caresses, par le récit de farces 
et d'histoires pour rire. Non-seulement ce serait perdre un 
temps précieux, mais mettre un obstacle aux pieuses dispo- 
sitions qui doivent animer ces jeunes cœurs, et les exciter à 
la dissipation ou an désordre. Non, une sainte et douce gra- 
vité doit percer dans toute la conduite du catéchiste ; il faut 
que les enfants remarquent qu'il s'agit de quelque chose de 
grand, de saint, de vraiment important; que le catéchiste les 
considère maintenant avec des yeux tout autres, en un mot 
je dirai qu'un saint respect doit dominer dans toute l'instruc- 
tion. Au reste, nous ne pouvons que répéter ici, ce que nous 
avons déjà dit : Le catéchiste doit chercher à se mettre lui- 
même dans les meilleures dispositionspossibles ; alorsil sai- 
sira le vrai ton, la véritable manière d'instruire, et il excitera 
chez les enfants les sentiments convenables. 

Un peu plus haut nous avons fait la remarque que l'instruc- 
tion préparatoire à la première Communion, ne doit pas être 
sèche et aride, ni consister simplement dans des explications 
qui s'adressent à l'intelligence; non, elle doit s'emparer du 
cœur et de la volonté des enfants. C'est pourquoi, après avoir 
exposé à l'intelligence tous les principes renfermés dans une 
proposition, et les vérités qui en découlent, le catéchiste doit, 
par une allocution animée, par le récit d'exemples émouvants, 
chercher à réveiller dans le cœur des enfants des sentiments 
qui correspondent à ces vérités et faire en sorte qu'ils soient 
amenés à prendre des résolutions conformes. 

A ces instructions viendront se joindre des exercices spiri- 
tuels. Sans ceux-ci, le reste demeure à l'état de simple théo- 
rie, qui ne devient rien de réel, de pratique pour la vie. 
Parmi ces exercices, celui qui occupe la première place, c'est 
la visite au S. Sacrement, laquelle peut se faire très convena- 
blement en commun, après chaque heure d'instruction. La 
manière dont cette visite devra se faire, est expliquée dans 
l'introduction aux instructions sur la sainte Eucharistie. Une 
remarque que nous ne devons pas oublier ici, c'est que, pen- 



A LA PREMIÈRE COMMUNION. 21 

dant cette visite, le catéchiste a l'occasion d'exprimer, par une 
prière à haute voix, les actes correspondait à l'instruction 
donnée, ou d'exciter les enfants à les faire en silence; ainsi 
il pourra faire un acte de remercîment pour l'institution de 
ce Sacrement d'amour, exprimer un acte de désir pour le re- 
cevoir, un sentiment d'horreur pour la Communion indigne. 
De cette façon, on obtiendra un résultat qui est d'une extrême 
importance : les enfants apprendront à prier. Si l'on néglige 
ce point, les suites de cette négligence sont fatales, comme 
le fait remarquer un publiciste distingué, dans les paroles 
suivantes : « A notre époque, où l'on se croit si fort en pro- 
grès, si avancé dans la civilisation, il y a un mal qui règne, 
d'une façon effrayante, dans les âmes, et que nous ne pouvons 
exprimer autrement qu'en le désignant sous le nom de gros- 
sièreté spirituelle et religieuse. De même qu'un homme mal 
élevé, qui ne sait comment converser ou se conduire dans 
une société polie, s'y ennuie, y est sur les épines ; de même, 
de nos jours, un grand nombre de chrétiens, quand il s'agit 
de pratiquer la piété, de converser avec Dieu, de traiter les 
choses célestes, n'y trouvent qu'ennui et fatigue; ils en ont 
une espèce d'aversion et pourquoi? Parce qu'ils ne savent ni 
comment se mouvoir, ni comment vivre dans cette atmosphère 
religieuse. Mais cette grossièreté intérieure, cette stupidité de 
l'âme, pour tout ce qui est surnaturel et divin, ne se montre 
nulle part d'une manière plus frappante, que lorsqu'il s'agit 
de communier sacramentellement, parce que alors l'homme 
est le plus directement en contact avec Dieu, et que la foi 
dans sa présence exige la dévotion la plus vive, la plus ar- 
dente. » 

Il est de plus très important que, dès les instructions pré- 
paratoires et pendant le cours de celles-ci, les enfants s'ap- 
prochent dignement du tribunal de la Pénitence. C'est 
pourquoi on leur fera remarquer tout d'abord, qu'une ère 
nouvelle va s'ouvrir dans leur vie, qu'ils doivent commencer 
la préparation à la première Communion, en renonçant 
à leurs anciens défauts, et en changeant sérieusement de 
conduite, ce en quoi les aidera le bon Sauveur, dans le sa- 
crement de Pénitence. Pour entendre ces confessions, il faut 



■22 MÉTHODE POUR PRÉPARER LES ENFANTS 

du côté du confesseur une grande prudence, de la patience, 
de la charité et 4u z èle (1). La malice des péchés dont s'accu- 
sent les enfants, doit leur être mise sous les yeux plus vive- 
ment qu'autrefois; il leur montrera, par de touchantes 
exhortations, combien ces fautes, surtout celles qui sont 
graves, déplaisent au divin Sauveur, et sont un obstacle à ce 
que Jésus descende avec joie dans leur cœur, avec l'abon- 
dance de ses grâces et de ses bénédictions. Que le confesseur 
excite en eux la ferme résolution de renoncer à ces péchés, 
et leurs prescrive les moyens de ne plus y retomber. De la 
négligence, de l'impatience chez le confesseur, pourrait 
avoir ici des suites très funestes. 

D'autres pratiques de piété (que l'on pourrait conseiller ou 
prescrire, soit pendant les instructions, soit pendant la confes- 
sion), consistent : dans la récitation de certaines prières pour 
obtenir la grâce de faire une bonne première Communion (ces 
prières sont : le Pater, le Memorare, le Chapelet, des aspira- 
tions au S. Sacrement : Ame de Jésus, sanctifiez-moi, etc, 
lorsque les enfants ont un livre de piété ou les savent par 
cœur); dans la dévotion envers la sainte Vierge, S. Joseph, 
S. Louis de Gonzague etc., dans l'assistance à la sainte Messe, 
entendue à cette intention, dans quelques petits pèlerinages, 
danslarevuejournalièredela conscience, jointe au bon propos 
et à l'examen particulier de certaines fautes capitales, chose 
à laquelle on doit veiller surtout pendant les confessions. 

Puis les enfants doivent s'habituer à devenir modestes 
dans toute leur conduite, obéissants, pacifiques, le catéchiste 
leur rappelant souvent à cet effet l'exemple de Jésus-Christ et 
la communion qu'ils feront bientôt; à l'occasion, on peut 
prendre chez leurs parents des informations sur la ma- 
nière dont ils se conduisent. Qu'on les habitue également à 
pratiquer quelques mortifications ; car ici encore, le Royaume 

(i) Un missionnaire très connu, aussi éloquent qu'expérimenté, disait 
que rien ne l'effrayait tant que les confessions des enfants. Que de bien 
on peut y produire, mais aussi que de bévues on peut y commettre! Bien 
des personnes ne s?.vent pas se confesser d'une manière convenable pen- 
dant toute leur vie, parce qu'on ne le leur a pas bien appris dans leur 
jeune âge. 



A LA PREMIÈRE COMMUNION. 23 

des cieux souffre violence. Le point principal et sur lequel 
j'appelle une grande attention, c'est que les enfants ne s'in- 
quiètent pas beaucoup des habillements, qu'ils mettront le 
jour de leur première Communion. Qu'on leur fasse donc 
bien comprendre que le divin Sauveur ne fait aucune atten- 
tion aux habits, mais bien à la pureté, aux vertus qui ornent 
le cœur, aux sentiments d'amour et de dévotion qu'on a pour 
lui ; montrez-leur, comment lui-même fut pauvre, que ce 
furent de jeunes bergers pauvres comme lui et mal habillés, 
qu'il appella les premiers autour de sa crèche, etc. Citez des 
exemples qui édifient ou qui effrayent, des exemples d'en- 
fants sages ou orgueilleux. Demandez-leur un sacrifice par 
lequel ils puissent montrer au divin Sauveur, qu'ils l'aiment, 
qu'ils tiennent plus à Lui qu'aux beaux habits. Engagez-les à 
ne point presser ou tourmenter leurs parents pour que 
ceux-ci leur achètent tels ou tels habits ; à ne pas s'en infor- 
mer, à ne pas se demander entre eux quel sera le costume 
qu'aura celui-ci ou celle-là. Lorsque les parents leur parle- 
ront de ces choses, ils devront dire : « Mon père, ma mère, 
je laisse tout cela à votre disposition. » Lorsque des gens 
sans esprit viendront à en parler, ils répondront. « Je ne 
m'embarrasse pas de cela, pourvu que je sois digne de bien 
communier, cela suffit. » 

Là où, pour aller à la sainte Table, existe la coutume 
d'habiller tous les enfants (au moinj les petites filles) d'une 
manière uniforme, on doit y tenir strictement et ne pas souf- 
frir d'innovations sous ce rapport ; là où cette coutume 
n'existe pas, on doit tâcher de l'introduire. Tout ce qui est 
inconvenant dans la coupe ou la forme des habits, doit être 
impitoyablement supprimé ou repoussé. Qu'on ne néglige 
pas non plus, d'attirer sur ce point l'attention des parents, 
qui parfois y mettent plus de vanité que les enfants et leur 
servent ainsi de pierre d'achoppement; suppliez-les, con- 
jurez-les de ne pas diminuer ou ravir à leurs enfants la dé- 
votion et les grâces de ce saint jour, soit en leur prodi- 
guant de faciès flatteries, soit en leur faisant étaler un luxe 
ridicule etc(i). 

(l) Combien ce point est important, principalement dans les villes, 



24 MÉTHODE POUR PRÉPARER LES ENFANTS 

Les autres pratiques de mortification à conseiller aux en- 
fants, sont de ne pas regarder de côté et d'autre à l'église ou à 
l'école; de mettre un frein à la curiosité quand ils veulent 
porter leurs regards sur toutes sortes d'objets et de person- 
nes; de diminuer un peu la quantité de leur nourriture, 
surtout le vendredi (sans cependant le laisser apercevoir); 
de se lever un peu plus tôt et avec régularité; de garder le 
silence à certains moments et dans certaines circonstances; 
de ne pas se plaindre des aliments, des fatigues, des injures, 
mais d'offrir tout cela à Jésus-Christ. Quant aux œuvres de 
charité envers le prochain, elles dépendent de la position 
des enfants ou plutôt des parents. C'est vraiment un spec- 
tacle aussi beau que touchant, de voir parfois de petits gar- 
çons, de petites filles engager leur parents, qui sont riches 
et dans l'aisance, à venir en aide à d'autres enfants pauvres 
qui doivent faire aussi leur première Communion, à leur 
fournir des habillements, à les faire dîner avec eux, ce 
jour-là etc. 

Il est aisé de comprendre que l'on ne doit pas surcharger 
les enfants de pratiques et d'exercices. C'est l'affaire du prê- 
tre d'examiner lesquels sont les mieux appropriés à la posi- 
tion et au caractère des enfants ; quels sont ceux que l'on 
peut prescrire à tous en général ou à quelques-uns en parti- 
culier ; il doit veiller ensuite, autant que possible, à ce qu'on 
les observe. On dira néanmoins, d'une façon claire et expresse, 
que la pratique de ces œuvres de piété, de pénitence ou de 
charité, n'est pas d'une obligation sévère pour eux, et que par 
conséquent, s'ils les omettent, il n'y a aucun péché. 

c'est ce que prouve un fait qui m'est connu. Une jeune fille devait faire sa 
première Communion ; le matin de ce grand jour, en se levant, elle dit 
qu'elle n'avait pas fermé l'œil de toute la nuit, parce qu'elle n'avait pu 
s'empêcher de rêver sans cesse à la belle robe qu'elle allait mettre. D'un 
autre côté je connais des cas où, par suite des bons avis du catéchiste, 
des petites filles, d'ailleurs portées à la vanité, allèrent si loin, qu'elles ne 
dirent pas un seul mot de leurs habillements de première Communion; et 
lorsque la mère acheta leur robe, elles ne s'en inquiétèrent pas le moins 
du monde ; ce fut seulement au moment de la mettre qu'elles savaient 
quelle robe on leur avait confectionnée. 



A LA PREMIÈRE COMMUNION. 25 

6. PRÉPARATION IMMÉDIATE. 

Les instructions catéchistiques doivent être terminées, au 
moins une semaine avant le jour de la première communion, 
afin qu'on puisse employer le reste du temps aux exercices . 
spirituels de la Retraite. Dans les paroisses où les enfants su- 
bissent un examen public, celui-ci doit être fini une quin- 
zaine de jours avant que les enfants s'approchent de la sainte 
Table, afin de ne pas les laisser dans l'inquiétude et leurs pa- 
rents dans l'embarras. Dans les paroisses populeuses surtout, 
il faut bien cet intervalle de temps pour qu'ils puissent s'oc- 
cuper des habillements nécessaires. Qu'on se garde bien de 
transformer cet examen en une espèce de torture pour les 
enfants, ou en une sorte de spectacle, où ils vont faire parade 
d'esprit; encore moins doit-on profiter de cet examen, pour 
adresser aux ignorants des reproches qui puissent les blesser 
ou les irriter. D'ailleurs, même sans cet examen, le catéchiste 
doit déjà savoir quels enfants sont capables ou non, d'être 
admis à communier. Cet examen auquel assistent parfois un 
grand nombre de parents, peut servir d'occasion pour leur 
dire que, dès ce jour, ils doivent éviter et empêcher, en pré- 
sence de leurs enfants, tout ce qui pourrait les scandaliser, 
tout ce qui pourrait détruire leurs bonnes dispositions et trou- 
bler leur recueillement; qu'ils doivent leur accorder le loisir 
nécessaire pour vaquer aux exercices de la retraite ; qu'ils 
doivent redoubler avec les autres paroissiens, leurs prières 
pour les enfants qui se préparent à recevoir Jésus-Christ (4). 

Mais en quoi consistent les exercices spirituels à donner 
aux enfants, après que les instructions ont pris fin? Faut-il 
qu'on fasse avec les enfants une retraite en règle? Dans quel- 
ques pays, comme en Italie et en France, cela se fait bien 
souvent. Les enfants se retirent pendant plusieurs jours dans 
des maisons particulières, ou dans des couvents, pour s'y li- 

(1) Au reste, ce que nous avons dit touchant l'examen public des enfants 
[tour l'admission à la première Communion, ne doit pas être regardé comme 
une justification ou un éloge de cet exercice. Ces examens, je les regarde 
comme inutiles, et je voulais seulement donner quelques indications pour 
les lieux où ils ont été introduits et où il ne serait pas aisé de les abroger. 

MÉTHODE, ETC. 3 



26 MÉTHODE POUR PREPARER LES ENFANTS 

vrer aux exercices spirituels. Si avantageux et si désirable 
(jue cela puisse être, ce n'est guères praticable dans toutes les 
paroisses; il est inutile d'en dire les motifs, on les connaît 
assez. Néanmoins on peut parvenir au même but, sans avoir 
Jes mêmes facilités. 

Ainsi en supposant que la première Communion se fasse 
quinze jours après Pâques, les enfants, après avoir assisté 
pendant la Semaine Sainte aux méditations sur la Passion et 
aux Offices de l'Eglise, pourront être réunis dans le temple, 
quand le temps pascal sera expiré ; alors les nefs seront libres 
et le prêtre n'aura plus qu'à s'occuper des enfants. Il les réu- 
nira le matin et l'après-midi, et les préparera à la sainte 
Communion, les excitera à la persévérance par des allocu- 
tions courtes mais chaleureuses, mais énergiques, par des 
exercices pratiques sur la confession générale. 

Je doute qu'il y ait encore parmi nous un pasteur, s'il a 
quelque expérience et l'amour des âmes, qui n'approuve pas la 
coutume d'engager les enfants à faire, avant leur première 
Communion, une confession générale. 

En effet les motifs les plus graves sont pour elle, et il n'en 
est pas un seul solide qui soit contre elle. D'ailleurs l'Eglise 
a fait connaître d'une manière assez claire, son intention à 
cet égard (par des prescriptions épiscopales, par l'enseigne- 
ment de cette coutume dans des catéchismes approuvés, par 
la pratique des pontifes et des prêtres les plus zélés). L'im- 
portance même de la circonstance semble devoir y conduire 
naturellement. L'expérience en effet montre qu'une confession 
générale est parfois absolument nécessaire, — parce qu'il y a des 
enfants qui ont caché des péchés très graves, de propos déli- 
béré, oubien des fautes légères, mais qu'ils regardaient comme 
graves à cause de leur conscience erronée; — parce qu'il y en 
a d'autres aussi qui se sont confessés à la légère, sans douleur 
surnaturelle, ou sans propos sérieux de se corriger. Bien des 
enfants, après les instructions qui leur ont été faites, se per- 
suadent (est-ce à tort ou à raison?) ou du moins craignent que 
leurs confessions précédentes n'ont pas toujours été bonnes» 
de sorte que la confession générale devient pour eux un véritable 
.besoin du cœur. Mais alors même, que chez beaucoup d'en- 



A LA PREMIÈRE COMMUNION. 27 

fiants elle ne serait pas nécessaire, elle peutleur être utile, parce 
qu'elle leur sert à mieux se connaître, à devenir plus humbles 
et vraiment contrits, à se mortifier, à recevoir avec plus de 
dévotion et de fruits la sainte Communion, mais surtout 
à retrouver le calme et la paix pour la suite. Le seul pré- 
texte qui pourrait faire croire que la confession générale n'est 
pas à conseiller, c'est que par elle on rend les enfants in- 
quiets, soucieux, scrupuleux ; mais cette raison ne peut être 
admise comme sérieuse. Les enfants, et c'est la grande masse, 
ne sont pas tels qu'on ait à craindre chez eux une anxiété 
hors de saison et de vains scrupules ; quand même d'ailleurs 
ce danger serait à craindre, un confesseur sensé et prudent 
pourrait facilement y obvier avec un peu de peine. 

Cette confession générale, quand doit-elle être faite? Dans 
quelques paroisses existe l'habitude de la faire quatre ou six 
semaines avant la première Communion, mais cette pratique, 
je ne l'approuve guères. Non, une confession générale faite 
sitôt, ne peut être aussi bien faite quelle devrait l'être, puis- 
que les exercices spirituels qui doivent y servir depréparation, 
ne peuvent avoir lieu que plus tard. Puis l'impression salu- 
taire produite par la confession générale, certains motifs qui 
ébranlent le cœur et le touchent, perdent une grande partie 
de leurs effets , quand elle est trop éloignée de la première 
Communion, tandis qu'ils devraient toujours subsister. Je 
crois que cette confession doit être faite, quelques jours seule- 
ment avant la première Communion, et qu'il faut la faire coïn- 
cider avec les exercices de la retraite dont nous avons parlé. 
La veille du grand Jour, les enfants font une seconde confes- 
sion pour s'y accuser des fautes commises depuis la confes- 
sion générale, ou de celles qu'ils ont oublié de déclarer, et 
pour en recevoir l'absolution. Mais que doit observer le caté- 
chiste, afin d'aider à la préparation et à l'audition de cette 
confession générale? 

Il doit de nouveau exposer la doctrine sur le sacrement de 
Pénitence lors et pour autant que c'est nécessaire, mais sur- 
tout appliquer ses soins à ce qui est pratique. Il faut qu'il 
fasse d'abord une instruction préliminaire sur la confession 
générale dans son ensemble; qu'il dise en quoi elle consiste, 



v 28 MÉTHODE POUR PRÉPARER LES ENFANTS 

quand et à qui elle est nécessaire, pourquoi il est à désirer, 
dans tous les cas, que les enfants la fassent. Qu'on excite 
dans les enfants le désir de la faire, en montrant les avanta- 
ges qui en résultent, en étouffant dans son germe la crainte 
qu'ils auraient de ne pas la faire assez bien. On doit leur 
montrer pratiquement que ce n'est pas si difficile qu'on se 
l'imagine parfois, que, les années précédentes, d'autres en- 
fants l'ont faite aussi, et en ont été très satisfaits ; insinuez 
aux enfants, de la manière la plus affable et la plus douce, 
que l'on fera tout pour les aider, en les instruisant et en les 
interrogeant ; qu'ils doivent seulement écouter et obéir, qu'a- 
lors tout ira bien. 

Le catéchiste fera lui-même Yexamen de conscience devant 
les enfants. Après avoir invoqué d'abord le Saint-Esprit, les 
enfants doivent examiner avant tout si leurs confessions pré- 
cédentes ont été bonnes ou mauvaises ; ici il faut qu'on leur 
explique avec brièveté, précision et clarté, qu'on leur indique 
par des exemples, en quels cas les confessions sont nulles et 
mauvaises. Le catéchiste montrera ensuite, de quelle manière 
l'enfant doit s'y prendre pour savoir exactement si ses confes- 
sions ont été nulles, et combien il en a faites de ce genre. 
Après cela, on passe en revue les dix commandements de 
Dieu. D'abord on expose ce qui est prescrit et défendu par 
chaque commandement ; ceci donnera maintes fois l'oc- 
casion de dépeindre en quelques traits frappants, d'un côté la 
beauté des vertus qui sont commandées, telles que la piété, 
l'obéissance, la charité, la pureté, et de dire combien elles 
sont agréables à Dieu; d'un autre côté de faire ressortir vive- 
*ment tout ce qu'il y a d'odieux et de funeste dans les vices 
opposés à ces vertus, surtout quand on pense à la première 
Communion ; c'est un bon moyen d'exciter à la contrition. En 
outre on doit traiter plus spécialement des péchés qui se ren- 
contrent d'ordinaire chez les enfants, ou qui sont plus fré- 
quents dans tel endroit, et dire clairement qu'il convient de dé- 
clarer le nombre approximatif des péchés qui, sans être mor- 
tels, sont cependant assez graves. Le catéchiste expliquera 
aussi, de temps à autre, ce qui de sa nature ou à cause des 
circonstances, est péché mortel ou péché véniel. S'agit-il du 



A LA PREMIÈRE COMMUNION. 29 

sixième commandement, qu'il parle avec une sainte joie et 
une pieuse admiration de la pureté, qu'il flétrisse, avec une 
espèce de dégoût, par quelques paroles sévères et mesurées, 
le vice contraire. Dans l'explication de ce commandement, 
on doit se tenir strictement au texte du catéchisme, et incul- 
quer fortement aux enfants, que s'ils ont quelque doute, ils 
doivent interroger le confesseur. Entrer dans des particula- 
rités, parler en détail et trop clairement de certains péchés, 
ce serait inconvenant, si pas dangereux, et commettre un^ 
grande imprudence. C'est le Confessionnal qui est le lieu, où 
étant seul à seul avec l'enfant, on doit l'interroger sur cette 
matière ou s'en expliquer, quand on soupçonne avec raison 
que c'est nécessaire. Après avoir parcouru les dix comman- 
dements de Dieu et ceux de l'Eglise, pour autant qu'ils peu- 
vent regarder les enfants, (quant aux péchés capitaux, la plu- 
part se rattachent à l'un des commandements de Dieu) on 
apprend aux enfants à connaître quelle est la source de la 
plupart de leurs défauts, quel est leur défaut principal, quel- 
les sont les tentations et les dangers auxquels ils sont le plus 
exposés. On ne doit pas permettre aux enfants de se servir de 
ces examens de conscience que l'on rencontre dans les livres 
de prières, écrits pour de grandes personnes. 11 vaut mieux 
de leuren dicter un. S'ils veulent écrire leurs péchés, on peut 
le leur permettre; seulement ils doivent avoir soin de tenir 
bien caché ce qu'ils ont écrit, de le déchirer ou brûler de suite 
après la confession. 

Lorsqu'on voudra exciter les enfants à la contrition, point 
sur lequel on devra le plus insister, il faut qu'on leur mette 
vivement sous les yeux les motifs de la contrition, qu'on leur 
montre comment ils peuvent s'exciter à la douleur de leurs 
péchés en refléchissant à ces motifs, et que l'on fasse un acte 
de contrition en leur présence; ensuite, si on a lieu de croire 
les enfants bien disposés, on les fait prier en silence (dans 
l'église où les motifs de contrition ont été exposés sous forme 
de sermon) et l'on récite devant eux une prière qui y corres- 
ponde. Pour l'explication de ces motifs de contrition, on 
peut recourir au catéchisme diocésain, ou faire les diffé- 
rentes stations que S. Charles Borromée avait l'habitude de 



30 MÉTHODE POUR PRÉPARER LES ENFANTS 

faire, quand il voulait s'exciter au repentir de ses fautes. 
Le catéchiste déclarera que le ferme propos de renoncer au 
péché et de se corriger, est la preuve de la sincérité de la con- 
trition et doit ne faire qu'un avec elle. Un autre point sur le- 
quel on insistera, c'est que les enfants, outre le ferme propos 
général de plutôt tout perdre que de vouloir commettre en- 
core un péché mortel, outre la résolution bien décidée d'évi- 
ter même, selon leurs forces, les fautes moins graves, pren- 
nent des résolutions spéciales touchant les points suivants : 

1° Pour leurs défauts capitaux : comment ils s'y oppose- 
ront et les combattront. 

2° Pour la prière : quelles sont les prières qu'ils se propo- 
sent de dire tous les jours ; quand et comment ils pratique- 
ront chaque semaine certaines œuvres de piété ; quelles sont 
ces œuvres? (Par exemple de bonnes lectures, des visites au 
S. Sacrement. La plupart des enfants pourraient peut-être, 
du moins en général, se proposer une espèce de règlement 
pour chaque jour, ou une règle de vie.) 

3° Pour la fréquentation des Sacrements, surtout chez ceux 
qui vont quitter l'école ou partir à l'étranger. Même ceux qui 
continueront de fréquenter les classes, peuvent, selon les cir- 
constances, se proposer d'aller à la sainte Table, plus sou- 
vent qu'ils n'y sont tenus (1). 

De plus, on doit recommander aux enfants, de ne pas vou- 
loir entreprendre trop ou des choses trop difficiles. Mieux 
vauts'imposer peu et y tenir. Les résolutions qu'ils veulent pren- 
dre, ils doivent les communiquer à leur confesseur, lors de 
la confession générale, et les soumettre à son approbation. 
Peut-être sera-t-il bon à cette occasion, ou lors de l'instruc- 
tion sur la persévérance, d'avertir les enfants qu'ils tombe- 
ront peut-être de nouveau dans plusieurs fautes, mais que ce 

(1) On a déjà conseillé aux enfants de faire, au jour de leur première Com- 
munion, le vœu d'aller à la sainte Table, 4 fois par an, pendant toute leur 
vie. Il me semble, pour ne pas trop dire, qu'en général cela n'est pas à 
conseiller, puisque pour un bon nombre ce serait un péché, s'ils ne gar- 
daient pas leur vœu. Mieux vaudrait de recevoir, dans le confessional, ce 
vœu pour un an chez ceux qui le veulent et cela d'après les circonstances. 
Ce vn'ii pourrait se renouveler chaque année pour celle qui va suivre. 



A LA PREMIÈRE COMMUNION. 31 

n'est pas une raison pour se décourager, qu'ils doivent plu- 
tôt se relever de suite, etc. 

Quant à l'accusation ou confession proprement dite, on doit 
insister sur le point suivant : C'est que les enfants aient soin 
de s'accuser de leurs péchés dans un certain ordre, d'indi- 
quer, aussi exactement que possible, d'après le témoignage 
de leur conscience, le nombre et les circonstances des péchés 
mortels, et même des péchés qui ne sont pas évidemment 
mortels, parce que, si les enfants ne s'habituent pas à cette fran- 
chise et à cette exactitude, ils ne l'auront pas plus tard, mêm<; 
lorsqu'ils auront à déclarer des fautes très graves. Mais ce 
qu'il faut spécialement avoir en vue, c'est de dissiper toute 
crainte, toute fausse honte qui porterait les enfants à cacher 
leurs péchés. On y parvient, en montrant de quels faux pré- 
textes le démon se sert pour essayer de les tromper ; quelle 
paix et quelle tranquillité sont la récompense d'une confes- 
sion sincère; de quelles suites épouvantables est punie bien 
souvent la confession sacrilège. Qu'on encourage les enfants, 
en les assurant que le confesseur ressentira la plus grande 
joie à la vue de leur sincérité, que loin d'avoir pour eux le 
moindre sentiment de mépris, il n'aura pour eux que de l'es- 
time et de l'affection. S'il y a quelque chose qui leur pèse 
particulièrement, on les engage à le déclarer tout d'abord, ou 
à dire du moins : Mon père, j'ai une chose qui me gêne beau- 
coup. — De même, qu'ils exposent leurs doutes, et s'ils ont 
quelque forte tentation, ou s'ils sont exposés au danger de 
pécher, qu'ils formentpourl'avenir, larésolution desefairecon- 
naître, le plus tôt possible, à leur confesseur. Nécessairement, 
avant de commencer leur confession générale, les enfants de- 
vront déclarer les fautes qu'ils ont commises depuis la der- 
nière confession ; cela s'entend. 

Quant à la satisfaction sacramentelle, les enfants doivent 
s'efforcer, déjà même avant de se confesser, de satisfaire pour 
leurs péchés, surtout pendant la semaine sainte, par des 
œuvres de pénitence propres à leur âge, par exemple : par 
des prières, des visites au saint Sacrement, de légères abs- 
tinences dans le boire et le manger (quelquefois en s'abste- 
nant de déjeuner le matin, ou plutôt en ne prenant que la 



32 MÉTHODE POUR PRÉPARER LES ENFANTS 

moitié de leur ordinaire, afin de s'habituer à rester à jeun), 
par le silence, par des marques d'humilité vis-à-vis du pro- 
chain; puis, lorsque c'est possible, en demandant pardon à 
leurs parents (1) ; quant à la réparation des injustices ou des 
dommages causés au prochain, si tel est le cas, il faut que ce 
point ait été réglé dans les confessions précédentes. 

Pour entendre les confessions, on prescrira exactement aux 
enfants une heure fixe, et on ne les fera pas venir en trop 
grand nombre à la fois. Mettre de la précipitation à expédier 
ces confessions, ce serait une faute plus déplorable que dans 
toute autre circonstance. Le jour de la confession, les enfants 
devraient assister à la sainte Messe, après qu'on leur aurait in- 
diqué les prières à y réciter. Ils doivent, en entrant au confes- 
sionnal, garder exactement l'ordre et lerang désignés. Que le 
confesseur les reçoive alors avec toute la mansuétude et la 
charité possibles, qu'il les encourage et se garde bien de mon- 
trer de l'impatience, de l'ennui, ou d'employer des expressions 
dures, qui pourraient les effaroucher. Que la pénitence im- 
posée ne soit ni trop longue ni trop forte; qu'elle soit dirigée, 
d'un côté, contre le défaut capital, et, destinée d'un autre côté 
à conserver les bons sentiments dans lesquels ils se trouvent. 
Si on le juge nécessaire, qu'on avertisse aussi les enfants, en 
général et en particulier, de ne pas avoir peur en se confes- 
sant. Si après la dernière confession, ils se rappellent encore 
quelque chose, sans savoir au juste si c'est un péché grave, 
ou s'ils l'ont déjà confessé, ils doivent aller tranquillement à 
la sainte Table. 

Quelques jours avant la première Communion, on doit leur 
expliquer les cérémonies de la communion et les y exercer 
avec soin. Qu'on leur prescrive quelques règles pour bien se 
conduire la veille de ce grand jour, dans la rue et à la maison ; 
qu'on leur indique les pensées dont ils doivent occuper leur 
esprit, soit en s'endormant le soir, soit en s'éveillant le ma- 
tin, soit pendant qu'on les habille et qu'ils vont au lieu de 
réunion. Les enfants qui sont voisins les uns des autres, doi- 

H) Parfois il est des cas où cela est impossible, moins à cause des en- 
fants que des parents. 



A LA PREMIÈRE COMMUNION. 33 

vent se rendre en ordre, deux à deux, au local indiqué ; là, 
ils seront moins exposés au danger d'entendre des bavarda- 
ges inutiles. Après cela on les congédie en leur adressant 
encore quelques paroles du cœur, qui excitent en eux une 
joie tranquille et de pieux désirs. 

7. LE JOUR DE LA PREMIÈRE COMMUNION. 

Les cérémonies avec lesquelles se fait la première Com- 
munion, doivent être conformes aux prescriptions diocé- 
saines, s'il en existe à cet égard; en tout cas, et toujours 
faut-il qu'elles se fassent avec la plus grande solennité et 
beaucoup de gravité. 

Peu de temps avant que la messe commence, on réunira 
les enfants dans la salle d'école ou au presbytère, mais en 
ayant soin de ne pas y laisser pénétrer les curieux et de faire 
garder le recueillement aux enfants. Là on vient les prendre 
processionnellement pour les conduire à leurs places dans 
l'église (1). Celles-ci doivent leur être indiquées d'avance. 
Que le curé se garde bien de fournir un aliment à la vanité, 
ou de faire entrer en ligne de compte des considérations 
humaines, en donnant les premières places aux enfants des 
familles riches ou notables. « Le mieux, c'est de placer les 
enfants d'après leur taille, en commençant par les plus petits. 
Le Veni Creator est chanté avant la Messe. Mais doit-on 
chanter la Messe ou célébrer une Messe basse? Les pratiques 
varient sous ce rapport. Certes il serait préférable de chanter 
la Messe, et cela n'a pas d'inconvénient quand le nombre 
des communiants est assez restreint, parce que, dans ce cas, 
il n'y a pas de danger qu'on les retienne trop longtemps à 
l'église. Mais si, au contraire, leur nombre est fort élevé et 

(i\ Si le nombre des enfants n'est pas trop grand et que le chœur de 
l'église soit assez vaste pour les contenir à l'aise, il vaut mieux les y 
placer que dans la giande nef. On met les garçons à droite et les filles à 
gauche, ou bien celles-ci avant ceux-là. Le chœur est préférable à la nef, 
parce que dans celle-ci les enfants sont exposés à se distraire facilement, 
ou a être obsédés par les parents et les curieux qui jugent les toilettes, 
bavardent à leur aise et troublent ainsi la dévotion des enfants. D'ailleurs 
dans le' chœur on pourra mieux les observer et surveiller leurs mouve- 
ments. (Observation du traducteur.) 

2. 



;îi méthode pour préparer les enfants 

que la saison est froide et mauvaise, il vaut mieux, à notre 
avis, de célébrer une 3Iesse basse, pendant laquelle on pour- 
rait chanter des hymnes et des motets en l'honneur du saint 
Sacrement. Un peu plus tard, s'il y a une grand' Messe, ils 
pourraient y venir, et y assister en action de grâces (4). » 
Si, après l'évangile, le curé fait aux enfants et aux parois- 
siens, une allocution, elle doit être courte, s'adresser moins 
à l'esprit qu'au cœur des enfants, afin d'exciter en eux des 
sentiments pieux, de les enflammer d'amour, et d'éveiller, 
chez les autres auditeurs, des pensées et des résolutions 
conformes à la solennité. Faire trois ou quatre instructions, 
prêcher en cette circonstance de grands sermons, ce serait 
un abus, cela nuirait à l'attention, et deviendrait un fardeau 
aussi bien pour les enfants que pour les autres personnes 
présentes. 

Il me semble qu'on ne doit pas permettre aux enfants de 
chanter pendant la sainte Messe; cela nuirait au recueille- 
ment et à la piété. Que les enfants prient en silence, qu'ils 
laissent parler leur cœur, ou bien qu'ils se servent de leur 
livre de prières (2). Quant à la récitation des actes avant et 
après la Communion, on ne doit pas en charger l'un des 
enfants, parce que cela trouble la piété de celui qui récite, 
et peut lui donner occasion de s'enorgueillir, tandis que 
d'autres en seront jaloux. Il vaut mieux, s'il y a plusieurs 
ecclésiastiques attachés à l'église, que l'un d'eux s'en charge, 
ou que l'instituteur, s'il est pieux, remplisse cet office. 

(1) Observations du traducteur. 

(2) Le curé doit avoir soin que Ton procure aux enfants des livres de 
prières qui conviennent à leur âge. C'est plus important qu'on ne pense. 
Il y a parfois de ces livres de prières d'un ascétisme trop relevé, d'autres 
où règne une phraséologie romantique à laquelle les enfants ne compren- 
nent rien. 

Peut être serait -il bon de charger une personne de la paroisse, par 
exemple le clerc, d'avoir un choix de ces livres fait par le curé, et de les 
vendre aux enfants. A quelques enfants le curé pourrait les donner en 
récompense déjà avant leur première Communion. 

« Pendant la messe de la première Communion, le curé devrait interdire 
aussi aux maîtres de confrérie, de venir collecter parmi les enfants, pour 
ne pas les distraire à chaque instant. » (Observation du traducteur.) 



A LA PREMIÈRE COMMUNION. 35 

« A l'offrande du pain et du vin, il est d'habitude dans 
quelques paroisses, que les enfants munis d'un cierge blanc, 
orné de fleurs, se présentent successivement à l'autel pour 
offrir à Dieu, sous l'emblème de ce flambeau brûlant, leur 
cœur fervent d'amour, et pour déposer dans un plat une of- 
frande, comme marque de reconnaissance pour celui qui les 
a instruits. Cette cérémonie, lorsqu'elle se fait lentement, avec 
ordre et modestie, est imposante, mais parfois aussi elle est 
accompagnée de grands inconvénients que l'on pourrait éviter. 

Ainsi, il y a des églises, où les cierges d'offrande sont placés 
devant les enfants ; à tout moment ils risquent de les renver- 
ser; ils osent à peine se permettre un mouvement, de peur 
de les briser ou de souiller leurs habits de taches de cire ; 
puis c'est tout un remue-ménage quand il est question de 
venir les allumer. On le comprend, c'est là une occasion de 
distractions continuelles et de préoccupations presque inces- 
santes pour les enfants. Ne pourrait-on pas placer ces cierges 
le long des murs du chœur, les fixer sur des récipients ou sur 
des chandeliers, pour les remettre seulement aux enfants, 
lorsqu'ils quittent leur place et s'avancent vers l'autel? Mais 
pour arriver à cela, il faudrait avant tout que les cierges eus- 
sent une autre forme que celle qu'ils ont bien souvent au- 
jourd'hui ? Il y a des villes et des villages où ils ont acquis un 
développement ridicule ; pour les manier, il faut une adresse 
toute spéciale, et pour les porter à l'offrande, il faudrait bien 
à côté de chaque enfant, un domestique ou une servante qui 
servissent d'aide. D'un autre côté, ces cierges démesurément 
gonflés, sont bien souvent une cause de vanité et d'orgueil 
pour l'enfant riche qui voit ses voisins plus pauvres munis 
d'un maigre flambeau. On pourrait, me semble-t-il, éviter 
tous ces inconvénients en déterminant la grosseur des 
cierges, auxquels on est libre d'ailleurs de donner l'épais- 
seur qu'on désire. » 

« L'après-midi, les enfants doivent de nouveau se trouver 
aux offices. De suite après le Magnificat des Vêpres solennel- 
les, on rallume les cierges qui ont servi le matin à l'offrande, 
on les remet aux enfants qui se dirigent processionnelle- 
ment vers les fonts baptismaux pour y renouveler leurs pro- 



Ob MÉTHODE POUR PRÉPARER LES ENFANTS 

messes de baptême; la récitation de la formule doit être con- 
iiée à un enfant qui possède une voix claire et qui ne se trou- 
ble pas facilement. Des fonts baptismaux, on se rend ensuite 
au pied de l'autel ou de l'image de la sainte Vierge, devant 
laquelle une des petites filles récite l'acte de Consécration à 
Marie, que tous les enfants répètent à haute voix (1). » Puis, 
pour marquer leur reconnaissance et leur attachement au 
Dieu eucharistique qui s'est donné à eux, les enfants se font 
recevoir solennellement dans la Confrérie de l'Adoration per- 
pétuelle. On finit par la bénédiction avec le saint Sacrement 
et le chant du Te Deum. Après les offices, le curé distribue 
aux enfants des souvenirs de la première Communion, soit 
des livres, des images, des chapelets ou des médailles, etc. 

Une chose qui révolte, c'est de voir, de quelle manière, les 
enfants qui ont fait leur première Communion, passent quel- 
quefois leur temps après les offices du soir. 11 y a des en- 
droits où ils s'amusent l'après-midi dans les cabarets, sans 
surveillance aucune (le mal serait déjà assez grand quand 
même les parents les y accompagneraient), et là ils vont quel- 
que fois jusqu'à s'enivrer; nous pourrions nommer une grande 
ville, où l'un de ces malheureux enfants, après avoir roulé 
avec son père, plus malheureux encore, dans les cafés et ta- 
vernes, expira le soir, au milieu des vomissements provo- 
qués par l'ivresse (2). Je me rappelle aussi, que dans certaines 
communes, les enfants allaient visiter toutes les familles dont 
un enfant avait communié avec eux, s'y régalaient de gâteaux 
et de vin, et s'en retournaient le soir à la maison, Dieu sait 
en quel état! Que le pasteur s'efforce donc, par tous les 
moyens qui sont en son pouvoir, de s'opposer à ces abus. 
S'il y a possibilité, qu'il tâche de garder les enfants sous sa 
surveillance jusqu'au soir, qu'il les amuse dans son jardin 
ou dans son salon. Ce qu'il y aurait peut-être de mieux à 
faire et de plus conforme à la sainteté de ce beau jour, ce se- 
rait de le finir, en allant avec les enfants en pèlerinage à 
une église ou à une chapelle voisine ; pendant le chemin on 
égayerait les enfants par des récits joyeux, des histoires inté- 

(1) Observations du traducteur. — (2) Idem. 



A LA PREMIÈRE COMMUNION. 37 

ressantes; à l'église on ferait quelques prières en commun, 
on chanterait quelques beaux cantiques qui réjouiraient et 
édifieraient à la fois cette intéressante jeunesse. 

8. APRÈS LA PREMIÈRE COMMUNION. 

Comme il est plus aisé de produire dans une paroisse, au 
moyen d'une mission des fruits de salut, que de conserver 
après la mission ses fruits et ses effets, ainsi il est également 
plus facile de préparer les enfants à s'approcher digne- 
ment de la sainte Table, que de conserver chez eux les 
fruits de la vie nouvelle que la Communion a produits dans 
leur âme. Aussi avec la fête de la première Communion, ne 
se termine pas la sollicitude du pasteur des âmes pour ceux 
qu'il a préparés à ce grand acte. Non-seulement il doit revenir 
souvent sur ce grand jour et sur les impressions qu'il a 
laissées, y rattacher leurs actions, leur rappeler les réso- 
lutions qu'ils ont prises alors, etc., mais il doit avoir soin 
surtout que le premier usage de la sainte Communion, de- 
vienne chez eux une pratique qui continue, et que les enfants 
s'identifient aveclaviechrétienne, avec la vie de l'Église, avec le 
fréquent usage de la sainte Communion, comme avec une sainte 
habitude. C'est pourquoi il prendra soin de conduire souvent 
les enfants, tous ensemble, à la sainte Table, et de les y pré- 
parer chaque fois en commun, en ravivant dans leur souve- 
nir et dans leur cœur, les sentiments particuliers qui les 
animaient au jour de la première Communion, en les aidant 
à examiner leur conscience sur leur fidélité aux bons pro- 
pos qu'ils avaient formés en ce jour ; sur la tiédeur qui, peut- 
être, s'est déjà glissée dans leur manière de vivre ; et en tâ- 
chant de ranimer leur première ferveur. Qu'on fasse tout ce 
qui est possible, pour réunir en ces circonstances, les enfants 
qui ont quitté l'école et ceux qui vont travailler, car ceux-ci 
ont surtout besoin d'être soutenus. Qu'on nourrisse par tous 
les moyens, la dévotion envers la sainte Eucharistie et la 
très-sainte-Vierge (1). 

(1) J'ai entendu plusieurs curés, hommes d'expérience, exprimer le dé- 
sir que l'instruction religieuse fût continuée encore pendant deux ou trois 
semaines après la première Communion des enfants, si toutefois les eir- 



38 MÉTHODE POUR PRÉPARER LES ENFANTS 

Le pasteur doit avoir un œil vigilant sur ceux qui entrent 
dans un collège, dans un atelier d'apprentissage ou en ser- 
vice. Qu'il tâche de s'entendre auparavant avec les parents, 
afin que leurs enfants n'entrent pas dans des maisons ou des 
établissements où leur foi et leurs mœurs courraient des dan- 
gers, où ils n'auraient pas la faculté d'assister aux offices re- 
ligieux et de fréquenter les sacrements. Si son intervention 
peut servir aux pauvres enfants qu'on envoie à l'étranger, 
surtout dans les villes, il doit l'employer et ne rien négliger 
pour les recommander aux ecclésiastiques de l'endroit, etc. 
Quant aux soins à donner dans le confessionnal aux jeunes 
gens et à ceux qui sont plus avancés en âge, de même quant à 
l'attention du confesseur pour découvrir et éloigner les dé- 
fauts naissants, les dangers qui les menacent, ce n'est pas le 
lieu d'en parler ici au long. 

Que le curé insiste, avec prudence et fermeté, sur la fréquen- 
tation du catéchisme de persévérance de la part de ceux qui 
ont fait leur première Communion, mais de son côté aussi 
qu'il tâche de rendre cette fréquentation agréable aux enfants, 
en rendant ses instructions aussi pratiques et aussi attrayan- 
tes que possible. Il est également utile et salutaire, de voir 
quelquefois les enfants en dehors du temps des instructions 
et des confessions, de les faire venir pour causeravec eux, pour 
leur prêter quelques livres instructifs, agréables et édifiants. 
En général tout ce qui assure au prêtre une influence du- 
rable sur leur cœur et peut lui gagner leur confiance, est un 
boulevard contre la séduction, et tout prêtre brûlant de zèle 
pour le salut des âmes, se servira avec soin de tous ces 
moyens, pour raffermir ses jeunes ouailles dans le bien, et 
pour les sanctifier. 

constances le permettent (on pourrait alors repasser le traité des vertus et 
de la perfection chrétiennes). C'est d'autant plus à désirer que parfois, de 
suite après la première Communion, certains enfants que l'on a compli- 
mentés et choyés, deviennent un peu espiègles, retombent facilement dans 
une ancienne faute, et laissent voir des défauts que l'instruction continuée 
pourra combattre. 



DEUXIÈME SECTION. 



INSTRUCTIONS SUR LA SAINTE EUCHARISTIE 



INTRODUCTION. 

Chers enfants ! c'est avec une joie bien grande que je vous 
vois réunis en ce jour, où je vais commencer des instruc- 
tions pour vous préparer à la première Communion. Je re- 
mercie de tout mon cœur le bon Dieu, de m'avoir accordé 
de nouveau, cette année, la grâce de pouvoir vous instruire 
et vous préparer. Et pourquoi donc ma joie est-elle si grande? 
Pourquoi remercié-je le bon Dieu? — Parce que je puis aider 
à disposera l'aimable Jésus, une habitation dans vos cœurs; 
parce qu'il m'est permis, chers enfants, de vous préparer au 
plus grand bonheur que vous puissiez jamais goûter sur la 
terre, de vous préparer au jour, qui sera le plus beau de toute 
votre vie. On demanda autrefois à l'empereur Napoléon, quel 
avait été le plus beau jour de toute sa vie? C'était, vous le 
savez peut-être, un monarque très grand et très puissant, 
qui commandait à plusieurs millions d'hommes, qui avait de 
l'or en abondance, en un mot qui avait tout ce qu'on peut dé- 
sirer. Et cependant, malgré toutes ses richesses, toute sa 
gloire et sa puissance, il avouait 'devant ses généraux, qu'il 
n'avait jamais eu pendant toute sa vie un jour aussi beau , 
aussi heureux que celui où, étant encore petit garçon simple, 
mais pieux et innocent, il avait fait sa première Communion. 
Il y a deux ans, j'ai vu une petite fille malade; elle allait très 
mal et souffrait beaucoup. On croyait qu'elle devait mourir. 
Comme je lui adressai la parole, elle se mit à pleurer très 
fort. Je lui demandai alors pourquoi elle pleurait, si c'était 



40 MÉTHODE POUK PRÉPARER LES ENFANTS 

parce qu'elle souffrait beaucoup, ou parce qu'elle craignait de 
mourir? Quelle fut, croyez-vous, la réponse de l'enfant? « Je 
crains de mourir avant le dimanche après Pâques, avant d'a- 
voir pu recevoir le bon Dieu. » — « Mais ma petite, si tu pou- 
vais communier maintenant, serais-tu contente de mou- 
rir? » lui demandai-je. « Oh oui! » répliqua la pauvre pe- 
tite, la joie dans les yeux, « alors je serais contente de mou- 
rir. » On lui permit donc de communier sur son lit, et au 
milieu de toutes ses souffrances, elle était toujours contente 
et heureuse comme un ange. Cependant elle n'est pas morte, 
car le bon Jésus lui a rendu la santé. 

Une autre fois je vis une enfant qui pleurait, deux jours 
avant le dimanche où elle devait faire sa première Commu- 
nion; je lui demandai la cause de ses larmes. Elle pleurait, 
chers enfants, elle pleurait de joie et de bonheur, en pensant 
à ce beau jour qui l'attendait, mais elle s'attristait aussi parce 
que, après deux jours, sa première Communion serait passée. 
Je l'ai consolée alors, en lui montrant que, pour un enfant 
bien sage, ce grand bonheur de la première Communion re- 
vient toujours, aussi souvent qu'il le veut. 

Vous voyez, chers enfants, comment ceux dont je viens de 
vous parler, étaient heureux ce dimanche-là. Mais vous-mêmes 
vous en aurez déjà pressenti quelque chose au dedans de vous, 
j'en suis sûr. Lorsque l'année passée, vous étiez à pareil jour 
dans l'église, où se trouvaient les enfants qui devaient faire 
leur première Communion, et que vous voyiez comment ils 
étaient bien mis, remplis de piété et de bonheur, n'est-il pas 
vrai que vous vous êtes dit en vous-mêmes: Ah ! je voudrais 
bien que le jour de ma première Communion fût bientôt 
arrivé! Et si l'un de vos frères, l'une de vos sœurs plus âgés 
que vous, ont reçu la sainte Communion, vous aurez vu peut- 
être, quel était leur bonheur ; comment votre père ou votre 
mère pleurait de joie ! 

Pourquoi donc tous ceux-là ont-ils été si heureux, si con- 
tents? Pourquoi donc le jour de la première Communion est- 
il un jour si beau? Oh! vous le savez, chers enfants, c'est 
parce que Jésus-Christ, votre aimable Sauveur, veut venir au 
dedans de vous. Lui qui est infiniment grand et puissant, 



A LA PREMIÈRE COMMUNION. 41 

devant qui la terre tremble et les saints Anges se prosternent 
en l'adorant, lui qui est en même temps infiniment aimable, 
doux et humble, il veut venir à vous, il vous invite à sa table, 
il veut s'unir à vous par un lien d'amour si étroit, qu'aucune 
langue ne saurait l'exprimer. Avec quelle joie et quels pieux 
désirs les bergers de Bethléem ne s'élancèrent- ils pas vers la 
crèche, quand un ange leur dit : « Voici que je vous an- 
nonce un grand sujet de joie Vous trouverez un enfant 

enveloppé de langes et couché dans une crèche, c'est le Christ, 
le Seigneur! » Une nouvelle aussi joyeuse vous est annoncée, 
chers enfants ! Vous trouverez le doux Sauveur, couché sur 
l'autel, et caché sous l'apparence du pain. Non-seulement 
vous pourrez l'adorer, comme le firent les bergers, le contem- 
pler comme eux avec des yeux remplis de joie, non-seule- 
ment le prendre dans vos bras, mais il viendra dans votre 
cœur ; c'est là qu'il veut reposer, comme autrefois dans la 
crèche; c'est là qu'il veut établir sa demeure. Chers enfants! 
Que votre bonheur est grand ! 

C'est pourquoi réjouissez-vous, réjouissez-vous de toute 
votre âme, en voyant venir le jour de votre première Commu- 
nion. Réjouissez-vous, non parce que vous aurez alors de nou- 
veaux habillements, une belle couronne, que sais-je? Non, 
chers enfants, réjouissez-vous, de ce que le bon et divin 
Jésus veut venir en vous, lui qui apportera pour votre âme 
une robe plus belle que tous les habillements de la terre, 
une couronne plus belle que les fleurs les plus précieuses, 
et des présents bien plus riches que ceux dont le plus grand 
roi de la terre pourrait vous faire cadeau. Si vos parents vous 
promettaient, lorsque vous seriez bien sages, de vous conduire 
dans quelques semaines, avec eux en ville, pour y voir beau- 
coup de belles choses; s'ils vous promettaient de vous donner 
de beaux habits, de vous acheter de beaux livres, comme vous 
seriez contents, que vous seriez soumis! Et à l'approche de 
ce jour, comme vous penseriez sans cesse à tout cela! Oui, la 
nuit même vous en rêveriez et vous ne pourriez plus dormir. 
chers enfants ! Combien plus ne devez-vous pas vous re- 
jouir maintenant, puisque le bonheur qu'on vous promet est 
bien plus grand! Oui pensez-y souvent et avec plaisir. 



42 MÉTHODE POUR PRÉPARER LES ENFANTS 

Cependant, sachez-le bien, le jour de la première Commu- 
nion n'est un beau jour, un jour de joie céleste que pour les 
enfants qui reçoivent dignement Jésus-Christ dans la sainte 
Communion ; au contraire, pour ceux qui le reçoivent indigne- 
ment, c'est le jour d'un crime épouvantable, un jour de malé- 
diction et de damnation. Chers enfants, vous savez tous que je 
vous aime du fond de mon cœur. Cependant j'aimerais mieux 
vous voir morts, que de vous voir communier indigne- 
ment. Pour moi doue, il y a une obligation bien stricte, de 
veiller autant que je puis, à ce que personne ne s'avance 
vers la Table sainte, étant mal disposé. Aussi suis-je ferme- 
ment résolu à n'admettre personne d'entre vous, qui se mon- 
trerait indigne de cette grâce. Ceux-là seulement, qui se don- 
neront vraiment des peines et feront des efforts pour se 
rendre dignes, seront admis à communier. 

Mais, me demanderez-vous, que devons-nous faire, pour 
nous rendre dignes? Voici ce que j'ai à vous dire pour au- 
jourd'hui : 

a) Il est entendu, et c'est d'ailleurs facile à comprendre, que 
vous devez tous assister bien exactement aux instructions, 
que je ferai pour vous préparer. Personne ne peut y manquer, à 
moins qu'il n'en soit empêché pour cause de maladie, ou pour 
un cas de besoin extraordinaire. De même, je m'attends à ce 
que vous soyez bien attentifs et recueillis pendant les instruc- 
tions; puis, que vous appreniez ponctuellement par cœur ce 
que je vous indiquerai; ce serait une grande peine pour moi, 
si j'en remarquais un seul parmi vous, qui fût paresseux, 
inattentif ou bavard. Ce serait une preuve à mes yeux, que 
cet enfant n'a ni désir ni goût de faire sa première Commu- 
nion. 

6) Mais ce qui est encore plus important, c'est que votre 
cœur soit dûment préparé, chers enfants. Vous savez bien 
que le divin Jésus, votre Sauveur, ne déteste rien tant que le 
péché, et qu'il n'aimera pas de venir en vous, si vous n otez le 
péché de votre cœur. Vous savez que Dieu n'aime au contraire 
que les enfants vertueux et pieux ; conséquemment il viendra 
volontiers en vous, si vous faites des efforts pour devenir 
réellement tels. Ensuite, le jour de votre première Commu- 



A LA PREMIERS COMMUNION. 43 

nion,vous devrez renouveler la promesse solennelle de renon- 
cer au démon et au péché, de rester fidèlemeut attachés à 
Jésus-Christ, pendant tout le cours de votre vie. Mais pour 
que vous puissiez faire cette promesse en conscience, il faut 
qu'auparavant vous ayez déjà renoncé au péché, purifié votre 
cœur, rompu toutes les attaches au péché, c'est-à-dire, que 
vous devez avoir quitté l'habitude de mentir, de vous fâcher, 
de faire ou de dire de vilaines choses. Croyez-vous donc, chers 
enfants, qu'il suffise de vous en confesser le jour avant votre 
première Communion? Oh non. Ces mauvaises habitudes 
doivent être vaincues bien longtemps avant cela. Et pour 
ceux qui jusqu'ici ne l'ont pas fait, il est grand temps de le 
fairedès maintenant. Dès aujourd'hui vous devez vous appliquer 
à vous corriger de vos défauts et à devenir d'autres hommes. 
Avez-vous été jusqu'ici colères et emportés, — vous devez ne 
plus l'être ; avez-vous eu la mauvaise habitude de mentir, — 
il faut ne plus le faire; avez-vous été désobéissants, — vous de- 
vez obéir avec ponctualité dès ce jour. Il ne faut plus que les 
gens aient besoin de demander: Est-ce là un enfant qui va 
faire sa première Communion? Non, on doit pouvoir le re- 
marquer chez vous, dans toute votre conduite. Vos parents, 
vos frères et sœurs, vos maîtres, vos camarades, tous doivent 
s'en apercevoir. Et si j'apprenais de vos parents et de vos 
maîtres (d'ailleurs je m'en informerai), si j'apprenais que l'un 
ou l'autre d'entre vous est demeuré méchant comme autrefois, 
qu'il ne veut pas se corriger, je n'oserais et je ne pourrais ad- 
mettre un tel enfant à la sainte Communion. 

Que devez-vous donc faire pour travailler à vous corri- 
ger? 

4) Pendant le courant de la semaine prochaine, vous irez 
tous vous confesser (1). Il convient que vous receviez, avec 
un cœur pur, les instructions sur le plus saint des Sacre- 
ments; que vous fassiez disparaître d'abord les anciens dé- 

(1) S'il est plus convenable de faire aller les enfants à confesse tous 
ensemble le même jour, dès qu'on commence à les préparer à la première 
Communion, où s'il faut leur fixer une semaine pendant laquelle ils pour- 
ront choisir un jour à volonté, c'est ce que chaque curé doit examiner et 
décider en particulier. 



44 MÉTHODE POUR PRÉPARER LES ENFANTS 

fauts, et que vous commenciez ainsi par vous corriger. Lors 
de votre examen de conscience, de la contrition et du ferme 
propos, faites principalement attention à deux sortes de pé- 
chés; aux péchés contraires à la pureté et aux péchés de la 
langue, tels que les jurements, les malédictions, les menson- 
ges, etc., car le corps et l'âme destinés à recevoir le bon 
Dieu, qui est la pureté même, doivent être purs aussi ; et 
puis, comment seriez-vous assez téméraires pour recevoir 
sur votre langue le corps du Seigneur, si, un peu auparavant, 
vous aviez encore abusé de votre langue, pour l'offenser et 
l'insulter? S'il s'en trouve donc parmi vous, qui aient péché 
contre la pureté (en pensées, paroles ou actions) ou bien 
abusé de leur langue, qu'ils prennent fermement la résolution 
d'éviter ces péchés à l'avenir. Demandez à votre confesseur 
comment vous devez vous y prendre pour les éviter, et faites 
fidèlement ce qu'il vous aura prescrit (i). 

2) Pendant ce temps, jusqu'au jour de votre première Com- 
munion, dites exactement et dévotement vos prières; ainsi 
récitez avec attention les prières du matin et du soir, etc., 
surtout la prière avant et après l'instruction. Mais cela ne 
suffit point. Vous prierez avant tout pour obtenir la grâce 
de bien vous préparer à la sainte Communion. Ajoutez donc, 
dans cette intention, à vos prières du matin encore un Pa- 
ter avec ces paroles : Loué et béni soit à jamais le très saint 
Sacrement ; pendant la sainte Messe, à laquelle vous tâche- 
rez d'assister tous les jours, priez chaque fois pour obtenir 
cette grâce. Quand vous passez devant l'église et que vous en 
avez le temps, allez adorer pendant quelques minutes, Jésus- 
Christ dans le très saint Sacrement, et invoquez souvent la 
très sainte Vierge; comme elle a reçu avec un cœur pur et 
innocent le divin Sauveur, elle vous obtiendra aussi cette 
grâce. — Après chaque instruction, nous irons ensemble 
nous mettre à genoux devant le saint Sacrement, pour le sa- 

(1) Si le catéchiste est en même temps le seul confesseur des enfants, 
comme cela arrive dans les petites paroisses de campagne, il est inutile de 
faire les questions qui précèdent. D'après les circonstances, on pourrait 
attirer particulièrement l'attention des enfants sur d'autres fautes qu'ils 
commettent le plus souvent. 



A LA PREMIÈRE COMMUNION. 45 

luer et l'adorer. Quant aux prières que nous y réciterons et 
que vous y direz en silence par vous-mêmes, je vous les in- 
diquerai dans la suite. 

3) Mais il ne suffit pas de prier, chers enfants; que faut-il 
encore? 

Si vous aimez vraiment votre divin Sauveur , si vous 
cherchez à lui devenir semblables, vous devez également 
vous rendre agréables à ses yeux, et lui plaire par de bonnes 
œuvres. Il faut que partout, mais surtout dans la rue, sur 
le chemin de l'école, vous soyez modestes, honnêtes, tran- 
quilles et réservés. Sans doute, il vous est permis d'être gais 
et joyeux; mais il ne convient pas que, pendant le temps 
où vous vous préparez à la première Communion, vous vous 
livriez à des jeux bruyants, que vous vous poussiez comme 
de petits sauvages, ou que vous fassiez des grossièretés, etc. 
De temps à autre, renoncez à quelque jeu qui vous est pour- 
tant permis, et consacrez ces moments à la prière et à l'étude. 
A certains jours, ne touchez pas à tels mets que vous pourriez 
manger, ou bien mangez un peu moins que de coutume, en di- 
sant en vous-même: «0 bon Jésus, par amour pour vous, je ne 
mangerai pas de cela, afin que je puisse vous recevoir d'au- 
tant plus dignement. » Il y a surtout une chose, que je vous 
prie d'observer, et par laquelle vous pourrez vous rendre 
particulièrement agréable au divin Jésus : c'est de ne pas 
penser aux habillements que vous mettrez le jour de votre 
première Communion. Le bon Dieu ne fait pas attention aux 
habits, mais au cœur. Lui aussi a été pauvre et n'a porté que 
des habits pauvres et communs. Un enfant, si misérable 
qu'il soit dans ses habits, mais qui est pieux et sage, voilà 
l'enfant que Jésus aime et près de qui il vient volontiers, 
tandis qu'il n'aime pas un enfant qui a de beaux habits, mais 
en est orgueilleux et n'est pas sage. 

Chers enfants, procurez donc à votre divin Sauveur ce 
plaisir, faites-lui le sacrifice que vous vous proposez main- 
tenant, c'est-à-dire, de ne pas faire la moindre question sur 
les habillements que vous porterez, encore moins de tour- 
menter à ce sujet vos parents. Ceux-ci en auront assez de 
soin. Alors même que vos parents vous demanderaient, ce 



il) MÉTHODE POUR PRÉPARER LKS ENFANTS 

qu'ils doivent vous acheter, dites leur : « Chers parents, 
c'est à vous de savoir ce qui me convient ; tout ce que vous 
achèterez sera bon pour moi ! » — Si d'autres personnes 
vous questionnent à ce sujet, dites-leur : « Je ne m'en in- 
quiète pas; on nous a dit, que nous ne devions pas du tout 
y penser. » De plus, vous ne devez pas, entre vous autres, 
parler des habillements qu'on vous fera. Ayez seulement 
soin que votre âme ait la robe de l'innocence. Maintenant, 
chers enfants, je vous ai dit la chose principale, j'ai dit ce 
que vous devez, pour le moment, savoir et observer, — je 
vous ai dit combien est grand le bonheur etc. (ici le caté- 
chiste résumera brièvement les différents points, et pourra 
se convaincre par quelques questions, si les enfants ont re- 
tenu ce qui est nécessaire) (1). 

Bientôt nous irons à l'église pour y prier. 
D'abord les petits garçons s'avanceront deux à deux, puis 
les petites filles. 
A l'entrée de l'église (2) prenez de l'eau bénite et en même 

il) Ou pourrait appeler l'attention des enfants sur les exemples des 
Saints, et leur montrer comment ceux-ci se sont préparés dans leur enfance 
à la première Communion. 

Lorsque S. Marie Madeleine de Pazzi eut dix ans, on lui annonça qu'elle 
était admise à communier pour la première fois, à la prochaine fête de 
l'Annonciation. Sa joie était indescriptible, mais aussi sa préparation se 
fit avec le plus grand soiu et la plus grande ferveur. Sa plus vive préoccu- 
pation était de communier le plus dignement possible. Elle examina d'une 
manière sévère et sérieuse sa conscience, et fut tellement pénétrée de 
repentir, qu'elle ne cessa de pleurer pendant tout le temps de sa confession, 
quoiqu'elle n'eût que des fautes légères à confesser. 

La vénérable Marie de l'Incarnation remercia chaque jour de la manière 
la plus vive le bon Dieu, quand elle eut appris quelle était admise à 
communier pour la première fois à Pâques. Elle se prépara avec le plus 
grand soin. Tous les jours elle s'excitait à la contrition de ses péchés. 
Outre la pénitence imposée par le confesseur, elle accomplissait encore 
d'autres pénitences volontaires et redoublait ses prières toujours plus 
ferventes. Aussi quand elle commuuia , elle ressentit un bonheur si 
grand, qu'elle avoua ne pas vouloir céder cette joie pour tous les trésors 
du monde. 

(2) L'auteur suppose que l'instruction se donne à l'école. 



A LA PREMIÈRE COMMUNION. 47 

temps demandez à Dieu qu'il daigne purifier votre cœur, 
afin que vous puissiez dignement recevoir Jésus-Christ. 
Avant d'entrer dans les bancs, courbez respectueusement le 
genou (ainsi qu'on vous l'a appris) devant l'autel où le saint 
Sacrement repose. Quand vous serez tous à vos places, je ré- 
citerai à haute voix une prière, que vous répéterez en silence, 
au fond de votre cœur. Ecoutez-la bien : 

« Aimable Jésus, qui êtes ici présent dans la sainte Eu- 
charistie sur l'autel ; lorsque vous étiez encore sur la terre, 
vous avez réuni avec tant de bonté les enfants autour de 
vous, et vous les avez bénis. Pauvres enfants que nous som- 
mes, nous voici également réunis autour de vous, nous vous 
adorons avec un cœur respectueux et reconnaissant, et nous 
vous demandons en toute humilité et sincérité, votre béné- 
diction. Vous voulez nous accorder la grâce de venir habiter 
bientôt dans nos cœurs. Nous vous remercions beaucoup de 
cette grande marque d'amour. Mais hélas ! Nous sommes 
encore remplis de tant de défauts qui vous déplaisent! nous 
sommes dépourvus des vertus, par lesquelles nous devrions 
vous être agréables ! Personne ne peut nous rendre purs, 
pieux et sages que vous seul. C'est pourquoi nous vous en 
prions humblement : visitez-nous par votre grâce, et aidez- 
nous à préparer si bien notre cœur, que vous puissiez venir 
en nous avec joie. Nous vous promettons dans toute la sin- 
cérité de notre âme, de faire, avec le secours de votre grâce, 
tous les efforts pour renoncer à nos défauts et pour devenir 
des enfants sages et pieux, qui vous plaisent. » — Après 
que j'aurai récité cette prière à haute voix et que vous l'aurez 
répété en vous-mêmes, nous resterons tranquilles environ 
deux minutes. Pendant ce temps, que chacun de vous prie 
en silence le bon Jésus, et lui dise, combien il l'aime, com- 
bien il désire d'être sage et vertueux; dites-lui, que vous 
vous repentez de vos péchés, surtout de votre défaut prin- 
cipal, et faites la résolution de l'éviter jusqu'à la prochaine 
visite dans l'église. Celui, par exemple, qui a le défaut d'être 
désobéissant, peut dire comme cela : « bon Jésus! quand 
vous étiez encore enfant, vous étiez toujours si obéissant, 
si soumis, et vous n'aimez que les enfants qui obéissent, 



'*S MÉTHODE POUR PRÉPARER LKS ENFANTS 

tandis que moi je suis si désobéissant, j'ai une si mauvaise 
tête, et cependant bientôt je devrai vous recevoir. Vous savez 
que je suis bien triste d'avoir été si méchant. Je vous en 
conjure, ô bon Jésus, assistez-moi pour que je devienne à 
l'avenir un enfant très obéissant. Dès aujourd'hui je veux 
faire des efforts tout particuliers pour le devenir. Quand je 
serai tenté de désobéir, je penserai : Jésus, par amour pour 
vous, j'écouterai, j'obéirai. Et si jamais, soit par légèreté, 
soit par irréflexion, j'étais de nouveau désobéissant, je dirai 
de suite pour pénitence un Ave Maria. » De même celui qui 
a le défaut d'être colère, emporté, etc. 

Après cela nous allons faire ensemble la Communion spi- 
rituelle. Plus tard je vous en parlerai plus au long. Pour 
aujourd'hui, faites seulement attention à ceci : La Com- 
munion spirituelle vous la faites, chers enfants, quand vous 
excitez dans votre cœur repentant, le désir de recevoir 
votre divin Sauveur. La Communion spirituelle est très agréa- 
ble au divin Jésus, et l'un des meilleurs moyens de vous pré- 
parer à la communion réelle et véritable (i). Voici de quelle 
manière nous ferons cette Communion spirituelle : « O mon 
Jésus! Je crois d'une foi ferme et vive que vous êtes présent 
dans la très sainte Eucharistie, aussi réellement présent que 
lorsque vous étiez couché dans la crèche de Bethléem, at- 
taché à la croix pour nous, et que vous l'êtes maintenant dans 
la gloire, au plus haut des cieux. Je vous adore avec le plus 
profond respect et je voudrais vous adorer comme le font les 
hommes les plus pieux, comme le font les anges et les saints, 
comme le fait Marie, votre mère bien-aimée. C'est avec le dé- 
sir le plus ardent que je soupire après le moment de vous 
recevoir. Je me repens de mes péchés, par lesquels je vous 
ai offensé, o Dieu de bonté, qui êtes mon Sauveur ! et je sou- 
haite d'être aussi pur que votre bien-aimée mère Marie, afin 
que je puisse vous recevoir clignement dans mon cœur; puis 
je suis fermement résolu de ne plus jamais vous offenser 

(l,i Dans l'une des instructions suivantes le catéchiste indiquera aux 
enfants, en expliquant brièvement les actes) la manière dont ils pourront la 
faire. 



A LA PREMIÈRE COMMUNION. 49 

volontairement ou de propos délibéré. Puisque je ne puis 
vous recevoir réellement en ce jour, je vous en prie bien hum- 
blement et de tout mon cœur, venez en moi spirituellement, 
demeurez en moi, et disposez mon cœur de telle manière, que 
vous puissiez venir en moi réellement et avec joie, le jour de 
la première Communion. C'est ce que je vous demande par 
l'amour avec lequel vous avez institué cet auguste sacrement, 
et par les mérites de tous les saints qui l'ont reçu avec la plus 
digne préparation. Jésus, pour vous je veux vivre ! — Jésus, 
pour vous je veux mourir ! Jésus, je suis à vous, à la vie et 
à la mort. Ainsi soit-il (i). 

Maintenant, chers enfants, disons à haute voix, cinq Pa- 
ter (2), afin que vous puissiez faire tous une bonne première 
Communion, et que le divin Jésus vous laisse plutôt mourir 
que de permettre, qu'un seul d'entre vous fasse une mauvaise 
Communion. Dans cette prière, vous pouvez comprendre tous 
les enfants qui, cette année, s'approcheront pour la première 
fois de la Table sainte. Après cela nous dirons : Loué et béni 
etc., et ensuite, quand chacun de vous aura salué encore une 
fois Jésus-Christ, sortez deux à deux de l'église et retournez 
tranquillement à la maison (ou à l'école). 

Rendons-nous à l'église, chers enfants... 

I. DE LA PRÉSENCE DE JÉSUS-CHRIST DANS LA SAINTE 
EUCHARISTIE. 

Aujourd'hui, nous allons donc commencer, chers enfants, 
à vous parler de l'admirable mystère qui étonne les anges 
eux-mêmes, mais qu'ils ne peuvent comprendre, Ah ! Je vou- 
drais qu'un ange du ciel vint à ma place vous dire, ce que 
c'est que ce mystère et vous l'exposer ! Que le bon Dieu 
daigne du moins m'accorder les paroles et l'esprit nécessaires, 
qu'il daigne ouvrir votre âme, afin que cette instruction soit 
saisie et comprise, non-seulement par votre intelligence, mais 

(!) Ces prières on les lit à haute voix, et ou les explique, pour autant 
que cela paraît nécessaire. 

(2) Au lieu de cinq Pater, on pourrait, pour changer, réciter une dizaine 
du chapelet, ou bien les litanies de la Sainte Vierge. 

MÉTHODE, ETC. 3 



1)0 MÉTHODE POUR PRÉPARER LES ENFANTS 

qu'elle pénètre en même temps dans votre cœur. Puissiez- 
vous bien en profiter, pour vous préparer dignement à la 
première Communion ! Dans cette intention, disons attenti- 
vement notre prière, avant de commencer l'instruction. 

Quest. De quel sacrement, N...., allons-nous parler aujour- 
d'hui? — C'est du très saint Sacrement de l'autel, qu'on ap- 
pelle aussi la sainte Eucharistie. — Pourquoi l'appelle-t-on: 
très-saint Sacrement de l'autel? — Quand le prêtre veut distri- 
buer la sainte Communion aux fidèles, où va-t-il prendre le 
saint Sacrement? — C'est bien; à l'autel comme vous venez de 
dire. Là on conserve ce sacrement dans un ciboire, c'est-à-dire 
un calice avec couvercle, et ce ciboireest déposé dans le taber- 
nacle. Tabernacle, qui est un mot formé du latin, signifie pro- 
prement tente ou pavillon. Dieu (sous l'ancienne Loi), faisait 
sentir particulièrement sa présence dans la tente où se gar- 
dait l'Arche d'alliance, mais notre divin Sauveur est présent 
clans le saint Sacrement substantiellement, et d'une manière 
bien plus admirable. 

Ainsi c'est à l'autel que l'on conserve le très saint Sacre- 
ment. Mais comment y devient-il présent? Que fait le prêtre, 
quand il n'y a plus de saintes hosties? Il en consacre, c'est-à- 
dire qu'il change le pain au vrai corps de Notre-Seigneur, dans 
le très saint Sacrement. Quand et où cela se fait-il? C'est pen- 
dant la sainte Messe, au moment de la Consécration. Et la 
messe, où la dit-on? à l'autel. Voici donc comment vous pou- 
vez répondre à la question : pourquoi ce sacrement est-il ap- 
pelé sacrement de V autel? C'est parce qu'il est préparé (offert) 
et conservé à l'autel. 

Mais vous avez dit que ce Sacrement s'appelle aussi Eucha- 
ristie; pourriez vous dire, pourquoi on l'appelle ainsi? Ecou- 
tez, chers enfants. Le mot Eucharistie vient de deux mots 
grecs qui signifient action de grâces ; or rendre des actions 
de grâces à quelqu'un, c'est le remercier, c'est lui témoigner 
notre reconnaissance. Eh bien ! quand Jésus-Christ institua 
ce Sacrement, il rendit grâces à son Père, comme il est dit 
dans l'évangile, et voilà pourquoi ce sacrement s'appelle Eu- 
charistie, c'est-à-dire : sacrement d'actions de grâces. D'ail- 
leurs quand le prêtre offre ce sacrement à Dieu, quand les fi- 



A LA PREMIÈRE COMMUNION. 51 

dèles le reçoivent, ils l'offrent et le reçoivent aussi en action 
de grâces, pour remercier Dieu de tous les biens que nous 
tenons de son infinie bonté; et en lui offrant ainsi le corps et 
le sang de Jésus-Christ, son Fils bien-aimé, sous les espèces 
du pain et du vin, nous lui offrons un don qui surpasse tous 
ceux que nous avons reçus de lui, de sorte que l'Eucharistie 
c'est le remerciement de l'homme à Dieu. — Qui sait com- 
ment on appelle encore la sainte Eucharistie? — Le très saint 
Sacrement Bien ; et cela, parce que, parmi tous les sacrements, 
c'est vraiment le plus saint. Les autres sont des signes et des 
instruments de la grâce, mais celui-ci renferme substan- 
tiellement Jésus-Christ qui, étant Dieu, est l'auteur, la source 
de la grâce et la sainteté même. 

Anciennement on appelait aussi ce sacrement la sainte Ta- 
ble, la Cène du Seigneur. Ce nom de sainte Table lui fut 
donné, parce que Jésus-Christ l'institua à table, après avoir 
mangé l'Agneau pascal avec ses apôtres, et parce que les fi- 
dèles, s'approchent d'une espèce de table pour le recevoir. 
Vous savez aussi, chers enfants, que ce fut après avoir fait la 
Cène, c'est-à-dire, un festin ou un repas avec ses disciples, que 
le divin Jésus institua ce sacrement, et c'est de cette circons- 
tance que lui vient le nom de Cène du Seigneur. On pour- 
rait également dire qu'on l'appelle ainsi, parce que Notre- 
Seigneur en invitant les fidèles à communier, les invite à un 
festin, à un repas mystérieux où il les nourrit de son corps 
et de son sang. 

On appelle encore la sainte Eucharistie le pain des anges, 
non que les anges communient, mais parce que, comme Jé- 
sus-Christ est la nourriture spirituelle, la félicité des anges 
dans le ciel, ainsi il est ici-bas, dans ce Sacrement, la nour- 
riture de nos âmes, notre félicité en ce monde. En lui donnant 
ce nom de pain ou de nourriture des anges, on veut signifier 
aussi, qu'il est tellement saint, qu'il n'y a proprement que les 
hommes, purs comme les anges, qui devraient le recevoir. De 
plus on l'appelle la sainte hostie; or hostie signifie victime, ce 
qui veut dire que Jésus-Christ dans ce Sacrement s'offre comme 
une victime à son père céleste. Enfin comment appelle-t-on 
ce sacrement quand il est porté aux malades ? On l'appelle le 



l)'2 MÉTHODE POUR PRÉPARER LES ENFANTS 

saint Viatique; pourquoi lui donne-t-on ce nom? Viatique 
signifie proprement les provisions que Ton porte avec soi pour 
faire un voyage. Or comme les malades sont sur le point de 
faire le grand voyage de l'éternité, et qu'avant leur mort on 
leur donne la sainte Eucharistie, pour les soutenir dans ce 
passage difficile, on l'appelle pour cela le saint Viatique. De 
même que vos parents, lorsque vous devez entreprendre un 
chemin bien long et difficile, vousdonnentdes provisions, du 
pain et de la viande pour vous fortifier au besoin; ainsi notre 
divin Sauveur nous a donné ce sacrement, comme une nour- 
riture sur la route pénible qui conduit au ciel, surtout lorsque 
la dernière station de cette route, lorsque la mort approche. 
Alors il vient lui-même, il tend la main au malade, le forti- 
fie et le console, afin que celui-ci fasse sans crainte son en- 
trée dans l'autre monde. 
N.. lisez la réponse à la question suivante : 

Q. \ . Qu'est-ce que la sainte Eucharistie ? 

R. C'est le vrai corps et le vrai sang de Notre Seigneur 
Jésus Christ, qui est réellement et substantiellement 
présent sous les apparences du pain et du vin, pour 
servir de nourriture à nos âmes. 

Donc qui est présent ? Gomment ? où est-il présent ? Pour- 
quoi ? 

Vous dites d'abord : le vrai corps ; que voulez-vous 
dire par là ? Regardez tous de ce côté-ci (le catéchiste montre 
le crucifix). Qui est suspendu là à la croix? C'est Notre Sei- 
gneur Jésus-Christ, c'est son corps. Mais est-ce là son vrai 
corps ? Non, ce n'est qu'une image du corps de Jésus, ce n'est 
pas son véritable corps (car le véritable corps de Jésus n'est 
pas fait de bois, comme ce crucifix, mais de chair et de 
sang). Or il y a des hommes qui disent : dans le saint Sa- 
crement, il n'y a que l'image ou la figure du corps de Jésus- 
Christ; cela est-il vrai? Non; dans la sainte Eucharistie, ce 
n'est pas simplement l'image du corps de Jésus, mais c'est 
son vrai corps qui est présent, donc le même corps qui a 
reposé dans la crèche, qui a été cloué à la croix, et qui est 



A LA PREMIÈRE COMMUNION. 53 

maintenant dans le ciel. Ainsi vous pourrez répondre à 
ma question : Que voulez-vous dire par ces mots : le vrai 
corps etc.? par ces mots : je veux dire, que ce n'est pas sim- 
plement la figure du corps de Jésus-Christ, mais le même 
corps qui a été couché dans la crèche, cloué à la croix et qui 
est maintenant dans le ciel. 

Le vrai sang (expliquez de la même manière que ci-des- 
sus).... Donc ce n'est pas simplement la figure du sang, mais 
Je même sang qui fut dans le corps de Jésus-Christ, qui fut 
versé sur la croix, et qui est maintenant dans son corps glo- 
rieux au ciel. 

Ce vrai corps et ce vrai sang de Jésus-Christ sont présents 
dans la sainte Eucharistie « sous les apparences du pain et du 
vin; » je vous expliquerai ceci plus tard avec plus de détail. 
Pour le moment remarquez seulement, que lorsque je dis : 
ce jeune homme a l'apparence d'être fort et bien portant, je 
veux signifier parla qu'il a l'air d'être fort et bien portant. De 
même quand je dis : le corps de Jésus-Christ est présent sous 
les apparences du pain et du vin, il a (à nos yeux) les apparen- 
ces du pain et du vin, je veux dire : qu'il paraît être comme 
du pain et que le sang de Jésus-Christ a l'air d'être du vin. 
Quand Jésus vivait encore sur la terre, son corps ressemblait 
au corps des autres hommes et dans le ciel il y ressemble en- 
core maintenant, excepté qu'il est brillant et rayonnant d'une 
gloire inexprimable; mais dans la sainte Eucharistie il a l'ap- 
parence du pain et du vin. Lorsque le prêtre distribue la 
sainte Communion, que voyez-vous dans sa main? Quel- 
que chose de rond, de blanc, qui auparavant était du pain 
(non du pain noir, mais du pain blanc, fait de farine de 
froment et sans levain) et qui a l'air d'être encore tel, mais ce 
n'est pas du pain, c'est (1) le corps de Jésus-Christ. Et quand 
4e prêtre boit au saint calice, si vous pouviez voir dans l'in- 
térieur du calice, vous verriez quelque chose qui a l'air d'être 

(1) On peut raconter ici aux enfants, avec quel saint respect le pain, qui 
devait être changé au corps de Jésus-Christ, était anciennement préparé 
dans les monastères et comment des rois eux-mêmes, tel que S. Wenceslas, 
regardaient comme un honneur de pouvoir préparer le pain destiné au 
saint Sacrifice de la Messe. 



54 MÉTHODE POUR PRÉPARER LES ENFANTS 

du vin, mais qui n'est plus du vin, puisque c'est le sang de 
Jésus-Christ. 

Dans la sainte Eucharistie Jésus-Christ est réellement pré- 
sent. Dans votre sommeil, vous rêviez que vous voyiez votre 
frère, qui est dans un pays étranger; le matin vous le racon- 
tez et vous dites : j'ai vu, cette nuit, notre Charles, et si 
vivant, qu'il me semble le voir encore maintenant devant 
moi; dites : avez vous vu alors votre frère réellement? Non, 
vous vous êtes imaginé l'avoir vu ; cela vous a semblé ainsi. 

En est-il de même dans la sainte Eucharistie? Est-ce sim- 
plement en imagination, que nous nous représentons Jésus- 
Christ présent sur l'autel? Non, ce n'est pas simplement 
ainsi que nous nous le représentons, mais nous croyons 
que Jésus est là corporellement, véritablement présent. Donc 
quand nous disons que Jésus-Christ est réellement présent, 
cela signifie 

Nous disons ensuite que Jésus Christ est substantiellement 
présent dans la sainte Eucharistie, c'est-à-dire avec toute sa 
substance. Par la substance d'un objet, d'un homme, par 
exemple, on entend sa nature, ce qui fait qu'il est homme 
et le distingue de ce qu'il n'est pas. Donc quand on dit que 
Jésus Christ est présent avec sa substance, cela signifie qu'il 
y est présent avec tout ce qui lui est propre, avec tout 
ce qui lui est essentiel. Or qu'est-ce que Jésus-Christ? Il 
est Dieu et homme? Et que doit-il avoir pour être Dieu et 
homme? Il doit avoir la nature divine et la nature humaine. 
Mais que faut-il pour avoir la nature humaine? Il faut un 
corps et une âme. Que faut-il pour avoir un corps? Il faut de 
la chair et du sang, car si vous n'aviez pas de la chair et du 
sang, vous n'auriez pas de corps. Donc quand on dit que 
Jésus est substantiellement présent, cela signifie qu'il est 
présent avec toute sa substance, avec sa divinité et son hu- 
manité, avec son corps et son âme, sa chair et son sang 
(ou bien ce qui revient au même : avec sa chair et son sang, 
c'est-à-dire avec son corps; avec son corps et son âme, 
comme homme; avec son humanité et sa divinité, comme 
Homme-Dieu). 

Ainsi où Jésus-Christ est-il présent? Il est présent sous 



A LA PREMIÈRE COMMUNION. 55 

les apparences de pain et de vin, là où le saint Sacre- 
ment se trouve. Comme Dieu, c'est-à-dire, à cause de sa na- 
ture divine, il est présent partout; avec sa divinité et son 
humanité unies ensemble, ou selon son humanité, c'est à dire 
avec son corps et son âme, il est seulement présent dans le 
ciel et dans les endroits où se trouve le saint Sacrement de 
l'Eucharistie ; par conséquent il est présent dans l'église 
voisine,... à N... en un mot dans chaque église, où Ton con- 
serve le saint Sacrement. Mais pourquoi donc Jésus-Christ y 
est- il présent? » Pour servir de nourriture à nos âmes, c'est- 
à-dire pour les nourrir, pour leur servir d'aliment. Vous savez, 
chers enfants, que le corps a besoin de nourriture, et pour- 
quoi? Qu'arrive-t-il lorsque l'homme ne mange plus? Il meurt, 
il perd la vie. Nous avons donc besoin de nourriture, d'ali- 
ments, pour conserver la vie. Mais vous rappelez- vous encore 
ce que j'ai dit, en parlant de la grâce? Ne vous ai -je pas dit 
que nous avons une double vie? Une vie corporelle, natu- 
relle, terrestre, que chaque homme possède et qui cesse 
avec la mort (quand l'âme se sépare du corps) ; puis une vie 
spirituelle (la vie de l'âme), surnaturelle, céleste, que pos- 
sèdent seulement les enfants de Dieu et qui se perd par la 
mort spirituelle, par le péché mortel, et cette vie-là, c'est la 
grâce sanctifiante ou habituelle. (Si on le juge nécessaire, on 
répétera brièvement ce qui concerne la nature et les effets 
de cette grâce.) Maintenant faites bien attention : pour con- 
server la vie du corps, la vie naturelle ou terrestre, on a 
besoin d'une nourriture corporelle, naturelle, terrestre, par 
exemple : on a besoin de pain ; ce pain vient de la terre, et 
nourrit le corps, etc ; mais pour conserver la vie spirituelle, 
surnaturelle, céleste, nous avons besoin d'une nourriture spi- 
rituelle (qui nourrisse l'esprit, l'âme), d'une nourriture surna- 
turelle, céleste, « du pain qui est descendu du ciel, » et cette 
nourriture, ce pain, c'est Jésus-Christ lui-même. (De là vous 
pouvez conclure de nouveau, combien la grâce sanctifiante 
est un magnifique présent de Dieu, un don précieux, puisque 
Jésus-Christ lui-même vient dans notre cœur, pour conser- 
ver et augmenter cette grâce en nous.) 



Ob MKTIIODE POUR PREPARER LES ENFANTS 

Q. -2. Trouve-t-on dans la sainte Eucharistie tout ce qui 
est nécessaire pour que ce soit un sacrement? 

R. Oui : car on y trouve 1) le signe visible, à savoir les 
apparences du pain et du vin; 

2) la grâce invisible, — Jésus-Christ lui-même, V auteur 
et le dispensateur des grâces; 

3) V institution par Notre-Seigneur. 

La sainte Eucharistie est un des sept sacrements. Vous 
savez ce que c'est qu'un sacrement. Vous P...., dites-le moi 
exactement. — Très-bien. 

Mais que faut-il pour tout sacrement? Il faut trois cho- 
ses, à savoir 1° un signe sensible; 2° une grâce invisible; 
3° qu'il soit institué par Notre-Seigneur (î). Donc si la sainte 
Eucharistie est un véritable sacrement, il faut qu'on y trouve 
ces trois conditions, et nous verrons que c'est réellement 
ainsi. 

1) Il y a d'abord un signe visible, à savoir, les apparences 
du pain et du vin. Celles-ci sont visibles, on peut les voir. (On 
ne voit pas le corps de Jésus-Christ, non plus que le pain et le 
vin, car le pain et le vin n'existent plus; mais on voit la blan- 
cheur, la rondeur du pain, la couleur du vin, qui ne sont autre 
chose que les apparences ou espèces.) Elles sont aussi un signe, 
c'est-à-dire qu'elles signifient quelque chose. Et que signi- 
fient-elles? Le pain, vous le savez, est destiné à être mangé, le 
vin à être bu, et c'est ainsi que les apparences du pain et du vin 
signifient qu'ici dans ce sacrement, nous obtenons quelque 
chose à manger et à boire pour la nourriture ou la vie de 
notre âme, à savoir le corps et le sang de Jésus-Christ. 

2) Dans les autres Sacrements nous recevons la grâce, c'est- 
à-dire, ce secours, ce don surnaturel par lequel Dieu nous as- 
siste, afin que nous devenions saints, agréables à ses yeux et 
ses enfants; afin que nous gardions ses commandements, 
que nous pratiquions le bien pour arriver ainsi au ciel. Eh 
bien ! dans la sainte Eucharistie nous recevons aussi cette grâce, 

(i) S'il est nécessaire, on pourrait rappeler de nouveau comment on 
trouve ces trois conditions réunies dans le baptême. 



A LA PREMIÈRE COMMUNION. o7 

mais nous y recevons encore bien plus; nous y recevons Jésus- 
Christ lui-même, l'auteur de la grâce (c. a. d. celui qui a créé 
la grâce; comme Dieu est appelé l'auteur du monde, puis- 
qu'il a créé le monde) et le dispensateur de la grâce, c'est-à-dire 
qui distribue toutes les grâces (un distributeur d'aumônes, 
etc., qu'est-ce?) Imaginez-vous, chers enfants, deux personnes 
qui, au milieu des fortes chaleurs de l'été, ont de l'eau pour 
apaiser leur soif; l'une en a un peu au fond de sa cruche, l'au- 
tre possède une fontaine, un puits ; laquelle des deux aura de 
l'eau en plus grande abondance? — Or, sachez chers enfants, 
que dans les autres Sacrements nous n'avons qu'une petite par- 
tie de l'eau vivifiante de la grâce divine, mais dans la sainte 
Eucharistie nous avons la source inépuisable d'où découlent 
toutes les grâces. Celui qui répandit de si riches trésors de 
grâces sur un saint Louis de Gonzague, sur une sainte Ca- 
therine de Sienne et sur tant d'autres saints, celui-là vous 
appartient tout entier dans la sainte Eucharistie. Apprenez 
donc, dès maintenant, combien vous serez riches, chers en- 
fants! quelle grande confiance, quelles espérances vous pou- 
vez mettre dans cet auguste Sacrement, dans la sainte Com- 
munion qui vous sera bientôt donnée. 

3) La sainte Eucharistie a été instituée par Notre-Seigneur. 
Je vais nous en parler. 

Q. o. Quand Jésus-Christ a-t-il institué ce Sacrement? 

R. // l'a institué à la dernière cène, la veille de sa doulou- 
reuse passion. 

(Racontez d'abord l'histoire de cette institution, d'après 
l'évangile.) 

Quand l'institua-t-il? Quel jour? C'était un jeudi. Le jour 
anniversaire de l'institution du très saint Sacrement, c'est 
proprement le jeudi de la semaine sainte. Néanmoins nous 
en célébrons solennellement l'institution, un autre jour qui 
tombe également le jeudi, à savoir à la Fête-Dieu. Pourquoi 
donc ne célébrons-nous pas ce souvenir le Jeudi Saint? L'ins- 
titution de la sainte Eucharistie est pour nous (comme vous 
l'apprendrez plus tard), ce qu'il y a de plus heureux, de plus 

3. 



58 MÉTHODE POUR PRÉPARER LES ENFANTS 

consolant ; — or, le Jeudi-Saint tombe dans la semaine sainte, 
qui est une semaine de tristesse et de deuil, où nous pensons 
à la passion douloureuse de Jésus-Christ, et à nos péchés qui 
ont été la cause de toutes ses souffrances. Puisque, à cetteépo- 
que, nous ne pouvons pas nous réjouir comme il convient, 
l'Eglise en a transféré la fête solennelle et joyeuse à un autre 
jour de Tannée. 

Mais pourquoi donc, le divin Sauveur, a-t-il institué la 
sainte Eucharistie, le jour où il fit la dernière cène avec ses 
apôtres? Voici pourquoi, chers enfants: Chaque année les 
Juifs faisaient à Pâques un repas (ou une cène), en souvenir 
de leur sortie de l'Egypte, où ils avaient gémi dans l'escla- 
vage et la misère; alors ils tuaient et mangeaient un agneau 
pascal, en mémoire de ce qui s'était passé (car durant la 
nuit où ils sortirent de l'Egypte, ils avaient dû immoler et 
manger un agneau, dont le sang servit à marquer les portes 
des maisons, et les maisons qui avaient été marquées du sang 
de l'agneau, furent préservées delà colère divine, puisque 
personn • n'y mourut). Cet agneau pascal était la figure de 
Jésus-Christ et faisait d'avance allusion au divin Sauveur. 
(La raison pour laquelle Jésus est ordinairement comparé à 
un agneau, on la suppose connue.) De même qu'autrefois les 
Juifs ont été délivrés de la servitude en Egypte, ainsi nous 
avons été délivrés de la servitude du démon. Comme le sang 
de l'agneau préserva de la mort les Israélites, ainsi le sang de 
Jésus-Christ nous préserve de la mort éternelle. De même que 
l'agneau fut immolé, offert et servi en même tempsen nourri- 
ture, de même l'agneau de Dieu, Jésus-Christ fut immolé, 
offert tout sanglant sur la croix; il s'offre encore d'une manière 
non-sanglante dans la sainte Messe, etse donne à nous en nour- 
riture dans la sainte Communion. Or, cet agneau pascal, 
Jésus le mangea d'abord avec ses apôtres, puis il institua la 
sainte Eucharistie. 

Lorsque le soleil est prêt à descendre derrière l'horizon, 
il envoie encore ses plus beaux rayons, ses plus ravissantes 
clartés, pendant son magnifique coucher. C'est ainsi que 
le divin Sauveur nous a donné les plus éclatants témoignages 
de son amour, peu de temps avant sa mort. Imaginez-vous 



A LA PREMIÈRE COMMUNION. 59 

un moment, que vous étiez là dans la salle, où Jésus-Christ 
institua cet auguste Sacrement. Lui, le Fils de Dieu, devant 
Jequel fléchissent tous les genoux, venait dans un moment 
•d'inexprimable humilité et de charité, de laver les pieds 
à ses disciples, afin de les purifier, et de les rendre 
dignes de recevoir cet adorable Sacrement. Il savait que ses 
souffrances allaient commencer bientôt, et qu'il devrait, dans 
peu de temps, se séparer de ses disciples. Quand un père est 
sur le point de quitter ses enfants, pour entreprendre un long 
voyage, ou quand il sent qu'il va mourir, il les réunit encore 
une fois tous autour de lui, et il leur donne un souvenir, un 
portrait, une bague, afin de les faire penser d'autant plus sou- 
vent et plus vivement à leur père. Voilà ce que Jésus Christ 
a fait. Avant de quitter cette terre, avant de souffrir la mort 
douloureuse de la croix pour nos péchés, il a fait son testa- 
ment, il nous a laissé un souvenir, mais ce n'a pas été sim- 
plement son portrait, ni sa robe, comme Eue qui laissa son 
manteau à Elisée, ni simplement une bague de grand prix; 
non il nous a laissé ce qu'il y a de plus précieux au ciel et 
sur la terre, il nous a laissé son corps sacré et son sang ado- 
rable, il s'est laissé lui-même en souvenir. 11 nous a tellement 
aimés, qu'il n'a pas voulu nous abandonner. De même que, 
lors de son incarnation, il vint sur la terre, sans quitter le 
ciel, de même il voulut monter au ciel, sans quitter la terre, 
sans quitter les enfants des hommes, qu'il aimait si tendre- 
ment. 11 fit plus encore; pendant le cours de sa vie mortelle, il 
n'était qu'en un seul endroit; par exemple, il était à Jérusalem, 
mais il n'était pas en même temps à Nazareth; aujourd'hui il 
est en même temps dans beaucoup d'endroits à la fois, réelle- 
ment vivant dans la sainte Eucharistie, afin d'être bien rappro- 
ché de tous les hommes. Au-dessus du tabernacle, on aperçoit 
dans quelques églises, un oiseau ressemblant assez à un cygne, 
et qui se déchire la poitrine avec le bec, c'est le pélican; il 
s'ouvre lui-même la poitrine pour nourrir ses petits de son 
propre sang. Ce qu'on raconte à tort ou à raison de cet oiseau, 
Jésus-Christ l'a fait réellement et le fait encore aujourd'hui 
(voilà pourquoi le pélican est la figure ou le symbole de Jé- 
sus-Christ dans la sainte Eucharistie) ; il nous nourrit, nous 



60 MÉTHODE POUR PftÈPARËR LES ENFANTS 

qui sommes ses enfants, de sa propre chair, de son propre 
sang. — Rappelez- vous, chers enfants, que lorsque Jésus, 
lui qui sait tout, nous laissa cet auguste Sacrement, il pensa à 
tous les hommes qui recevraient ce Sacrement; il pensa aussi à 
vous, à chacun de vous avec un amour tout divin, et c'est à vous 
aussi qu'il laissa ce présent, ce souvenir précieux. Il savait très 
bien que les hommes, par leurs affreux péchés, allaient le 
clouer à la croix, que des milliers de chrétiens paieraient 
son amour de la plus noire ingratitude, qu'ils l'insulte- 
raient dans ce Sacrement, l'y recevraient indignement, et le 
maltraiteraient delà manière la plus révoltante; il a prévu aussi 
les péchés, par lesquels vous l'avez déjà offensé et vous l'of- 
fenserez encore; il a peut-être vu alors, o pensée qui me fait 
frémir, que plusieurs d'entre vous le recevraient indignement 
dans la Communion et commettraient un sacrilège. Imaginez- 
vous, chers enfants, quelle peine cela doit avoir causé à son 
cœur aimant! Quelle peine n'auriez-vous pas, quelle ne serait 
pas votre tristesse, si un enfant que vous aimez beaucoup, 
auquel vous avez fait beaucoup de bien et donné un riche 
cadeau, si cet enfant venait vous insulter en face et vous cra- 
cher à la figure ! Que feriez-vous, si vous saviez d'avance que 
cet enfant ne cesserait de vous injurier et de vous maltraiter? 
Et cependant Jésus -Christ a institué la sainte Eucharistie 
également pour vous. — Un homme rich^ avait adopté un pau- 
vre enfant abandonné, et l'avait comblé de bienfaits. L'enfant 
grandit, mais au lieu d'être reconnaissant, il causa à son bien- 
faiteur beaucoup de chagrin ; même, lorsqu'il fut devenu 
assez fort, il osa un jour le maltraiter, lui fit une profonde 
blessure et s'enfuit de crainte d'être puni. Après deux jours 
on le trouva, et il crut qu'on allait le châtier sévèrement. Mais 
quel ne fut pas son étonnement, quand on lui dit que son 
bienfaiteur, dont il avait causé la mort, avait prié et insisté 
pour qu'on ne le punît pas, et qu'il lavait institué héritier de 
tousses biens! — O mes chers enfants! Ce n'est pas simplement 
une comparaison, mais c'est une histoire véritable. Jésus- 
Christ est celui-là même qui nous a comblés de tant de bien- 
faits; par nos péchés nous lui avons donné la mort, et il a 
prié son père céleste de nous pardonner, et même un peu avant 



A LA PREMIÈRE COMMUNION. 61 

de mourir, il nous a légué dans son testament tout, oui tout : 
il s'est donné lui-même. Quel amour, chers enfants! Si pour 
tant d'amour vous n'aviez pas un peu de reconnaissance, 
quels enfants seriez-vous? Supposez que, vous trouvant dans 
la salle où se fit la dernière cène, le Seigneur Jésus vous eût 
appelé aussi à lui, et vous eût dit: Prenez, mon enfant et 
mangez ; car ceci est mon corps; comme vous auriez été 
émus et touchés ! Quels durent être alors les sentiments des 
apôtres? Comme ils durent être étonnés de cet amour infini, 
et contempler Jésus avec des regards remplis de respect et de 
reconnaissance! Lorsque, aujourd'hui nous irons à l'église, 
devant le saint Sacrement, remerciez-y tendrement le divin 
Sauveur, d'avoir pensé à vous, d'avoir institué aussi pour 
vous cet admirable mystère, et renouvelez alors votre ferme 
propos et votre pieux désir de recevoir un jour, dignement et 
saintement, votre aimable Sauveur dans la sainte Commu- 
nion. 

Q. 4. Gomment a-t-il institué ce saint Sacrement? 

R. Jésus prit du pain, le bénit, le rompit et le donna à ses 
disciples en disant : « Prenez et mangez, ceci est mon 
corps. » Puis il prit le calice où était le vin, le bénit 
et le donna à ses disciples, en leur disant : « Buvez- 
en tous, ceci est mon sang Faites- ceci en mémoire 

de moi /. . . » 

Q. 5. Que devinrent le pain et le vin, lorsque Jésus pro- 
nonça ces paroles : « Ceci est mon corps. — Ceci est 
mon sang ? » 

R. Le pain fut changé au vrai corps, et le vin au vrai sang 
de Jésus-Christ. 

Ainsi, qu'est-ce que Jésus-Christ prit en main? Il prit du 
pain. Et que dit-il alors? Ceci (c'eat-à-dire ce que j'ai mainte- 
nant en main pour vous donner à manger) est mon corps. 
Lorsque Jésus dit quelque chose, cela doit être vrai, puisqu'il 
sait tout et qu'il ne peut mentir. Ainsi qu'était-ce, ce que 
Jésus avait en main, après qu'il eut prononcé ces paroles? 



62 MÉTHODE POUR PRÉPARER LES ENFANTS 

C'était son corps (si ce n'eût pas été son corps, mais encore 
du pain, Jésus Christ aurait menti, ce qu'il serait impie de 
penser). Est-ce que cela a été toujours son corps? Non ; ainsi 
le corps de Jésus y est devenu présent, quand? (Un papillon 
n'a pas toujours été papillon; auparavant c'était une chenille; 
ainsi la chenille s'est changée en papillon.) Auparavant c'était 
du pain — maintenant c'est le corps de Jésus-Christ; ainsi le 
pain est devenu le corps de Jésus-Christ. Comment puis-je 
dire encore au lieu de: la chenille est devenue papillon? Je 
puis dire: la chenille a été changée en papillon. De même, au 
lieu de dire : Le pain est devenu le corps de Jésus-Christ, on 
peut dire : Le pain a été change au corps de Jésus-Christ. Ce 
changement de la substance du pain et du vin en la substance 
du corps et du sang de Jésus-Christ, on l'appelle transsub- 
stantiation, c'est-à dire changement de substance. (Exposez 
l'exemple de différentes transubstantions naturelles et surna- 
turelles, telles que celle de la nourriture qui se change en 
notre sang et notre chair; celle du bois qui se change en pierre; 
surtout racontez le changement miraculeux de l'eau en vin 
aux noces de Cana.i Comment se fit ce changement? Il se fit 
par la parole de Jésus-Christ. (On doit expliquer de la même 
manière le changement du vin au sang de Jésus-Christ.) 

Q. 6. Après ces paroles de Jésus-Christ, que restait-il en- 
core du pain et du vin ? 

R. Rien que les apparences ou les espèces. 

Etait-ce encore du pain (du vin) ? Non ; le pain (le vin) a été 
changé au corps (au sang) de Jésus-Christ. Ne restait-il donc 
plus rien du pain et du vin? Oui, il restait les apparences ou 
espèces du pain et du vin. 

Q. 7. Qu entendez -vous par les apparences du pain et du 
vin ? 

R. Tout ce qui dans le pain et le vin tombe sous nos sens, 
comme la forme Ja couleur, le goût, rôdeur, etc. 

Combien de sens avez-vous? Nommez-les. Qu'est-ce qui 



A LA PREMIÈRE COMMUNION. 63 

tombe sous le sens de la vue? Ce que je vois par mes yeux. 
Que voyez-vous maintenant, par exemple à ce livre? Qu'il est 
carré, gros, etc. — Eh bien! c'est ce qu'on appelle sa forme; 
puis, cet habit est noir, etc., c'est sa couleur. Donc, la forme et 
la couleur tombent sous le sens de la vue. Qu'est-ce qui tombe 
sous le sens du goût? Ce que je goûte par la bouche; par 
exemple, quand je sens qu'un mets est doux, aigre ou amer. 
Qu'est-ce qui tombe sous le sens du toucher? Ce que je touche, 
ainsi quand je m'aperçois, en y passant la main, que tel objet 
est poli ou rude, tendre ou dur, etc. 

Maintenant, faites-y attention : tout ce qui, dans la sainte 
Eucharistie, tombe ainsi sous les sens, comme la forme, la 
couleur, etc., ce sont les apparences du pain et du vin et non 
du corps de Jésus-Christ, c'est-à-dire, que la sainte Eucharis- 
tie a l'air d'être encore du pain et du vin, et non un corps 
humain ; elle a le goût, l'odeur du pain et du vin ; en la tou- 
chant on sent la même chose, que si c'était du pain et du vin. 
A nos yeux, à notre langue, à nos mains, elle se présente 
comme du pain et du vin ; mais ce n'est plus du pain et du 
vin, c'est le vrai corps vivant et le vrai sang de Jésus-Christ. 
Nous ne pouvons pas comprendre cela, chers enfants, c'est 
un grand mystère; à nos sens il parait que c'est du pain et du 
vin, mais notre foi nous dit que c'est tout autre chose, que 
c'est Jésus-Christ, Dieu et homme, qui s'y trouve présent. C'est 
ainsi que nos sens nous trompent bien souvent, tandis que la 
raison nous dit le contraire. Ainsi en voyant ce cadre doré, 
vos yeux voudraient vous faire croire qu'il est tout en or, tandis 
que la raison appuyée sur l'expérience, nous dit que c'est sim- 
plement du cuivre appliqué sur le bois. Les colonnes du 
maître-autel ont l'apparence d'être en marbre, parce qu'elles 
en ont la couleur et le poli, et cependant ce n'est réellement 
que du bois, recouvert d'un peu de couleur à l'huile et de 
vernis; bien des gens s'y laissent prendre; vous voyez donc, 
qu'on ne doit pas se laisser tromper par les apparences, 
g. Mais pourquoi donc Jésus-Christ n'a-t-il pas voulu demeu- 
rer présent dans la sainte Eucharistie avec ses propres appa- 
rences, c'est-à-dire avec son corps visible, que l'on pût tou- 
cher, etc.? 



IH MÉTHODE l'OLP, PRÉPARER LES ENFANTS 

i) Afin que notre foi eût plus de mérite. Vous le savez, 
après la Résurrection de Jésus-Christ, saint Thomas n'avait 
pas voulu croire que le divin Sauveur fût sorti vivant du 
tombeau, jusqu'à ce qu'il l'eût vu de ses propres yeux. Or 
Jésus-Christ l'en réprimanda et dit: « Heureux ceux qui croient 
sans avoir vu. »Si nous voyions des yeux de notre corps Jésus 
dans la sainte Eucharistie, nous serions bien forcés de croire 
qu'il y est présent. Mais maintenant nous ne voyons que les 
apparences du pain, nos sens voudraient nous faire accroire, 
que ce n'est que du pain. Or si, malgré cela, nous croyons fer- 
mement, que c'est le corps et le sang de Jésus-Christ, nous 
montrons par là, que nous accordons plus de foi aux paroles 
de Jésus, qu'à nos sens et à notre raison ; par là nous 
honorons le divin Sauveur, et un jour il nous en récompen- 
sera. 

2) Jésus s'est caché sous les apparences du pain, afin de 
nous inspirer un désir toujours plus grand, de le voir dans 
le ciel. De même qu'une mère se cache et crie à ses en- 
fants de la chercher, de mêmeJésus cache ses formes visibles, 
sa gloire, sa beauté, afin de faire naître en nous un grand dé- 
sir de le voir un jour dans le ciel. 

3) Jésus s'est caché sous les apparences du pain, afin que 
nous venions à lui et que nous le recevions avec une con- 
fiance d'autant plus grande. S'il se montrait dans la sainte 
Eucharistie avec toute sa gloire et sa majesté, comme il se 
montre maintenant dans le ciel, qui oserait encore s'approcher 
de lui? Lorsque le bon Dieu parla au peuple d'Israël, au 
milieu des foudres et des éclairs, on s'effraya et l'on dit: « Le 
Seigneur ne doit plus s'entretenir avec nous, de peur que 
nous ne mourions. » C'est ainsi encore que les deux disci- 
ples s'enrayèrent sur le mont Thabor, quand Jésus-Christ se 
montra transfiguré; que les bergers de Bethléem furent rem- 
plis de crainte lorsque « la lumière divine les environna. »Et 
nous, nous serions également saisis de crainte et d'effroi, si 
Jésus-Christ se montrait avec toute sa gloire dans la sainte 
Eucharistie. Or pour chasser toute crainte de nos cœurs, qu'a- 
t-il fait? Comme il cacha à Bethléem sa divinité, sous l'ex- 
térieur d un petit enfant pauvre et faible, ainsi il se cache ici 



A LA PREMIÈRE COMMUNION. 65 

sous les apparences d'un petit morceau de pain. Qu'il est 
donc grand l'amour de Jésus-Christ pour nous ; d'avoir fait de 
si grands miracles, et cela pour que nous puissions nous ap- 
procher de lui sans crainte, et l'aimer avec une tendresse 
toute filiale ! De même que les bergers doivent avoir con- 
sidéré, salué et serré dans leurs bras, sans crainte et avec 
beaucoup d'amour le cher enfant Jésus, de même vous 
aussi, approchez-vous, avec une tendre confiance et un ar- 
dent amour, de la sainte Eucharistie; car Jésus s'y est caché 
par amour pour vous. Et lorsque tantôt nous nous rendrons 
à l'église, imaginez- vous que vous entrez avec les bergers 
dans rétable, et adorez l'enfant Jésus avec un cœur plein d'a- 
mour et de joie; demandez-lui avec une naïve confiance tout 
ce dont vous avez besoin. 

4) Jésus s'est caché sous les apparences du pain, afin que 
nous puissions le recevoir comme nourriture, et nous rappe- 
ler, par ce signe extérieur de la manducation, ce que nous 
recevons pour notre âme. Car ce que le pain est et produit 
pour le corps, la même chose l'Eucharistie l'est et le produit 
pour l'âme. Mais je vous en parlerai plus tard. 

Q. 8. Comment savons-nons que Jésus-Christ en disant 
ces paroles : « Ceci est mon corps, ceci est mon 
sang » donna à ses apôtres son vrai corps et son vrai 
sang ? 

R. Nous le savons ; 

i) Parce que Jésus-Christ avait déjà promis auparavant 
à ses Apôtres, de leur donner réellement sa chair à 
manger, et réellement son sang à boire (t) ; 



(i) « Le pain que je donnerai, c'est ma chair pour la vie du monde. Sur 
cela les Juifs disputaient entre eux, disant : Comment cet homme-ci nous 
peut-il donner sa chair à manger? Et Jésus leur dit : En vérité, en vérité 
je vous le dis : si vous ne mangez la chair du Fils de l'homme, et si vous 
ne buvez son sang, vous n'aurez point la vie en vous. .. Car ma chair est 
véritablement une nourriture et mon sang est véritablement un breu- 
vage. » (S* Jean 6-5:2 et suiv.) 



66 MÉTHODE POUR PRÉPARER LES ENFANTS 

2) Parce qu'il déclara, à la dernière cène, que ce qu'il 
leur donnait à manger et à boire, était réellement sa 
chair et son sang ; 

3) Parce que les Apôtres Vont enseigné ainsi (î); 

4) Parce que V Eglise Catholique Va toujours cru ainsi 
depuis ce temps (2). 

Chers enfants, il y a des hommes qui ne croient pas que 
Jésus est véritablement, réellement et substantiellement pré- 
sent dans la sainte Eucharistie, mais ils s'imaginent, que, 
dans l'Eucharistie, il y a uniquement du pain et du vin, et 
que eeci nous fait penser au corps et au sang de Jésus-Christ, 
ou à la dernière cène et à la mort du divin Sauveur ; nu bien 
que nous nous représentons seulement Jésus-Christ quand 
nous recevons la Communion, tandis qu'en réalité ce n'est pas 
Jésus-Christ, que c'est uniquement du pain et du vin. Ils 
disent : ces paroles du Sauveur, « Ceci est mon corps » doi- 
vent être comprises de la manière suivante : « Ceci signifie 
mon corps. » Ont ils raison? Non. Et pourquoi donc leur 
opinion est-elle fausse? D'où savons-nous etc.. 

i) Parce que Jésus a promis et dit expressément qu'il nous 
donnerait réellement (et non en figure) sa chair (non du pain) 
à manger. Or quand Jésus promet quelque chose, il tient sa 
parole. Et puisqu'il nous a promis de nous donner réelle- 
ment sa chair à manger, il s'en suit que, dans la sainte Eucha- 
ristie, il ne nous a pas donné seulement la figure de son corps 
(du pain), mais son vrai corps en nourriture. Cependant, cette 
promesse, Jésus-Christ l'a-t-il réellement faite? — Un jour, un 

(1) Voici ce qu'écrit S. Paul : » Le calice de bénédiction que nous bé- 
nissons, n'est-il pas la participation du Sang de Jésus-Cbrist ? Et le pain 
que nous rompons, n'esl-il pas la participation du corps du Seigneur? » 
(1. Cor. 10-19. Conf. I. Cor. 11-2.) 

(2) la cioyance de l'Eglise sur ce point, se prouve par ses prières et ses 
usages liturgiques, par les décrions des Conciles, par les nombreux 
témoignages des SS. Pères et des écrivains ecclésiastiques. Un témoignage 
qui prouve infiniment pour l'antiquité de la croyance Catholique, c'est que 
l'Eglise schismalique Grecque ci oit et enseigne la même chose. Voyez 
Gousset; Théologie dogmatique. Tom. H, p. 523, n° 709 et suiv. 



A LA PREMIÈRE COMMUNION. 67 

grand nombre de personnes avaient suivi le bon Jésus, pour 
entendre sa doctrine ; ces pauvres gens n'avaient rien pris 
avec eux pour manger et avaient faim. Jésus eut alors com- 
passion d'eux, et fit un miracle étonnant. Il multiplia cinq 
pains et deux poissons, de telle manière, que 5000 personnes 
en furent rassasiées et qu'on remplit encore douze corbeil- 
les avec les restes. Ce miracle avait fait grand plaisir à la 
foule, c'est pourquoi ils voulurent faire de Jesus-Christ leur 
roi, s'imaginant qu'ils obtiendraient toujours du pain de 
cette manière, sans être obligés de travailler. Aussi, le jour 
suivant, se mirent-ils de nouveau à suivre Jésus Christ; mais 
il leur dit : « Vous me cherchez, parce que vous avez eu à 
manger et que vous avez été rassasiés » (donc à cause de la 
nourriture matérielle ou terrestre). Alors il les avertit de ne 
pas tant s'inquiéter de la nourriture matérielle, destinée au 
corps, mais plutôt de la nourriture céleste qu'il leur donne- 
rait, et qui serait bien préférable à la manne, que les Juifs re- 
çurent de Dieu, dans le désert. Or quelle était cette nourri- 
ture dont il voulait parler ? 

« Le pain (c'est-à-dire la nourriture, — pain est pris dans le 
même sens que pain quotidien,) que je vous donnerai est ma 
chair pour la vie du monde, » à savoir la même chair, que je 
sacrifierai sur la croix, afin que le monde, c'est-à-dire les 
hommes aient la vie, — en ce monde la vie de la grâce, dans 
l'autre monde la vie du bonheur éternel. Vous le voyez donc, 
chers enfants, Jésus-Christ a promis de nous donner en 
nourriture sa chair, la même chair qui fut crucifiée dans la 
suite. Mais écoutez le reste ! « Alors les Juifs se disputèrent 
entre eux. » Pourquoi se sont-ils disputés? C'est qu'ils ne 
voulaient pas croire ce que Jésus venait de dire; ils pen- 
saient qu'il était impossible à Jésus-Christ de leur don- 
ner sa chair à manger : « Comment dirent-ils, cet homme ci 
nous peut il donner sa chair à manger? « Or réfléchissez-y, 
chers enfants! Si Jésus avait voulu nous donner simplement 
à manger du pain comme la figure de son corps, qu'aurait-il 
dû dire aux Juifs ? Si l'instituteur disait. « La semaine pro- 
chaine vous apprendrez votre catéchisme comme il faut : » et 
qu'un enfant répondît en murmurant : « Comment cela est-il 



68 MÉTHODE POUR PRÉPARER LES ENFANTS 

possible, comment pourrais-je apprendre par cœur tout le 
catéchisme? » Que devrait dire l'instituteur? « Mon enfant, 
vous m'avez mal compris : je n'ai pas voulu entendre parla, le 
catéchisme tout entier. » Eh bien, voilà aussi ce que Jésus 
aurait dû dire aux Juifs, s'il n'eût pas voulu nous donner réel- 
lement sa chair à manger; il aurait dû dire: « Vous m'avez 
mal compris ; je veux vous donner à manger seulement du 
pain qui est la figure de mon corps. » Mais Jésus-Christ a-t- 
il parlé ainsi? Non ; il a tenu ferme à ses paroles, et il les u 
même confirmées par cette espèce de serment : « En vérité, en 
vérité, » c'est à-dire : Ce n'est que la pure vérité, et ce que je 
vous ai dit je le répète encore : « Si vous ne mangez la 
chair du Fils de l'homme et si vous ne buvez son sang, vous 
n'aurez point la vie en vous, » ce qui voulait dire : Vous n'au- 
rez point en ce monde la vie de la grâce, ni dans l'autre celle 
de la gloire. Vous le voyez, chers enfants ! Jésus-Christ a 
menacé les Juifs; oui, il a confirmé, par une terrible menace, 
ses paroles qu'on ne voulait pas croire. Puis il ajoute encore 
une seconde affirmation : « Car, dit-il, ma chair est véritable- 
ment une nourriture, et mon sang est véritablement un breu- 
vage. » Le bon Jésus pouvait-il parler plus clairement? 

Plusieurs de ses disciples qui l'avaient suivi jusqu'alors, le 
quittèrent à ces paroles, parce qu'ils ne voulaient pas croire qu'il 
leur donnerait réellement sa chair à manger ; ils partirent 
donc, et se privèrent ainsi de la grâce du salut. Mais Jésus les 
laissa partir, et il dit même à ses apôtres : voulez-vous aussi me 
quitter? tellement il demeura attaché à ses paroles ! Suppo- 
sez que le Sauveur eût voulu dire seulement, qu'ils devaient 
manger du pain, qui était une figure de son corps, ou croire 
simplement en lui, et à sa mort; n'aurait-ce pas été une 
cruauté de la part de Jésus, si, ayant remarqué que ces pau- 
vres gens l'avaient mal compris (ils ne pouvaient d'ailleurs le 
comprendre autrement), il les eût laissés partir et courir à 
leur perte, plutôt que de leur dire simplement ces mots : 
Vous me comprenez mal ? Serait-il permis de penser seule- 
ment quelque chose de pareil du divin Sauveur, lui qui a 
toujours été si bon, lui qui est venu pour sauver les hommes 
de la damnation? Non, chers enfants, le Sauveur a dit assez 



A LA PREMIÈRE COMMUNION. 69 

clairement, que nous devons manger sa chair, — et ceux 
qui ne veulent pas ajouter foi à sa parole, le quittent aussi, 
renonçant à lui, comme le tirent les Juifs incrédules; mais 
nous, nous lui dirons avec saint Pierre : « Seigneur, vous 
avez les paroles de la vie éternelle; nous avons cru et nous 
avons reconnu que vous êtes le Christ, le Fils de Dieu. »Nous 
croyons votre parole, parce que vous êtes la vérité éter- 
nelle (1). 

2) Lors de la dernière cène, Jésus -Christ a déclaré « expres- 
sément » que c'était réellement son corps, etc., c'est-à-dire, 
il ne l'a pas fait entendre d'une manière obscure ou douteuse, 
mais il l'a dit de la façon la plus claire, la plus déterminée et 
de telle sorte que tous puissent le comprendre (comp, l'ex- 
plication de la question 4, p. 61) (2). 



(1) C'est au catéchiste déjuger s'ilconvient de répondre à cette objection 
tirée des paroles de Jésus-Cbrist, quand il a dit : « La chair ne sert de 
rien, etc. » Dans le cas où cette objection se présenterait, la manière la 
plus facile d'expliquer ce texte serait de dire: « Les Juifs ont très bien 
compris le Sauveur dans la chose principale, à savoir qu'ils devaient man- 
ger sa chair. C'est pourquoi aussi le divin Sauveur ne les a pas redressés 
dans leur manière de comprendre, au contraire il a toujours dit qu'ils 
devaient croire ses paroles. C'est ce qu'ils auraient dû faire, et ne pas lui 
demander encore: « Comment nous peut-il donner sa chair à manger? » 
Ils auraient dû se dire : Jésus saura bien comment s'y prendre. Mais au lieu 
de cela, ils ont commencé à réfléchir, à se métier et ils se sont imaginés que 
Jésus christ voulait leur donner à manger des lambeaux de son corps mort. 
C'est en cela que Jésus les a repris, en disant : « La chair n'est d'aucun 
usage sans l'esprit, c'est-à-dire, la chair prise en elle-même et séparément 
de la divinité et sans l'esprit (ou l'âme) qui la vivifie, est une chair morte, 
sans vie, elle ne sert de rien ; c'est l'esprit qui donne la vie à la chair. — 
Je ne veux pas vous donner à manger ma chair morte, comme une viande 
ordinaire, non, mais vous recevrez d'une manière mystique, ma chair vi- 
vante unie à l'esprit, à l'âme et à la divinité. 

(2j Lorsque Ste-Jeanne-Françoise de Chantai étant encore petite, un hé- 
rétique osa attaquer en sa présence, par des discours impies, la sainte 
Eucharistie. Alors la jeune Françoise lui répliqua avec une sainte indigna- 
tion : « Comment? Vous ne croyez pas que Jésus-Christ est présent dans 
la sainte Eucharistie? Et cependant c'est lui-même qui l'a dit. Vous le faites 
donc passer pour un menteur? Si vous aviez accusé le roi d'un mensonge, 
vous seriez condamné à une forte punition. A quoi devez-vous donc vous 
attendre, lorsque vous accusez Dieu lui-même d'être un menteur? » 



70 MÉTHODE POUR PRÉPARER LES ENFANTS 

3) Vous l'avez entendu, les paroles de Notre-Seigneur mon- 
trent clairement qu'il nous a donné réellement sa chair en nour- 
riture; il n'y a pas de doute là-dessus. Mais si un doute étaitpos- 
sible,au sujetdes parolesde Jésus-Christ, par exemplecelui-ci: 
ne doit on pas les entendre dans ce sens : Ceci est une figure 
de mon corps; qui devrions nous interroger pour avoir des ex- 
plications sûres ? Certes, ce sont bien ceux avec qui il a parlé 
et auxquels il a confié son enseignement, à savoir les Apô- 
tres et leurs successeurs, les évéques de la Sainte Eglise ca- 
tholique. D'abord, que nous disent les Apôtres? Saint Paul 
dit . « Le calice de bénédiction, etc. » c'est-à-dire: celui qui 
boit du calice béni (sur lequel le prêtre a prononcé les paro- 
les de Jésus-Christ) prend part au sang du Sauveur; et celui 
qui rompt et mange le pain (béni, consacré, sur lequel ont 
été prononcées les paroles saintes) prend part au corps de 
Jésus-Christ (i). Et parlant de celui qui communie indigne- 
ment, qui reçoit le Sacrement de l'Eucharistie en état de 
péché mortel, saint Paul dit : « Il est coupable du corps et du 
sang de Notre-Seigneur, » il s'attaque au corps et au sang du 
Sauveur. Or, il serait impossible de s'attaquer au corps de 
Jésus- Christ, s'il n'était pas présent dans le saint Sacrement. 

C'est ainsi que vous ne pouvez vous attaquer au corps de 
quelqu'un, en le blessant ou en le maltraitant, que lorsqu'il 
est réellement présent devant vous. 

4) A l'exemple des Apôtres, toute l'Eglise catholique a tou- 
jours compris les paroles de Notre-Seigneur dans ce sens : 
qu'il nous a donné réellement son corps et son sang. Que 
telle n'est pas seulement la croyance, l'enseignement de 
l'Eglise depuis aujourd'hui, mais bien depuis le commen- 
cement, c'est ce que nous voyons par les prières liturgiques et 
les cérémonies de l'Eglise. De même que les prêtres ont au- 

(I) Mais pourquoi saint Paul dit-il : « le pain » que nous rompons? Car 
ce n'est plus du pain, mais c'est le corps de Jésus-Christ. 1° Le mot pain, 
en général, signifie nourriture, aliment (ainsi notre pain quotidien) or, le 
corps de Jésus-Christ est aussi une nourriture; 2° auparavant c'était du pain 
et c'est pourquoi on continue de l'appeler ainsi ; l'aveugle-né, guéri par 
Jésus-Christ (S. Jean, 9; continue d'être appelé aveugle, quoiqu'il eût re- 
couvré la vue; 3° on peut l'appeler pain, parce qu'il en a les apparences. 



A LA PREMIÈRE COMMUNION. 71 

jourd'hui des Missels (de grands livres de Messe), etc. où se 
trouve imprimée et expliquée la manière dont ils doivent cé- 
lébrer le saint Sacrifice de la Messe, ainsi dans les temps les 
plus reculés, on avait aussi de ces missels, où se trouve écrit 
comment on disait autrefois la messe, et ces missels on les 
possède encore. Dans ces derniers Missels, on rencontre beau- 
coup de prières, qui prouvent que déjà dès ce temps, l'Eglise 
catholique croyait à la présence réelle de Jésus dans le saint 
Sacrement. Voici, par exemple, la prière que récitait le prê- 
tre avant la Consécration : « Faites que ce pain devienne le 
corps précieux de votre Christ, et que, ce qui est dans le 
calice, devienne le sang précieux de Jésus, votre Fils, en opé- 
rant ce changement par votre Esprit-Saint » Ou bien, quand 
le prêtre montrait la sainte Eucharistie avant la Communion, 
il devait dire : « Ceci est le vrai et sacré corps, le vrai et pré- 
cieux sang de Jésus-Christ, le Fils de Dieu. Ainsi soit-il. »— 
Ensuite on pratiquait les mêmes cérémonies qu'aujourd'hui eu 
présence du saint Sacrement; les premiers chrétiens fléchis- 
saient le genou, en signe d'adoration; — or s'ils avaient cru, 
que ce n'était pas le corps de Jésus-Christ, mais simplement 
du pain, auraient-ils osé courber le genou devant du pain et 
l'adorer, eux qui mouraient plutôt que de plier le genou de- 
vant une idole? 

Nous savons encore ce que l'Eglise a toujours cru, si nous 
examinons les décisions prononcées par les conciles. Comme 
vous l'avez déjà appris, chers enfants, on appelle conciles gé- 
néraux, ces assemblées où les évêques de l'Eglise catholique, 
sous la direction souveraine du pape, se réunissent et déci- 
dent quelle est la véritable doctrine catholique, enseignée par 
Jésus-Christ et les apôtres, et que tous les bons chrétiens sont 
obligés de croire. Quand les évêques, unis au pape, pronon- 
cent unetelle décision, ils ne peuventse tromper, leur décision 
est infaillible. Or ces conciles ont enseigné unanimement, que 
dans la sainte Eucharistie Jésus Christ est réellement présent, 
avec son vrai corps et son vrai sang. C'est ce qu'enseignait 
le concile d'Ephèse qui fut tenu, il y a plus de 1400 ans :«Nous 
célébrons le sacrifice non-sanglant (c'est-à-dire la sainte 
Messe), dans les églises, nous nous approchons de la Table 



Ï2 MÉTHODE POUR PRÉPARER LES ENFANTS 

mystique, et nous sommes sanctifiés, en participant au corps 
sacré et au sang précieux de notre Sauveur. » Le dernier des 
conciles, celui de Trente, enseigna ce qui suit : « Si quel- 
qu'un nie que, dans le sacrement de la très sainte Eucharistie, 
soit contenu véritablement, réellement et substantiellement 
le corps et le sang avec lame et la divinité de Notre Seigneur 
Jésus-Christ... qu'il soit anathème » (c'est-à dire exclu de 
l'Eglise catholique). 

Enfin nous connaissons quelle est la croyance et l'enseigne- 
ment de l'Eglise catholique, par les nombreux témoignages des 
SS. Pères et des écrivains ecclésiastiques. Comme vous le savez, les 
apôtres ne se sont pas contentés d'écrire la doctrine de Jésus- 
Christ, dans les livres du Nouveau Testament, mais cette doc- 
trine, ils l'ont transmise aussi de vive voix à leurs sucesseurs, 
par le moyen de la tradition, et ceux-ci, à leur tour, l'ont con- 
fiée à ceux qui sont venus après eux, etc. Or il y a eu des hom- 
mes, des saints, éclairés de Dieu, qui ont écrit une partie de 
ces traditions dans des livres que nous possédons encore au- 
jourd'hui, et attestent, parconséquent,cequi,de leurs temps, 
était cru dans l'Eglise catholique. 

Depuis les apôtres, il y a eu des SS. Pères et des écrivains 
ecclésiastiques de ce genre, qui tous attestent, dans leurs 
écrits, que l'Eglise catholique a toujours cru en la présence 
réelle de Jésus-Christ dans la sainte Eucharistie. Leurs témoi- 
gnages sont si nombreux, qu'on en a rempli de gros livres, — 
si clairs et si précis, qu'il n'est nullement permis de douter. 
Je ne puis vous les citer tous ; d'ailleurs vous ne pourriez les 
graver dans votre mémoire, je me contenterai d'en citer quel- 
ques-uns. 

S. Cyrille, évêque de Jérusalem, lequel vivait il y a 1500 
ans, donna aussi l'instruction à ceux qui communiaient pour 
la première fois, et voici ce qu'il enseigna touchant le très 
saint Sacrement. « Puisque Jésus-Christ, en parlant du pain 
qu'il tenait, a déclaré que c'était son corps, qui oserait révo- 
quer en doute cette vérité? et puisque, en parlant du vin, il a 
positivement assuré que c'était son sang, qui pourrait en 
douter et dire que ce n'était pas son sang? Autrefois il chan- 
gea, par sa seule volonté, l'eau en vin, et nous refuserions 



A LA PREMIERE COMMUNION. 73 

de croire, sur sa parole, qu'il a changé du vin en son sang?... 
C'est pourquoi recevez avec une foi pleine et une entière 
conviction le corps et le sang de Jésus-Christ. Car sous l'es- 
pèce du pain, on vous donne son corps, et sous l'espèce du 
vin, on vous donne son sang. Donc je vous conjure de ne 
les plus considérer comme étant simplement du pain et 
du vin, car c'est le corps et le sang de Jésus-Christ, selon 
sa parole. Quoique les sens vous disent que cela n'est pas, 
la foi doit vous persuader de ne pas juger d'après le goût, 
mais de croire avec une entière certitude, sans admettre au- 
cun doute à cet égard, que vous recevez le corps et le sang de Jé- 
sus-Christ... Sachez donc, et regardez comme une chose tout 
à fait certaine, que ce qui paraît du pain à nos yeux, n'est 
pas du pain, quoique le goût le juge tel, mais que c'est le 
corps de Jésus-Christ, et que ce qui paraît du vin à nos yeux, 
n'est pas du vin, quoiqu'il en ait le goût, mais que c'est le 
sang de Jésus-Christ.» — Chers enfants, dites-moi, aurais-je 
mieux pu vous exposer la doctrine catholique que par ces 
paroles si claires, si frappantes? 

Saint Jean Chrysostôme, évêque de Constantinople, qui vi- 
vait vers le même temps, écrivait: « Approchons-nous (de la 
sainte Eucharistie) avec respect et une grande pureté; c'est 
le corps qui fut percé de clous, battu de verges..., inondé de 
sang et percé d'une lance... C'est le même que les sages 
de l'Orient adorèrent, quand il était couché dans une crèche, 
et c'est ce même corps qu'il nous a donné en nourriture. » Le 
même Saint dit dans un autre endroit: « Combien n'y en a-t- 
il pas qui disent : je voudrais bien voir sa forme, sa figure, et 
ses vêtements? Et voici que vous le voyez, que vous le tou- 
chez lui-même, que vous le mangez lui-même. Vous voudriez 
voir ses vêtements! Mais il se donne à vous lui-même, non- 
seulement pour être vu, mais touché, mais mangé, mais reçu 
au dedans de vous. » Je pourrais vous rapporter encore des 
milliers de témoignages de ce genre, chers enfants, tous tirés 
des écrits des saints Pères. Or, pensez-y; des saints, des 
hommes qui vécurent peu de temps après les Apôtres, ne 
doivent-ils pas avoir mieux su quelle est la vraie foi, que des 
gens qui viennent aujourd'hui nous dire : Jésus-Christ et les 

MÉTHODE, ETC. 4 



74 MÉTHODE POUR PRÉPARER LES ENFANTS 

Apôtres n'ont pas cru ni voulu dire que dans la sainte Eucha- 
ristie, Jésus est réellement présent avec son corps et son 
sang (1). 

Par là, chers enfants, vous voyez clairement que Jésus-Christ 
nous a donné en réalité son corps et son sang dans la sainte 
Eucharistie. Cependant il y a des gens qui disent: mais com- 
ment est-ce possible que le corps de Notre-Seigneur s'y 
trouve? La vue, le goût me disent que c'est du pain. Que ré- 
pondrons-nous à ceux-là? Ecoutez, chers enfants, ce que 
saint Jean Chrysostôme répondait aux personnes de ce 
genre : « Croyons toujours en Dieu et ne le contredisons pas, 
quand même ce qu'il nous dit, paraît incroyable à nos sens et 
à notre intelligence ; sa parole doit nous valoir plus que nos 
sens et notre pauvre raison. Voilà ce que nous devons dire 
partout, mais surtout quand il s'agit des saints mystères (c.à. 
d. de la sainte Eucharistie) ; donc nous ne nous arrêterons 
pas à ce qui s'offre à la vue, à l'apparence du pain, qui frappe 
nos regards, mais à la parole de Jésus-Christ. Car ses paro- 
les ne peuvent nous tromper, et nos sens au contraire sont 
très faciles à tromper; ses paroles ne peuvent induire en er- 
reur, tandis que nos sens le peuvent aisément. Donc, puis- 
qu'il a dit: Ceci est mon corps, ne doutons plus du tout, mais 
croyons. » Oui, chers enfants, il en est ainsi: nos sens, notre 
raison peuvent se tromper, mais Dieu ne peut pas se tromper. 

(1) On peut facilement passer sous silence la preuve de l'accord una- 
nime de l'Eglise schismatique grecque et des autres sectes anciennes. Si 
on voulait citer cette preuve, voici comment on pourrait l'exposer en quel- 
ques mots. Supposez qu'un voyageur rencontre en Amérique toute une 
commune où les gens portent le même costume, non tel qu'on le porte en 
Amérique, mais dans les paroisses du Hainaut,ou dans les départements du 
Berry, et qu'il apprend de l'un d'eux qu'ils ont quitté leur pays natal, il y 
a oO ans. Aussitôt il devra se dire : puisque ces gens ont émigré, il faut 
qu'on ail porté dans le Hainaut et le Berry ce costume, car il est évident 
qu'ils l'ont apporté de là. C'est ainsi qu'il y a des chrétiens égarés, (des 
sectaires qui ont la même foi que les catholiques, touchant le saint Sa- 
crement de l'autel, mais qui ont abandonné l'Eglise catholique depuis 
1400 ans. Par conséquent il faut que la foi en la présence de Jésus-Christ 
ait existé dans l'église catholique, il y a 1400 ans, sans quoi les schismati- 
ques n'eussent pu la prendre avec eux. 



A LA PREMIÈRE COMMUNION. "i O 

Il y a bien des objets qui paraissent à nos sens tout autres, 
qu'ils sont réellement. Un bâton plongé dans l'eau claire, 
nous paraît brisé et courbé, tandis qu'il ne l'est pas. Il nous 
semble que le soleil tourne autour de la terre et c'est cepen- 
dant le contraire qui a lieu, etc. Mais ce que nous savons, 
c'est que la parole de Jésus-Christ reste éternellement vraie. 
Voilà pourquoi nous devons être plus fermement convain- 
cus de la présence réelle de Jésus dans la sainte Eucharistie, 
que de ce que nous voyons par les yeux. En effet ce que nous 
voyons, ce sont nos yeux qui le disent, et les yeux peuvent se 
tromper; mais que Jésus-Christ est présent dans la sainte 
Eucharistie, c'est Dieu qui nous le dit, Dieu qui ne peut se 
tromper (i). Et quand un autre dit : Comment cela se peut-il, 
que le pain se change au corps de Jésus-Christ ? que Jésus 
soit présent en différents lieux à la fois, etc.? Disons avec 
l'ange (S. Luc, 1, 37): « Rien n'est impossible à Dieu. » Si 
nous ne comprenons pas, comment il puisse se faire que du 
pain devienne le corps de Notre-Seigneur, comprenons -nous 
mieux comment, après quelques années, un petit pépin de 
pomme devient un grand et magnifique pommier? Compre- 
nons-nous comment le pain que nous mangeons se change 
en notre chair et en notre sang? Comprenons-nous comment 
l'eau puisse se changer en vin? etc. Ne croyons-nous pas tout 
cela, quoique nous ne le comprenions pas (2) ? 

(1) Cette foi si ferme était celle qu'avait Saint Louis, roi de France (d'au- 
tres disent le Comte de Montfort). Quand on lui dit de venir vite, parce 
qu'à l'église le Sauveur se montrait d'une manière miraculeuse, d'une ma- 
nière visible dans la sainte Eucharistie, il répondit: « Que ceux-là y 
aillent qui ne croient pas que Jésus-Christ y est présent. Pour moi je crois 
plus fermement que si je le voyais de mes yeux. » 

(2) Le P. Lacordaire, célèbre prédicateur, se trouvait un jour à table 
dans une grande auberge. Il y avait beaucoup de personnes qui y dînaient 
en même temps que lui ; quelques-unes mangeaient de la viande, d'autres 
faisaient maigre, parce que c'était un vendredi. Or, le R. P. Lacordaire se 
trouvait juste à coté d'un de ces mangeurs de viande. Celui-ci se mit à le 
tourmenter et à attaquer la religion, surtout les mystères : « Monsieur, dit- 
il en s'adressaut au religieux, n'est il pas absurde de croire ce que notre 
raison ne saurait comprendre? — Nullement, dit le R. P., je suis d'un avis 
tout contraire. Comprenez vous seulement comment il se fait, que le feu 
fait fondre le fer et le plomb, tandis qu'il durcit les œufs? — Non, répond 



76 A LA PREMIÈRE COMMUNION. 

Oui, chers enfants, nous catholiques, nous croyons plus à 
Dieu qu'à notre raison et à nos sens. Quand nous irons au- 
jourd'hui à l'église, réveillons devant le saint Sacrement, des 
sentiments d'une foi ferme et vive en la présence de Jésus- 
Christ, et disons-lui : « Jésus, je crois fermement que 
vous êtes présent dans la sainte Eucharistie, quoique je 
ne vous voie pas et que je ne comprenne point comment 
cela peut se faire. Je le crois aussi fermement que si je vous 
voyais de mes yeux, et je suis prêt à mourir, plutôt que 
de renier ou de perdre cette croyance. Je le crois parce que 
vous-même, qui êtes l'infaillible vérité, avez dit : « Ceci est 
mon corps; ceci est mon sang! » — Ensuite, nous prierons 
un pater pour les malheureux qui ne croient pas en la pré- 
sence de Jésus-Christ, et qui perdent ainsi la plus grande des 
grâces que Dieu nous ait accordée, le plus grand bonheur 
que l'homme puisse goûter ici-bas. Oui priez, afin que Dieu 
les éclaire, afin que, eux aussi, ils puissent venir près du 
bon Sauveur et trouver la grâce avec le salut (1). 

Q. 9. Jésus-Christ a-t-il donné aussi à ses apôtres le pou- 
voir de changer le pain et Je vin, dans son corps et son 
sang adorables? 

R. Oui, il leur a donné ce pouvoir par ces paroles : « Fai- 
tes ceci en mémoire de moi. » 

Jusqu'ici vous avez entendu, que ce fut Jésus-Christ lui- 
même qui changea le pain et le vin dans sa chair et son sang. 
Après qu'il en eut agi ainsi, il dit à ses apôtres : « Faites ceci 
en mémoire (en souvenir) de moi. » Que voulait-il dire par 
là? Qu'ils devaient faire la même chose qu'il avait faite. Or, 

l'incrédule, mais que concluez-vous de là? — C'est que cela ne nous em- 
pêche pas de croire aux omelettes. » — Là-dessus l'impie no tut, pendant 
que les convives l'accablaient de leurs rires et de leurs quolibets. 

\\) Outre ces preuves que nous venons d'exposer, on pourrait également 
rapporter les nombreux miracles opérés par le Seigneur pour prouver la 
présence de Jésus-Christ dans le saint Sacrement, par exemple l'apparition 
d'un enfant dans la sainte Hostie ; le sang qui jaillit abondamment des 
saintes Hosties poignardées à Bruxelles par les Juifs; ou bien ce trait de 



A LA PREMIÈRE COMMUNION. 



77 



qu'avait-il fait ? Il avait pris du pain et du vin, puis prononcé 
ces paroles : « Ceci est mon corps etc.; ceci est mon sang 
etc. » Et par là il changea le pain et le vin en son corps et en 
son sang. Or, les apôtres devaient faire la même chose. Ainsi 
ils devaient, eux aussi, prendre du pain et du vin, dire ses 
paroles : « Ceci est etc. » et changer par là le pain et le vin 
au corps et au sang de Notre-Seigneur. Mais nul homme ne 
peut faire ce changement par lui-même; pour cela il faut 
la puissance et l'autorité divine. Donc cette puissance, les 
Apôtres ne lavaient pas d'eux-mêmes, Dieu seul pouvait la 
leur donner. Mais leur a-t-il vraiment donné cette puissance? 
Oui ; puisqu'il leur a ordonné de changer le pain etc., il a 
dû aussi leur en donner le pouvoir, sans quoi ils n'auraient 
pu le faire. (Ainsi lorsque votre père ou votre mère vous envoie 
acheter quelque chose, il faut aussi qu'ils vous donnent de 
l'argent, car sans argent vous ne pourriez pas l'acheter, etc.) 

Q. 10. Ce pouvoir accordé aux apôtres, à qui a-t-il été 
transmis ? 

R. // a été transmis aux évêques et aux prêtres. 

C'est-à-dire que les évêques et les prêtres ont reçu ce pou- 
voir des apôtres. Or les apôtres ont eu le pouvoir de chan- 
ger le pain et le vin au corps et au sang de Jésus-Christ, c'est 
ce que vous avez entendu : c'est Jésus-Christ lui-même qui 
leur a donné ce pouvoir. Mais, dira-t-on, Jésus n'a pas parlé 
d'autres personnes, ni des évêques ni des prêtres? Nous verrons 
si cela est vrai : Savez-vous encore ce que Jésus-Christ a dit, 
quand les Juifs refusèrent de croire qu'ils devaient manger sa 

la vie de saint Antoine de Padoue, où une bête de somme, à qui l'on avait 
refusé de la nourriture pendant trois jours, refusa de toucher au fourrage 
qu'on lui présentait d'un côté, et fléchit les genoux devant la sainte 
Eucharistie que saint Antoine lui montrait de l'autre, prodige par lequel les 
hérétiques furent confondus. On peut citer aussi les prodiges nombreux 
que Dieu a opérés par la sainte Eucharistie, par exemple : la miraculeuse 
nutrition du bienheureux Nicolas delà Flue; le triomphe remporté par 
sainte Claire sur les Musulmans (Brev. Rom. 12. aug. 6 Lect). On peut 
rappeler aussi l'histoire des martyrs de Gorcum qui moururent le 9 juillet 
1572, pour la foi à la présence réelle de Jésus-Christ dans le saint Sa- 
crement. 



78 MÉTHODE POLT, PREPARER LES ENFANTS 

chair? « Si vous ne mangez la chair du Fils de l'homme et si 
vous ne buvez son sang vous n'aurez pas la vie en vous. » Ne 
disait-il cela que pour les personnes qui vivaient alors? Non, 
il le disait pour toutes les personnes, pour tous les hommes 
qui vivraient jusqu'à la fin du monde. Conséquemment Jésus, 
qui veut que tous les hommes deviennent chrétiens, veut aussi 
qu'ils reçoivent son corps dans la sainte Eucharistie; consé- 
quemment il veut aussi que ce Sacrement, cette sainte nour- 
riture soit préparée dans tous les temps; or, cela se fait quand 
le pain est changé au corps de Jésus-Christ; donc Jésus veut 
que dans tous les temps, le pain soit changé en son corps ; 
donc il veut également que dans tous les temps, il existe des 
personnes, ayant le pouvoir de faire ce changement. Cependant 
les apôtres sont morts depuis longtemps ; c'est pourquoi 
Jésus-Christ a donné ce pouvoir non-seulement aux apôtres, 
mais il leur a ordonné aussi, de transmettre à d'autres la même 
délégation et le même pouvoir. C'est ce que les apôtres ont 
fait, quand ils donnèrent la consécration épiscopale et sacer- 
dotale à des hommes pieux. Dans le sacrement de l'Ordre, ils 
leur ont communiqué ce pouvoir sacré. Les évêques, à leur 
tour, ont consacré d'autres hommes, évêques et prêtres, et 
ainsi de suite jusqu'à nos jours. De qui, moi, par exemple, 
ai -je ce pouvoir? De Févêque qui m'a fait prêtre. Et cet évê- 
que? De l'évêque qui l'a consacré. Et celui-ci? etc. C'est ainsi 
que nous arrivons jusqu'aux apôtres et jusqu'à Jésus-Christ 
lui-même. De sorte, que chaque prêtre tient son pouvoir de 
Jésus Christ. (Si quelqu'un, qui n'est pas prêtre, prononçait 
les paroles de la consécration sur le pain et le vin, pourrait - 
il changer le pain et le vin? Non, car il n'a pas reçu le pou- 
voir pour cela, et il commettrait un grand péché en profa- 
nant ces saintes paroles.) 

Q. il. Quand donc les évêques et les prêtres exercent-ils 

ce pouvoir ? 

R. Pendant la sainte Messe, lorsqu'ils prononcent sur le 
yain et le vin ces paroles : « Ceci est mon corps, 
ceci est mon sang. » 

Les évêques et les prêtres usent de ce pouvoir, lorsqu'ils 



A LA PREMIÈRE COMMUNION. 79 

font, ce que Jésus-Christ a fait : Or qu'est-ce que Jésus-Christ 
a fait? Il a pris du pain etc. (récapitulation). Eh bien ! c'est là 
ce que le prêtre fait pendant la sainte Messe (dont je vous en- 
tretiendrai plus tard) au moment de la consécration. Alors il 
prend aussi du pain etc. et ce qui était simplement du pain, 
devient quelque chose de sacré, de là le mot de « Consécra- 
tion. » 

Q. 12. Après la Consécration, ny a-t-il donc plus du pain 
ni du vin sur l'autel ? 

R. Non; il y a sur l'autel le vrai corps et le vrai sang de 
Jésus-Christ, sous les apparences du pain et du vin. 

Comme je vous l'ai dit, le prêtre, au moment de la Consé- 
cration, fait la même chose que Jésus-Christ a faite; donc à 
la consécration doit arriver aussi ce qui est arrivé lors de la 
dernière cène ; donc aussi, après la consécration doit se trou- 
ver sur l'autel, ce qui, d'après les paroles de Jésus-Christ, 
se trouvait entre ses mains, sur la table qui avait servi à célé- 
brer la dernière cène. (Comparez la q. 5-7.) 

Q. 13. Combien de temps Jésus Christ demeure-t-il pré- 
sent avec sa chair et son sang ? 

R. Aussi longtemps que demeurent les apparences. 

Jésus-Christ devient présent, dès qu'un prêtre, légitime- 
ment ordonné, prononce les saintes paroles sur le pain et le 
vin. Du pain et du vin, il ne reste plus alors que les apparences. 
(Q. 7.) Or aussi longtemps que durent ces apparences, c'est- 
à-dire aussi longtemps qu'il y a la forme, le goût, l'odeur du 
pain et du vin, — aussi longtemps Jésus-Christ y demeure pré- 
sent. Mais du moment que la forme, le goût, l'odeur du pain 
n'y sont plus, du moment que les espèces sont gâtées, Jésus- 
Christ cesse d'y être présent. (Pourquoi ? C'est que Jésus- 
Christ est présent dans le saint Sacrement. Or pourqu'il y 
ait sacrement, il faut un signe sensible, et ce signe sensible 
dans le saint Sacrement de l'autel, consiste dans les apparen- 
ces du pain et du vin. Quand celles-ci ne s'y trouvent plus, 



80 MÉTHODE POUR PRÉPARER LES ENFANTS 

il n'y a plus de signe sensible, conséquemment plus de sa- 
crement, conséquemment Jésus Christ n'y est plus pré- 
sent.) 

Je vous ai déjà dit que le pain est changé au corps, le vin 
au sang de Jésus-Christ. Il paraîtrait donc que sous l'ap- 
parence du pain il y aurait seulement le corps de Jésus- 
Christ, et sous l'apparence du vin seulement son sang. Est- 
ce ainsi? 

Q. 14. N'y a-t-il présent sous l'espèce du pain que le 
corps de Jésus-Christ, et sous l'espèce du vin que 
son sang ? 

lï. Non : Jésus-Christ est présent tout entier et sans divi- 
sion sous chaque espèce, comme il est tout entier 
dans le ciel. 

Jésus-Christ est toutentier présent sous chaque espèce, c'est- 
à-dire aussi bien dans la sainte hostie que dans le calice; 
donc avec tout ce qui lui appartient, avec sa chair et son sang, 
son corps et son âme, sa divinité et son humanité. Et il y est 
présent sans être divisé. Si dans l'hostie ily avait seulement le 
corps de Jésus-Christ, et dans le calice seulement son sang, 
il n'y aurait dans chacun d'eux qu'une partie de Jésus- Christ, 
et, en ce cas, Jésus-Christ ne serait plus vivant; car lorsqu'on 
sépare le sang du corps, l'homme meurt de suite. Vous pou- 
vez le comprendre aussi de la manière suivante : Dans la sainte 
hostie, se trouve le corps de Jésus-Christ, qui est au ciel, 
conséquemment le corps vivant. Mais, dans un corps vivant, 
il y a du sang; donc, il y a dans la sainte hostie le corps, et 
dans le corps le sang de Jésus-Christ ; puis le corps et le sang 
sont unis à l'âme et à la divinité (sans quoi le corps serait 
mort, ou ne serait plus le corps du Fils de Dieu). Ainsi, lors- 
que, dans la sainte Communion, vous recevez seulement la 
sainte hostie, recevez-vous aussi le sang de Jésus-Christ ? 
Pourquoi? 

Puis dans le calice est le sang de Jésus-Christ, le sang de 
JNotre-Seigneur vivant. Or le sang d'un homme vivant se 



A LA PREMIÈRE COMMUNION. 81 

trouve dans le corps. Donc, dans le calice, le sang de Jésus- 
Christ est dans son corps. Donc celui qui boirait au calice, 
n'obtiendrait pas seulement le sang, mais aussi le corps de 
Jésus-Christ. 

De même, dans la grande hostie que prend le prêtre, il n'y 
a pas plus que dans une petite hostie; c'est ainsi que votre 
figure se montre aussi bien dans un petit miroir, que dans un 
grand. Dans deux hosties, il n'y a pas plus que dans une 
seule, et celui qui, en communiant, recevrait à la fois deux 
hosties, n'aurait pas plus, que celui qui en reçoit une. Il n'y a 
qu'un seul etmêmecorpsdeJésus-Christ. Chers enfants, c'est là 
un grand miracle; pensez-y : des millions et des millions de 
chrétiens reçoivent, dans le monde entier, le même corps de 
Jésus-Christ, et néanmoins l'un ne reçoit pas plus que l'autre, 
et le corps de Jésus-Christ ne s'amoindrit pas, ne devient pas 
plus petit. Voyez par là, quels étonnants miracles Notre- 
Seigneur a opérés et opère encore chaque jour, par amour 
pour nous ! 

Ce miracle fut préfiguré ou annoncé d'avance par la 
manne. (Citez l'histoire de la manne du désert.) Ceux qui 
avaient ramassé beaucoup de manne dans un grand vase, 
n'en avaientpas plus cependant que ceux qui en avaient ramassé 
peu. 

Q. 15. Quand le piètre rompt ou divise la sainte hostie, 
ne rompt et ne divise-t-il pas le corps de Jésus- 
Christ? 

R. Non; il rompt ou divise seulement les espèces, et le 
corps de Jésus-Christ lui-même est tout entier et vivant 
dans chaque partie des espèces. 

On ne peut rompre ou briser que ce que l'on peut voir, 
toucher et saisir (c'est pourquoi on ne saurait rompre le 
vent, l'âme, etc.). Or ce que l'on peut voir, toucher, ce sont 
les espèces ou l'apparence du pain, et non le corps de Jésus- 
Christ (Q. 7.). Conséquemment on ne peut rompre le corps 

de Jésus-Christ, mais seulement l'apparence du pain. 

C'est ce que vous pouvez comprendre aussi de cette manières 



4. 



82 MÉTHODE POUR PRÉPARER LES ENFANTS 

si le corps de Jésus-Christ était rompu, brisé, il serait mort. 
Or Jésus-Christ ne peut plus mourir, donc son corps ne 
peut être rompu. Dites-moi maintenant N... lorsque le prêtre 
rompt la sainte hostie, que tient-il dans la main droite et 
dans la main gauche? Est-ce peut-être la moitié du corps de 
Jésus-Christ ; Non ; et pourquoi pas ? — Nous trouvons 
quelque chose d'à peu près pareil dans le miroir. Dans le 
miroir se trouve votre image, votre figure (lorsque vous vous 
mettez devant lui). Or brisez le miroir ; votre figure sera-t-elle 
brisée aussi? Non, mais dans chaque partie du miroir brisé, 
se montre de nouveau votre figure tout entière. 

Q. 16. Qu'exige de nous cette présence de Jésus-Christ 
dans la sainte Eucharistie? 

R. Cest que nous le visitions souvent, et que nous l'ado- 
rions avec une profonde humilité et un grand 
amour. 

S.Vincent de Paul se présenta un jour dans une prison de 
ville, où l'on tenait enchaînés de grands criminels. La plu- 
part d'entre eux étaient couchés dans des cachots, ou plutôt 
dans des trous étroits, obscurs et infects; quelques-uns 
semblaient à moitié dévorés par la vermine. Quand ils étaient 
malades, ils n'avaient personne près d'eux pour les soigner 
et les consoler. S. Vincent eut compassion de ces malheu- 
reux, et comme, pour le moment, il n était pas en état de les 
assister autant qu'il le désirait, il voulut du moins rendre 
leur couche moins dure. Il leur donna ce qu'il put; il alla 
même jusqu'à s'enfermer avec eux dans leur affreux cachot, 
afin qu'ils eussent au moins près d'eux quelqu'un qui les 
aimât, les instruisît, les consolât, leur donnât des soins, 
quelqu'un à qui ils pussent confier leurs peines, demander 
du soulagement et des paroles pour relever leur courage. Et 
quoique, parmi ces malheureux, il s'en trouvât au com- 
mencement, qui ne répondaient à sa charité que par des 
injures et des moqueries, il ne se laissa pas effrayer ni dé- 
courager, mais il continua de demeurer parmi eux. N'est-il 
pas vrai, chers enfants, que cet amour de S. Vincent pour 



A LA PREMIÈRE COMMUNION. 83 

ces pauvres gens, était un amour admirable et vraiment saint? 
— Mais il y a quelqu'un qui nous a montré, à nous pauvres 
créatures, un amour infiniment plus grand; c'est le Fils de 
Dieu! Nous aussi, sur cette froide et misérable terre, nous 
sommes comme dans une prison, nous souffrons beaucoup, 
nous devons endurer bien des misères en punition de nos 
péchés. Et voilà que le Fils de Dieu, touché de compassion 
pour nos maux, est descendu du ciel et nous a obtenu la 
grâce de pouvoir entrer, après ces quelques années de cap- 
tivité sur la terre, dans la joie éternelle des cieux. Mais afin 
de diminuer le poids de nos misères, pendant notre séjour 
ici-bas, il a voulu s'enfermer lui-même avec nous, dans cette 
misérable demeure terrestre, et il est devenu captif. Quoiqu'il 
ne reçoive de tant d'hommes qu'ingratitude et même qu'in- 
jures et moqueries pour récompense, néanmoins il ne se 
rebute pas. Jour et nuit il demeure dans le tabernacle. Et 
qu'y fait-il? Il y intercède pour nous auprès de son Père 
céleste ; il envoie en quelque sorte les rayons lumineux et 
vivifiants de sa grâce dans les cœurs de tous ceux qui vien- 
nent à lui, pour lui demander lumière, consolation, force 
et bénédiction. C'est pourquoi il y a toujours une lampe 
qui brûle devant le saint Sacrement ; elle nous rappelle que 
là, bien près de nous, se trouve la lumière du monde, le 
soleil de la grâce. De même que le voyageur égaré au milieu 
d'une nuit obscure, s'élance, dans l'espoir de trouver un gîte 
et du secours, vers la lumière qu'il a aperçue, de même nous 
devons nous empresser d'aller trouver Jésus-Christ dans le 
saint Sacrement, afin de trouver chez lui secours et consola- 
tion, et de pouvoir revenir dans le bon chemin. 

Ainsi, c'est à cause de nous que Jésus-Christ demeure 
présent dans la sainte Eucharistie. Mais cette sainte présence 
de Jésus qu'exige-t-elle de nous? que lui devons-nous pour 
cela? Nous devons le visiter souvent, venir souvent près de 
lui. Or ce qui doit nous engager à rendre des visites au saint 
Sacrement, c'est 

4) l'amour et la reconnaissance que nous devons à Jésus- 
Christ. Lorsqu'un enfant demeure dans le même endroit, 
où restent ses parents (ce qui arrive quand il y est ea 



8i MÉTHODE POUR PRÉPARER LES ENFANTS 

service ou marié), pouvez-vous dire qu'il aime ses parents, 
s'il ne va jamais ou presque jamais les voir? Non, s'il les 
aimait, il irait les voir souvent. Eh bien! Jésus, notre bon, 
notre aimable père demeure bien près de nous, au milieu de 
nous. 

Quelle espèce d'enfants serions-nous, si nous ne voulions 
pas lui faire visite? Quand vous aimez quelqu'un, vous êtes 
volontiers à ces côtés; or celui qui ne tient pas à venir 
auprès de Jésus, prouve qu'il ne l'aime pas. Supposez 
que le saint Sacrement ne se trouve que dans un seul lieu, 
par exemple à Rome, et qu'on vienne vous le dire ; ah ! que 
vous seriez désireux d'y aller! Combien de personnes seraient 
contentes d'entreprendre ce voyage si long, si difficile et si 
dangereux, de sacrifier et leur argent et leur temps, peut-être 
leur vie, pour pouvoir s'approcher une seule fois de Jésus- 
Christ dans la sainte Eucharistie. Il y a des milliers de pè- 
lerins qui se rendent à Jérusalem, souvent au milieu de 
fatigues indicibles, uniquement pour voir les lieux où Jésus- 
Christ a vécu et souffert; et quand ils sont là, comme leur cœur 
bat de joie, comme ils prient avec ferveur et dévotion ! Il y 
en a eu qui sont morts en ces lieux, à cause des transports 
d'amour qui agitaient leur cœur. Et ceux qui ne peuvent 
aller à Jérusalem et dans la Terre-Sainte leur envient ce hon- 
neur. chers enfants ! Dans la sainte Eucharistie vous 
n'avez pas simplement un souvenir de Jésus-Christ, un objet 
qui a été sanctifié par sa présence* tel que sa crèche, sa 
sainte Croix, etc., mais vous avez, mais vous possédez Jésus- 
Christ lui-même, réellement vivant. Si vous croyez cette 
vérité d'une foi ferme, vous irez sans doute le trouver sou* 
vent avec joie, vous irez le prier avec un cœur plein d'amour. 

De plus, Jésus-Christ est encore présent, à cause de nous ; 
parce qu'il nous aime et qu'il veut nous communiquer ses 
grâces. Imaginez-vous un père qui a un enfant à l'étranger; 
plein de la plus tendre affection pour cet enfant, il entreprend 
un long voyage, pour aller le voir, lui parler et lui apporter 
des choses qui lui soient agréables. Mais l'enfant salue son 
père à la hâte, en passant, puis s'en va jouer et courir avec ses 
camarades, en laissant son père seul. Dites-moi, chers enfants! 



A LA PREMIÈRE COMMUNION. 85 

cela ne doit-il pas faire de la peine, et beaucoup de peine au 
père?Eh bien! nous aussi nous sommes à l'étranger, car c'est le 
ciel qui est notre véritable patrie; et voilà que Jésus-Christ, 
notre tendre et bon père vient avec l'amour le plus dévoué, 
pour nous visiter et nous apporter ses grâces ; ah! croyez- 
vous que cela ne lui fasse pas de la peine, quand nous le 
laissons seul, nous occupant plus du jeu, des amusements, de 
la toilette que de lui, et quand nous n'allons le voir que rare- 
ment, lorsque nous y sommes forcés? C'est pourquoi le Sau- 
veur s'en est plaint, quand il disait, « Tout le jour j'ai étendu 
mes mains vers un peuple incrédule et obstiné! » 

2) Ce qui doit nous engager à visiter souvent la sainte Eu- 
charistie, ce sont encore les grands avantages, les nom- 
breuses bénédictions que nous obtenons par là. Dans la ville 
où réside le roi, on voit souvent arriver des gens qui ont fait 
un long et pénible voyage, pour obtenir de lui une grâce, un 
bienfait. Parfois cependant ils ne parviennent pas à pouvoir 
lui parler; et alors même qu'il leur est permis de s'entre- 
tenir pendant deux minutes avec lui, ils n'obtiennent que 
rarement ce qu'ils demandent. Or sachez-le, chers enfants ! 
dans le saint Sacrement se trouve le roi du ciel et de la terre, 
qui esten état de nous donner tout ce qui peut nous être utile, 
tout ce que nous pouvons désirer pour le bien de notre corps 
et de notre âme ; nous n'avons pas besoin de faire un long 
voyage; nous ne devons pas craindre d'être rebutés; au con- 
traire, tous, même les plus pauvres et les plus méprisés peu- 
vent lui parler, et il a dit d'avance : « Tout ce que vous de- 
manderez, vous sera accordé. » Hélas! cependant il y en a si 
peu qui viennent le prier ; ils préfèrent prier et mendier chez 
les hommes, où ils ne peuvent néanmoins obtenir que peu 
de chose. Chers enfants! n'agissez pas ainsi. Si vous avez 
quelque peine, soit corporelle (comme une maladie, de la 
pauvreté, du chagrin, des parents malades, etc.), soit spiri- 
tuelle (comme des tentations, des péchés, etc.), approchez- 
vous de Jésus qui est toujours disposé à vous écouter, à vous 
assister; venez, confiez-lui vos peines, et vous verrez que vous 
n'aurez pas prié inutilement. Quand une jeune fille est, par 
exemple, en service, qu'elle doit y travailler beaucoup, et 



86 MÉTHODE POUR PRÉPARER LES ENFANTS 

qu'on la maltraite, comme elle se sent heureuse, la pauvre 
enfant, lorsque, de temps en temps, elle peut retourner chez 
sa mère pour lui confier ses peines, quand même sa mère ne 
pourrait pas l'assister. Eh bien! chers enfants! lorsque votre 
cœur est plein de tristesse, lorsque le chagrin, les soucis et les 
tentations (qui ne tarderont pas de venir) vous inquiètent, 
rappelez- vous que, dans la sainte Eucharistie, vous avez quel- 
qu'un qui vous aime mille fois plus que votre père et votre 
mère ne vous aiment, quelqu'un qui veut et peut vraiment 
vous aider, vous soulager. venez à lui ! vous ne le quitterez 
pas sans avoir reçu des consolations et des grâces (1). 

3) La visite au saint Sacrement est donc bien agréable à 
Jésus-Christ, et bien utile à ceux qui la font; aussi a-t-elle 
toujours été pratiquée avec soi n par des hommes saints et pieux, 
qui y ont trouvé une source de grâces nombreuses.. Que 
d'exemples je pourrais vous citer, chers enfants ! S. François 
de Borgia avait l'habitude de visiter, sept fois par jour, le 
saint Sacrement de l'autel. S. Alphonse, même lorsqu'il était 
déjà parvenu à un âge avancé, et qu'il était accablé d'infirmi- 
tés, passait, jusqu'à sept et huit heures devant la sainte Eu- 
charistie. S. François-Xavier, après avoir prêché et baptisé 
tout le jour, malgré la fatigue à laquelle il paraissait succom- 
ber, veillait fréquemment la moitié de la nuit et des nuits 
entières, devant le saint Sacrement (2). Et que faisaient 

(1} On pourrait rappeler ici les nombreuses guérisons miraculeuses et les 
grâces, qui ont été obtenues devant le saint Sacrement. Ainsi, il n'y a que 
peu d'années, une demoiselle de famille noble, Anne de Clary de Metz, 
qui avait été paralysée pendant plusieurs années et déclarée incurable par 
les médecins, s'était fait porter à l'église devant le saint Sacrement, ex- 
posé pour l'adoration perpétuelle, et fut guérie tout à coup, de sorte quelle 
put se lever et marcher sans l'aide de personne. D'un autre côté, c'est une 
chose remarquable qu'une foule d'impies et d'hérétiques ont été subite- 
ment convertis en présence du saint Sacrement. 

(2) On sait la réponse de ce soldat français à Orléans, qui passait cha- 
que jour au moins une heure devant le saint Sacrement et qui, interrogé 
par son capitaine sur ce qu'il y faisait, lui dit : Je me mets en faction 
devant la demeure du bon Dieu. Cela m'a chiffonné de voir que le prési- 
dent eût quatre factionnaires, le général deux, et le bon Dieu aucun. 
C'est pourquoi je veux être chaque jour, pendant une heure, de service 
près de lui. 



A LA PREMIÈRE COMMUNION. 87 

alors ces saints devant le saint tabernacle, où reposait Jésus- 
Christ? Que devons-nous y faire quand nous visitons Notre- 
Seigneur? — Une sainte religieuse, qui passait des journées 
entières devant le très saint Sacrement, et à laquelle on 
demandait, ce qu'elle y faisait, répondit : « Mon Dieu ! que 
t'ait un mendiant, quand il va trouver un homme riche et 
bienfaisant? que fait un malade devant le médecin? un homme 
qui a faim devant une table bien servie? (Courte explication 
et application.) — Qu'eussiez vous fait, chers enfants, si vous 
aviez pu vous rendre avec les bergers de Bethléem devant la 
crèche? Sans doute, vous eussiez adoré Jésus-Christ avec 
beaucoup de foi, vous vous seriez étonnés qu'un Dieu si 
grand, si saint, si puissant fût descendu du ciel, par amour 
pour vous, enfants pauvres et pécheurs, et vous vous seriez dit : 
Comment ai-je pu mériter cette faveur, moi qui cependant 
l'ai offensé si souvent? Et certes, vous l'eussiez remercié de 
tout cœur, vous l'eussiez aimé et vous lui auriez promis de ne 
plus jamais l'offenser, mais de lui plaire. Eh bien ! Voilà ce 
que vous devez faire chaque fois devant le saint Sacrement. 
Adorez-le «avec une profonde humilité» (Comp. laq. 43, § III), 
vous rappelant que vous n'êtes que des enfants pauvres et pé- 
cheurs, qui avez si souvent offensé Jésus-Christ, en pensant 
à la grandeur et à l'infinie majesté de Jésus-Christ, qui par 
amour pour vous est présent dans la sainte Eucharistie. Ado- 
rez-le ensuite avec une ardente charité, en vous rejouissant de 
voir, combien il a de bonté et d'amour pour nous; en lui 
promettant de ne plus l'offenser; en vous proposant chaque 
fois, de faire tous les jours quelque chose de particulier 
par amour pour lui, par exemple, de dire une prière de plus, 
d'être tranquilles et patients, d'obéir ponctuellement, de faire 
une légère abstinence aux repas, de donner quelque chose à 
un enfant pauvre, si vos parents le permettent, etc. Vous pou- 
vez et devez faire aussi des demandes au divin Sauveur, lui 
confier vos peines, vos tentations, etc. et l'implorer avec beau- 
coup de confiance, comme autrefois le lépreux, en disant : 
« Seigneur, si vous le voulez, vous pouvez me purifier, » me se- 
courir. N'est-il pas vrai, ô bien-aimé et doux Sauveur, vous 
qui avez toujours été si bon, que vous m'assisterez aussi, etc. 



88 METMODE POLT, PRÉPARER LES ENFANTS 

Ces visites, comme vous le savez, nous les faisons déjà en- 
semble ; plus tard, je l'espère, vous ne les négligerez pas. 
Tous du moins pourront les faire, les dimanches et les jours 
de fête, soit avant, soit après la grand' messe ou les vêpres, et 
ceux qui demeurent près de l'église, en ont aussi l'occasion 
les jours ouvrables (1). Formez dès maintenant le ferme pro- 
pos de ce que vous voulez faire plus tard. Ce que vous pouvez 
encore pratiquer à chaque visite, c'est la communion spiri- 
tuelle, dont je vous parlerai plus au long dans la suite. 

Mais il y a encore d'autres circonstances particulières où 
vous pouvez témoignera Jésus, dans le saint Sacrement, votre 
respect et votre amour. Non-seulement il faut que vous vous 
conduisiez avec respect dans l'église, que vous ôtiez votre 
casquette ou que vous vous incliniez quand vous passez de- 
vant une église, que vous vous mettiez à genou et que vous 
priiez en silence lorsque vous entendez le son de la cloche 
qui annonce le moment de la consécration, etc, mais je veux 
parler principalement de ce que vous devez faire 

1) quand le très saint Sacrement est exposé à l'adoration 
des fidèles, et quand le prêtre l'élève pour donner la béné- 
diction. Les personnes qui ont été à Rome, s'estiment heu- 
reuses d'avoir reçu la bénédiction du Souverain-Pontife. Mais 
quand la bénédiction vous est donnée avec le saint Sacrement, 
celui qui vous bénit alors, c'est celui dont le pape n'est que 
le premier serviteur et le vicaire. Ne devez-vous donc pas 
vous empresser d'assister à la bénédiction ? Avec quel res- 
pect, avec quelle confiance ne devez-vous pas la recevoir? 
Pour vous, ce doit être un moment comme celui où Jésus, 
avant de monter au ciel, éleva les mains pour bénir ses disci- 
ples. Surtout, lorsque a lieu l'Adoration perpétuelle, vous 
tâcherez de prendre une heure pour adorer pieusement Jésus- 
Christ. Dans notre diocèse, la chose est arrangée de telle ma- 
nière, que pendant toute l'année le très saint Sacrement est 
exposé à l'adoration, chaque jour, dans une paroisse différente, 
afin qu'il n'y ait aucun jour dans l'année, où Jésus-Christ ne 

(1) On peut engager les enfants qui demeurent loin de l'église (s'ils n'a- 
bandonnent pas l'école de suite après leur première communion) à faire 
une courte visite au saint Sacrement avant ou après la classe. 



A LA PREMIÈRE COMMUNION. 89 

reçoive, dans la sainte Eucharistie, l'hommage qui lui est dû. 
C'est pour le même motif que Ton a institué la confrérie 
du saint Sacrement, dans laquelleles chrétiens pieux s'unis- 
sent et s'engagent à honorer le divin Sauveur dans le très saint 
Sacrement, et à dire, dans ce but, chaque jour, un paterawec 
ces paroles : « Loué et adoré soit Jésus-Christ dans le très 
saint Sacrement de l'autel. » Les membres de cette confrérie 
se proposent de passer pieusement, en présence du saint Sa- 
crement, lors de l'adoration perpétuelle, l'heure qui leur est 
échue, de recevoir fréquemment et dignement la commu- 
nion. C'est dans cette confrérie qu'on vous inscrit tous, le 
jour de votre première Communion. Ainsi que je vous l'ai 
dit dans la première instruction, récitez dès maintenant, cha- 
que jour, un pater avec la prière ci-dessus, afin d'en avoir 
déjà la pieuse habitude quand je vous inscrirai dans la con- 
frérie, et que vous n'oubliiez pas de la réciter. 

2) Il y a, comme je crois vous l'avoir dit, une fête particu- 
lière, instituée par l'Eglise catholique, pour célébrer l'insti- 
tution de la sainte Eucharistie ; c'est la fête du très saint Sa- 
crement, appelée ordinairement la Fête-Dieu. En ce jour on 
fait une grande procession solennelle, où l'on porte la sainte 
Eucharistie dans un ostensoir, et où l'on donne plusieurs 
fois la bénédiction. Pourquoi fait-on cela? c'est afin de 
montrer par là notre foi dans la présence réelle de Jé- 
sus-Christ au saint Sacrement, et de manifester d'une ma- 
nière publique et solennelle notre reconnaissance pour son 
institution. Tout le monde doit voir alors que nous croyons 
en la présence de Jésus-Christ, que nous y trouvons notre 
plus grand bonheur ; en même temps nous invitons toutes 
les créatures des champs, des forêts, des prairies, des airs, à 
glorifier, autant qu'il est en leur pouvoir, le divin Sauveur et 
à se réjouir avec nous. C'est pourquoi on chante de pieux et 
gais cantiques, on jonche les rues de fleurs et de verdure, 
on orne les façades des maisons de bannières, de bouquets 
et de bougies allumées, on dresse de magnifiques reposoirs, 
et l'on fait retentir l'air de joyeux coups de canon. Par là 
nous voulons offrir au divin Sauveur, une juste réparation 
pour tant d'insultes et d'outrages, qui lui sont sans cesse 



90 MÉTHODE POUR PRÉPARER LES ENFANTS 

adressés dans le saint Sacrement par les impies, les héréti- 
ques, les blasphémateurs et par ceux qui font une communion 
sacrilège. Quand un père ou une mère ont été gravement ou- 
tragés, affligés par un enfant pervers et ingrat, les enfants sou- 
mis et dévoués cherchent à leur procurer d'autant plus de joie 
et de consolation. C'est ainsi que etc. Pensez-y donc lorsque 
vous faites partie de cette procession de la Fête-Dieu ou de toute 
autre procession. Soyez heureux et contents de pouvoir ren- 
dre cet honneur à votre aimable Jésus, et gardez-vous bien de 
le déshonorer ou de l'outrager par des irrévérences, au lieu 
de l'honorer et de l'apaiser (1). 

3) Quand le saint Sacrement est porté aux malades et que 
vous le rencontrez, mettez-voüs aussitôt à genoux, adorez hum- 
blement le divin Sauveur en disant : « Loué et adoré etc ; » 
demandez qu'il vous bénisse, et restez à genoux, jusqu'à ce 
que le prêtre soit passé avec le saint Viatique; puis priez en 
silence un Pater pour le malade et poursuivez tranquillement 
votre chemin. Si vous pouvez accompagner le saint Sacre- 
ment jusque chez le malade, c'est encore mieux. Un jour le 
comte Rodolphe de Habsbourg se rendait à cheval à la chasse; 
dans son chemin il rencontra un prêtre qui portait le saint 
Viatique à un malade. Aussitôt Rodolphe s'empressa de met- 
tre pied à terre, fléchit humblement les genoux, fit monter 
le prêtre à cheval et conduire ainsi jusque chez le malade. 
Quand plus tard le prêtre voulut lui remettre le cheval, il 
refusa de le reprendre, en disant : « Il ne convient pas que 
je me serve encore de ce cheval qui a porté Notre-Seigneur, » 
et Dieu récompensa sa piété dès cette vie. Il devint un grand 
et puissant empereur dont descendent les empereurs actuels 
d'Autriche. Je pourrais vous citer encore des exemples nom- 
breux de plusieurs rois et empereurs qui ont adoré et accom- 
pagné, avec un profond respect, la sainte Eucharistie que l'on 
portait en viatique aux malades (2). Que c'est pitoyable, ingrat 

(1 ; Si le temps le permet, on pourrait faire une description de la Fête- 
Dieu, telle qu'elle se fait solennellement dans beaucoup de paroisses. 
Voyez Walsch : les Fêtes chrétiennes. 

(2) C'est ainsi que dans les derniers temps (en 1857) on a vu le roi des 



A LA PREMIÈRE COMMUNION. 91 

et honteux au contraire, quand certaines gens rougissent de 
fléchir le genou devant le saint Sacrement, alors qu'ils croient 
cependant à la présence de Jésus-Christ! Ce sont des lâches, 
qui craignent plus les hommes que Dieu, et qui aiment 
mieux de l'offenser, que d'entendre une raillerie de la part des 
hommes. Les animaux mêmes pourraient les confondre, 
puisque plus d'une fois on en a vu, qui témoignèrent au 
saint Sacrement leur respect d'une manière merveilleuse 
(ainsi l'agneau de S. François d'Assise, le mulet de S. Antoine 
de Padoue). Chers enfants, n'ayez pas peur de témoigner par- 
tout et toujours à votre divin Sauveur le respect qui lui est 
dû, et rappelez-vous ses paroles : « Celui qui m'aura re- 
connu devant les hommes, je le reconnaîtrai aussi devant 
mon Père céleste; et celui qui m'aura renié devant les hom- 
mes, je le renierai aussi devant mon Père céleste. » (S. Matth. 
10, 3-2). 

Deux-Siciles aider à soutenir le baldaquin au-dessus du saint Sacrement qu'un 
prêtre portait à un soldat malade, et les princes de la famille royale accom- 
pagner avec respect le Dieu eucharistique. On raconte la même chose 
de notre Saint-Père, le pape Pie IX. Mais il est bon aussi de citer le trait 
suivant qui est l'opposé de ce qui vient d'être dit. 

Il y a quelque temps un prêtre portait le saint Viatique à un malade. 
-En chemin il rencontra un homme qui, dès qu'il eut aperçu le saint 
Sacrement, s'élança de côté dans la forêt. Le sacristain avait remarqué 
l'individu et se dit en lui-même : ce drôle-là n'aura pas sans doute sa cons- 
cience bien en règle, autrement il ne s'enfuirait pas ainsi. Or quand le 
prêtre et le sacristain furent arrivés près de l'endroit où l'étranger avait 
pris son élan dans le bois, ils entendirent des gémissements et comme 
une faible voix qui appelait au secours. Ils se dirigèrent aussitôt de ce 
côté, et trouvèrent notre homme qui perdait son sang par une profonde bles- 
sure. Le malheureux désira de suite se confesser (il ne l'avait plus lait de- 
puis lo ansi. Pendant que le prêtre entendait sa confession, le sacristain 
alla quéiir un médecin aux soins duquel le prêtre abandonna ensuite le 
malheureux. C'était un homme vicieux et ennemi de la religion ; pour ne 
pas être obligé de fléchir le genou devant le saint Sacrement, il s'était 
précipité dans la forêt, où il heurta contre la racine d'un arbre et alla frap- 
per avec la tête contre une pierre qui servait de borne. Il mourut le len- 
demain. 



92 MÉTHODE POUR PRÉPARER LES ENFANTS 

Q. 17. Est-ce seulement pour demeurer avec nous, que 
Jésus-Christ est présent dans la sainte Eucharistie? 

R. // y est aussi présent 1° pour s'offrir comme victime 
pour nous dans le saint Sacrifice de la Messe, et 
2° afin de se donner comme nourriture à nos âmes 
dans la sainte Communion. 

Le bon Jésus en agit comme un homme riche qui visite un 
pauvre paysan dans sa cabane. Le riche sait bien que le pau- 
vre n'a rien à lui offrir, et c'est pourquoi il apporte avec lui 
au pauvre, ce que celui-ci devra lui servir et lui présen- 
ter (comme du vin, des mets, etc.), et il le fait dîner avec 
lui. C'est ainsi que Jésus nous visite; sachant combien 
nous sommes pauvres, combien nous avons peu de chose 
à offrir à Dieu, il se donne lui-même à nous dans le saint 
Sacrement, afin que nous ayons un don, une véritable vic- 
time que nous puissions présenter à Dieu, qui lui soit agréa- 
ble, et en même temps il se donne à notre âme comme nour- 
riture. La première chose il le fait dans la sainte Messe, la 
seconde dans la Communion. Nous allons en parler bientôt. 

II. DU SAINT SACRIFICE DE LA MESSE. 

Ainsi que je vous l'ai dit la dernière fois, Jésus Christ est 
présent dans la sainte Eucharistie, afin de s'offrir comme 
victime pour nous dans le saint Sacrifice de la Messe. Pour 
bien comprendre ceci, il faut que je vous explique d'abord ce 
qu'on entend en général par sacrifice. 

Q. 1. Qu est- ce qu'un sacrifice? 

R. Un sacrifice, en général, est un don visible que Von 
offre à Dieu pour ïhonorer et l'adorer comme le maître 
suprême de toutes choses. 

Vous savez, chers enfants, que vous devez honorer votre 
prochain, et surtout quelques personnes (tels que vos pa- 
rents, vos supérieurs) d'une manière toute spéciale. D'abord 
vous les honorez intérieurement, en les estimant, en pensant 
bien d'eux; mais ce sentiment vous le montrez aussi au dehors, 



A LA PREMIÈRE COMMUNION. 93 

vous le manifestez, par exemple, en les saluant, et ainsi 
vous les honorez aussi extérieurement. Une manière toute 
spéciale dont on peut honorer quelqu'un extérieurement, 
consiste à lui offrir un don, à lui faire un présent. C'est ainsi 
que chez les anciens peuples de la Perse, quand le roi voya- 
geait quelque part, les habitants devaient lui offrir des pré- 
sents, pour montrer qu'ils le reconnaissaient comme le sei- 
gneur et le propriétaire de leur pays et de leurs biens, 
conséquemment pour l'honorer comme leur maître. 

Or vous le savez, nous devons honorer Dieu plus que tous 
les hommes, puisqu'il est notre maître suprême, auquel nous 
appartenons de corps et d'âme, auquel nous sommes assujétis 
en tout et devons obéir plus qu'à nos parents et aux princes 
etc. Nous l'honorons intérieurement, quand nous pensons 
avec respecta Lui et à ses perfections, et que nous nous sou- 
mettons à lui ; nous l'honorons extérieurement, quand nous 
montrons extérieurement notre respect et notre soumission, 
soit par des paroles, des prières, des chants que l'on 
entend, soit en pliant le genou, et en joignant les mains, ce 
que l'on peut voir. 

Cependant si nous témoignons aux hommes notre respect, 
non-seulement par des paroles et des mouvements du corps, 
mais aussi par des dons visibles ; si autrefois les sujets de- 
vaient témoigner par des présents, tout l'honneur qu'ils 
portaient à leur roi, comme au maître du pays ; combien plus 
devons- nous honorer Dieu par des dons, Lui à qui appartient 
le ciel et la terre avec tout ce qu'ils renferment, Lui qui est 
avec bien plus de raison le maître de l'univers qu'un roi ne 
l'est de son pays. 

Cependant, il y a une grande différence, chers enfants, 
dans la manière d'offrir des dons aux hommes et celle d'en 
offrir à Dieu. En présentant des dons aux hommes, nous ne 
leur témoignons qu'un honneur restreint et borné, comme à 
des supérieurs, à des hommes dont nous avons reçu des biens 
temporels, et auxquels nous devons obéir dans les choses tem- 
porelles ; mais par les dons offerts à Dieu, nous honorons celui- 
ci comme notre souverain maître à qui nous appartenons tout 
entiers et devons obéir en tout ; comme le maître de notre 



94 MÉTHODE POUR PRÉPARER LES ENFANTS 

corps et de notre âme, de la vie et de la mort ; nous lui témoi- 
gnons les plus grands honneurs, nous l'adorons. C'est pour- 
quoi, pour les dons qui sont offerts aux hommes, nous les 
leur remettons simplement, tels qu'ils sont; tandis que pour 
les dons que nous offrons à Dieu, ils sont détruits, ou chan- 
gés. Ainsi, par exemple, quand les Juifs offraient un agneau, 
ils l'apportaient dans le temple, où les prêtres l'immolaient, 
versaient son sang et quand il était mort, on le brûlait en 
entier ou en partie. Pourquoi cela? Si celui qui faisait l'of- 
frande, avait donné simplement l'agneau, il aurait seulement 
montré par là que l'agneau ne lui appartenait plus, mais qu'il 
appartenait à Dieu ; puis en l'offrant, il semblait vouloir dire : 
ce n'est pas seulement cet agneau que j'offre, mais tout le reste 
que j'ai reçu de Dieu; je lui en suis redevable ; c'est pourquoi je 
veux et je dois le lui donner, s'il le désire. Mais en tuant et 
en brûlant l'agneau dans le temple, on voulait dire de plus : 
Dieu est le maître de la vie et de la mort de cet animal, de la 
vie et de la mort de toutes les créatures, et aussi de ma vie. Je 
serais obligé proprement de sacrifier ma vie à Dieu ; mais 
comme Dieu ne le veut pas, je lui offre maintenant la vie de 
cet agneau au lieu de ma propre vie, et par là je montre que 
je suis prêt à sacrifier également ma vie à Dieu, s'il le désire. 
Or, comme vous l'avez entendu, puisque les dons que nous 
offrons à Dieu, puisque les sacrifices sont les marques de 
l'honneur suprême, les signes de l'adoration, il est facile de 
comprendre qu'on ne peut offrir de tels sacrifices qu'à Dieu 
seul. Des dons on peut les faire aussi aux hommes. C'est ainsi 
que les premiers chrétiens ont pu offrir des dons et des pré- 
sents à leurs empereurs païens, afin de les honorer comme 
empereurs, comme souverains du pays; mais jamais ils ne 
leur ont offert des sacrifices, ils préférèrent plutôt endurer tous 
les tourments; car ils leur auraient rendu parla des honneurs 
divins, ce qui aurait été une véritable idolâtrie. 

Observation. Lorsque celui qui offre un sacrifice, n'a d'au- 
tre intention en l'offrant, que d'honorer Dieu, on appelle 
cela un sacrifice latreutique ou d'adoration. Lorsque, outre 
cette intention, il a encore le dessein spécial de remercier 
Dieu, il offre un sacrifice pacifique ou dactions de grâces. Il 



A LA PREMIÈRE COMMUNION. 95 

semble dire : mon Dieu, je sais et je reconnais que vous 
êtes le souverain Seigneur, de qui vient tout bien, de qui 
j'ai reçu tout ce que je possède, entre autres tels bienfaits, 
par exemple, une riche moisson. Je serais tenu de vous 
restituer tout cela, et je suis prêt à le faire. Mais comme 
vous ne le demandez pas, je vous offre cet agneau, ces 
fruits, etc. pour montrer que j'ai tout reçu de vous, que je 
vous en suis très reconnaissant, et que je suis prêt à donner 
tout pour vous, si vous le désirez. Lorsque celui qui présente 
une offrande, veut obtenir de Dieu quelque chose de parti- 
culier, un bienfait, par exemple, la santé, il offre un sacri- 
fice impétratoire, il semble dire en même temps : Vous êtes, 
o mon Dieu, le maître et le dispensateur suprême, de qui 
vient tout bien, ainsi que ce don dont je vous fais l'offrande. 
Il n'est que vous qui puissiez m'accorder la santé. C'est 
pourquoi, je vous prie de me la donner etc. Quand il 
s'agit d'apaiser Dieu que l'on a offensé par le péché, on 
lui öftre un sacrifice propitiatoire, comme pour lui dire : 
Vous êtes le maître absolu, à qui tous doivent obéir, et que 
moi aussi j'aurais dû écouter. Mais je ne l'ai pas fait, j'ai 
péché; par là je vous ai offensé et j'ai mérité vos châtiments. 
O, mon Dieu, je voudrais, si je le pouvais, réparer cette 
offense, me réconcilier avec vous, vous procurer autant 
d'honneur et de joie, que je vous ai causé de déshonneur et 
de déplaisir par le péché ; j'aurais dû sacrifier ma vie, mon 
sang, pour vous apaiser; j'ai mérité la mort. Je vous en con- 
jure, veuillez accepter la mort de cet animal à la place de la 
mienne, à la place du châtiment que j'ai mérité. En même 
temps je reconnais par là, que je vous prends de nouveau 
pour mon souverain maître, que je veux vous obéir et que 
je suis prêt, si vous le désirez, à sacrifier ma vie (i). 

(1) D'après ce qui vient d'être expliqué, il sera facile de faire voir 
clairement aux enfants, la différence qui existe entre les sacrifices et les 
aumônes (celles-ci ne sont pas offertes à Dieu), la prière, la contrition (qui 
ne sont pas des dons visibles). 



96 MÉTHODE POUR PRÉPARER LES ENFANTS 

Q. 2. Y a-t-il toujours eu des sacrifices? 

R. Il y a eu des sacrifices depuis le commencement du 
monde, et, sous V Ancienne Loi, Dieu lui-même les 
avait prescrits rigoureusement. 

Comme vous lavez appris par l'histoire de Gain et d'Abel, 
ils offrirent des sacrifices à Dieu, peu de temps après la 
création du monde, et depuis lors il y a toujours eu des 
sacrifices. Les païens eux-mêmes offrirent des sacrifices à 
leurs faux dieux. Et comme il n'y a pas eu de peuple assez 
barbare et assez sauvage qui n'ait cru à l'existence de la 
Divinité (alors même qu'il s'en faisait une fausse idée), ainsi 
il n'y en a pas eu qui n'ait offert à son dieu ou à ses divi- 
nités des sacrifices. Aussi est-ce tout naturel. Car si notre 
raison nous dit que nous ne devons pas seulement honorer 
les hommes, en leur offrant des dons, mais que nous devons 
aussi de cette manière témoigner à Dieu , l'honneur su- 
prême ; cette même raison a toujours persuadé à des païens 
d'en agir aussi de cette manière. Dieu d'ailleurs a approuvé 
les sacrifices; il les a même prescrits rigoureusement aux Israé- 
lites. Il leur déclara, par la voix de Moïse, quels sacrifices 
ils devaient lui offrir. C'étaient des sacrifices sanglants, 
lorsqu'on immolait un animal, et qu'on versait son sang; ou 
des sacrifices non-sanglants, — quand on offrait de la farine, 
du pain, du vin, etc. Et pourquoi donc Dieu a-t-il prescrit 
si rigoureusement ces sacrifices? 

1) C'est afin que les Juifs n'oubliassent jamais que Dieu 
est leur souverain maître, auquel ils devaient tout, de qui 
ils avaient reçu et devaient espérer tout bien, qu'ils étaient 
tenus d'honorer et pour lequel ils devaient même sacrifier 
leur vie. 

2) Comme vous l'avez appris, Dieu avait promis spé- 
cialement aux Juifs le futur Messie. Or, pour que cette pro- 
messe ne sortît pas de leur mémoire et entretînt en eux un 
vrai désir de voir le Sauveur, il leur prescrivit les sacri- 
fices, surtout les sacrifices de propitiation ou d'expiation. 
En offrant ces sacrifices, les Juifs semblaient faire cet aveu : 



A LA PREMIÈRE COMMUNION. Ul 

Nous sommes pécheurs, Dieu nous a en horreur et nous 
devons craindre qu'il ne nous punisse sévèrement, si nous 
ne l'apaisons, si nous n'obtenons de lui le pardon. Mais 
en même temps ils savaient bien, que de telles victimes 
n'étaient pas en état de les réconcilier avec Dieu et d'effacer 
leurs péchés. C'est pourquoi ils se rappelaient la promesse 
de Dieu qui devait leur envoyer un Sauveur ; un Sauveur 
qui, en se donnant comme victime, prendrait sur lui les 
péchés du monde, et par sa mort nous délivrerait du 
péché et des châtiments du péché. Les Juifs désiraient ar- 
demment de voir arriver ce Sauveur promis. Ces sacrifices 
les excitaient dorn- au repentir de leurs fautes, ranimaient 
leur foi dans le futur Sauveur, et le désir de le voir venir; 
c'est en vue de cette foi et de ce repentir, que Dieu leur a 
pardonné leurs péchés, à cause de Jésus-Christ et en consi- 
dération de sa mort sur la croix. 

0- 3. Pourquoi les sacrifices de V ancienne Loi ont-ils été 
abolis ? 

R. Parce qu'ils n'étaient que des figures du sacrifice 
sans tache de la nouvelle Loi, et que, par conséquent, 
ils ne devaient pas durer plus longtemps que la Loi 
ancienne, 

Les sacrifices de l'ancienne Loi ou de l'ancienne Alliance 
ique Dieu avait conclue, avec les Juifs par l'entremise de 
Moïse) ne pouvaient honorer complètement Dieu, ni lui 
plaire entièrement. Ecoutez, chers enfants i Quand je veux 
taire plaisir à un enfant, je lui donne une image ; puis-je 
faire plaisir aussi à un roi ou à un empereur en lui donnant 
une petite image? Non, à un roi, à un empereur, il faut quel- 
que chose de bien plus distingué, de plus précieux ; il faut 
un don vraiment royal et princier, qui puisse leur faire hon- 
neur. Or quel don, quel honneur convient-il de rendre à 
Dieu ? C'est un don, un honneur divin, un honneur qui soit 
aussi grand que Dieu, donc un don, un honneur infini- 
ment grand. Mais l'offrande d'un agneau, le sacrifice d'un 

MÉTHODE, ETC. 



98 MÉTHODE POUR PRÉPARER LES ENFANTS 

bœuf, tels qu'en faisaient les Juifs, est-ce un honneur, un don 
qui convienne à Dieu ? Nullement. En outre, ceux qui of- 
fraient ces sacrifices, étaient des hommes pécheurs, souvent 
même des ennemis de Dieu ; mais les dons des pécheurs, de 
ses ennemis, peuvent-ils lui être agréables ? Non. Cependant 
si Dieu a désiré et ordonné les sacrifices sous l'ancienne Loi, 
pourquoi était-ce ? C'était uniquement, parce qu'ils étaient 
les figures du sacrifice sai nt, pur et sans tache du Nouveau 
Testament, sacrifice qui seul plaisait à Dieu. Mais qu'en- 
tend-on par figures ? Voyez ; ce crucifix est aussi une figure 
de Jésus mis en croix ; cela lui ressemble, cela fait penser à 
lui, c'est une figure de ce qui est arrivé ; ce crucifix a 
été fait seulement après la mort de Jésus-Christ et il nous 
rappelle son sacrifice sanglant. Les sacrifices de l'ancienne 
Loi ont été aussi les figures de Jésus Crucifié, mais elles l'an- 
nonçaient d'avance ; ils existaient avant le crucifiement de 
Jésus-Christ, ils ont indiqué sa mort plusieurs siècles aupa- 
vant,et montré au peuple qu'il viendrait et qu'il mourrait pour 
nous. (Voyez la question précédente.) Voilà aussi pourquoi 
on ne s'en est plus servi, lorsque le bon Jésus lui-même 
fut mort, de même qu'on n'avait plus besoin de prophètes, 
pour annoncer Jésus-Christ, après qu'il était venu. L'an- 
cienne Loi ne devait durer que jusqu'à ce que le Sauveur 
(promis par elle) fût venu et eût conclu la nouvelle alliance 
avec les hommes. 11 en est de même des sacrifices de l'an- 
cienne Loi, etc. 

Q. 4. Quel est le sacrifice de la nouvelle Loi ? 

Et. Le sacrifice de la nouvelle Loi, c'est Jésus-Christ lui- 
même le Fils de Dieu, qui, en mourant sur la croix, 
s'est offert pour nous à son Père céleste. 

Vous savez, chers enfants, que déjà, du temps de nos pre- 
miers parents, Dieu avait demandé une espèce de sacrifice : 
ils ne devaient pas manger du fruit défendu, ils devaient y 
renoncer, l'offrir en quelque sorte à Dieu, en s'abstenant d'y 
toucher, d'en manger, et montrer ainsi qu'ils voulaient re- 
connaître et honorer Dieu comme leur souverain maître, lui 



A LA PREMIÈRE COMMUNION. 99 

obéir en tout. Mais les premiers hommes refusèrent de lui 
faire ce sacrifice (i). 

Ils ne témoignèrent pas à Dieu l'honneur qui lui était dû, 
ni la soumission nécessaire ; ils lui ont fait un outrage, une 
offense, ils lui ont causé un déplaisir (un chagrin) infiniment 
grand, grand comme Dieu lui-même. Or, c'est pour cela que 
le Fils de Dieu a satisfait, c'est-à-dire, qu'il a fait autant qu'il 
fallait, pour apaiser Dieu ; il lui a procuré autant d'honneur, 
autant de joie, que le péché lui avait causé de déshonneur et 
de déplaisir, et même davantage. Pour la désobéissance d'A- 
dam et des autres hommes, il est devenu obéissant. Adam 
n'avait pas voulu soumettre sa volonté à Dieu, il avait refusé 
de lui faire un léger sacrifice ; et nous combien de fois» 
comme Adam, n'avons-nous pas transgressé la loi divine, mé- 
prisé la volonté de Dieu, à cause d'un gain sans importance, 
d'un misérable plaisir, d'un honneur imaginaire. Jésus-Christ 
a complètement soumis sa volonté à celle de Dieu son père, 
il a renoncé à tout ce que les hommes poursuivent avec ar- 
deur, et dont ils se servent pour offenser Dieu (comme les 
plaisirs, les richesses, les honneurs, etc.) ; il a sacrifié à son 
Père ce qu'il avait de plus cher, à savoir, sa vie, son corps, 
son sang ; il a pris sur lui le châtiment que nous avions mé- 
rité pour nos péchés. Et tout cela, il l'a offert en sacrifice à 
son Père céleste, pour l'honorer et l'apaiser, il l'a offert pour 
nous et au lieu de nous. Il disait en quelque sorte : Père 
céleste, les hommes ne vous ont pas honoré ; ils vous ont déso- 
béi , ils ont mérité vos châtiments, c'est vrai . Mais voyez ! Je vous 
honore maintenant à leur place, je vous suis obéissant, je fais le 
sacrifice de ma vie selon votre désir ; je souffre tout pour eux. 
Prenez donc ma vie au lieu de leur vie, l'honneur que je rends, 
au lieu de l'honneur qu'ils auraient dû vous rendre, mon obéis- 
sance au lieu de l'obéissance qu'ils eussent dû vous témoigner, 
mes douleurs, au lieu des châtiments qu'ils eussent dû endurer, 
et pardonnez-leur, adoptez-les de nouveau comme vos enfants 
etc. Ce sacrifice, chers enfants, a rendu seul à Dieu l'hon- 

(V, C'est ce qui arrive chaque lois que l'on commet un péché; le 
pécheur refuse à Dieu le sacrifice de l'obéissance. 



100 MÉTHODE POUK PRÉPARER LES ENFANTS 

neur convenable, puisqu'il était d'une grandeur infinie, car il 
était divin. En effet, qui lui a rendu cet honneur? Ça été le 
Fils de Dieu, le Saint des saints, en qui Dieu a mis toutes 
ses complaisances. Et qu'a t-il offert? Un don réellement 
digne de Dieu, vraiment divin ; il s'est donné lui-même. Ce 
don ou ce sacrifice a plu infiniment à Dieu, et c'est à cause 
de lui, qu'il a jeté sur nous un regard de miséricorde, qu'il a 
été disposé à nous pardonner, à nous recevoir de nouveau en 
grâce (l). 

chers enfants! que serions-nous devenus si Jésus-Christ 
ne s'était pas sacrifié pour nous? Jamais, non jamais, nous 
n'aurions pu trouver grâce ; nous eussions été éternellement 
exclus du ciel, éternellement chargés de la colère de Dieu, 
éternellement perdus. Si maintenant nous sommes les en- 
fants de Dieu, et si nous pouvons l'appeler notre aimable 
Père, si nous pouvons de nouveau lever des regards de joie 
vers le ciel, si nous pouvons aspirer à un bonheur sans fin, 
tout cela nous le devons au bon et doux Sauveur! Par son 
sacrifice, par sa mort cruelle sur la croix, il nous a obtenu 
grâce et salut. Et pourquoi donc a-t-il tant fait, tant souffert 
pour nous? C'a été uniquement par amour, parce qu'il avait 
compassion de nos misères. Autrefois vivait un chrétien, 
appelé Sérapion. Il avait une grande compassion des pauvres 
païens et pour en sauver quelques-uns, il s'en alla bien loin 
et se vendit comme esclave à un de ces païens. Il servit 
celui-ci avec tant de fidélité , le gagna si bien par ses 
prières, sa douceur et ses discours charitables, que son 
maître devint chrétien, lui accorda la liberté et lui offrit une 
grosse somme d'argent ; mais Sérapion n'accepta que sa 
liberté. Une fois libre, il se vendit de nouveau comme 
esclave à un infidèle, pour gagner encore celui-ci; n'est-ce pas, 
chers enfants, c'était là une charité, un amour bien grands? 
Mais l'amour de Jésus-Christ a été bien plus grand encore. 
Sérapion n'était qu'un homme pauvre, et Jésus est le Fils 
de Dieu; Sérapion n'avait quitté que la maison misérable de 

il) Les détails doivent être expliqués dans la leçon sur la chute de 
Thomme et dans celle de la Rédemption. Une courte récapitulation sulfit 
ici. 






A LA PREMIÈRE COMMUNION. 101 

son Père, et Jésus a quitté la splendeur des demeures cé- 
lestes; Sérapion n'avait supporté que les peines d'un service 
désagréable, et Jésus a enduré les tortures et les maux les 
plus cruels ; Sérapion avait recueilli du moins un grand avan- 
tage , la reconnaissance de son maître et la récompense 
éternelle; Jésus-Christ ne reçoit en récompense que de Tin- 
gratitude et des outrages ; il ne recueille pour lui-même 
aucun avantage, puisque le ciel lui appartient déjà sans cela. 
C'est pourquoi n'oubliez jamais , chers enfants , ce que 
Jésus-Christ a fait et souffert pour vous (aujourd'hui, quai fi 
nous irons à l'église, nous l'en remercierons spécialement;, 
saluez-le de tout cœur quand vous passez devant un crucifix, 
^t dites cette petite prière : 

Gloire, louange, honneur à Jésus, roi des rois, 
Qui, par amour pour nous, mourut sur une croix. 

Q. 5. Tous les sacrifices devaient-ils cesser avec la mort 
de Jésus-Christ ? 

tt. Non; dans la nouvelle Loi de grâce il fallait aussi un 
sacrifice permanent, pour perpétuer celui qui avait 
été offert une fois sur la croix, et nous en appliquer 
les mérites. 

Vous savez que le sacrifice de la nouvelle Loi, c'est Jésus- 
Christ, qui, par sa mort sur la croix, s'est offert pour nous à 
son Père céleste. Mais Jésus n'est mort qu'une seule fois ; 
une seule fois, il a offert ainsi sa vie en sacrifice. Mais tout 
devait-il se borner à cela, et ne devait-il plus exister de 
sacrifice après la mort de Jésus-Christ? Certes, il fallait 
qu'il existât, sous la Loi nouvelle, un sacrifice perpétuel qui 
durât toujours; car, sous la Loi nouvelle, nous devons avoir 
également un sacrifice journalier. Pourquoi? Vous avez en- 
tendu, que le sacrifice est le meilleur et le principal moyen 
d'honorer Dieu ; or si le christianisme, la Loi de grâce de la 
nouvelle alliance (que Dieu a conclue par pure grâce avec 
les hommes, et dans laquelle la grâce divine se répand avec 
bien plus d'abondance, que sous l'ancienne alliance), si, 
dis-je, le christianisme n'avait pas un tel sacrifice, la religion 



102 MÉTHODE l'OUR PRÉPARER LES ENFANTS 

chrétienne serait moins parfaite que la religion juive, qui 
possédait réellement des sacrifices. Nous ne pourrions pas 
rendre à Dieu, le véritable culte qui lui convient (et cepen- 
dant le Sauveur est venu afin que nous puissions connaître, 
aimer et honorer Dieu; « gloire à Dieu dans les cieux ».) 
Conséquemment, la religion chrétienne doit avoir aussi un 
sacrifice qui soit offert journellement, et par lequel les 
chrétiens puissent rendre à Dieu la gloire qui lui con- 
vient . 

Mais devait-ce être encore un sacrifice, comme l'étaient 
ceux des Juifs, et qui consistaient à immoler des ani- 
maux, etc? Non, chers enfants! La religion chrétienne est la 
religion parfaite, elle doit donc avoir un sacrifice parfait, 
même le plus parfait (car si elle avait un sacrifice moindre que 
celui de la religion juive, ou en général un sacrifice de peu de 
valeur et imparfait, elle ne serait pas parfaite sous tout rap- 
port ; de même qu'une personne qui est belle mais possède 
un membre mal conformé, n'est pas parfaitement belle). Vous 
avez entendu déjà que les sacrifices des animaux n'étaient 
pas en état de glorifier Dieu ou de lui plaire. Or il existe un 
sacrifice, qui est entièrement pur, qui honore parfaitement 
Dieu, qui lui plaît infiniment, c'est le sacrifice de Jésus- 
Christ. Nous ne pouvons en effet rien lui offrir, rien lui 
présenter qui lui plaise davantage, qu'en lui présentant son 
Fils bien-aimé. C'est pourquoi, si la religion chrétienne 
devait avoir un sacrifice perpétuel, il ne devait et ne pouvait 
être autre que le sacrifice de Jésus-Christ. Ainsi, remar- 
quez-le bien, chers enfants; nous devions avoir un sacrifice 
que nous pussions offrir chaque jour continuellement à 
Dieu, et néanmoins ce sacrifice ne pouvait être convenable- 
ment que le sacrifice offert par Jésus-Christ sur la croix. Mais 
comment cela se peut-il? Dieu, dans sa merveilleuse sagesse 
et son amour inépuisable a rendu possible ce qui semble 
impossible aux hommes. Il nous a donné un sacrifice, par 
lequel celui qui a été autrefois accompli sur la croix par Jé- 
sus-Christ, se perpétue, ou continue toujours d'être offert. 

Qu'est-ce que cela signifie? cela signifie que le sacrifice que 
Jésus Christ offrit il y a plus de 1800 ans, loin de nous, à Je- 



A LA PREMIÈRE COMMUNION. 103 

rusalem, se renouvelle dans l'église, sur l'autel, d'une manière 
tout à fait mystérieuse et admirable, aussi souvent que le sa- 
crifice de la nouvelle Alliance est offert. De même que ce 
Jésus, qui, il y a 1800 ans, fut attaché à la croix, est présent 
d'une manière mystérieuse, ici, là dans telle église, dans tous 
les lieux où repose le saint Sacrement; de même aussi et, 
d'une manière non moins miraculeuse, le sacrifice de la croix 
se renouvelle partout où l'on célèbre la sainte Messe. Et puis- 
que le sacrifice de Jésus sur la croix se renouvelle à la sainte 
Messe, c'est par la sainte Messe que nous est rappelé, de la 
manière la plus vive, le souvenir de la mort de Jésus sur la 
croix. Comme Dieu voulut en effet, que les Juifs se souvinssent 
du futur sacrifice de la croix, ainsi il veut bien plus encore, 
que nous pensions continuellement à ce saint Sacrifice, que 
nous nous y unissions, que nous le lui offrions. Mais la 
plupart des hommes l'oublieraient bientôt, puisque le grand 
Sacrifice s'est fait à plusieurs centaines de lieues de nous, 
et depuis plusieurs centaines d'années. C'est pourquoi Dieu 
a eu soin, que ce sacrifice se renouvelât pour nous tous. 
Mais comme nous n'avions pu être présents sur le Calvaire, 
ni contempler notre Sauveur mourant, ni l'offrir à Dieu, 
Dieu a voulu que ce Sauveur et son sacrifice, fussent 
mis souvent et à différentes reprises sous les yeux de cha- 
cun. Et en effet, maintenant le souvenir du sacrifice de la 
croix nous est continuellement rappelé, et nous pouvons 
l'offrir au Père céleste. 

Ensuite, le sacrifice de la croix est renouvelé dans la 
sainte Messe, afin de nous en appliquer les mérites, c'est-à-dire 
afin que nous participions aux fruits et aux bénédictions que 
le sacrifice de la croix doit produire pour nous. C'est ce que 
je vais vous expliquer par un exemple. Un mendiant, tour- 
menté horriblement de la faim, demande une assistance au 
fils d'un homme riche. Le jeune homme lui remet une 
lettre pour son père, afin que celui-ci, par considération 
pour lui, donne du pain à ce malheureux. Est-ce que dès 
lors la faim du mendiant est apaisée? Non, il faut d'a- 
bord que la lettre ou l'écriture du fils soit montrée au père ; 
c'est après cela que celui-ci doit lui donner du pain, et alors 



104 MÉTHODE POÜB PRÉPARER LKS ENFANTS 

seulement le pauvre est aidé. Or voyez; nous étions plongés 
dans une profonde et affreuse misère; Jésus, le Fils du 
Dieu tout-puissant a eu pitié de nous et, par sa mort à la 
croix, il nous écrivit avec son sang une lettre pour son 
Père céleste, afin qu'il nous fît grâce. C'est ainsi qu'il nous a 
mérité ou obtenu toute la grâce dont nous avons besoin. 
Mais pour cela même avons-nous déjà cette grâce? Non, 
nous devons montrer au Père céleste la lettre du Fils, sa 
mort sur la croix, ses mérites, et c'est là ce qui se fait dans 
le saint Sacrifice de la Messe; là le divin Sauveur montre à 
Dieu son père, ce qu'il a fait et souffert pour nous, et il lui 
dit en quelque sorte : Voyez, ô Père céleste ! j'ai souffert 
aussi pour ces hommes, je suis mort pour eux, et j'offre 
mes douleurs, ma mort à leur intention, afin que vous ayez 
pitié d'eux, que vous leur accordiez la grâce que je leur 
ai méritée. Et cette grâce, le Père céleste nous l'accorde 
ensuite dans les sacrements, dans la sainte Messe même, et 
dans la prière. 

Q. 6. Ce sacrifice nous a-i-il été annoncé? 

R. Oui, car, sous V ancienne Loi, il a été figuré d'avance 
par. le sacrifice de Melchisédech (t), et prédit par le 
prophète Malachie (2). 

ij II a été figuré d'avance par le sacrifice de Melchisédech. 
Celui-ci qui était en effet prêtre et roi tout ensemble, offrit 
en sacrifice du pain et du vin. Par là, il a indiqué d'avance 
un sacrifice du même genre et que Jésus-Christ (également 
roi et prêtre) devait offrir plus tard. Car le Saint-Esprit a 
dit du Sauveur : « Vous êtes prêtre pour l'éternité, se- 
lon l'ordre de Melchisédech. » C'est-à-dire : vous offrirez 

(1) C'est pour cela qu'il est dit de Jésus-Christ: « Vous êtes le prêtre 
éternel selon l'ordre de Melchisédech. » (Ps, 109). 

(2) « Mon affection n'est plus en vous (Juifs), dit le Seigneur des ar- 
mées, et je ne recevrai point de présents de votre main; car depuis le 
lever du soleil jusqu'à son coucher, mon nom est grand parmi les nations, 
et l'on sacrifie et l'on offre en tout lieu une oblation pure à mon nom. » 
(Mal. I, 10-11). 



A LA PREMIÈRE COMMUNION. 105 

continuellement, jusqu'à la fin du monde, un sacrifice pareil 
à celui de Melchisédech (car vous êtes prêtre, donc vous of- 
frez des sacrifices, la fonction principale du prêtre étant 
d'offrir des sacrifices ; — de même que chez nous le prêtre n'a 
rien de plus saint, de plus important à faire que de célébrer 
la sainte Messe). Ainsi par là il a été annoncé d'avance que 
Jésus-Christ offrirait perpétuellement un sacrifice. Est-ce 
peut-être sa mort sanglante à la croix? Non ; car celle-là, 
il ne l'a soufferte qu'une seule fois. Mais c'est le saint Sacri- 
fice de la Messe; celui-ci, il l'offre continuellement jusqu'à 
la fin du monde. Et il ressemble à celui de Melchisédech, 
car Jésus-Christ offre aussi son sacrifice sous les espèces du 
pain et du vin. 

2) Le prophète Malachie a prédit le saint Sacrifice de la 
Messe. Dieu a annoncé par sa voix qu'il ne voulait plus des 
sacrifices juifs, mais qu'à leur place il voulait un autre sacri- 
fice; voici les paroles du prophète : « Depuis le lever du soleil 
jusqu'à son coucher (c'est-à-dire aussi loin que paraît le 
soleil, donc en tous lieux) l'on offrira une oblation pure, en 
l'honneur de son nom, »c'est-à-dire, pour l'honorer et le glo- 
rifier, comme il convient. Or ce sacrifice ne peut être que le 
sacrifice de Jésus- Christ, car c'est celui-là seulement qui a 
remplacé le sacrifice judaïque ; seul il est entièrement pur et 
saint, capable de glorifier réellement Dieu. Mais est-ce peut- 
être le sacrifice de la croix? Nullement; celui-ci n'a été offert 
qu'en un seul lieu (sur le mont Calvaire) et en un jour, tan- 
dis que le prophète a dit que le nouveau sacrifice devait être 
Offerten tous lieux et dans tous les temps. D'ailleurs le sacri- 
fice de la croix n'est pas un sacrifice d'oblation, consistant à 
offrir des aliments. Or quel est donc l'autre sacrifice de Jésus- 
Christ? C'est celui de la sainte Messe, et il n'en est pas d'au- 
tre. 1° Celui-ci est un sacrifice tout pur et saint, qui honore 
infiniment Dieu (comme vous l'apprendrez plus tard) ; 2° C'est 
une oblation, puisque le corps de Notre-Seigneur qui est 
offert, sert en même temps de nourriture aux âmes, dans la 
sainte Communion ; 3° il est offert « depuis le lever du soleil 
jusqu'à son coucher » c'est-à-dire dans tous les pays qui se 
trouvent sur le globe terrestre, chez les nègres sauvages dö 

5. 



106 MÉTHODE POUR PRÉPARER LES ENFANTS 

l'Afrique, chez les Chinois, etc., comme chez nous; car par- 
tout il y a des prêtres chrétiens qui le célèbrent ; et « depuis 
le lever du soleil jusqu'à son coucher, » cela veut dire encore 
qu'il n'y a pas d'heure, pas même de minute dans la journée, 
où il ne soit offert. Ainsi pendant que chez nous descend le 
soir, chez d'autres, du côté opposé du globe, apparaît le 
matin, et on y célèbre la sainte Messe ; pendant que chez nous 
régnent les ténèbres de la nuit, dans d'autres lieux règne la 
clarté du jour; en un mot, il n'y a pas de minute où ce saint 
Sacrifice ne soit célébré dans un lieu sur la terre. Voilà avec 
quelle exactitude et quelle majesté, la prédiction du prophète 
a été réellement accomplie ! Pensez comme c'est beau! Dieu 
est glorifié ainsi à chaque minute; à chaque minute le divin 
Sauveur s'offre pour nous à son Père céleste ; à chaque minute 
la voix de son sang monte vers le ciel, pour que Dieu fasse 
descendre ses grâces sur nous. Ah, combien Dieu est grand, 
infiniment glorieux! et combien grand, infiniment grand est 
l'amour de Jésus-Christ ! — Combien grand, infiniment grand 
est notre bonheur ! 

Q. 7. Quel est ce sacrifice perpétuel prédit par Malachie? 

iï. Cest le saint Sacrifice de la Messe. 

Le nom de « Messe » pour désigner notre saint Sacrifice 
vient du mot latin Missa, qui signifie renvoi. On donna ce 
nom au sacrifice chrétien, parce que, dans les premiers siècles, 
on renvoyait de l'assemblée des fidèles, tous ceux qui n'étaient 
pas encore baptisés, ainsi que les pécheurs publics. Après le 
prône, le diacre les faisait sortir, et probablement il pronon- 
çait alors ces paroles, Ite t missa es/, que depuis on a mises 
à la fin du sacrifice. Ainsi le nom de Messe est très ancien ; 
il y a plus de 1500 ans, il était déjà d'un usage général; ce 
nom même doit nous rappeler que ce sacrifice est très saint, 
très redoutable, et qu'on ne doit y assister qu'avec des sen- 
timents de grande piété, de profond respect et avec atten- 
tion. 



A LA PREMIÈRE COMMUNION. 107 

Q. 8. Qui a institué le saint Sacrifice de la Messe? 

H. Le saint Sacrifice de la Messe a été institué par Jésus- 
Christ lui-même, lorsque, à la dernière Cène, il s'offrit 
lui-même à son Père céleste, sous les apparences du 
pain et du vin, et quil ordonna à ses apôtres de con- 
tinuer dans la suite à célébrer le même sacrifice. 

Ainsi la première Messe a été célébrée àla dernière Cène. Sans 
doute Jésus-Christ n'a pas employé les mêmes prières et les 
mômes cérémonies que celles dont se servent aujourd'hui les 
prêtres, quand ils disent la messe ; mais pour ce qui regarde 
la substance, l'affaire principale, Jésus-Christ a fait la même 
chosequeeequisefait danschaque messe. (On peut indiquer les 
trois parties principales de la Messe qui sont : l'offrande, la 
consécration, la communion). En effet Jésus comme vous le 
savez (Q. 4. § I), a changé le pain et le vin en son corps et en 
son sang ; ce corps et ce sang, il les a offerts et présentés pour 
nous à son Père céleste, sous les apparences du pain et du vin, 
de sorte qu'il s'est offert lui-même. Il avait dit : « Ceci est 
mon corps, qui sera livré pour vous, » — que je livrerai de- 
main à la mort et que je livre, offre et sacrifie dès maintenant 
à mon Père céleste, afin qu'il vous soit propice; et pareille- 
ment : «Ceci est mon sang, qui sera versé pour vous, pour la 
rémission des péchés, » que je verserai demain pour vous, 
que maintenant je verse et offre déjà pour vous d'une manière 
mystérieuse, afin que vous obteniez le pardon de vos péchés. 
Et Jesus- Christ ne s'est pas contenté d'offrir lui-même ce 
saint Sacrifice, mais il a dit encore : « Faites- ceci, » c'est-à- 
dire faites de même que j'ai fait ; par conséquent changez 
aussi le pain et le vin en mon corps et en mon sang, offrez- 
les à mon Père céleste. Il leur a donc commandé de célébrer 
depuis ce temps le saint Sacrifice de la Messe. 

Q. 9. Ainsi qu'est-ce que la sainte Messe? 

R. La sainte Messe est le sacrifice perpétuel de la nouvelle 
alliance, dans lequel Jésus-Christ s'offre, par les 
mains des prêtres, sous les apparences du pain et du> 



)()8 MÉTHODE POUR PRÉPARER LES ENFANTS 

vin, à son Père céleste, d'une manière non-sanglante, 
comme il s'est offert un jour d'une manière sanglante 
sur la croix. 

Tout ceci, chers enfants, j'ai essayé de vous l'expliquer 
clairement; maintenant je veux voir si vous le savez encore. 
J'ai dit : la Messe est un sacrifice; que faut-il pour un sacri- 
fice ; 1° un don visible, 2° qui soit offert à Dieu, 3° pour 
l'honorer comme votre souverain maître. Eh bien, ces trois 
conditions se rencontrent-elles dans le sacrifice de la Messe? 
quel est le don visible?... Oui, mais cependant peut-on voir 
le corps de Jésus-Christ? Il est visible, non par lui-même, 
mais par les apparences du pain et du vin. A qui ce don est- 
il offert?... Pourquoi?... On dit ensuite que la Messe est un 
sacrifice perpétuel: pourquoi ?... de la nouvelle alliance, pour- 
quoi?... Dans lequel Jésus-Christ s'offre ; qui s'offre? qu'offre-t- 
il? A qui? par qui? Par les mains du prêtre. Quand un riche 
donne de l'argent à son enfant, pour le remettre comme une 
aumône aux pauvres, quel est proprement celui qui a donné 
cette aumône? Est-ce l'enfant ou est-ce son père? C'est son 
père. Mais l'a-t-il donnée parlui-même?Non; il l'a remise par les 
mains de son enfant; il s'est servi de l'intermédiaire ou du 
ministère de son enfant. Eh bien! c'est ainsi que Jésus-Christ 
offre toujours le saint Sacrifice de la Messe ; il offre son corps, 
son sang; mais c'est par les mains du prêtre, il se sert du 
ministère des prêtres ; car par les paroles de la consécration, 
que prononce le prêtre, il change le pain et le vin en son 
corps et son sang, il devient présent sur l'autel et s'offre à 
son Père céleste. Ainsi, de même que ce riche fait des au- 
mônes par les mains de son enfant, ainsi Jésus-Christ s'offre 
par les mains du prêtre; et comme cet enfant distribue des 
aumônes, en tant que remplaçant et instrument de son père, 
ainsi le prêtre n'offre le saintSacrificedelaMesseque comme 
un remplaçant ou un instrument dont se sert Jésus-Christ. 
C'est pourquoi l'on dit : le prêtre offre, en la personne de 
Jésus-Christ, ou Jésus-Christ offre par lui; voilà aussi pour- 
quoi le prêtre, à la consécration, c'est-à-dire au moment où 
s'opère proprement le sacrifice, ne dit pas : Ceci est le corps 



A LA PREMIÈRE COMMUNION- 409 

de Jésus-Christ, mais il dit : « Ceci est mon corps, » pour 
signifier qu'il parle et offre au nom de Jésus-Christ, que Jésus- 
Christ offre par lui. — // s'offre sous les apparences du pain et du 
vin, ainsi il ne s'offre pas sous ses propres apparences, sous 
l'aspect d'un corps que l'on puisse voir, comme la foule des 
juifs le voyait quand il était attaché à la croix, mais il s'offre, 
comment? — D'une manière non-sanglante, c'est-à-dire sans 
verser réellement son sang r sans mourir de nouveau. Il s'offre 
dans la messe d'une manière non-sanglante comme il s'est 
offert un jour d'une manière sanglante sur la croix, — il ne 
meurt plus en effet, tandis qu'alors il mourut et versa son 
sang. — A l'exception de cette différence, c'est tout à fait le 
même sacrifice, comme vous allez l'entendre. 

Q. 10. Quelle différence y a-t-il entre le saint Sacrifice 
de la Messe et le sacrifice de la croix ? 

R. Le saint Sacrifice de la Messe est, de sa nature, le 
même sacrifice que celui de la croix; il n'y a de 
différence que dans la manière de l'offrir. 

(C'est pourquoi S. Paul en le comparant aux sacrifices de 
l'ancienne Loi disait : « Jésus-Christ ne s'est sacrifié qu'une 
seule fois. » (Hebr. 7 — 27.) En effet le christianisme n'a 
quun seul sacrifice, qui a produit une seule fois sur la croix, 
d'une manière sanglante, l'œuvre de la rédemption, et dont 
les fruits nous sont continuellement communiqués dans la 
sainte Messe.) 

De sa nature, le sacrifice de la Messe est le même sacrifice; 
ce qui constitue proprement le sacrifice, ce qui lui appar- 
tient essentiellement, est le même dans le sacrifice de la 
messe que dans celui de la croix. Celui qui offre le sacrifice, 
est le même, car c'est Jésus Christ ; il présente la même vic- 
time, le même don, à savoir son corps et son sang; celui 
auquel il l'offre est le même, puisque c'est son Père céleste; 
il l'offre aux mêmes fins, car c'est pour honorer Dieu et nous 
obtenir grâce. Seulement la manière d'offrir, c'est-à-dire, la 
manière dont Jésus-Christ se présente à son Père céleste, est 
autre et différente, comme vous l'avez entendu dans la ques- 



110 MÉTHODE POUR PRÉPARER LES ENFANTS 

tion précédente. Oui, chers enfants, c'est tout à fait le même 
Jésus qui fut cloué à la croix; il est là avec le même cœur 
brûlant d'amour, qui le porta à se vouer à la mort pour 
nous, la même soumission à son Père céleste, avec la- 
quelle il s'humilia jusqu'à la mort infâme de la croix, car il 
s'humilie maintenant sous les viles apparences de pain, il 
adore son Père céleste, il reconnaît sa souveraine majesté. 
Comme il ne peut de nouveau sacrifier sa vie en l'honneur de 
son Père, il lui montre et lui offre néanmoins son corps tué 
sur la croix, son sang versé sur la croix; toute l'obéissance, 
tout l'honneur qu'il lui a témoignés, tous les mérites qu'il a 
acquis par là, il les présente encore à son Père céleste. Il le 
fait, non pour nous racheter une seconde fois, ou nous méri- 
ter de nouveau notre pardon, ce qu'il lit sur la croix; mais 
il le fait, pour que le Père céleste, en considération de la 
mort de Jésus et de ses mérites, nous donne et nous com- 
munique réellement la grâce que Jésus nous a méritée, et 
pour l'acquisition de laquelle il nous a donné en quelque 
sorte une lettre signée de sa main. 

Ainsi vous le voyez, chers enfants, la sainte Messe n'est pas 
un autre sacrifice que celui de la croix; dans la Religion 
chrétienne nous n'avons pas deux sacrifices, mais un seul 
que Jésus-Christ a accompli par sa mort sur la croix pour 
nous racheter, et qu'il renouvelle, qu'il offre à son Père céleste, 
en cent, en mille endroits à la fois, d'une manière mys- 
térieuse et admirable. Il n'y a pas deux corps de Jésus - 
Christ; le corps qu'il a au ciel, est le corps qu'il a dans le 
saint Sacrement; oui, c'est un seul et même corps, mais au 
ciel il est dans sa forme propre et naturelle, — dans le saint 
Sacrement sous la forme du pain ; de même il n'y a pas deux 
sacrifices, — le sacrifice de la croix et le sacrifice de la 
messe, — mais il n'y a qu'un sacrifice, puisque Jésus-Christ 
s'offrit sur la Croix d'une manière sanglante, dans la forme 
de sa nature humaine et de sa propre personne, et dans la 
Messe il s'offre d'une manière non-sanglante, sous la forme 
ou les voiles du pain qui le cachent à nos yeux. 

Chers enfants, si nous pensions bien à tout cela, chaque 
fois que nous assistons à la sainte Messe, de quel respect ne 



A LA PREMIÈRE COMMUNION. 111 

devrions-nous pas être pénétrés? La fête de Noël avec la petit«* 
rrèche, nous rappelle simplement la naissance de Jésus- 
Christ, mais ne fait pas renaître réellement Jésus, ne le rend 
pas présent comme enfant, tandis que le saint Sacrifice de la 
Messe nous rappelle, non-seulement le sacrifice de Jésus sur 
la croix, mais il renouvelle ce sacrifice sous nos yeux, oui 
alors sur l'autel, se passe de nouveau réellement, quoique d'une 
manière non-sanglante, ce qui s'est passé sur la montagne 
du Calvaire. Quels sentiments dut éprouver au pied de la 
croix S. Marie-Madeleine! Quels eussent été vos sentiments, 
chers enfants, si vous aviez été présents à la mort de Jésus- 
Christ, si vous aviez su qui mourait là, et qu'il mourait ainsi 
pour nos péchés! Sans doute vous eussiez pleuré vos péchés 
par des larmes amères, vos péchés qui firent souffrir si cruel- 
lement le Sauveur; vous eussiez demandé pardon au bon 
Jésus, vous l'eussiez remercié de son amour infini, et assuré 
que désormais vous lui seriez plus obéissants, que vous ne 
lui causeriez plus de chagrin. Eh bien? faites tout cela, chers 
enfants, pendant la sainte Messe, car retenez-le bien : là se 
trouve le même Jésus mort pour vous sur la croix; il y offre 
au Père céleste, son corps crucifié, son sang versé pour vos 
péchés. Aussi S. Guillaume, évêque, lorsqu'il entendait ou 
célébrait la Messe, versait toujours des larmes amères et 
douces, produites par la douleur et l'amour. « En effet, 
disait-il, lorsque, pendant la sainte Messe, je pense que 
Jésus-Christ s'offre lui-même sur l'autel à son Père céleste 
comme une victime, je n'éprouve pas moins de douleur que 
si je le voyais mourir sur le Calvaire, suspendu à la croix. » 
Je vais vous citer encore une histoire qui convient ici : Dans 
une paroisse où les gens étaient très méchants, arrivèrent un 
jour deux prêtres missionnaires pour exciter, par leurs pré- 
dications, les habitants au repentir et à la pénitence. Hélas ! 
leurs sermons n'aboutirent à rien ; on les écouta, mais on ne 
voulut pas se corriger ni s'améliorer. C'est pourquoi, désirant 
tenter un dernier effort, l'un des deux missionnaires remonte 
en chaire, il prêche avec tant de force, tant d'efforts, qu'un 
vaisseau (ou une veine) du cœur se rompt, et que le sang 
jaillit en abondance de sa bouche. On l'emporte mourant de 



112 MÉTHODE POUR PRÉPARER LIIS ENFANTS 

la chaire de vérité. Que fit alors l'autre missionnaire? Il prit 
la robe de son confrère décédé, robe encore toute couverte 
de son sang, et du haut de la chaire il la montra aux audi- 
teurs, en leur disant : « Ce sang vous l'avez versé, vous êtes 
cause de cette mort. » Alors la foule se sentit profondément 
ébranlée; « Nos péchés, crièrent-ils tous, lui sont allés telle- 
ment au cœur, qu'ils sont cause de sa mort ; et nous ! nous 
sommes si indifférents, nous ne voulons pas faire péni- 
tence.' » Dès ce moment ils se précipitèrent en masse vers 
le confessionnal, et ils se convertirent sincèrement. Eh bien, 
chers enfants! dans la sainte Messe, au moment de la Consé- 
cration, le prêtre vous montre, non la robe ensanglantée 
de Jésus-Christ, mais il vous montre son corps qui a été 
déchiré à coups de verges et percé de clous ; il vous montre 
le sang qui a été versé pour vous, au milieu des plus horri- 
bles supplices. Et vous voudriez rester indifférents, et con- 
tinuer de vivre dans vos péchés, sans vous soucier de rien ? 
Oh ! non, non î Toutes les fois que vous assistez à la sainte 
Messe et que le prêtre vous montre, à la consécration, le 
corps et le sang de Notre-Seigneur, rappelez-vous que 
Jésus-Christ a beaucoup souffert, qu'il est mort pour vos pé- 
chés et que, dans ce moment, il offre à son Père céleste son 
corps crucifié et son sang versé; frappez-vous alors avec re- 
pentir la poitrine et dites: « Jésus, ayez pitié de moi, Jésus, fai- 
tes-moi miséricorde! Jésus, pardonnez-moi mes péchés? » 
Promettez-lui de vous corriger, de l'aimer fidèlement, et di- 
tes-lui : « Jésus, je veux vivre pour vous! Jésus, je veux mou- 
rir pour vous ! Jésus, je suis à vous, pour la vie et pour la 
mort ! » 

Q. 11. Pourquoi le sacrifice de la Messe est- il le même sa- 
crifice que le sacrifice de la croix ? 

R. Parce que dans tous les deux c'est Notre Seigneur Jésus- 
Christ qui offre et qui est offert. 

Q. 12. Quelle est la différence dans la manière d'offrir 
dans les deux sacrifices ? 



A LA PA EUERE COMMUNION. 113 

R. C'est que, sur la croix, Jésus-Christ s'offrit d'une ma- 
nière sanglante, tandis que sur l'autel il s'offre d'une 
manière non-sanglante, en renouvelant le sacrifice ac- 
compli sur la croix, sans souffrir ou mourir de nouveau. 

(Ces questions ont déjà été expliquées précédemment ; il y a seule- 
ment le mol renouveler qui n'a pas reçu d'explication ; la voici : il re- 
nouvelle, cela signifie : il fait de nouveau ce qu'il a fait sur la croix, 
il offre au Père céleste, son corps et son sang, quoiqu'il ne meure plus.) 

Q. 13. Puisque J ésus- Christ ne meurt plus, comment donc 
le sacrifice qu'il accomplit sur la croix, peut-il être 
renouvelé par la sainte Messe ? 

R. // est renouvelé, parce que dans la sainte Messe Je 
sus-Christ se sacrifie réellement sous les apparences 
du pain et du vin, séparées et distinctes, qui sont les 
figures de la mort sanglante qu'il souffrit sur la croix. 

Le sacrifice de la croix a consisté en ce que Jésus- 
Christ s'est livré lui-même à la mort la plus cruelle, afin 
d'honorer et d'apaiser Dieu. Mais comment le sacrifice de la 
croix peut-il être renouvelé, puisque Jésus ne meurt plus ? 
D'abord, chers enfants, je dois vous faire remarquer qu'il 
s'agit ici de quelque chose de mystérieux et d'étonnant, 
que nul homme ne peut expliquer complètement. Voici 
du moins ce que vous êtes en état de comprendre : si Jésus- 
Christ mourait de nouveau, en ce cas le sacrifice de la Croix 
et celui de la Messe ne seraient plus un seul sacrifice, mais 
ce seraient deux sacrifices ; d'ailleurs Jésus-Christ ne peut 
plus mourir. Sur la croix, son sang a coulé et s'est séparé 
réellement de son corps ; mais cela n'est plus possible ; ce- 
pendant cela se fait en quelque sorte, sur l'autel, mais 
d'une manière sacramentelle (par un signe extérieur). En 
effet Jésus est présent sous les espèces du pain et du vin 
séparées, c'est-à-dire, spécialement sous l'espèce du pain 
et spécialement sous l'espèce du vin. Sans doute Jésus tout 
entier, le corps avec le sang, est dans l'hostie aussi bien que 
dans le calice (Q. 14, § 1) mais l'espèce du pain (comme étant 



114 MÉTHODE POUR PRÉPARER LES ENFANTS 

quelque chose de solide, un aliment) indique seulement, 
représente uniquement le corps de Jésus-Christ ; et l'es- 
pèce du vin (comme étant quelque chose de liquide, une 
boisson) n'indique, ne représente pas le corps de Jésus- 
Christ, mais seulement son sang. La sainte Hostie nous re- 
présente donc particulièrement son corps, et le calice son 
sang, c'est-à-dire son sang séparé du corps. Mais quand son 
corps et son sang furent-ils séparés ? Quand il mourut sur 
la croix. Ainsi les espèces, séparées l'une de l'autre, repré- 
sentent le corps et le sang de Jésus-Christ, tels qu'ils furent à 
la croix quand il souffrit la mort sanglante. Le divin Sauveur 
est donc présent avec le même corps qui mourut sur la croix, 
avec le même sang qui fut versé sur la croix, et il est présent 
sous les figures de sa mort sanglante , c'est-à-dire , qu'il 
y est représenté (au moyen des espèces séparées) tel qu'il 
mourut sur la croix, quand son sang se sépara du corps. 
C'est ainsi qu'il s'offre maintenant à son Père céleste, 
réellement (non pas seulement pour nous servir de réprésen- 
tation) et véritablement (c'est-à-dire que ce n'est pas une sim- 
ple figure de son sacrifice, destinée à nous rappeler seule- 
ment le sacrifice de la croix) ; il s'offre, il se sacrifie avec la 
même soumission, la même obéissance, la même humilité 
et charité qu'il manifesta sur la croix. 

Q. 14. Comment prouvons-nous que la sainte Messe a été 
constamment célébrée depuis le temps des Apôtres? 

R. Nous le prouvons : 

1° Par les paroles de S. Paul, qui montrent clairement 
que déjà du temps des Apôtres, les chrétiens avaient 
un autel qui leur était propre (î) ; or là où il y a un 
autel, il faut aussi qu'il y ait un sacrifice. 

2 Ü Par les témoignages irrécusables des SS. Pères, les dé- 

<\) « Nous autres chrétiens, nous avons un actel dont ceux qui servent 
au tabernacle (c'est-à-dire les Juifs) n'ont pas le pouvoir de se nourrir » 
(Hebr. 13-10; comp. 1 Ep. Cor. 10. 18-21'. 



A LA PREMIÈRE COMMUNION. 118 

cisions des conciles, les anciennes prières de la Messe, 
et beaucoup d'autres monuments ecclésiastiques de 
l'Orient et de l'Occident. 

Il y a des gens qui croient en Jésus-Christ et qui regardent 
l'Ecriture sainte comme la parole de Dieu ; néanmoins ils s'i- 
maginent qu'il n'y a pas de saint Sacrifice de la Messe. Qu'ils 
ont tort de penser ainsi, vous le savez déjà, puisque je vous 
ai prouvé que Dieu, sous l'ancienne Loi, avait promis le saint 
Sacrifice de la Messe (or ce que Dieu promet, il l'accomplit 
aussi), et que Jésus-Christ a institué le saint Sacrifice de 
la Messe. Aujourd'hui je veux vous montrer que depuis les 
Apôtres, le saint Sacrifice de la Messe a été constamment cé- 
lébré dans l'Eglise parles chrétiens. 

i) L'apôtre S. Paul écrit dans son épître aux Hébreux : 
« Nous autres (chrétiens) nous avons un autel, dont ceux 
qui servent au tabernacle (les Juifs) ne peuvent se nourrir ». 
Or un autel à quoi sert-il ? à offrir des sacrifices, donc ce- 
lui des chrétiens servait aussi à offrir des sacrifices. Mais 
l'apôtre S. Paul voulait-il peut-être parler de la croix ? Non, 
car comment pourrions-nous manger de la croix ? 11 veut 
donc signifier un autel de sacrifice, sur lequel on offrait une 
victime, dont les chrétiens, et les chrétiens seuls pou- 
vaient se nourrir. Ainsi déjà du temps de l'apôtre S. Paul, 
les chrétiens avaient un sacrifice, un sacrifice d'oblation 
dont les chrétiens seuls pouvaient manger. Or ce ne peut être 
que le saint Sacrifice de la Messe. 

2) Nous avons les témoignages irrécusables des SS. Pères (1), 
c'est-à-dire les expressions formelles des SS. Pères qui ne 
permettent pas le moindre doute et qui prouvent l'existence 
du saint Sacrifice de la Messe. Plusieurs saints Pères nous 
rapportent dans leurs écrits, comment de leur temps et dans 
leur pays, on célébrait le saint Sacrifice ; ils racontent que 
Dieu, par la sainte Messe, opéra des guérisons miraculeuses 
et accorda des grâces signalées ; ainsi S 1 Grégoire de Na- 
zianze, raconte comment son père fut subitement guéri d'une 

(t ) Voyez les mêmes preuves à la question 8 ; l re partie. 



116 MÉTHODE POUR PRÉPARER LES ENFANTS 

maladie, par le saint Sacrifice de la Messe. S. Augustin rap- 
porte que S 1 Monique, sa mère, le conjura avant sa mort de 
se souvenir d'elle à l'autel, c'est-à-dire, de prier pour elle, 
pendant la sainte Messe ; et que réellement « le sacrifice de 
notre rédemption» fut offert pour elle, après sa mort. Le même 
Augustin, ce grand et saint docteur (qui vivait il y a plus de 
1400 ans), dit : « Au lieu de toutes les victimes et des dons 
(de l'Ancien Testament), on offre maintenant le corps de Jésus- 
Christ, et on le distribue à ceux qui y prennent part (qui 
communient). » Le saint évêque et martyr Irenée, qui fut 
instruit dans la foi chrétienne par un disciple de l'apôtre 
S. Jean, et qui devait connaître conséquemment l'enseigne- 
ment des Apôtres, écrit : « Jésus-Christ prit du pain, rendit 
des actions de grâces et dit ; ceci est mon corps ; et il dit de 
même du calice que c'était son sang. Vous le voyez, il enseigna 
le nouveau sacrifice de la nouvelle Alliance que l'Eglise a 
reçu des apôtres et offre à Dieu dans le monde entier, le 
sacrifice que Malaehie avait prédit longtemps d'avance, etc. » 
Mais je ne finirais pas, si je voulais citer tous les témoignages 
des SS. Pères. 

Quant aux décisions des Conciles touchant le saint Sacrifice 
de la Messe, je vous en ai déjà rapporté une, les jours précé- 
dents (P. 71). Je veux vous en citer encore deux autres. 
Le premier concile général de Nicée défendit aux diacres (ec- 
clésiastiques qui ne sont pas encore prêtres, qui ont la per- 
mission de distribuer la sainte Communion, mais ne peuvent 
célébrer la messe) de donner la communion aux prêtres; « Car 
ni les canons ni les coutumes (de l'Eglise) n'ont permis que 
ceux qui sacrifient (c'est-à-dire les prêtres) reçussent le corps 
de Jésus-Christ de ceux qui n'ont pas encore le pouvoir de 
sacrifier (c'est-à-dire les diacres) Et le saint Concile de 
Trente a dit : « Si quelqu'un soutient que dans la sainte 
Messe on n'offre pas un véritable sacrifice,... qu'il soit 
anathème. » 

Les anciennes prières de la Messe qui viennent en partie du 
temps des Apôtres, témoignent également en faveur du S. Sa- 
crifice de la Messe (ce sont en grande partie les mêmes prières 
que celles qui se trouvent encore aujourd'hui dans le missel). 



A LA PREMIÈRE COMMUNION. 117 

Ainsi par exemple, on rencontre dans un très vieux missel, 
ces paroles après la Communion : « Nous vous avons offert (o 
Dieu) le corps immaculé et le sang précieux de notre grand Dieu 
et Sauveur Jésus-Christ ». Et dans un autre missel : « Prions, 
remercions et louons l'Agneau vivant de Dieu, qui est offert 
sur l'autel. » Et un peu plus loin : « Dieu, soyez propice aux 
âmes des défunts pour lesquels nous vous offrons ce saint 
Sacrifice ». Puis : « C'est vous (Jésus-Christ) qui offrez et 
qui y êtes offert, qui acceptez le sacrifice et qui êtes distri- 
bué » (dans la sainte Communion). Partout, comme vous le 
voyez, il est question du saint Sacrifice du corps et du sang 
de Jésus-Christ, qui est offert à Dieu, donc du Sacrifice de la 
Messe. 

Enfin il y a beaucoup d'autres monuments ecclésiastiques , 
en Orient et en Occident, qui témoignent pour le saint Sacri- 
fice de la Messe ; ainsi on a conservé des images, des autels 
qui datent des temps les plus reculés et nous rappellent 
l'Eglise de ces époques ; ils. nous disent comment alors on 
célébrait la Messe dans les Églises d'Asie, d'Afrique et d'Eu- 
rope Autour de Rome se trouvent des catacombes (4) qui 
sont des allées souterraines, s'étendant à plusieurs lieues 
de loin sous le sol ; c'est là que dans les premiers temps les 
chrétiens ont enterré leurs morts, surtout les SS. martyrs; 
qu'ils ont célébré les offices divins, parce qu'ils n'osaient le 
faire publiquement, à cause des païens. Là, on peut voir en- 
core des autels où les chrétiens ont célébré le saint Sacri- 
fice de la Messe. Aujourd'hui existe encore à Rome l'autel sur 
lequel S. Pierre et les premiers papes ont célébré la sainte 
Messe. Ce n'est qu'une simple table de bois, mais naturelle- 
ment elle est entourée d'une grande vénération et c'est le pape 
seul qui peut dire la messe à cet autel. 

Ainsi vous le voyez, chers enfants, depuis les temps les 
plus anciens on a constamment célébré le saint Sacrifice de 
la Messe ; celle-ci ne peut donc venir que des Apôtres et 

(4) Si le temps le permet, ce serait quelque chose d'intéressant, d'ins- 
tructif et d'édifiant pour la jeunesse, de lui faire une courte description des 
catacombes d'après les récits de Jl« r Wiseman dans « Fabiola • ou l'ouvrage 
de Spencer Northcote « Les catacombes romaines. » 



118 MÉTHODE POUR PRÉPARER LES ENFANTS 

ceux-ci ne peuvent l'avoir reçue que de notre divin Sau- 
veur. 

Q. 15. A qui offrons-nous le saint Sacrifice de la Messe ? 

R. Nous l'offrons à Dieu seul ; cependant nous y célébrons 
aussi la mémoire des saints. 

Vous avez entendu une autre fois, pourquoi on ne peut offrir 
un sacrifice qu'à Dieu seul (Q. 1, p. 92), puisque nous hono- 
rons comme notre souverain Maitre celui à qui nous offrons 
le Sacrifice. Or Dieu seul est notre Maître suprême. Ce serait 
une véritable idolâtrie, si nous offrions le saint Sacrifice de la 
Messe à un autre qu'à Dieu, tel qu'à un ange, à un saint. Mais 
n'avez-vous pas encore entendu que les gens disent parfois : 
« le prêtre doit dire une messe en l'honneur de la sainte 
Vierge, etc. ? » Sans doute ; mais cela ne veut pas dire que le 
saint Sacrifice lui est offert ; cela signifie seulement que le 
souvenir de la sainte Vierge y est rappelé, que l'on y cé- 
lèbre la mémoire de Marie, la Mère de Dieu, que dans les 
prières le prêtre appelle surtout en aide l'intercession de 
cette bonne Vierge. 

Q. 16. Comment célébrons-nous dans la sainte Messe, la 

mémoire des saints ? 
H. 1° En remerciant Dieu des grâces et du bonheur qu'il 

leur a accordés. 

2° En invoquant leur intercession. 

Lorsque, par exemple, le prêtre dit une messe en l'honneur 
de Marie conçue sans péché, il n'offre le sacrifice qu'à Dieu 
seul, mais en remerciant Dieu de tous les bienfaits, |il le re- 
mercie tout spécialement d'avoir accordé à la sainte Vierge 
une grâce si grande, et de l'avoir élevée si haut dans le ciel ; 
en même temps il prie Dieu de nous accorder aussi sa grâce 
par l'intercession de Marie immaculée, afin que comme elle, 
nous puissions être purs, sans tache et un jour heureux avec 
die durant toute l'éternité. Certainement que Marie est hono- 
rée par là, quand nous pensons aux grâces qu'elle reçut, à 
ses vertus, à sa gloire, mais nous ne l'honorons pas de telle ma- 



A LA PREMIÈRE COMMUNION. 119 

nière, comme si nous lui offrions le saint Sacrifice delà Messe, 
car ce culte appartient à Dieu seul. D'ailleurs, alors même que 
la Messe n'est pas célébrée en l'honneur d'un saint, cependant 
on y fait toujours mémoire des saints. C'est ainsi que S. Augus- 
tin a écrit dans un de ses ouvrages : « Le peuple chrétien 
rappelle le souvenir des martyrs dans les solennités religieu- 
ses, afin de s'exciter à les imiter, d'avoir part à leurs mérites et 
d'être soutenu par leur intercession, de telle manière cepen- 
dant que nous n'offrons pas de sacrifice à ces martyrs, mais 
seulement au Dieu des martyrs, quoique nous élevions des 
autels en des endroits mémorables (sur les tombes où repo- 
sent les corps). » 

Q. 17. Pourquoi offrons-nous à Dieu le saint Sacrifice de 
la Messe ? 

H . Nous l'offrons à Dieu : 

1 " Comme sacrifice de louange^ pour V honorer et le glori- 
fier. 

4° Comme sacrifice d'actions de grâces, pour le remercier 
des bienfaits que nous avons reçus de lui. 

3° Comme sacrifice de propitiation, pour obtenir le pardon 
des nombreuses offenses qui lui ont été faites. 

4° Comme sacrifice d'impétration, pour obtenir de lui des 
secours dans tous les besoins du corps et de lame. 

Ainsi le saint Sacrifice de la Messe est 1° un sacrifice de 
louanges, offert pour louer Dieu, l'honorer et le glorifier. 

Chers enfants, nous sommes les créatures de Dieu, faites 
pour sa gloire. C'est pourquoi nous avons la stricte obliga- 
tion d'honorer Dieu. Et quel honneur devons-nous témoigner 
à Dieu ? L'honneur tel qu'il lui convient. Un enfant, je puis 
l'honorer, en lui donnant une image. Cependant le don doit 
être plus distingué quand je veux témoigner de l'honneur à 
un homme qui est considéré. A un prince, à un empereur, il 
convient de donner un présent princier, impérial, digne 
d'eux. Ur quel don, quel honneur convient à Dieu ? Un don 



120 MÉTHODE POUK PRÉPARER LES ENFANTS 

divin, un honneur divin qui soit infiniment grand, pur et 
élevé. Mais comment pouvons-nous présenter à Dieu un tel 
don, un tel honneur ? Quand même tous les anges et les hom- 
mes, pendant des milliers d'années, loueraient et béniraient 
continuellement Dieu, quand môme tous sacrifieraient leur 
vie pourDieu, ce ne serait pas encore rendre à Dieu l'honneur 
qui lui convient, car ce sont de simples créatures, qui, aux 
yeux de Dieu, sont comme un rien. Et d'abord quant à nous 
que sommes-nous ? Nous sommes de faibles et misérables 
créatures, bien plus misérables devant Dieu, que le plus vil 
insecte écrasé sous les pieds, ne l'est devant le plus sublime 
d'entre les anges. Et de plus nous sommes de malheureux 
pécheurs, qui avons offensé bien souvent et très grièvement le 
Dieu de toute sainteté, des misérables dont il devrait détour- 
ner les yeux avec horreur. Or comment pourrions-nous louer 
et honorer Dieu ? Vraiment, nous sommes bien moins en état 
de le faire que ce pauvre serviteur dont il est parlé dans l'E- 
vangile (Matth. 18. 24), n'était en état de payer à son maître 
dix mille talents (plusieurs millions de francs). Mais autant 
nous sommes pauvres par nous-mêmes, chers enfants, autant 
nous sommes riches par la sainte Messe. En effet, dans la 
messe, Jésus-Christ se donne lui-même à nous, il nous donne 
son sacrifice, ses mérites, et voilà que dès lors nous pouvons 
rendre à Dieu l'honneur qui lui convient; car nous lui offrons 
Jésus-Christ lui-même, le Saint des saints, qui est la pureté 
même, en qui il n'y a pas l'ombre du péché, qui lui-même est 
Dieu, infiniment grand, saint et glorieux comme le Père ; 
nous lui présentons toute l'obéissance avec laquelle Jésus- 
Christ s'est soumis à son Père céleste, a honoré et glorifié 
sa sainte majesté ; toutes ses prières, tous ses travaux, toutes 
ses souffrances, sa mort cruelle, endurée pour honorer son 
Père ; et comme son Père éprouvait une jouissance infinie, 
lorsque le Fils accomplissait tout cela, ainsi il doit encore 
avoir une joie infinie, quand le Fils les lui présente de nou- 
veau. Oui, chers enfants, supposez que la très sainte Vierge 
Marie, que les chœurs glorieux des saints Anges, que les 
troupes ravissantes des bienheureux, s'avancent devant le 
trône de Dieu, qu'ils lui présentent toutes les prières ferventes 



A LA PREMIÈRE COMMUNION. 121 

qu'ils ont jamais récitées, et tous les cantiques de louange qui 
ont jamais retenti dans la vaste étendue des demeures cé- 
lestes ; supposez que les apôtres lui offrent tous les travaux 
qu'ils ont soutenus, les saints martyrs tous les tourments 
qu'ils ont endurés, les saints confesseurs toutes leurs prières 
et leurs mortifications, les vierges saintes leur pureté éclatante 
comme le lis ; supposez même que le bon Dieu crée encore 
des millions de cieux, remplis de saints anges, et que tous 
ceux-là viennent et se réunissent ensemble, pour louer 
constamment Dieu pendant des milliers d'années ; eh bien ! 
ils ne rendraient pas à Dieu, autant d'honneur que lui en 
procure une seule messe ; c'est que dans la sainte Messe, 
Jésus-Christ lui-même, le Fils éternel de l>ieu, loue et ho- 
nore son Père céleste ; il lui offre un don d'une valeur infi- 
nie, et dans lequel le Père met ses complaisances infinies. 

Nous aussi nous honorons, dès lors, Dieu, comme il le 
mérite. Car le sacrifice de Jésus-Christ est notre sacrifice ; 
c'est lui qui nous la donné. Il se sacrifie pour nous, il loue, 
il honore son Père céleste en notre nom. Et nous, avec le 
prêtre, nous pouvons, d'une manière spirituelle, l'offrir lui 
et son sacrifice, le présenter à Dieu. S. Ignace et quelques au- 
tres hommes d'une eminente sainteté, avaient entrepris un 
voyage, quand un pauvre paysan vint à eux et ne se donna 
de repos que lorsqu'il pût porter leurs bagages. Pendant 
qu'ils s'étaient tous mis à genoux durant plusieurs heures 
pour prier, le pauvre homme, lui, s'était mis aussi à genoux 
à côté d'eux durant tout ce temps. Ils en furent étonnés et lui 
demandèrent ce qu'il disait dans ses prières ; il leur répon- 
dit : « Je dis au bon Dieu : voyez, Seigneur, je ne suis que 
la bête de somme de ces saints personnages, je ne puis prier 
comme eux ; c'est pourquoi je vous offre tout ce qu'ils 
prient ; acceptez-le comme si je priais aussi de cette ma- 
nière ». Voilà, chers enfants, ce que nous pouvons et devons 
faire également dans la sainte Messe. Nous aussi, disons a Dieu : 
voyez, Seigneur, nous sommes de pauvres pécheurs ; nous ne 
pouvons vous louer et vous honorer aussi bien que nous le 
voudrions. Mais nous avons ici votre divin Fils ; c'est lui que 
nous vous offrons ; les prières qu'il a dites durant sa vie mor- 

MÉTHOKE, ETC. 6 



122 MÉTHODE POUR PRÉPARER LES ENFANTS 

telle, ses travaux, ses souffrances, sa mort, son obéissance^ 
sa charité, etc, tout ce qu'il nous a donné, nous vous l'offrons 
ici ; acceptez tout cela comme si nous l'avions t'ait nous- 
mêmes; à Jésus nous unissons les faibles prières, les travaux, 
que nous ferons aujourd'hui, les souffrances que nous endu- 
rerons en ce jour, et par là nous voudrions vous honorer r 
vous glorifier, autant que le fait votre divin Fils. nous vous 
en conjurons, acceptez-le avec bonté etc. 

2° La sainte Messe est un sacrifice d'actions de grâces, ou 
de reconnaissance. Lorsque vous avez reçu de quelqu'un des 
bienfaits, c'est un devoir pour vous de l'en remercier, et vous 
devez être d'autant plus reconnaissants, que les bienfaits 
qu'on vous a accordés, ont été plus grands. On remercie bien 
plus pour une pièce d'or que pour une pièce de cuivre qu'on 
nous a donnée, et celui qui vous a donné la vie, mérite sans 
doute plus de reconnaissance que celui qui vous a donné 
une aumône. Or rappelez-vous les grâces et les bienfaits que 
nous avons reçus de Dieu ! D'abord les bienfaits corporels et 
temporels. Pensez à cette nourriture qu'il vous accorde 
chaque jour. Que de personnes souffrent cruellement de la 
faim! Dans la ville de Londres, si riche, il meurt de faim au 
moins une personne par jour, et vous avez de la nourriture 
suffisamment! Quant à la santé... Que vous seriez malheu- 
reux, si vous étiez aveugles etc.... Puis rappelez vous les 
grâces que Dieu accorde à votre âme, comptez, si vous le 
pouvez, ces grâces si nombreuses que chaque jour vous 
obtenez de lui ; pensez à la grâce du Baptême, par lequel 
vous êtes devenus les enfants de Dieu, les héritiers du 
ciel etc.... Sachez bien, chers enfants, qu'une telle grâce vaut 
plus que tout ce monde visible. Mais surtout et avant tout, 
n'oubliez pas cette grâce-ci ; c'est que Dieu a sacrifié, pour 
vous, pauvres enfants, son Fils unique sur la croix, et qu'il 
veut bientôt vous le donner pour qu'il devienne la nourriture 
de votre âme. Oui, chers enfants, vous seriez plutôt en état 
de compter les flocons de neige qui tombent en hiver, les 
gouttes d'eau qui se trouvent dans les rivières et dans la mer, 
que les bienfaits de Dieu. C'est pourquoi nous devons aussi 
l'en remercier , et lui témoigner une reconnaissance qui 



A LA PREMIÈRE COMMUNION. 123 

vaille autant, que les bienfaits dont nous lui sommes rede- 
vables. Mais que pouvons, que voulons-nous lui donner? 
C'était ce que demandait le jeune ïobie, quand il revint à la 
maison paternelle, et qu'il voulut témoigner sa reconnais- 
sance au guide, qui lui avait fait tant de bien. Il lui offrit 
la moitié de sa fortune, sachant bien cependant, que cela ne 
suffisait pas. Mais nous donc, que donnerons-nous à Dieu? 
Quand même nous voudrions lui donner toute notre fortune, 
notre vie, qu'est-ce que tout cela pour Dieu? Tout cela lui 
appartient déjà. Eh bien, chers enfants ! voici que Jésus- 
Christ nous vient de nouveau en aide. Dans la sainte Messe, il 
se donne lui-môme à nous avec tous ses mérites, et dès lors, 
nous pouvons offrir au Père céleste quelque chose qui vaut 
autant que ses bienfaits; dès lors, nous pouvons le remercier 
suffisamment. Nous pouvons lui dire : « Père bien-aimé ! 
de nous-mêmes, nous ne pouvons vous remercier assez de 
toutes vos grâces, de tous vos bienfaits, mais voici votre 
Fils bien-aimé! il vous remercie pour nous. Nous vous l'of- 
frons, avec toutes les actions de grâces qu'il vous a adressées 
pendant toute sa vie, et vous adresse encore ; acceptez-le 
comme notre tribut de reconnaissance; nous y joignons en 
même temps nos remerciements pour tel bienfait... et pour 
tous ceux que nous vous avez accordés ; nous vous en serons 
reconnaissants pendant toute l'éternité. » 

3° La sainte Messe est un sacrifice de propitiation, un sa- 
crifice destiné à nous rendre Dieu propice, c'est-à-dire, des- 
tiné à l'apaiser , s'il est irrité à cause des nombreuses 
offenses qu'on lui a faites. — mon Dieu! que de péchés 
n'avons-nous pas commis chaque jour ! combien en avons- 
nous commis, depuis que nous sommes en vie! — Et main- 
tenant rappelez-vous, ce que c'est qu'un seul péché aux yeux 
de Dieu. A cause d'un péché il a précipité, dans les abîmes 
brûlants de l'enfer, une foule innombrable d'anges qui étaient 
beaux et heureux au-dessus de toute expression ; et là, dans 
cet enfer, ils sont si hideux et tellement malheureux, 
qu'aucune langue ne peut l'expliquer (Punition d'Adam, etc.). 
Et de combien de péchés ne sommes-nous pas coupables? 
Et c'est ainsi que nous oserions paraître devant Dieu, que 
nous avons offensé si grièvement! Que faire donc pour l'a- 



124 MÉTHODE POUR PRÉPARER LES ENFANTS 

paiser? Lui donnerons-nous notre vie? Mais notre vie n'a pas 
de valeur devant Dieu; et quand même nous en ferions le 
sacritice au milieu des plus cruelles tortures, ce ne serait 
pas une expiation assez grande, pour réparer l'offense faite 
au Dieu d'infinie majesté, au Dieu trois fois saint. Oui, nous 
tomberions victimes des justes châtiments dus à nos péchés, 
nous serions éternellement damnés, si nous n'avions pas, en 
Jésus-Christ, un moyen d'apaiserDieu. Un jour, pendant qu'Al- 
phonse Albuquerque, un héros distingué, se trouvait, avec un 
grand nombre de personnes, au milieu de la mer, voilà que 
tout à coup une tempête furieuse s'éleva; tout le monde 
croyait que le navire, qui les portait, allait être brisé à 
chaque instant, et que tous allaient descendre dans l'abîme. 
Que lit Alphonse dans cette extrémité? Il prit un petit en- 
fant qui se trouvait sur le vaisseau, et l'éleva vers le ciel, 
en s'écriant : « Dieu I si nous sommes pécheurs et si 
nous avons mérité votre colère, cet enfant du moins est in- 
nocent et vous l'aimez; en considération de ce pauvre petit 
innocent, ayez pitié de nous !» Et voyez! la tempête se calma 
et tous furent sauvés. Or, si Dieu se laissa apaiser par un 
enfant plein d'innocence comme l'était celui-là, à combien 
plus forte raison doit-il s'apaiser, lorsque le prêtre élève vers 
lui son propre Fils, si innocent, si saint, si aimable! Oui 
Jésus-Christ lui-même, crie, en quelque sorte, à son Père 
céleste : « mon Père, il est vrai que les hommes vous ont 
gravement offensé et qu'ils ne méritent aucun pardon, mais 
par considération pour moi, pardonnez-leur, excusez-les! 
Souvenez-vous que pour réparer leur désobéissance, j'ai été 
obéissant durant trente-trois ans, obéissant jusqu'à la mort 
de la croix ! Souvenez -vous, que j'ai pris sur moi et souffert 
les châtiments qu'ils avaient mérités! Voyez ces plaies, voyez 
ce sang que j'ai versé pour eux, et faites-leur miséricorde! 
Ne les punissez pas, mais accordez-leur grâce et pardon ! » 
Et le Père fait miséricorde, il pardonne en considération de 
son Fils, et il retient les foudres de sa justice vengeresse. 
Oui, chers enfants, c'est à la sainte Messe que nous sommes 
redevables de ne pas être livrés aux terribles jugements de Dieu» 
mais d'avoir le temps de faire pénitence et de nous corriger. 
Sous l'ancienne Loi Dieu punissait souvent avec une redoutable 



A LA PREMIERE COMMUNION. 125 

sévérité : David pécha par orgueil et ostentation; une peste 
horrible qui enleva 70,000 hommes dans son royaume, fut 
le châtiment de son orgueil. Aujourd'hui cependant ce 
vice règne au loin et au large, et Dieu épargne les cou- 
pables. Les fils de Benjamin commirent une action honteuse, 
contraire à la pureté, et 25,000 hommes expirèrent d'une 
mort affreuse ; de nos jours ces abominables péchés d'im- 
pureté se commettent par milliers, et néanmoins Dieu ne 
frappe pas les coupables. Les Bethsamites jetèrent sur l'arche 
d'alliance un regard irrespectueux et téméraire, et 50,000 
hommes durent expier par la mort leur audace sacrilège. 
Aujourd'hui il y a des milliers de chrétiens, qui regardent 
sans respect, non une simple arche d'alliance, mais le Saint 
des saints, le Fils de Dieu caché dans le saint Sacrement, 
ils le reçoivent même indignement, ils le profanent, ils le 
maltraitent par leurs sacrilèges, et Dieu les épargne, il at- 
tend, il leur donne le temps de se corriger. Pourquoi donc 
Dieu punit-il moins aujourd'hui? pourquoi est-il, pour ainsi 
dire, plus patient pour nous et plus débonnaire qu'à l'égard 
des Juifs! Parce que chaque jour, à chaque heure, oui sans 
cesse le Fils de Dieu apaise, dans le saint Sacrifice de la 
Messe, la colère de son Père et retient sa main prête à frapper. 

C'est pourquoi, chers enfants, profitons de la sainte Messe 
pour obtenir de Dieu le pardon. Nous lui montrerons, nous 
lui offrirons son divin Fils, en disant : « O mon Père! je 
vous ai offensé et j'ai méritéd'être puni ; mais épargnez-moi et 
soyez-moi propice en considération de Jésus-Christ ! Voici 
votre Fils ; à cause de son obéissance, de sa pureté, de sa 
douceur, pardonnez-moi ma désobéissance, mes péchés : 
Voici ses plaies, son sang! souvenez-vous qu'il a souffert tout 
cela pour moi, épargnez-moi, ne me châtiez point, mais 
donnez-moi la grâce de me repentir de mes péchés, de les 
confesser, et de devenir de nouveau votre enfant. Je regrette 
infiniment de vous avoir offensé, surtout par tel et tel péché. 
Aussi je me propose de devenir tout autre, de me corriger et 
de ne plus vous offenser etc. 

4° Enfin la sainte Messe est un sacrifice d'impèlration, ou 
de prière, pour obtenir du secours dans tous les besoins du 



126 MÉTHODE POUR PRÉPARER LES ENFANTS 

corps et de l'âme. Or ces besoins, ces nécessités où il nous 
faut de l'aide et du secours, sont bien nombreux. Chaque 
jour nous avons besoin de nourritureetde vêtements, de santé, 
etc ; puis à combien de dangers, de maladies, d'infortunes ne 
sommes-nous pas exposés? Dans tout cela, nous avons besoin 
du secours de Dieu, et même sans ce secours, nous ne pour- 
rions pas vivre un seul moment. Bien plus encore avons- 
nous besoin, j'ose le dire, de l'assistance de Dieu, quand il 
s'agit de l'âme. En effet, sans la grâce de Dieu, vous le savez, 
nous ne pouvons vaincre la moindre tentation, ni faire le 
moindre bien, tel qu'il est nécessaire de le faire pour être 
sauvé. Si Dieu ne nous assistait pas continuellement, nous 
serions perdus depuis longtemps ! Chaque jour, oui, à cha- 
que moment, nous avons besoin de l'assistance de Dieu, et 
c'est pourquoi nous devons la demander chaque jour dans 
nos prières. Mai s Dieu voudra-t-il nous exaucer,nous qui l'avons 
tant offensé, qui avons abusé si souvent de ses bienfaits pour 
faire le mal? Ah! ici encore, chers enfants, Jésus-Christ 
vient au secours de notre faiblesse et de notre pauvreté. Il se 
donne lui-même à nous avec tous ses mérites ; et voilà que 
nous avons quelque chose que nous pouvons offrir au Père 
céleste, et par quoi nous pouvons certainement le disposer à 
nous secourir. Un jour il y avait un père dont le fils unique 
et bien-aimé partit pour un pays éloigné. Là ce fils apprit à 
connaître un homme, par lequel son père avait été gravement 
offensé autrefois; il vivait dans la plus grande misère. Le 
fils eut compassion de lui et le traita comme son ami, comme 
son frère, lui promettant d'intercéder pour lui auprès de son 
père, afin d'en obtenir du secours. Il arriva que ce malheu- 
reux fut attaqué par des brigands; le fils vint à son secours 
et le délivra, mais lui-même fut blessé mortellement. En 
mourant, il prit une bague qu'il avait reçue de son père, la 
trempa dans son sang et dit à son ami : « Allez montrer 
cette bague à mon père; dites-lui que par affection pour 
vous j'ai versé mon sang; et que, par amour pour moi, il 
veuille vous pardonner, puis vous donner tout ce dont vous 
avez besoin. » Pensez-vous, chers enfants, que lorsque le 
père eut vu cette bague, il n'ait pas accordé volontiers tout 



A LA PREMIÈRE COMMUNION. 127 

à son ancien ennemi, par considération pour son fils bien- 
aimé? Or faites-y attention : Ce père c'est Dieu, le fils c'est 
Jésus-Christ; et nous, nous sommes les ennemis de son 
Père; mais J.-C. nous a aimés et, par amour pour nous, 
pour nous délivrer dudémon prêta nous saisir, il a versé son 
sang. Et ce n'est pas quelque chose comme une bague qu'il 
nous a laissé ; non, mais il nous a laissé son corps, son âme; 
il s'est donné lui-même à nous, pour que nous le présentions 
au Père, afin que celui-ci nous accorde tout, par considéra- 
lion pour son Fils. Croyez vous que le Père puisse nous refu- 
ser quelque chose, quand nous lui présentons un tel don? Si 
nous lui présentions l'univers entier, ce ne serait rien ; car 
devant ses regards, l'univers entier n'est que comme un petit 
grain de sable; en un clin d'œil, il peut, s'il le veut, créer 
des milliers et des millions de mondes. Mais il y a quelqu'un, 
à qui son cœur est attaché par un amour infini, un amour 
divin, et ce quelqu'un c'est son Fils, le même que 
nous lui offrons dans le saint Sacrifice de la Messe. Or, 
quand nous lui offrons un don aussi grand, aussi précieux, 
nous refusera-t-il les grâces et les légers secours que nous 
lui demandons? Je ne le crois pas. C'est pourquoi un prêtre 
pieux disait chaque fois à Dieu, pendant la sainte Messe : 
« Dieu, voici votre Fils ; il m'appartient, je vous le donne, 
mais donnez-moi aussi telle grâce... » Oui, chers enfants, 
au moment où le saint Sacrifice est offert pour nous, Jésus- 
Christ présente lui-même nos prières à son Père céleste et 
lui dit. « Voyez, 6 mon Père! les hommes implorent votre 
grâce. Je le sais, ils ne la méritent pas; mais, par considéra- 
tion pour moi, accordez-leur ce qu'ils demandent. Je les 
aime tellement, que pour eux j'ai souffert tout... et je leur ai 
mérité cette grâce. C'est pourquoi accordez-la leur, par 
amour pour moi. » 

Si vous saviez, chers enfants, qu'à certaine heure, la très 
sainte Vierge, accompagnée de tous les anges et des saints se 
présenterait devant le trône de Dieu, afin de prier pour vous, 
ne seriez-vous pas animés d'une grande confiance, et ne 
prieriez-vous pas pieusement, ardemment avec elle? Or, re- 
tenez-le : pendant chaque messe à laquelle vous assistez dévo- 



1-8 MÉTHODE POUR PRÉPARER LES ENFANTS 

tement, Jésus-Christ lui-même prie pour vous, et cela vaut 
plus que si tous les anges et les saints priaient ensemble. 
Donc, chers enfants, pendant la sainte Messe prions Dieu 
avec une grande confiance, dans toutes les circonstances im- 
portantes et les dangers qui nous menacent, dans nos besoins 
et nos tentations ; disons-lui alors : « Père bien-aimé, voici 
que je viens à vous, au milieu des besoins qui me pressent, 
et je vous prie de m'accorder telle grâce.... Il est vrai que je 
ne la mérite pas, mais je vous présente ici votre divin Fils 
que vous aimez d'une manière ineffable; je vous offre tous 
ses mérites, et par considération pour lui, accordez-moi ce 
que je demande, si c'est utile à votre gloire et à mon salut. 
Oui vous me l'accorderez, vous devez me l'accorder et je ne 
cesserai de prier ; car votre Fils lui-même m'a promis que 
vous m'exauceriez, si je priais en son nom. » Chers enfants î 
dans le saint Sacrifice de la Messe, nous est ouverte une 
vraie source de grâces divines, où nous pouvons puiser. Que 
de grâces nombreuses Dieu ne nous a-t-il pas déjà accordées, 
en considération de la sainte Messe, à nous ou à nos pa- 
rents etc, peut-être en nous conservant la vie, en nous pré- 
servant de grands malheurs, en nous sauvant du péché etc ! 
Et combien plus de grâces n aurions-nous pas obtenues, si 
nous avions toujours assisté à la Messe avec une véritable 
dévotion ! Que de bienfaits nous pourrions obtenir, si nous 
y assistions et si nous y priions, comme Jésus-Christ le 
veut, c'est-à-dire avec piété, humilité, confiance et soumis- 
sion à la sainte volonté de Dieu (surtout quand nous deman- 
dons des choses temporelles) ! 

Q. 18. Quels effets produit la sainte Messe, comme sacri- 
fice de propitiation ? 

R. Elle nous fait obtenir de la miséricorde divine: 

1° des grâces de repentir et de pénitence pour la rémission 
de nos péchés; 

2 la remise des peines temporelles dues aux péchés. 
Si le saint Sacrifice de la Messe a, comme sacrifice de 



A LA HŒA1IÉKE COMMUNION. 129 

propitiation ou d'expiation, une si grande efficacité, quel- 
ques-uns pourraient se dire : Mais en ce cas je n'ai plus be- 
soin de me confesser de mes péchés, je n'ai qu'à assister à 
la messe, et tout me sera pardonné. Non, chers enfants, les 
péchés (du moins ceux qui sont graves) ne sont pardonnes 
que dans le sacrement de pénitence. Mais afin d'en obtenir le 
pardon dans le sacrement de pénitence, nous devons, comme 
vous le savez, avoir un véritable repentir. Or cette grâce d un 
bon repentir, nous la recevons quand nous assistons dévote- 
ment à la messe. C'est pourquoi le catéchisme dit que, par 
le saint Sacrifice de la Messe (lorsqu'on le célèbre à notre 
intention ou que nous y assistons avec piété) nous obtenons : 
1° les grâces de repentir et de pénitence puur la rémission des 
péchés, c'est-à-dire que Dieu nous accorde des grâces ac- 
tuelles, qui nous mettent en état de nous repentir sincère- 
ment de nos péchés et d'en faire pénitence. Quant au péchés 
véniels, il nous les remet déjà par ce repentir et cette péni- 
tence ; si nous avons des péchés graves, il nous accorde la 
grâce de pouvoir recourir au sacrement de pénitence, et par 
l'absolution, nous obtenons de nouveau le pardon (1). 



(1) Plusieurs choses sont requises pour la rémission des péchés. D'abord 
il a fallu que quelqu'un satisfît à Dieu et le disposât à vouloir nous par- 
donner de nouveau. C'est ce qui s'est fait par le sacrifice de Jésus-Christ 
sur la croix; là, Jésus a satisfait pour tous les péchés du monde entier, 
souffert la punition du péché, et mérité le pardon. Mais malgré cela, les 
péchés ne nous sont pas encore pardonnes, autrement les hommes n'au- 
raient plus de péchés, puisque Jésus-Christ a satisfait pour tous. Sa salis- 
faction doit d'abord nous être appliquée; la grâce de la justification, le 
pardon doit nous être communiqué. C'est ce qui se fait dans les sacrements. 
Chez les enfants, pour que les mérites de Jésus-Christ leur soient appli- 
qués, il est seulement nécessaire qu'ils reçoivent le baptême. Pour ceux 
qui sont parvenus à l'âge de raison, ils doivent, avant de recevoir le 
baptême ou de se confesser, s'y préparer surtout par la contrition, sans 
quoi ils n'obtiennent pas de pardon. Mais pour la contrition, nous avons 
besoin de la grâce, et la grâce, Dieu nous la donne principalement par le 
saint sacrifice de la Messe. Ce sacrifice porte Dieu à nous communiquer de 
nouveau les mérites de Jésus-Christ, dont nous nous sommes rendus in- 
dignes par nos rechutes dans le péché, et à ne pas nous châtier de suite, 
mais à nous laisser le temps de faire pénitence, et nous donner l'occasion 
de recevoir le sacrement de pénitence, comme la grâce de nous repentir 

6. 



430 MÉTHODE POUR PRÉPARER LES ENFANTS 

2° Nous obtenons la remise des peines temporelles dues aux 
péchés. Les peines temporelles des péchés sont celles que 
nous avons encore à souffrir, après même que les péchés et 
1rs peines éternelles nous ont été remis. Ces peines temporel- 
les (ainsi nommées parce qu'elles ne durent qu'un temps et 
ne sont pas éternelles), nous devons les expier dans ce monde 
ou dans l'autre ; y satisfaire en supportant patiemment les 
maux de cette vie, en accomplissant des œuvres de péni- 
tence, en gagnant des indulgences, etc ; où, si nous ne le fai- 
sons pas, nous devons souffrir dans le purgatoire, jusqu'à ce 
qu'elles aient été expiées. Or dans la sainte Messe nous avons 
un moyen facile de satisfaire pour ces peines et de nous pré- 
server des peines sévères du purgatoire. En effet, lorsque 
nous assistons dévotement à la messe, Dieu nous remet une 
partie des peines que nous avons méritées. Ah ! combien 
d'âmes doivent souffrir actuellement dans le purgatoire, et 
seraient maintenant au ciel, si elles avaient voulu se donner 
la peine si légère d'assister souvent et pieusement à la sainte 
Messe ! Si les pauvres âmes pouvaient encore revenir et as- 
sister au saint Sacrifice, comme elles le feraient volontiers et 
avec dévotion ! Vous autres vous êtes encore en état de le 
faire. Donc... etc (1). 

Q. 19. A qui sont appliqués les fruits de la sainte Messe ? 

R. Les fruits généraux sont appliqués à toute l'Église, aux 
vivants comme aux morts ; les fruits spéciaux sont 
appliqués : 

1° au prêtre qui célèbre le saint Sacrifice ; 

2° à celui ou à ceux pour lesquels il l'offre spécialement ; 



3" 



à tous ceux qui y assistent dévotement. 



Recueillir les fruits de l'arbre, les produits du champ, voilà 
ce que ont en vue le jardinier quand il plante, et le labou- 

de nos péchés. Le pardon réel des péchés, du moins des péchés graves, 
nous l'obtenons seulement dans les sacrements. 

(1) La remise des peines temporelles dues au péché, est surtout l'effet 



A LA PREMIÈRE COMMUNION. 131 

rour quand il cultive ; c'est là l'utilité qu'ils en reti- 
rent. C'est ainsi que par les fruits de la sainte Messe, on 
entend l'utilité, les avantages que produit le saint Sacrifice. 
Or ce sacrifice produit des fruits généraux, c'est-à-dire qu'il 
a une utilité spirituelle qui est commune à tous les chrétiens 
Catholiques, une utilité pour toute l'Eglise, pour les vivants 
(pour les justes, comme aussi pour les pécheurs) et pour les 
fidèles trépassés qui sont au purgatoire. Tous, ils obtiennent 
continuellement, à cause du Sacrifice de Jésus-Christ, des 
grâces nombreuses, et les pauvres âmes la diminution ou la 
remise de leurs peines. Même, dans un moindre degré, le 
saint Sacrifice de la Messe profite, à ceux qui ne sont pas 
dans le sein de l'Eglise. Car, en considération du saint Sacri- 
fice de son Fils, Dieu les épargne et leur donne les grâces 
nécessaires pour arriver à la vraie foi. 

Mais le saint Sacrifice de la Messe a encore une utilité toute 
spéciale et plus grande, qui ne revient pas à tous. Or ceux qui 
retirent cette utilité spéciale des grâces particulières du saint 
Sacrifice, sont : 

1° Le prêtre qui célèbre la sainte Messe. Il est en effet le 
plus rapproché de la source des grâces, puis il a le plus 
grand besoin de ces grâces pour les pénibles travaux de son 
saint ministère. 

2° Ceux pour lesquels le prêtre offre spécialement le saint 
Sacrifice (car il l'offre en général pour toute l'Eglise catholi- 
que). Ainsi les vivants comme les morts, peuvent en retirer 
des fruits spéciaux. Les chrétiens pieux prient le prêtre, en 
mainte occasion, de vouloir bien dire la sainte messe pour 
eux ou pour leurs proches, en telle circonstance, pour obte- 
tenir telle grâce.... et à cette occasion ils donnent au prêtre 
quelque argent. Mais ce n'est pas payer la messe, comme 
des gens peu intruits ou sans esprit s'expriment quelquefois, 
quand ils disent : « Combien doit-on payer pour une 
messe ? » ou bien : « Combien coûte une messe ? » Une 

que la sainte Messe produit, quand elle est célébrée à l'intention des dé- 
funts, puisque ces pauvres âmes ne sont pas capables de recevoir un autre 
effet de la grâce. 



l'>'2 MÉTHODE POUR PRÉPAKEK LES ENFANTS 

messe est quelque chose de saint, qu'il est défendu de vendre 
pour de l'argent ; c'est quelque chose d'infiniment précieux 
qui ne peut être payé avec tout l'or du monde. Non, ce franc 
que l'on donne au prêtre est une espèce d'aumône ou de ca- 
deau qu'on lui fait, afin qu'il soit en état de vivre honorable- 
ment et d'assister les pauvres. 

3° Enfin ceux qui assistent dévotement à la sainte Messe en 
retirent des fruits particuliers. Ils en retirent d'autant plus de 
fruits, que leur dévotion est plus grande. Dans la sainte 
Messe, Jésus-Christ est disposé à répandre les torrents de sa 
grâce ; mais de même que celui-là seulement obtient beau- 
coup d'eau, qui vient puiser à la source avec de grands vases 
vides : de même celui-là seulement obtient beaucoup de grâces, 
qui apporte un cœur, vide de mauvaises et coupables incli- 
nations, mais grand et large par le bon désir qu'il a d'être 
juste et de plaire à Dieu. Un jour, le doux et aimable enfant 
Jésus apparut visiblement, dans la sainte Eucharistie, au vé- 
nérable père Balthazar Alvarez ; sa petite main était remplie 
de perles et de pierres précieuses, il disait : « Hélas ! si 
quelqu'un voulait seulement me prendre ces trésors ! » 

Voilà, chers enfants, comment Jésus est prêt, dans le saint 
Sacrifice de la Messe, à nous communiquer les plus riches 
trésors de sa grâce, il le désire même, avec la plus grande 
ardeur ; mais hélas ! il y a si peu de personnes qui obtien- 
nent ces trésors de grâces, parce qu'il en est si peu qui as- 
sistent au saint Sacrifice de la Messe avec une véritable dé- 
votion du cœur. Vous, chers enfants, assistez souvent à la 
sainte Messe avec toute la dévotion possible, et cherchez à 
avoir une part abondante à ses fruits précieux. Mais je vous 
en dirai bien davantage quand nous aurons fini d'expliquer la 
leçon sur le saint Sacrifice de la Messe. 

Q. 20. Quelles sont les parties principales de la Messe ? 

R. Les parties principales de la messe sont 1° V offertoire; 
2° la consécration ; 3° la communion. 

Chers enfants, je vais vous expliquer maintenant ce qu'il 
y a de plus important dans la célébration de la sainte Messe. 



A LA PREMIÈRE COMMUNION. 133 

Veuillez bien faire attention. Après que le prêtre a déposé le 
calice sur l'autel et ouvert le missel, il commence la sainte 
Messe par une prière, qu'il dit au pied de l'autel, et qu'on 
appelle Confiteor, Introït. Dans cette prière, où il se frappe 
la poitrine comme le publicain repentant, il se reconnaît 
pécheur, indigne par conséquent de célébrer un sacrifice si 
auguste ; il demande pardon à Dieu et le prie de le rendre 
digne de cette sainte fonction. En ce moment vous aussi, 
vous devez vous exciter à la contrition de vos péchés, et de- 
mander à Dieu la grâce d'assister pieusement à la sainte 
Messe. — Alors le prêtre monte à l'autel, et après une courte 
prière, vient le « Kyrie eleyson » ce qui veut dire : « Sei- 
gneur, ayez pitié de nous ; » comme pour nous rappeler le 
malheurenx état des hommes avant Jésus-Christ ; il récite ou 
chante ensuite (pourvu que ce ne soit pas une messe célé- 
brée en ornements noirs ou violets, couleurs de deuil et de 
pénitence) le Gloria, qui est un cantique de joie et de recon- 
naissance, commençant par les paroles que les anges chan- 
tèrent à la naissance du Sauveur : « Gloire à Dieu, au plus 
haut des cieux, etc. » Pendant ce cantique nous pouvons 
penser à la naissance et à l'enfance de Jésus ; nous pouvons 
lour et bénir Dieu avec tous les anges et les saints, et même 
par Jésus-Christ, de ce qu'il nous a donné cet adorable Fils, 
pour nous sauver. A ce cantique succèdent quelques oraisons 
et puis l'Épître, qui est une lecture tirée des lettres des Apô- 
tres aux premiers chrétiens, ou empruntée à l'Ancien Testa- 
ment. Puis vient l'Evangile. A l'Évangile, nous nous tenons 
debout par respect pour la parole de Dieu, qui y est conte- 
nue, (comme vous vous tenez debout, lorsqu'un prêtre vient à 
l'école, vous interroge, ou vous appelle ;) ensuite pour marquer 
que nous sommes prêts à accomplir, à faire ce que l'Evangile 
nous prescrit. (C'est ainsi que vous vous levez quand on vous 
commande quelque chose et que vous êtes pressé d'agir etc.) 
Quand l'Evangile commence, nous marquons notre front, no- 
tre bouche et notre poitrine du signe de la croix ; nous vou- 
lons indiquer par là, que nous croyons avec l'esprit la doc- 
trine de Jésus crucifié, que nous voulons la professer de 
bouche, la garder fidèlement dans le cœur, et la mettre en 



134 MÉTHODE POUR PRÉPARER LES ENFANTS 

pratique. Dans les Messes solennelles vient alors le Credo, 
c'est-à-dire la profession de foi ou le Symbole. Pendant l'Épî- 
tre, l'Evangile et le Credo nous nous rappellerons comment 
Jésus-Christ a prêché pendant trois ans, et nous réveillerons 
notre foi en sa parole sainte. Tout ce que je viens de vous 
expliquer, est la partie préparatoire à la messe, parce qu'elle 
précède la messe proprement dite. 

La première partie principale de la sainte Messe, c'est 
VOffrande. 11 ne faut pas entendre par là le moment où Jésus- 
Christ est offert; ceci ne se fait qu'à la Consécration, puisque 
c'est alors seulement que Jésus-Christ devient présent sur 
l'autel. A l'Offrande on ne fait qu'offrir le pain et le vin, afin 
que Dieu les bénisse, pour être changés ensuite au corps et 
au sang de Jésus-Christ. A ce moment nous pouvons nous 
offrir nous-mêmes avec Jésus-Christ à Dieu son Père, c'est-à- 
dire promettre de lui être obéissants comme Jésus-Christ l'a 
été; d'employer comme lui, à la plus grande gloire de Dieu 
tout ce que nous avons, l'argent, la fortune, les mains, 
la langue, l'esprit, le cœur; de ne jamais les faire servir au 
péché, de lui appartenir corps et âme dans le temps et dans 
l'éternité. Après l'Offrande, le prêtre lit la Préface, qui est un 
cantique solennel d'actions de grâces, pour remercier Dieu 
de ses bienfaits ; elle se termine par ces paroles de louanges : 
« Sanctus » c'est-à-dire : « Saint, saint, saint etc; » paroles 
par lesquelles les saints anges louent Dieu dans le ciel. A 
cette occasion, nous pouvons remercier Dieu des innombra- 
bles bienfaits et des grâces précieuses qu'il nous a accordés 
et nous accorde chaque jour pour le bien de notre âme 
comme de notre corps. 

Alors commence la deuxième partie principale de la sainte 
Messe. D'abord le prêtre fait le Mémento des vivants, c'est-à- 
dire qu'il récite une prière, commençant par le mot mémento, 
qui signifie : « Souvenez-vous, o Seigneur, de vos serviteurs 
et servantes. » Dans cette prière il prie Dieu pour le Pape, 
pour l'Evêque, pour tous les fidèles chrétiens, pour tous les 
assistants et pour tous ceux qu'il veut recommander spéciale- 
ment à Dieu. Prions aussi, en ce moment, pour nos parents 
vivants, pour nos proches, nos bienfaiteurs, le Pape, l'Evêque, 



A LA PREMIÈRE COMMUNION. 135 

les ecclésiastiques, les pauvres, les malheureux. Puis vient le 
moment le plus saint et le plus solennel de la messe, la Con- 
sécration, où Jésus-Christ, à la parole du prêtre, devient pré- 
sent sur l'autel et s'offre à son Père céleste. Le prêtre change 
d'abord le pain au corps, et ensuite le vin au sang de Jésus- 
Christ, qu'il élève successivement et montre au peuple, pour 
qu'il adore le Sauveur descendu sur l'autel. Imaginons-nous 
alors voir Jésus-Christ suspendu à la croix, adorons-le hum- 
blement et demandons-lui pardon de nos péchés. (Voyez la 
Q. 10, p. 109). Après la consécration, le prêtre prie pour les 
fidèles trépassés, ce que nous pouvons faire aussi avec lui. 
Il récite ensuite le Pater noster (notre Père) et l'Agnus Dei t 
c'est-à-dire : « Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du 
monde, ayez pitié de nous. » 

Aussitôt après, vient la troisième partie de la Messe, la 
Communion. Après quelques prières, où le prêtre demande 
la grâce de communier saintement, il dit trois fois. « Sei- 
gneur, je ne suis pas digne etc, » et il reçoit avec respect le 
saint Sacrement. Pendant ce temps nous devons faire la 
Communion spirituelle, c'est-à-dire, réveiller en nous un 
sincère désir de recevoir le Sauveur, et de nous unir étroite- 
ment à lui. Le prêtre dit ensuite quelques prières en actions 
de grâces, et donne la bénédiction ; représentons-nous alors 
que Jésus-Christ lui-même nous bénit, et demandons-lui, de 
tout notre cœur, sa grâce pour tout le reste de la journée. 
Enfin le prêtre lit le commencement de l'Evangile de S. Jean, 
où nous est exposée l'incarnation du Verbe, c'est-à-dire du 
Fils éternel de Dieu, et il plie le genou à ces paroles : « Et 
le Verbe s'est fait chair. » Remercions alors le bon Dieu, de 
ce que nous avons pu assister au saint Sacrifice de la Messe, 
pendant lequel le Fils de Dieu est aussi descendu jusqu'à 
nous et a voulu demeurer parmi nous; prions-le de nous ac- 
corder le pardon de toutes les fautes que nous pourrions 
avoir commises, en assistant à la sainte Messe (1). 



^1) Dans le cas où une description plus détaillée de la célébration de la 
messe serait possible et convenable, le catéchiste pourra aisément sup- 
pléer à ce qui manque ici. Si cette description ne peut se faire dans les 



136 MÉTHODE POUR PRÉPARER LES ENFANTS 

Q. 21. Que doit-on penser des cérémonies que l'Église a 
ajoutées au saint Sacrifice de la Messe? 

R. Ces cérémonies de la Messe ont leur origine dans les 
temps les plus anciens, un grand nombre même datent 
du temps des Apôtres ; et leur belle signification, 
pleine de mystères, excite en nous V attention et le 
respect. 

Les cérémonies sont des pratiques pieuses que Ton observe 
pendant la sainte Messe, telles que d'allumer des cierges, 
— (pour le prêtre) de faire des signes de croix, de baiser 
l'autel, d'encenser, etc. Ces cérémonies nous devons les 
respecter non-seulement parce qu'elles servent à la solennité 
du saint Sacrifice et inspirent de la vénération aux fidèles qui 
y assistent, mais nous devons encore les respecter: 

1) parce qu'elles ont leur origine dans les temps les plus 
anciens et que plusieurs d'entre elles datent du temps des apô- 
tres. Or ce qui nous a été transmis par les SS. Pères et surtout 
par les Apôtres, nous devons certainement le respecter. Si, 
par exemple, nous avions un calice dont S. Pierre, le chef 
des apôtres, se serait servi, où le glaive avec lequel on a 
coupé la tête à S. Paul, etc.; sans doute, nous en ferions 
beaucoup de cas. Eh bien! les pieuses pratiques que l'on 
observe pendant la sainte Messe, sont des souvenirs vénéra- 
rables, puisque les Apôtres s'en sont servis et qu'ils nous les 
ont transmises ; 

2) parce que les cérémonies saintes sont pour nous d'une 
grande utilité; elles nous portent à assister avec plus de piété 
à la sainte Messe et à recueillir ainsi plus de grâces. Elles ont 
en effet une belle signification pleine de mystères, c'est-à-dire 
qu'elles nous font penser à des choses élevées et sublimes. 
Leur sens, leur signification est pleine de mystères, c'est-à-dire 
de vérités cachées, car elles nous font penser aux mystères 
de notre foi. En effet celui qui s'attache au sens des céremo- 

instructions préparatoires à la première Communiou, elle doit être faite 
néanmoins plus tard dans le catéchisme de persévérance. 



A LA PREMIÈRE COMMUNION. 137 

nies, est naturellement porté à V attention (c'est-à-dire à 
penser à Dieu et aux vérités saintes, à s'occuper de choses 
saintes et non frivoles) ; il est porté au respect (c'est-à- 
dire qu'il ressentira un saint effroi, une espèce de crainte 
en présence du saint sacrifice). Je veux vous le montrer 
par quelques exemples. C'est une cérémonie que d'allu- 
mer des cierges. Or les cierges allumés signifient 1° que 
Jésus-Christ , la lumière du monde , est présent sur 
l'autel ; 2° ils nous montrent comment nous devons as- 
sister à son sacrifice ; ils signifient en effet la foi (qui 
éclaire, qui répand la lumière dans les esprits), l'espérance 
(qui tend à s'élever, à monter toujours), la charité (qui 
rechauffe et enflamme). Voilà donc un sens élevé et riche en 
mystères ; celui qui y réfléchit, sera certes rempli de saintes 
et pieuses pensées, il assistera à l'auguste sacrifice avec un 
cœur respectueux. De même les signes de croix que le prêtre 
forme à la Messe, signifient que ce saint sacrifice est le même 
que celui qui fut offert sur la croix, ils nous rappellent la mort 
sanglante que Jésus a soufferte sur la croix, et nous mon- 
trent que, par cette mort de Jésus crucifié, nous pouvons 
obtenir la grâce, le pardon et le salut. Il en est de même des 
autres cérémonies saintes (i).-Si aujourd'hui, vous ne com- 
prenez pas encore tout cela, pensez que ce sont des pra- 
tiques saintes et mystérieuses, regardez-les avec un saint 
respect. Plus tard, quand vous serez plus âgés, et que vous 
pourrez mieux comprendre tout cela, je vous donnerai des 
explications plus longues. 

Q. 22. Mais pourquoi donc se sert-on de la langue latine 
en disant la Messe? 

R. 1° Parce que cette langue vient de Rome, d'où la foi nous 
a été apportée ; 

2° parce que cette langue ne change pas avec le temps 
comme nos langues populaires ; 

(1) Les autres cérémonies faciles à expliquer aux enfants sont :1a prière 
au pied de l'autel, le frappement de la poitrine, les génuflexions, le 
Lominus vobisewn, etc. 



138 MÉTHODE POUR PRÉPARER LES ENFANTS 

3° parce que même dans les cérémonies religieuses, au 
moyen de cette langue , V unité et l'union de V Église se 
manif estent et se maintiennent mieux sur toutela terre. 

Quand le prêtre, pendant la sainte Messe, lit à haute voix 
ou chante certaines choses, vous ne lecomprenez pas ; pour- 
quoi? C'est qu'il dit la messe, non en français, langue que 
vous comprenez, mais en latin. Pourquoi donc en latin? 

1° Parce que la langue latine vient de Rome, d'où la Foi 
catholique nous a été apportée. Nous (nos ancêtres) avons 
obtenu le don précieux de la sainte Messe, en même temps 
que nous avons recula Foi catholique. Les hommes pieux qui, 
il y a plus de 1500 ans, vinrent en France et en Belgique, 
pour y convertir à la foi chrétienne les païens qui habitaient 
ces pays, ont introduit aussi chez nous le saint Sacrifice de la 
Messe. Ces hommes pieux tels que S. Amand, S. Remy, 
S. Remacle, etc, avaient reçu du Saint-Père, du pape de Rome, 
le pouvoir et l'ordre de prêcher la religion chrétienne dans 
notre pays. C'est donc à Rome, au souverain -pontife qui y 
réside, que nous devons ce bienfait si grand, la Foi catholi- 
que et avec la Foi, le saint Sacrifice de la Messe. Or au temps 
où la Foi et le saint Sacrifice de la Messe nous furent apportés 
de Rome, on parlait dans cette ville la langue latine. Voilà 
pourquoi nous employons encore aujourd'hui cette langue 
pendant la sainte Messe; c'est pour nous rappeler avec recon- 
naissance d'où cette grâce nous est venue. 

2° Nous employons la langue latine pendant la sainte Messe, 
parce que cette langue ne change pas avec le temps comme les 
langues vivantes ou populaires. Une langue populaire, c'est celle 
que l'on parle chez le peuple dans la vie ordinaire; ainsi le 
français, l'allemand etc. sont des langues populaires parce 
qu'elles sont parlées par les peuples qui habitent la France et 
l'Allemagne. On les appelle aussi langues vivantes parce 
qu'elles semblent vivre, car elle se font entendre dans la 
bouche du peuple et on les emploie encore de nos jours. 
Mais ces langues vivantes et populaires changent avec le temps, 
c'est-à-dire, qu'après quelque temps, on prononce les mots 
d'une autre manière, on donne aux objets un tout autre nom 



A LA PREUÈRE COMMUNION. 139 

rjue celui qu'ils avaient auparavant. Si on vous donnait, par 
exemple, un livre français qui a été imprimé, il y a quatre 
ou cinq cents ans, (on y voit comment les gens parlaient et 
écrivaient alors,) vous y trouveriez bien des mots que ne vous 
sauriez comprendre, et qui se prononçaient tout autrement 
que de nos jours ; si je vous montrais des livres français qui 
[>nt été écrits, il y a six ou sept cents ans, d'après la manière 
iont les gens parlaient alors, vous n'en comprendriez rien du 
:out, et néanmoins c'est toujours la langue française. Voilà 
comment cette langue a changé; c'est ainsi que changent 
;outes les langues populaires, après un certain temps. Or si 
)n disait la Messe dans une de ces langues populaires et 
rivantes, on devrait continuellement changer les prières et les 
eçons qu'elle contient ; par là il pourrait facilement s'y glis- 
ser des choses inexactes, fausses et hérétiques. Pour éviter 
;et inconvénient, l'Eglise catholique a ordonné que la sainte 
Hesse fût célébrée en latin. Dans la langue latine, ces chan- 
gements ne peuvent plus avoir lieu, ce n'est plus une langue 
>opulaire ni vivante, mais une langue morte; on l'apprend 
ieulement dans les livres, et ce qui est imprimé dans les 
ivres, ne change plus. C'est pourquoi ce qui se trouve aujour- 
l'hui dans le missel, ce que les prêtres lisent de nos jours 
>endant la messe, est exactement le même qu'il y a trois 
ents ans. 

3° Je suppose, chers enfants, que l'un d'entre vous aille 
jp Angleterre; il n'y entend pas dire un seul mot en fran- 
:ais ; il observe aussi qu'on ne s'occupe guères de religion 
lans la vie journalière; il se sent isolé et il commence à 
entir une certaine tristesse au cœur. Mais voilà qu'arrive le 
limanche ! il va à l'église ; là il aperçoit le prêtre, revêtu 
les mêmes ornements sacerdotaux, il l'entend chanter et 
>rier exactement comme dans son pays natal. Alors il voit 
lairement dans toute son évidence, que ces gens-là ont, 
)ieu merci, les mêmes offices et la même religion que dans 
on pays; dès ce moment il se sent en quelque sorte, comme 
ransporté de nouveau dans sa paroisse natale, et s'il a en- 
:ore un peu de bon sens et de cœur, il se réjouira d'appar- 
enir à la grande et sainte Eglise catholique, qui partout 



140 MÉTHODE POUR PRÉPARER LES ENFANTS 

est une et la même dans le monde entier; il se trouvera 
partout chez lui, là où s'élève seulement une chapelle catho- 
lique; il sera rempli d'un nouvel amour pour son Église, et 
assistera avec bonheur à ses offices religieux. C'est pourquoi 
le catéchisme dit : « Même dans les cérémonies religieuses, au 
moyen de la langue latine, l'unité et l'union de l'Eglise se mani- 
festent mieux sur toute la terre, c'est-à-dire, par là même que, 
chez les peuples catholiques, la sainte Messe est partout célébrée 
en langue latine, nous voyons que l'Eglise catholique est une, 
qu'elle possède un seul et même culte publie dans tous les 
lieux et dans tous les temps ; que tous les catholiques sont 
unis par les mêmes cérémonies, comme par la même foi. 
Ensuite, par l'usage de la langue latine, cette unité et cette 
union de l'Eglise se maintiennent, ce qui veut dire que les 
Églises des différents pays s'attachent encore plus fermement 
l'une à l'autre et à l'Eglise romaine; que les catholiques sont 
raifermis d'avantage dans Yunion, acquièrent plus de zèle et 
plus de joie pour demeurer fidèles à leur sainte religion et à 
ses offices. (11 en est de même de deux personnes, qui voya- 
gent dans un pays étranger; quand elles remarquent qu'elles 
sont compatriotes, elles préfèrent se tenir ensemble que de 
se mêler à d'autres.) 

Vous voyez donc qu'ils est très -avantageux d'employer la 
langue latine pour dire la sainte Messe. Des gens sans 
esprit et sans instruction disent parfois : mais ne serait-ce 
pas au moins aussi bien d'employer la langue française? alors 
on pourrait tout comprendre. Cette observation n'est pas sé- 
rieuse; car s'il était nécessaire de comprendre le prêtre, il fau- 
drait qu'il parlât beaucoup plus haut, qu'il criât comme lors- 
qu'il prêche; — or cela ne convient pas pour le service divin, 
on ne saurait y prier pendant ce temps ; si au contraire il y 
parle à voix basse, comme cela convient, y aurait-il moyen de 
mieux le comprendre, quand même il se servirait de la langue 
française? Et d'ailleurs, tout catholique peut comprendre, 
pour les choses principales, ce que le prêtre prie à l'autel ; 
car on explique à tous les prières les plus importantes qui se 
disent pendant la sainte Messe, et on peut les trouver dans 
la plupart des bons livres de piété. 



A LA PREMIÈRE COMMUNION. 14 i 

Q. 22. Pourquoi l'Eglise a-t-elle prescrit un vêtement 
particulier au prêtre qui célèbre la sainte Messet 

R. Cest afin de nous rappeler que le prêtre, à l'autel, 
n'agit point par lui-même, mais qu'il tient la place 
de Jésus-Christ, et célèbre un saint et adorable mys- 
tère. 

Le prêtre agit par lui-même, par sa personne, quand, par 
exemple, il mange, boit, travaille, prie le soir etc., c'est ce 
qu'il fait comme tous les autres hommes. Mais à l'autel, il 
n'agit pas en sa propre personne, en son propre nom, pour 
lui-même ; il y agit comme ministre ou remplaçant de Jésus- 
Christ,!*/ tient sa place, il prie, il offre, il consacre au nom de 
Jésus-Christ, ou Jésus-Christ offre par lui (Voyez Q. 9. p. 108). 
ïl célèbre un saint et adorable mystère; car c'est d'une ma- 
nière mystérieuse qu'il offre celui qui est la sainteté même, 
le Fils de Dieu, Dieu lui-même. Or il faut que l'on puisse 
observer cela, même extérieurement. Aussi l'Eglise a-t-elle 
prescrit qu'il porterait des vêtement particuliers pendant la 
sainte Messe. Ne vous semble-t-il pas, chers enfants, que 
ce serait drôle et inconvenant de venir à la distribution des 
prix, avec vos habits ordinaires de tous les jours, puisque 
pour vous cette distribution est une solennité? Quand les 
gens vont à la sainte Communion, ils mettent leurs meilleurs 
habits, parce que la réception de la sainte Communion est 
un acte saint et solennel. Or ne serait-ce pas bien plus in- 
convenant et plus drôle, si le prêtre venait à l'autel cé- 
lébrer le saint et adorable sacrifice de la Messe, avec les 
habits ordinaires dont il est revêtu, quand il mange, quand 
il va se promener? Lorsqu'un employé, un fonctionnaire, se 
présente publiquement au nom du chef de l'Etat, au nom du 
roi ou de l'empereur, il faut aussi qu'il ait un costume par- 
ticulier; et quand un ofticier veut faire son service au milieu 
des soldats, il doit prendre son uniforme et ne peut ga? der 
ses habits de bourgeois. Or le prêtre monte à l'autel pour le 
service et au nom du souverain Roi, c'est pourquoi il con- 
vient aussi qu'il ait un costume particulier. Donc, chers 



142 MÉTHODE POUR PRÉPARER LES ENFANTS 

enfants, quand vous voyez le prêtre, revêtu des ornements 
sacrés, s'avancer vers l'autel, rappelez-vous qu'il porte l'uni- 
forme, les livrées de Jésus-Christ et que ce n'est pas son 
propre sacrifice qu'il offre; que, lors même que ce serait un 
homme pécheur, le sacrifice n'en est pas moins saint, puisque 
c'est Jésus-Christ qui par ses mains s'offre sur l'autel (1). 

Vous avez appris maintenant, chers enfants, tout ce qui est 
le plus nécessaire de savoir touchant le saint Sacrifice de la 
Messe, et il ne me reste plus qu'à vous avertir et à vous con- 
jurer de tout mon cœur d'assister fréquemment et pieusement à 
la sainte Messe. 

i) Je dis, assistez-y fréquemment. Il est inutile de dire que 
vous devez assister à la Messe tous les dimanches et jours de 
fête de précepte; chaque chrétien, s'il n'est pas légitimement 
empêché, y est tenu, comme vous le savez, sous peine de péché 
mortel. Il ne s'agit donc pas de cela, mais je voudrais en ou- 
tre, les jours ordinaires de la semaine, vous voir assister à la 
messe aussi souvent que cela vous est possible. Je connais 
peu de dévotions qui soient plus agréables à Dieu, et plus 
utiles aux hommes. Que de fois Dieu n'a-t-il pas montré par 
des miracles, combien il est satisfait quand on assiste fréquem- 
ment à la sainte Messe. S. Isidore était un pauvre laboureur, 
chargé de la culture des biens d'un riche seigneur. Chaque 
jour il allait à la sainte Messe. C'est pourquoi, quelques per- 
sonnes mal-intentionnées, l'accusèrent de courir trop à l'é- 
glise, et de négliger sa besogne. Son maître se fâcha, se ren- 
dit aux champs dans le dessein de donner à S. Isidore des 
reproches et des injures. Mais quel fut son étonnement, quand 
il aperçut, au lieu d'Isidore, un jeune homme vêtu de blanc, 
qui conduisait la charrue! Dieu avait envoyé un ange visible,, 
pour montrer combien lui était chère la piété d'Isidore. Et 
vous, aussi, enfants chrétiens, Dieu vous aimera bien davan- 
tage, si vous assistez volontiers et aussi souvent que possible, 

(1) Si le temps le permet, on pouira expliquer en détail les différents 
ornements sacerdotaux, et dire ce que signifient leurs couleurs, ce qui 
n'est guères difficile. On peut consulter, ainsi que pour le reste, le 
Catéchisme pratique de L. Mehler, Iraduit par L. Schoofs. 3 vol. Goemaere 
à Bruxelles. 



A LA PREMIÈRE COMMUNION. 143 

à la sainte Messe. Il vous accordera beaucoup de grâces, afin 
que vous deveniez plus sages et plus pieux (de même que les 
saints qui ont puisé bien souvent des grâces abondantes dans 
le saint Sacrifice de la Messe, et sont devenus si parfaits). Ah ! 
si les gens recevaient, chaque fois qu'ils assistent à la sainte 
Messe, une pièce de deux francs, certes il y en aurait chaque 
jour un grand nombre à l'église. mon Dieu! que la foi est 
donc faible parmi les hommes! La grâce de Dieu, ne vaut- 
elle donc pas infiniment plus que deux francs? Et d'ailleurs 
n'y a-t-il pas bien souvent des avantages temporels, des bé- 
nédictions terrestres attachés à l'assistance à la sainte Messe? 

Il y avait autrefois un brave ouvrier, excellent chrétien, 
qui prospérait dans ses affaires et vivait plus heureux qu'un 
roi. Un jour, un de ses voisins vint le trouver et lui dit : 
« Dis-done, tu dois avoir un secret; tu ne travailles pas plus 
que moi, tu as beaucoup d'enfants à nourrir, et tu es tou- 
jours content, tu fais ta fortune ; et moi, malgré toutes mes 
peines et mes travaux, je ne réussis en rien, je vais toujours à 
reculons, à peine puis-je me nourrir moi-même ; je suis triste 
et découragé. Il faut que tu aies un secret pour devenir si 
riche! » — « En effet ce secret, je le possède, » répondit le 
premier, « et si vous désirez le connaître, vous n'avez qu'à 
venir avec moi demain matin. »Quand l'autre vint le lendemain 
matin, il le mena avec lui à la messe, après quoi il l'engagea à 
travailler avec courage. Il répéta la même manœuvre le second 
et le troisième jour. Le voisin lui dit à la fin : « Mais je sais 
bien trouver seul le chemin de l'église; ce n'est pas pour 
que tu me conduises avec toi à la messe, que je viens te 
trouver, je viens seulement pour connaître ton secret.» — « Eh 
bien, mon cher voisin! lui dit le brave homme, n'avez-vous 
donc pas compris ce que je voulais? Mon secret, mon fameux 
secret c'est précisément d aller entendre chaque jour pieuse- 
ment la Messe; c'est par ce moyen que Dieu me donne à moi 
et à mon travail tant de bénédictions, c'est à cause de cela 
que je vis si heureux et si content (i). » — D'autres pieux et 
saints personnages ont également éprouvé combien l'assis- 

(1, Voyez le Trésor caché par S. Léonard de Port-Maurice. On peut ci- 



1 i4 MÉTHODE POUR PRÉPARER LES ENFANTS 

tance à la sainte Messe est agréable à Dieu, de combien de 
grâces et de bénédictions elle est la source ; c'est pourquoi ils 
tâchaient d'assister à autant de messes que possible. S. Louis, 
roi de France, S te Hedwige duchesse, la pieuse Marie-Thérèse 
impératrice, malgré leurs nombreuses et importantes occu- 
pations assistaient chaque jour au moins à deux messes. 
S le Zite servante, se levait tous les jours de très-bon matin 
et se privait du sommeil, afin de pouvoir entendre chaque jour 
la sainte Messe. 

Il y a quelques années un prêtre qui avait été missionnaire 
en Chine, où les chrétiens venaient d'être cruellement per- 
sécutés et martyrisés, racontait que ces nouveaux chrétiens y 
assistaient avec la plus grande ferveur à la messe. Si le prêtre 
de son côté ne peut la célébrer qu'en secret au péril de sa 
vie, ces chrétiens de leur côté savent aussi, disait-il, qu'en 
y assistant, ils s'exposent au danger d'être pris et livrés aux 
tortures, mais malgré cela ils ne se laissent pas effrayer. 
Chers enfants ! ces étrangers nous feront un jour rougir 
devant le tribunal de Dieu, si nous nous montrons négligents 
et indifférents à entendre la messe, nous qui ne sommes 
menacés d'aucun danger; si nous la négligeons parce que 
nous devons faire un chemin un peu long ; si nous n'allons 
pas à l'église pour une légère indisposition ; si nous préfé- 
rons rester au lit (i). — C'est pourquoi je vous en prie, chers 

ter aussi l'histoire du page de S ,e Elisabeth de Portugal, racontée d'une 
manière si magistrale par Schiller, dans ses poésies mêlées. — Le bienheu- 
reux Antoine de Stroncorio, malgré son grand âge, se levait cependant de 
très-non matin, afin de pouvoir assister au saint Sacrifice de la Messe. 
Lorsque ses frères en religion, l'engageaient à se tenir au lit, à cause de 
sa vieillesse et de ses infirmités, il leur dit : 0, Mes frères! si vous saviez 
quels profits retire de la sainte Messe l'âme de celui qui l'entend, vous en 
seriez surpris (et vous n'essayeriez plus de m'en détourner). 

il) On peut citer aussi l'exemple des premiers chrétiens, qui, au péril de 
leur vie, allaient assister aux SS. Mystères dans les catacombes. — Au 
commencement de ce siècle vivait dans la paroisse de Roibou (diocèse de 
Grenoble] un homme, qui, quoique éloigné à une lieue de l'église, se trou- 
vait cependant toujours le premier présent à la messe paroissiale. Pen- 
dant les dernières années de sa vie il fut empêché de venir aux offices du- 
rant l'hiver, à cause d'un grand mal de pied ; mais depuis Pâques jusqu'à 
la Toussaint, il se levait vers une ou deux heures de la nuit et se traînait 



A LA PREMIÈRE COMMUNION. 145 

enfants , proposez-vous sérieusement d'assister , tous les 
dimanches et les jours de fête d'obligation, à la sainte 
Messe, d'y assister aussi pendant la semaine. Demandez à vos 
parents qu'ils vous en donnent la permission. Si plus tard vous 
devez entrer en service comme domestique ou servante, po- 
sez pour première condition, de pouvoir aller à la messe 
tous les dimanches et jours de fête; assistez-y aussi les jours 
ordinaires, si vous pouvez y aller. Il s'est trouvé des domes- 
tiques, des ouvriers qui ont préféré avoir un gage moins 
élevé, afin d'avoir la permission de pouvoir aller, les jours 
ouvrables, à la messe et à la sainte Communion ; aussi Dieu 
les en a-t-il généreusement récompensés. Si vous êtes dans 
le cas de ne pouvoir y assister, nourrissez-en au moins le 
désir sincère, et dites : que ne puis-je aujourd'hui assister 
à la sainte Messe! — Unissez-vous de cœur à toutes les messes 
que l'on célébrera ce jour-là, et ayez le désir de les offrir 
toutes à Dieu pour sa gloire et pour votre salut. 

2) Mais il ne suffit pas, chers enfants, d'assister au saint 
Sacrifice de la Messe, il faut de plus qu'on y assiste bien, à 
savoir avec attention, respect et piété (voyez 1er* Command. de 
l'Eglise). Je dis avec attention ; cela veut dire que vous devez 
être attentifs à ce qui se fait à l'autel, remarquer ce qui s'y 
passe, et ne pas regarder vos camarades, les habits de vos 
voisins, etc.; avec respect : vous devez-vous conduire de telle 
manière, que lorsqu'on vous voit, on puisse dire que vous 
pensez à Dieu, que vous avez des égards pour le divin Sau- 
veur. Chers enfants, les païens eux-mêmes ont montré un 
grand respect au milieu de leurs cérémonies religieuses ; les 
Juifs dans leur temple, se jetaient, la face contre terre et n'o- 
saient lever les regards (1). Et cependant les uns n'adoraient 

à l'église, mettant quatre heures pour faire ce chemin pénible. 11 mourut 
vers la fin de décembre 1809, à l'âge de 75 ans. 

Quand le bienheureux Jean Berchmans avait sept ans, on l'envoya à une 
école latine. On lemarqua bientôt qu'il se levait de très- bonne heure le 
Hiatin et quittait ensuite la maison. Lorsqu'on lui en demanda le motif, on 
apprit que le pieux enfant assistait chaque jour à plusieurs messes qu'or- 
dinairement il servait) afin d'attirer la bénédiction de Dieu sur ses études. 

(Il On connaît l'histoire de ce jeune païen qui, pendant un sacrifice 

MÉTHODE, ETC. 7 



146 MÉTHODE POUR PRÉPARER LES ENFANTS 

que de fausses divinités, les autres n'offraient que des ani- 
maux et ne possédaient pas l'adorable Sacrement que nous 
avons. Mais dans nos églises, Dieu est près de nous d'une ma- 
nière ineffable et toute mystérieuse ; on y célèbre tout ce 
qu'il peuty avoir de plus saint dans le ciel et sur la terre ; des 
troupes de saints Anges y sont présentes d'une manière invi- 
sible et adorent l'Agneau qui s'immole sur l'autel pour nos 
péchés (1). Croirait-on qu'il est possible de rencontrer des 
chrétiens croyant tout cela et se conduisant néanmoins sans 
le moindre respect ? qui bavardent, rient et se conduisent 
comme ils n'oseraient se conduire devant une personne un peu 
honorable ? Chers enfants ! si vous-mêmes avez été du nom- 
bre de ceux qui se conduisent ainsi à la sainte Messe, de- 
mandez aujourd'hui au divin Sauveur, lorsque nous nous 
rendrons à l'église, qu'il veuille vous pardonner, et promet- 
tez-lui de vous conduire désormais toujours avec un grand 
respect à l'église. Pendant la sainte Messe, mettez vous à 
genoux (excepté pendant l'Evangile) ; ceux-là seulement 
doivent s'asseoir pendant la sainte Messe, à qui l'une ou l'au- 
tre infirmité ou faiblesse ne permet pas de s'agenouiller. La 
pieuse Eleonore, impératrice d'Autriche se mettait à genoux 
pendant toute la messe. Quelqu'un lui dit un jour qu'elle ne 
devait pas se fatiguer ainsi, qu'elle devait plutôt s'asseoir. 

offert par Alexandre le Grand, reçut sur le bras ou sur le pied un charbon 
ardent et n'essaya pas même de le secouer, de peur de troubler la solen- 
nité du sacrifice. 

Les mahométans (ou Turcs montrent le plus grand respect quand ils font 
la prière dans leurs mosquées (églises turques). Ils se tiennent immobiles 
et n'osent pas même tousser ni cracher. Lorsque dans leurs prières ils 
rencontrent le nom de leur prophète, ils inclinent profondément la tête et 
au nom de Dieu ils se courbent jusqu'à terre. Ils ont coutume de dire : 
« Si tu te conduis avec tant de décence et de respect en présence du pacha 
(gouverneur) combien plus ne dois-tu pas le faire en présence (dans la 
maison) de Dieu, dont la majesté surpasse infiniment toute grandeur hu- 
maine. 

(1) Qui d'entre les fidèles pourrait douter, demande S. Grégoire pape, 
qu'au moment où la voix du prêtre prononce les paroles de la consécra- 
tion, les cieux s'ouvrent et que les chœurs des anges soient présents à ce 
sacrifice mystérieux. » S. Ambroise et S. Chrysostôme tiennent le même 
langage. 



A LA PREMIÈRE COMMUNION. 147 

Mais la noble femme répondit d'un ton sévère : « Comment ! 
aucun de mes gens de cour ne se permet de s'asseoir en ma 
présence, et moi qui ne suis qu'une pauvre pécheresse, j'i- 
rais m'asseoir devant mon maître et mon Dieu ! » Enfin 
assistez à la sainte Messe avec piété, c'est-à-dire efforcez-vous 
de vous occuper sans cesse de ce qui se fait pendant la sainte 
Messe, de choses saintes et religieuses, de chasser de votre 
esprit les pensées étrangères à cette grande action ; ne vous 
occupez donc ni de jeux, ni de plaisirs, ni du boire, ni du 
manger, ni de vos devoirs de classe, etc. ; si vous vous apercevez 
que vous êtes distraits, arrêtez de suite la distraction. Déjà, 
lorsque vous êtes en chemin pour venir à l'église, pensez où 
vous allez et ce que vous devez y faire. Si on vous envoyait 
faire une commission chez un monsieur bien riche, chez un 
comte, pour lui demander quelque chose, en chemin vous 
penseriez sans doute à celui devant lequel vous allez paraître, 
et à ce que vous voulez lui dire. Eh bien ! quand vous irez à 
la sainte Messe, vous paraîtrez devant le souverain Seigneur, 
devant celui qui un jour vous jugera, vous condamnera ou 
vous sauvera pour toujours ; vous lui demanderez tout ce 
dont vous avez besoin pour 1 'âme et pour le corps. C'est pour- 
quoi pensez-y déjà en chemin. En entrant dans l'église, faites 
comme S. Etienne abbé, qui disait chaque fois, en y entrant : 
« Vous, pensées, soucis et préoccupations terrestres, demeu- 
rez ici à l'extérieur, jusqu'à ce que je revienne ; je n'ai pas le 
temps de m'occuper de vous. » 

Mais quelles prières devez-vous donc dire pendant la sainte 
Messe ? D'abord, au commencement de la messe, formez 
toujours l'intention d'offrir, en vous unissant aux souf- 
frances de Jésus-Christ, la sainte Messe à Dieu 1) comme un 
sacrifice d'adoration, pour lui rendre hommage et le glori- 
rifier;2) comme un sacrifice de reconnaissance pour tous ses 
bienfaits, surtout de vous avoir appelés à la Foi catholique, 
ensuite pour tous les bienfaits particuliers que Dieu vous a 
accordés à vous, à vos parents, à toute l'Eglise catholique ; 
3) comme un sacrifice d'expiation pour tous les péchés 
par lesquels Dieu a été offensé, surtout pour vos propres 
péchés, en particulier pour tel... avec le ferme propos... 



148 MÉTHODE POUR PRÉPARER LES ENFANTS 

4) comme un sacrifice d'impétration ou de prière, pour obtenir 
tout ce qui vous est nécessaire à vous et à vos proches, quant 
au corps et à l'âme ; demandez en outre toujours l'une ou l'autre 
grâce spéciale, dont vous ou dont votre prochain avez surtout 
besoin. Après cela vous pouvez prier de différentes manières. 
Je vous ai montré ailleurs (Voyez Q. 20, p. 132) comment vous 
pouvez entendre la messe et y prier. Une autre méthode con- 
siste à se servir d'un livre de prières et à réciter lentement 
les oraisons pendant la sainte Messe. Après avoir lu un passage 
ou une partie, arrêtez-vous un moment en silence, et dites à 
Dieu par vous-même ce que vous venez de lire. 

C'est surtout une pratique convenable et belle de prier, 
pendant le saint Sacrifice de la Messe, le chapelet des cinq 
mystères douloureux. Et pourquoi cela? La sainte Messe est 
un souvenir solennel de la douleureuse passion et de la mort 
sanglante de Jésus-Christ sur la croix; or, dans les cinq mys- 
tères douloureux du chapelet, nous méditons cette passion, 
depuis la sueur de sang que Jésus versa au jardin des Olives, 
jusqu'au moment où il rendit son dernier soupir sur le mont 
du Calvaire. Dans la sainte Messe Jésus offre par les mains 
du prêtre son corps et son sang au Père céleste, il lui présente sa 
passion, afin qu'il nous pardonne ; — dans les cinq mystères 
douloureux nous offrons également ce sang adorable, nous 
présentons aussi cette passion douloureuse au Père éternel, 
nous prions aussi, pour qu'il nous pardonne à cause de Jésus- 
Christ qui a sué du sang pour nous, qui a été flagellé pour 
nous, etc. Donc si vous voulez prier pendant la messe le cha- 
pelet des mystères douloureux, voici comment vous pouvez 
vous y prendre : Au commencement de la messe, formez votre 
intention comme je vous l'ai indiqué plus haut; ensuite quand 
vous commencez le premier mystère et chaque fois que vous 
en commencez un autre, arrêtez-vous un moment, et méditez 
sur le mystère. Par exemple, imaginez-vous voir comment 
Jésus est prosterné à genoux dans le jardin des Olives ; il est 
là pâle, frémissant, tout inondé d'une sueur de sang; pensez 
aux terribles souffrances qu'il doit y avoir éprouvées et dites: 
« mon Jésus, c'est pour moi que vous versez ce sang, moi 
qui en ai été en partie la cause par mes péchés, surtout par 



A LA PREMIÈRE COMMUNION. 149 

ceux-ci... J'ai un grand regret d'avoir offensé ainsi le bon 
Dieu et de vous avoir causé tant de douleurs. Père céleste! 
je vous offre le sang que Jésus a versé pour moi au jardin des 
Olives, et je vous conjure de vouloir me pardonner en consi- 
dération de ce sang. Je me propose fermement de ne plus 
vous offenser comme je l'ai fait. » On peut faire de même 
à chaque mystère douloureux (i). Ensuite chaque fois que 
vous dites, «Gloire soit au Père etc. » renouvelez votre bonne 
intention et unissez de nouveau votre prière à la prière et au 
sacrifice de Jésus-Christ. Puis priez lentement, pieusement; 
quand même vous n'auriez pu vous occuper ainsi que 
de deux mystères douloureux, ce serait mieux que si vous 
aviez récité à la hâte tout le chapelet. S'il vous survient des 
pensées étrangères qui vous distraient, dites chaque fois : 
<( Seigneur, apprenez-moi à prier. » 

Il existe encore d'autres méthodes sur la manière de bien 
entendre la sainte Messe. Plus tard, à ceux qui sont réelle- 
ment sages et qui s'efforcent de prier comme il faut, j'indi- 
querai dans le confessionnal, ces différentes méthodes qu'ils 
seront heureux de connaître et qui peuvent devenir pour eux 
une source de beaucoup de grâces. Pour le moment, tachez 
seulement de mettre en pratique ce que je vous ai dit jusqu'ici 
à ce sujet. 

§ III. DE LA SAINTE COMMUNION. 

Jusqu'ici je vous ai expliqué que Jésus-Christ est présent 
dans la sainte Eucharistie, afin d'être toujours près de nous 
même avec son humanité, et de s'offrir pour nous comme 
victime pendant la sainte Messe. Mais Jésus-Christ est égale- 
ment présent dans la sainte Eucharistie pour devenir, dans 
la communion, la nourriture de nos âmes. C'est là ce que je 
dois encore vous expliquer. 

(1 ) A l'occasion de chaque mystère, on peut aussi porter son attention 
sur quelques péchés particuliers ; par exemple, au premier mystère, sur la 
tiédeur, les distractions, l'oubli de Dieu, etc.; au second, sur l'impureté et 
l'intempérance ; au troisième, sur l'orgueil et les mauvaises pensées ; au 
quatrième, sur la colère, l'impatience, les blasphèmes ; au cinquième, sur la 



150 MÉTHODE POUR PRÉPARER LES ENFANTS 

0. 1. Qu'est-ce que communier ? 

R. Communier c'est recevoir réellement le corps et le sang 
de Jésus-Christ pour servir de nourriture à rame? 

« Communion » vient d'un mot latin qui signifie « s'unir. » 
En efl H quand nous communions, nous nous unissons à Jé- 
sus-Christ que nous recevons; et (dans un autre sens) nous 
sommes unis à tous les autres fidèles chrétiens, qui reçoivent 
la même nourriture, qui mangent à la même Table Sainte. 
La sainte Communion est donc proprement la réception réelle 
du corps et du sang de Jésus-Christ, c'est-à-dire qu'elle con- 
siste pour nous à manger le corps de Notre-Seigneur, à nous 
l'incorporer comme un aliment, pour que l'âme en soit nour- 
rie, pour que la vie surnaturelle de la grâce soit conservée 
ou augmentée en elle (voyez § T, q. I). Et le corps de Jésus - 
Christ, nous le recevons réellement, non en nous le figurant, 
non en pensant seulement à Jésus-Christ; mais le vrai corps 
de Jésus-Christ passe comme une nourriture dans notre bou- 
che et de là dans notre poitrine. 

Quand nous ne recevons pas réellement le corps de Notre- 
Seigneur, mais simplement en pensée et en désir, c'est-à-dire 
quand nous souhaitons véritablement, que Jésus vienne au 
dedans de nous et daigne s'unir à nous, quand nous nous 
le figurons comme s'il venait à nous ; alors nous recevons la 
communion de désir (montrez l'analogie avec le baptême de 
désir) qu'on appelle aussi la Communion spirituelle, dont 
je vous ai déjà entretenu plusieurs fois ailleurs (î). Voici 
quelle est la meilleure manière de la faire. Considérez que 
vous êtes à l'église au moment où le prêtre veut distribuer la 

désobéissance et tous les autres péchés ; puis faire un acte d'offrande, de 
repentir et de bon propos. 

(1) On l'appelle « spirituelle» parce qu'elle se fait seulement en esprit, 
intérieurement. Les puissances de l'esprit sont l'intelligence et la volonté. 
Avec l'intelligence nous pensons avec foi à la présence réelle de Jésus dans 
le saint Sacrement, et avec la volonté nous excitons en nous le désir de le 
recevoir. Ces deux actes de foi et de désir sont le fond de la Com- 
munion spirituelle ; cependant, comme dans la Communion réelle, on y 
aftoirte d'ordinaire tes actes de préparation et de remerciement. 



" 



A LA PREMIÈRE COMMUNION. 151 

sainte Commuion. Réveillez alors vos sentiments de foi dans 
la présence réelle de Jésus-Christ et adorez-le. Repentez-vous 
ensuite sincèrement de vos péchés qui l'ont tant offensé, et 
qui l'empêchent de venir avec joie dans votre cœur. Enfin 
réveillez en vous un extrême amour pour Jésus-Christ, exci- 
tez dans votre cœur un grand désir de le recevoir, en disant: 
« mon divin Sauveur! que ne in'est-il donné de vous rece- 
voir en ce moment! » Ainsi il faut des sentiments de foi, de 
contrition et de désir. Puis imaginez-vous que le prêtre vous 
donne le saint Sacrement, remerciez Jésus, et priez-le de 
demeurer dans votre cœur. Tout cela vous pouvez le dire en 
quelques mots, par exemple : « mon Jésus, présent dans 
le saint Sacrement, je crois en vous et je vous adore. Je me 
repens amèrement de tous mes péchés. Je vous aime de tout 
mon cœur, et je ne souhaite rien plus vivement que de vous voir 
venir et demeurer en moi. Jésus, pour vous je veux vivre, 
pour vous je veux mourir. Je suis à vous à la vie, à la mort. » 
Ou bien vous pouvez faire encore la communion spirituelle 
de la manière suivante; dites trois fois: «Seigneur, je ne suis 
pas digne etc. » La première fois, pensez surtout à ce mot: 
« Seigneur » et renouvelez votre foi en lui; la seconde fois, 
pensez à ces mots : « je ne suis pas digne » et renouvelez 
votre contrition ; la troisième fois, pensez à ces mots : « mais 
dites seulement une parole, » et excitez-vous à l'amour, au 
désir de le recevoir. Imaginez-vous alors que vous vous met- 
tez à genoux au banc de la communion et dites : « Que le 
corps de Notre Seigneur Jésus-Christ conserve mon âme 
pour la vie éternelle. Ainsi soit-il. 

Cette pratique de la Communion spirituelle, chers enfants, 
est donc très-facile , elle peut se faire en deux minutes ; pour 
la Communion réelle, vous pouvez être souvent empêchés, 
vous ne pouvez la faire qu'à l'église et lorsque vous êtes à 
jeun, etc.; mais pour communier spirituellement, personne 
ne peut vous en empêcher; vous pouvez la faire en tout lieu, 
en tout temps, à l'église, à la maison, à la campagne, le jour 
et la nuit, étant à jeun ou non. Cette communion spirituelle 
est très agréable à Dieu. Le divin Sauveur apparut un jour à 
une sainte religieuse qui communiait souvent d'une manière 



152 METHODE POUR PRÉPARER LES ENFANTS 

réelle, mais plus souvent encore d'une manière spirituelle, 
et lui montrait deux vases précieux, l'un en or, l'autre en ar- 
gent. Dans le vase d'or, dit-il, je conserve vos communions 
réelles, dans le vase d'argent vos communions spirituelles ; 
voulant montrer par là combien ce saint exercice est précieux 
à ses yeux, et combien il l'aime. Il a même récompensé d'une 
manière miraculeuse cette pieuse pratique. Saint Stanislas, 
qui était un jeune homme d'une pureté angélique, avait un 
désir ardent de recevoir le divin Sauveur, mais la présence 
d'hommes méchants et impies l'en empêchait. Or, son désir 
fut si agréable au bon Jésus, que celui-ci envoya un ange qui 
donna la sainte Communion au pieux jeune homme (1). 

Comme la Communion spirituelle est très-agréable à Dieu, 
ainsi elle est extrêmement utile à nous-mêmes. Elle fait que 
Jésus-Christ nous aime davantage, qu'il nous accorde des 
grâces abondantes, et elle sert d'excellente préparation à 
la communion réelle. Quand vous avez de proches parents 
en deux endroits différents, et que les uns vous disent sou- 
vent de venir les voir, qu'ils montrent combien votre visite 
leur serait agréable, tandis que les autres ne vous disent ja- 
mais rien, ne vous adressent aucune invitation, chez lesquels 
aimerez- vous le mieux d'aller? C'est ainsi que Jésus-Christ, 
vient le plus volontiers dans un cœur qui a vraiment un grand 
désir de le recevoir, et qui l'a invité souvent. C'est pourquoi, 
chers enfants, pratiquez souvent ce pieux exercice. 11 y a de 
saintes âmes qui le pratiquent à toutes les heures. Je vous prie 
seulement de bien observer ce que je vais vous dire: 

i) Lorsque, le matin, vous assistez à la sainte Messe, commu- 
niez spirituellement, pendant que le prêtre communie réelle- 
ment. Si vous ne pouvez assister à la sainte Messe, dans vos 
prières du matin unissez-vous d'intention au saint sacrifice, 
excitez en vous le désir d'y assister, et faites la Communion 
spirituelle. 

2) Le soir, avant d'aller au lit, confessez-vous d'abord spi- 
rituellement, c'est-à dire, examinez votre conscience, repen- 

(lJOn connaît assez lamanièrejniraculeuse dontfurent nourris S.Cathe- 
rine de Sienne et S. Julienne de Falconieri (Voyez le Bréviaire romain^ et 
S. Raymond de Pennafort. 






A LA PREMIÈRE COMMUNION. 153 

tez vous de vos fautes, accusez-vous en présence du divin 
Sauveur et faites le ferme propos d être plus sage le lende- 
main; puis demandez bien pardon. Communiez alors spiri- 
tuellementetdites: Si je devais mourir subitement cette nuit, 
o mon Dieu ! faites compter ceci pour ma confession et ma 
communion en viatique. 

3) Toutes les fois que vous rendez visite au saint Sacrement, 
pratiquez la Communion spirituelle, comme nous le ferons 
tantôt ensemble. 

Q. 2. Est-ce Dieu, ou est-ce seulement V Eglise qui nous 
a prescrit la sainte Communion? 

R. Dieu nous Va prescrite aussi, car Jésus-Christ nous a dit 
expressément : « En vérité je vous le dis, si vous ne 
mangez la chair du Fils de V homme et si vous ne 
buvez son sang, vous ri aurez pas la vie en vous. » 
(S. Jean 6-54.) 

L'Eglise, par son troisième commandement, nous a ordonné 
de communier, comme vous le savez : « Ton Créateur tu 
recevras, au moins à Pâques humblement. » Mais Dieu aussi 
nous a fait un commandement de recevoir la sainte Com- 
munion. Notre-Seigneur a dit en effet : « Si vous ne man- 
gez la chair, etc. » ; ce qui signifie : vous devez manger 
ma chair, sans cela vous n'aurez point en vous la vie, c'est-à- 
dire, la vie de l'âme, la grâce sanctifiante; Dieu ne vous 
aimera pas, et, après votre mort, vous n'obtiendrez pas la vie 
éternelle. Donc, Dieu aussi bien que l'Eglise, nous a pres- 
crit la sainte Communion. Dieu, il est vrai, nous a commandé 
en général de communier, car il n'a pas précisé quand et 
combien de fois nous devons le faire. D'ailleurs cela n'était 
pas nécessaire anciennement, parce que les premiers chré- 
tiens étaient si fervents, que le plus grand nombre d'entre 
eux communiaient tous les jours, et plus tard au moins tous 
les dimanches. Ce fut seulement quand les chrétiens devin- 
rent plus tièdes et ne s'approchèrent plus de la sainte Table 
d'eux-mêmes et avec tant de ferveur, que l'Eglise décida 
expressément, combien de fois, chaque chrétien était tenu 

7. 



! M MÉTHODE POUR PRÉPARER LES ENFANTS 

de communier, et dans son troisième commandement elle a 
ordonné que nous devions communier au moins une fois par 
an, à savoir pendant le temps de Pâques. Ainsi tous les 
chrétiens, parvenus à l'âge de discrétion (les petits enfants ne 
peuvent recevoir la sainte Communion), sont obligés, sous 
peine de péché grave, de communier au moins une fois cha- 
que année, aux environs de Pâques, ensuite au moment où ils 
courent quelque danger de mort, par exemple, quand ils sont 
atteints d'une maladie grave. Mais ne devons-nous commu- 
nier qu'une fois par an? C'est le moins que nous devions 
faire; au contraire l'Eglise désire vivement que nous rece- 
vions la sainte Eucharistie plusieurs fois dans Tannée. Plus 
tard je vous en dirai plus au long. 

Q. 3. Pour recevoir le sang de Jésus-Christ, devons-nous 
boire aussi au calice 9 

R. Non; c<ir en recevant Jésus-Christ sous les apparences 
du pain, nous recevons aussi son sang, puisque nous 
recevons Jésus-Christ tout entier, avec son humanité 
et sa divinité : 

Rem. « C'est pour ce motif que Notre-Seigneur promet la vie éter- 
nelle même à ceux qui ne le reçoivent que sous les apparences du 
pain. » Celui qui mange ce pain, dit-il, vivra éternellement. (S. Jean, 
6, 52 59.) 

Vous avez entendu précédemment que le divin Sauveur a 
dit': « Si vous ne mangez la chair du Fils de l'homme et si 
vous ne buvez son sang, etc. » Donc nous devons recevoir éga- 
lement son sang. Mais est-il nécessaire pour cela, que, outre 
la*communion sous l'apparence du pain, nous buvions en- 
core au calice? Nullement; en effet, etc. (récapitulation de la 
q. 14, p. 80). Recevez-vous aussi le sang de Jésus-Christ dans le 
calice, sous l'apparence du vin ? Ne le recevez-vous donc pas 
du tout, si vous ne buvez pas au calice? Si. Quand le recevez- 
vous? où se trouve donc le sang de Jésus-Christ? Dans son 
corps. Où recevez-vous son corps? Et dans ce corps ? Où 
recevez-vous par conséquent le sang de Jésus-Christ? (i) 

1^1; Dans les églises où c'est l'habitude de donner aux enfants du vin 



A LA PREMIÈRE COMMUNION. 155 

Nous accomplissons donc l'ordre de Jésus-Christ, celui de 
recevoir son corps et son sang, même quand nous ne rece- 
vons la sainte Eucharistie que sous l'apparence de pain ; 
et voilà aussi pourquoi le divin Sauveur a promis la vie 
éternelle à ceux même qui ne le recevraient que sous 
l'espèce du pain, c'est-à-dire la vie éternelle promise en gé- 
néral à ceux qui le reçoivent dignement. 

Q. 4. Mais pourquoi donc Usus-Christ a-t il institué la 
sainte Eucharistie sous les deux espèces ? 

R. Parce quil Va instituée en même temps comme sacri- 
fice, ce qui requiert les deux espèces. 

Rem. Conséquemment ce n'est pas un commandement général quand 
Jésus-Christ dit : « Buvez-en tous » ; ceci ne concernait que les apô- 
tres et ceux qui leur ont succédé dans le sacerdoce, comme prêtres 
sacrificateurs. C'est pourquoi les prêtres, quand ils ne célèbrent pas 
la sainte Messe, communient seulement sous une espèce. 

Il pourrait sembler, chers enfants, puisque nous recevons 
lesang:de|Jésus-Christ dans son corps, sous les apparences du 
pain, qu'il n'aurait pas été nécessaire à Jésus-Christ de nous 
donner^ encore particulièrement, sous les apparences du vin, 
son sang adorable, puisqu'il l'institua ainsi sous les deux es- 
pèces sacramentelles. Il n'eût pas été nécessaire d'aiileurs pour 
nous, de recevoir le divin Sauveur tout entier. Mais, comme 
vous le^savez, Jésus est présent dans la sainte Eucharistie 
non-seulement pour y être la nourriture de notre âme, quand 
nous le recevons, mais aussi comme victime, puisqu'il renou- 
velle le sacrifice de la croix d'une manière non-sanglante. Or 
pour cela, il est nécessaire que les deux espèces soient pré- 
sentes. Car par cela seul que ces deux espèces séparées nous 
représentent le corps et le sang comme séparés, elles sont les 
figures ou les symboles de la mort sanglante que Jésus-Christ 
endura sur la croix, et nous représentent ainsi son sacrifice 
sur la croix. (Voyez p. 113. Q. 13.) 

après qu'ils ont communié la première fois, on doit dire expressément 
aux emants que ce n'est |,as le sang de J.-C. qu'on leur donne. 



100 MÉTHODE POUR PRÉPARER LES ENFANTS 

Jésus- Christ, lors de la dernière cène, a dit au moment 
qu'il tendit le calice à ses disciples : « Buvez-en tous. » Mais 
par làn'a-t-il pas ordonné à tous les chrétiens de boire aussi 
au calice ? Nullement, aussi peu que lorsqu'en disant : « Fai- 
tes-ceci en mémoire de moi (p. 107. Q. 8), »il a ordonné à tous 
les chrétiens de changer le pain en son corps etc, et de cé- 
lébrer le sacrifice de la Messe. Ni l'une ni l'autre de ces pa- 
roles ne concernent donc tous les chrétiens, elles concernent 
uniquement les Apôtres et ceux qui leur ont succédé dans le 
sacerdoce, c'est-à-dire les prêtres, quand ils offrent le saint 
Sacrifice : car c'est alors que les prêtres doivent boire au 
calice. Aussi lorsqu'un prêtre communie, sans dire la sainte 
Messe, alors il ne communie que sous l'espèce de pain, 
comme les simples chrétiens (par exemple, le jeudi-saint, 
là où il y a plusieurs prêtres attachés à une église ; ou quand 
on porte la sainte Communion à un prêtre malade). 

Vous voyez donc, chers enfants, que Jésus-Christ a or- 
donné seulement aux fidèles de recevoir son corps et son 
sang, mais il n'a pas ordonné de communier sous une ou 
sous deux espèces, de recevoir seulement l'hostie ou de rece- 
voir l'hostie et le calice ensemble. D'un autre côté l'Eglise a 
décidé la chose ainsi : c'est que les fidèles (à l'exception des 
prêtres qui disent la messe) reçoivent la communion sous une 
seule espèce, à savoir sous l'espèce de pain, et ne boivent pas 
au calice. Pourquoi l'Eglise a-t-elle pris cette décision ? 

Q. 5. Pourquoi l'Eglise ne distrihue-t- elle aux fidèles la 
communion que sous une espèce ? 

R. 1) Pour préserver le saint Sang de toute prof anation ; 

2) Pour faciliter à tous la réception du saint Sacrement ; 

3) Pour montrer par là aux hérétiques que Jésus Christ 

est entièrement présent sous chaque espèce. 

Rem : Déjà aux premiers siècles de l'Eglise les malades, les pri- 
sonniers, el tous ceux qui communiaient dans leurs demeures, ne rece- 
vaient la sainte Communion que sous l'espèce du pain. 

L'Eglise ne distribue pas aux fidèles la sainte Communion 
sous l'espèce de vin : 



A LA PREMIÈRE COMMUNION. 157 

t) Pour préserver le saint sang de toute profanation. Vous 
éprouvez de la peine quand on déshonore vos parents ; vous 
craindriez de commettre un péché en laissant tomber un 
crucifix dans la boue ; pourquoi ? — Or sachez-le ; le saint 
Sacrement c'est ce que l'Eglise possède de plus cher et 
en même temps de plus saint. Ne serait-ce pas pénible 
pour l'Eglise et pour nous, si cet auguste Sacrement était 
déshonoré, profané? Or ce serait une injure, une profana- 
tion, si le saint Sang était répandu. Mais il serait impossible 
del éviter, si tous ceux qui communient devaient boire au ca- 
lice; par exemple, lorsqu'un grand nombre de fidèles se pré- 
sentent au banc de communion, les uns se lèvent, les autres 
s'agenouillent, celui-ci pousse et heurte celui-là pendant qu'il 
boit ; puis souvent ce sont de vieilles personnes qui tremhlent 
ou des gens grossiers, etc C'est donc afin d'empêcher le saint 
Sang d'être profané, que l'Eglise ne permet pas aux fidèles 
d'user du calice (i). 

2) Pour faciliter à tous la réception du saint Sacrement ; 
c'est-à-dire : l'Eglise veut faire en sorte que tous puissent 
recevoir plus facilement le saint Sacrement. En effet si tous 
ceux qui communient, devaient boire du calice, pour un 
grand nombre ce ne serait pas plus facile, mais au contraire 
plus difficile. Pourquoi ? D'abord parce que dans plusieurs 
pays, par exemple, dans les pays froids, ou dans le fond de l'Asie, 
il n'y a pas de vin, et qu'on ne peut l'y avoir qu'à un prix très 
élevé. Or si les chrétiens, toutes les fois qu'ils voudraient 
communier, devaient boire du calice, il faudrait beaucoup de 
vin, surtout s'ils communiaientsouvent, et les églises pauvres 
ne pourraient en couvrir les frais. De cette manière, il serait 
plus difficile aux personnes pieuses de communier souvent. 
Ensuite il y a bien des gens qui ne peuvent supporter le vin, 
ni par conséquent les apparences du vin qui demeurent tou- 
jours dans la sainte Eucharistie, telle que l'odeur et le goût; 
ce serait donc plus difficile pour eux s'ils étaient tenus de 
communier sous les deux espèces. De plus on ne pourrait 

(1) Ce serait aussi une profanation, si le saint sang devait être con- 
servé sous les espèces de vin et si celles-ci se corrompaient ce qu'il serait 
difficile d'empêcher). 



158 MÉTHODE POUR PRÉPARER LES ENFANTS 

guères porter la sainte Communion sous les espèces de vin, 
sans danger d'effusion, etc. (1). Voilà pourquoi l'Eglise à 
réglé, que la sainte Communion ne seraitdistribuée que sous 
une espèce, et depuis lors c'est bien plus facile pour le plus 
grand nombre etc., (car pour le pain, on en a partout ; le 
pain, chacun peut le supporter ; sous l'espèce du pain 
on peut aisément porter la sainte Communion aux malades). 

3) Il y a eu des hommes qui ont prétendu que l'on devait 
boire aussi au calice, sinon l'on ne recevrait que la chair de 
Jésus-Christ, et pas son sang. Cette doctrine est une hérésie, 
elle est fausse, et ceux qui la soutiennent sont des hérétiques. 
Or si l'Eglise avait cédé aux prétentions de ces hérétiques 
et distribué également la sainte Communion sous l'espèce du 
vin, les chrétiens auraient pu penser, que les hérétiques 
avaient raison. Mais l'Eglise ne donne la sainte Communion 
que sous une seule espèce, et par là elle déclare, elle montre 
qu'il n'est pas nécessaire de communier sous les deux espè- 
ces ; que Jésus-Christ est tout entier présent sous l'espèce du 
pain. 

C'est ainsi que l'Eglise en a agi depuis un grand nombre 
de siècles, et, depuis les premiers temps du christianisme, 
elle a toujours cru que la communion sous la seule espèce 
du pain suffisait. En effet tous ceux qui n'étaient pas en état 
d'aller communier à l'église, tels que les malades, les pri- 
sonniers, ne recevaient la communion que sous la seule 
espèce du pain. De môme ceux auxquels le prêtre remettait 
le saint Sacrement pour l'emporter avec eux à la maison, ne 
recevaient que la sainte Hostie. (Cet usage était permis alors, 
à cause des persécutions; car à cette époque les malheureux 
persécutés ne pouvaient assister parfois aux saints offices 
qu'après de longues intervalles, ni avoir toujours un prêtre 
pour leur donner la sainte Communion ; aujourd'hui cela 
n'est plus nécessaire et c'est sévèrement défendu.) 

Que répondriez-vous maintenant, chers enfants, si un hé- 
rétique vous demandait: Pourquoi ne recevez-vous pas l'Eu- 

(1) On pourrait ajouter que plusieurs personnes ne boiraient qu'avec 
dégoût à un vase où d'autres ont mis les lèvres avant elles. 



A LA PREMIÈRE COMMUNION. 159 

charistie sous les deux espèces? Vous répondriez: 1° Nous 
recevons Jésus-Christ toutentiermême sous la seule espèce de 
pain ; 2° Jésus-Christ ne nous a pas prescrit si nous devions 
communier sous une seule ou sous les deux espèces, mais il 
en a laissé la décision à l'Eglise; 3° notre Eglise catholique a 
des raisons très graves pour ne permettre la Communion que 
sous une seule espèce. 

Q. 6. Quelles grâces nous communique la sainte Com- 
munion 9 

R. 1° Elle nous unit de la manière la plus étroite à Jé- 
sus-Christ, et augmente en nous la grâce sanctifiante; 

2° Elle affaiblit nos mauvaises inclinations et nous donne 
le goût et la force de pratiquer le bien; 

3° Elle nons purifie des péchés véniels et nous préserve 
des péchés mortels; 

4° Elle est pour nous le gage de notre résurrection future 
et du bonheur éternel (S. Jean, 6, 55). 

En Italie, vivait autrefois un peintre pieux qui voulait re- 
présenter la dernière Cène dans un grand tableau. D'abord il 
peignit les Apôtres, mais quand il dut commencer à peindre 
la figure du divin Sauveur et qu'il pensa à l'infinie majesté, 
au tendre amour, à la ravissante sainteté qui devaient rayon- 
ner sur le visage de Jésus-Christ au moment d'instituer cet 
auguste Sacrement, quand il se demanda comment il pour- 
rait retracer tout cela dans cette tête adorable, il se décou- 
ragea et mit timidement ses pinceaux de côté, désespérant 
de pouvoir jamais représenter le divin Sauveur. 

Chers enfants! Ajourd'hui j'éprouve les mêmes sentiments 
que ce peintre. Je devrais, par mes paroles, vous donner une 
image de tout ce que le bon Jésus opère et produit dans l'âme 
de celui qui reçoit dignement la sainte Communion. Et ce- 
pendant, mes bien-aimés, c'est quelque chose de si grand, 
de si mystérieux, qu'un ange même ne pourrait l'expliquer; 
car c'est un mystère divin; c'est Dieu lui-même qui, dans un 
amour vraiment divin, descend dans le cœur de l'homme, 



160 MÉTHODE POUR PREPARER LES ENFANTS 

pour y opérer les prodiges de sa puissance et de sa charité. 
Je vais essayer, chers enfants, me fiant sur l'assistance du 
divin Sauveur, de vous expliquer aussi bien que possible, ces 
effets mystérieux de la sainte Communion (î). 

1° La sainte Communion nous unit de la manière la plus 
étroite à Jésus-Christ, c'est à-dire, elle fait que nous sommes 
un avec Jésus-Christ, elle fait que nous sommes en Jésus- 
Christ et que Jésus-Christ est en nous. La nourriture maté- 
rielle que nous prenons tous les jours, est unie à notre corps, 
elle se change en notre chair et en notre sang. C'est ainsi que 
Jésus-Christ descend dans notre âme, demeure en elle, et 
reste avec elle. « Celui qui mange ma chair et boit mon sang, 
dit Jésus-Christ, demeure en moi, et moi je demeure en lui.» 
Lorsque le prophète Elisée voulut rendre à la vie un enfant 
mort, il vint dans la maison du jeune défunt, mit sa bouche 
sur la bouche de l'enfant, ses yeux sur les yeux de l'enfant, 
et lui communiqua ainsi sa chaleur avec la vie ^4. Rois, 4, 32). 
Chers enfants, Jésus-Christ en agit de même pour nous faire 
participer à sa vie sainte et céleste. Son cœur divin bat contre 
notre cœur si froid et si misérable, afin de l'embraser du feu 
de celte charité dont le cœur de Jésus est tout brûlant. Et 
lorsque nous le recevons fréquemment et dignement, lorsque 
nous ne l'attristons ou ne le chassons pas par nos péchés, 
alors s'accomplit ce que dit l'apôtre saint Paul: « Je vis! néan- 
moins ce n'est pas moi, mais Jésus-Christ qui vit en moi. » 
Alors nous lui deviendrons entièrement semblables; de 
même que dans les eaux d'un lac tranquille se reflète l'azur 
du ciel avec son soleil rayonnant et ses étoiles scintillantes, 
de même dans notre âme se reflétera la vie sainte de Jésus- 
Christ; nous n'éprouverons d.e joie que pour les choses qui 
causent de la joie à Jésus-Christ, nous ne ferons que ce à 

(1) Il sera bon de donner d'abord l'explication du texte du catéchisme. 
L"idée fondamentale qui doit être développée est celle-ci : ce que la nour- 
rituie matérielle est pour le corps et pour la vie naturelle, la Communion 
l'est pour l'âme et pour la vie surnaturelle. Ensuite il faudra, sous forme 
de sermon ou d'exhortation, dire quelques paroles qui s'adressent au coeur 
et à l'âme des enfants. Pour éviter la répétition, nous avons uni les deux 
choses. 



A LA PREMIÈRE COMMUNION. 161 

quoi il nous engage. Et pour nos prières, pour nos bonnes 
oeuvres, elles seront agréables au Père céleste, comme si Jé- 
sus-Christ lui-même les avait faites. Comme le feu échauffe 
peu à peu le fer, le rougit entièrement, et le change lui-même 
en une masse brûlante, ainsi Jésus-Christ vient pénétrer 
notre âme d'une manière mystérieuse et la remplir de sa vie, 
du feu de sa char ; !:'\ Chers enfants, quel bonheur! Celui qui 
est la félicité des anges dans le ciel, veut être dans nos cœurs, 
y demeurer et y vivre. Ah ! qu'il était heureux saint Jean 
l'évangéliste qui put se reposer sur la poitrine de Jésus- 
Christ! Mais ne sommes-nous pas bien plus heureux, puis- 
que Jésus veut reposer dans notre poitrine, sur notre cœur 
et ne plus nous quitter? Aussi quiconque aime Jésus, doit 
sentir son cœur se remplir d'une sainte joie à cette seule 
pensée: « Mon Jésus vient à moi, il m'appartient, il demeure 
près de moi ! » Voilà pourquoi les enfants pieux ressentent 
tant de bonheur au jour' de leur première Communion. Un 
enfant très vertueux disait un jour: Il faudrait que le ciel fut 
continuellement un jour de première Communion, parce 
qu'on ne peut s'imaginer un bonheur plus grand. Et cet en- 
fant avait raison de parler ainsi. En effet, dans le ciel nous le 
posséderons dans sa gloire celui que, dans la sainte Eucha- 
ristie, nous possédons caché sous les espèces du pain. La 
sainte Communion c'est quelque chose du ciel sur cette 
terre. 

La sainte Communion augmente en nous la grâce sancti- 
fiante. Elle nous fait obtenir encore plus de grâces de 
sanctification (1), comme la nourriture nous fait conti- 

(1) Ce point a dû être expliqué auparavant en exposant la doctrine des 
sacrements en général. On pourrait faire cette courte récapitulation : par 
la grâce sanctifiante nous sommes justes et saints, nous possédons une 
beauté inexprimable dans l'âme, et nous sommes très agréablesà Dieu ; — 
par l'augmentation de la grâce sanctifiante dans la sainte Communion nous 
devenons encore plus saints, plus beaux, plus agréablesà Dieu; par elle 
nous sommes les enfants de Dieu ; — parla sainte Communion nous deve- 
nons des enfants encore plus aimés, pour lesquels Dieu a des soins en- 
core plus tendres ; par la grâce sanctifiante nous sommes les héritiers 
du ciel ; — par la sainte Communion nous sommes encore plus certains 
d'obtenir le bonheur céleste et d'arriver à un plus haut degré de gloire. 



162 MÉTHODE POUR PRÉPARER LES ENFANTS 

nuer de vivre, de croître, nous développe et nous fait 
acquérir encore plus de vie et de vigueur. Lorsque autre- 
fois, quand on n'avait pas encore les chemins de fer, un roi 
opulent devait voyager dans des contrées pauvres et y passer 
la nuit, il apportait avec lui les objets dont il avait besoin, 
son lit, ses meubles les plus nécessaires, sa nourriture, etc. 
lï savait bien que les gens pauvres de ce pays, ne pouvaient 
pas lui préparer un appartement, des mets, etc, comme il 
convenait. Voilà ce que fait aussi le divin Sauveur. Il veut 
établir sa demeure dans notre âme, mais il sait bien que 
nous ne pouvons pas orner notre âme comme cela convien- 
drait. C'est pourquoi il apporte avec lui ses riches trésors 
célestes, il en orne notre âme pour en faire une magnifique 
habitation. Et quand nous le possédons dans notre cœur, 
avec quelle complaisance le Père céleste doit abaisser ses 
regards sur nous qui possédons dans notre cœur celui en 
qui il a mis « toutes ses complaisances ! » Et comment pour- 
rait-il alors nous refuser quelque chose, lorsque, possédant 
Jésus dans notre cœur, nous le lui demandons dans nos 
prières. 

2° La sainte Communion affaiblit nos mauvaises inclina- 
tions, c'est-à-dire, elle rend nos inclinations et notre pro- 
pension au mal (par exemple, notre penchant à la paresse, 
à la colère à la jouissance des choses déshonnêtes, à l'orgueil), 
moins fortes, et de notre côté elle nous fait devenir plus 
forts, plus énergiques pour vaincre ces inclinations. La sainte 
Communion nous donne ensuite du goût et de la force pour prati- 
quer le bien, ce qui veut dire: elle fait en sorte que nous voulons 
et que nous pouvons pratiquer le bien, que nous pratiquons 
le bien avec joie et exactitude comme Dieu le prescrit. Si un 
domestique ou un journalier n'obtenait de toute la matinée 
rien pour se nourrir, et qu'il fût obligé de travailler fort, 
croyez-vous qu'il travaillerait courageusement, ou pourrait 
même encore travailler l'après-midi ? Aucunement. Mais 
quand, au diner, il a reçu une nourriture fortifiante, alors il 
aimera de nouveau de travailler et il pourra travailler comme 
il faut ; la nourriture lui a donné de nouveau du goût et des 
forces pour le travail. C'est ainsi que la sainte Communion, 



A LA PREMIÈRE COMMUNION. 163 

cette nourriture surnaturelle, nous donne du goût et des 
forces afin de travailler avec notre âme, d'une manière surna- 
turelle, pour gagner le ciel, de sorte que nous aimons à 
bien prier, à obéir gaiment et ponctuellement etc. Chez les 
personnes qui communient fréquemment avec une bonne 
préparation, le goût, l'amour du mal diminuera toujours da- 
vantage, tandis qui- l'amour de Dieu et de la vertu augmentera 
sans cesse, et qu'une vie toute nouvelle, toute belle commen- 
cera à se manifester dans leur conduite. Chers enfants ! 
considérez la terre au milieu de l'tiiver : alors comme il fait 
froid, comme tout est silencieux et solitaire ! partout se 
montre la tristesse et l'inaction ; on dirait que tout est mort. 
Mais regardez la terre, deux mois plus tard ; comme tout est 
changé ! tout est vert dans les forêts , dans les prairies 
et dans les champs ; les jardins et les parterres étalent par- 
tout des plantes en fleurs ; les petits oiseaux chantent, gazouil- 
lent et se réjouissent ; on dirait vraiment que ce n'est plus 
la même terre. Qui a produit ce changement ? C'est le soleil. 
Il s'est rapproché de la terre et ses chauds rayons ont fondu 
la neige avec la glace, ils ont éveillé les plantes et les fleurs, 
ils ont donné à tout une vie nouvelle. Ce que le soleil fait 
pour la terre, Jésus-Christ, chers enfants, le fait pour vos 
cœurs quand vous le recevez souvent et dignement. Le froid 
et la tiédeur fondront de suite; vous verrez clairement que tous 
ce que vous estimiez tant autrefois, la vanité et la toilette, les 
bons mets et l'argent, que tout cela n'est rien et disparaît 
comme la neige qui se fond, et Jésus-Christ fera germer 
dans vos cœurs, les fleurs des plus aimables vertus, les fleurs 
d'une douce piété; puis une joie comme vous n'en avez jamais 
goûtée, une paix et un bonheur inexprimables entreront dans 
votre cœur, de sorte que vous croirez être des hommes tout 
autres qui commencent seulement à vivre. Oui, alors vous 
commencerez à mener une vie nouvelle et heureuse, une vie 
en Dieu et avec Dieu. Tout travail et la prière nous deviendront 
faciles et doux; même dans les souffrances et les adversités, la 
paix et la joie éclaireront vos cœurs, pareilles à la petite 
flamme de la lampe du sanctuaire qui continue debriller, pen- 
dant qu'au dehors se déchaîne la tempête sauvage. Vos joies 



164 MÉTHODE POUR PRÉPARER LES ENFANTS 

seront plus belles et plus nobles que les joies des pécheurs, 
joies auxquelles succèdent d'amers remords ; c'est ainsi que 
l'alouette qui s'élance dans les hauteurs du ciel, où elle envoie 
au Créateur ses joyeuses chansons, éprouve une jouissance bien 
plus pure que le vil pourceau qui se vautre et se roule dans 
l'ordure. Vous ressentirez quelque chose de cette félicité du 
ciel, que les âmes saintes et pieuses ressentaient si souvent, 
surtout pendant la sainte Communion ; de ce bonheur que 
goûtait un saint Louis de Gonzague devant le saint Sacre- 
ment, de sorte que, lorsqu'il devait quitter l'église où il 
avait prié longtemps, il s'écriait chaque fois: « Jésus, laissez- 
moi m'en aller, laissez-moi partir, ne me retenez pas plus long- 
temps î » dece bonheur, au milieu duquel saint François-Xa- 
vier s'écriait: « Seigneur, arrêtez, arrêtez! C'est trop de joie 
pour un cœur humain, — autrement j'en mourrais (î) î » 

chers enfants! que vous pouvez devenir heureux! Si 
maintenant déjà s'élèvent dans vos jeunes cœurs de mauvaises 
inclinations qu'il vous semble difficile de vaincre, Jésus, pourvu 
seulement que vous combattiez courageusement, Jésus vien- 
dra bientôt en vous et vous fortifiera. Et, lorsque plus tard 
des tentations, comme autant de furieux orages, s'abattront 
sur vous, alors venez, venez souvent communier ; là vous re- 
cevrez celui qui autrefois commanda à la tempête et aux va- 
gues ; il fera renaître dans vos cœurs le calme et la paix. 
Aussi lorsque quelques personnes disent, tout en voulant 

(1) On pourrait très bien appliquer ici la comparaison de la vigne. Quand 
celle-ci n'est pas attachée à un pieu solide ou à un arbre, elle se traîne mi- 
sérablement à terre ; elle n'a ni air ni lumière, et ne peut produire de 
fruits, mais elle dépérit dans la boue. Au contraire quand elle s'enlace à 
un pieu solide ou à un arbre élevé, alors elle s'élance joyeusement vers le 
ciel, et produit des grappes de raisins délicieux. Notre âme est comme cette 
vigne. Si elle ne s'attache pas fermement à Jésus, elle se traîne sur la 
terre, privée de la lumière et de l'air céleste, sans foi, sans charité, sans 
prière; elle ne saurait produire de fruits pour la vie éternelle; elle est 
dévorée par la vermine des mauvaises passions et dépérit dans la boue du 
péché Mais l'âme qui, par la fréquente communion, s'attache fortement au 
divin Sauveur, s'élève radieuse vers le ciel, elle est pleine de foi, elle vit 
dans la lumière du ciel, et produit des fruits doux et précieux pour la vie 
éternelle. 



A LA PREMIÈRE COMMUNION. 165 

s'excuser: j'ai des tentations et des mauvaises inclinations 
trop fortes, je ne saurais prier, je ne puis me débarras- 
ser de ces ennemis; le Sauveur leur demandera un jour: 
« Pourquoi n'êtes-voas pas venues plus souvent me trouver, 
pour chercher près de moi des forces, du zèle et du courage? » 

3° La Communion nous purifie des pêches véniels ( — nous rend 
purs, sans tache; elle fait en sorte que ces péchés nous sont 
pardonnes) et nous préserve des péchés mortels (nous empêche 
de tomber dans les péchés mortels). Quand quelqu'un n'a 
point de quoi se nourrir, ou n'a qu'une mauvaise nourriture, 
il deviendra malade, et s'il continue ainsi, il finira par mou- 
rir. Si au contraire on lui donne une nourriture saine et subs- 
tantielle, celle-ci le guérira de son infirmité et le préservera 
de la mort. Or, les maladies, les infirmités de notre âme, ce 
sont les péchés véniels ; la mort pour l'âme cest le péché 
mortel, et la nourriture céleste de la sainte Communion nous 
purifie des péchés véniels, en même temps qu'elle nous pré- 
serve du péché mortel. 

Il se trouve quelque fois des gens qui haussent les épau- 
les et sourient, quand ils entendent dire que la Communion 
nous purifie des péchés véniels. Qu'est-ce après tout, se di- 
sent-ils, un péché véniel? Un jour Dieu montra d'une ma- 
nière miraculeuse à sainte Catherine, ce qu'un seul péché 
véniel est à ses yeux. Mais cet aspect du péché véniel était si 
épouvantable, que sainte Catherine dit : « Je préfère marcher 
pendant ma vie sur des charbons ardents, plutôt que de voir 
encore quelque chose de semblable. » Voilà, chers enfants, 
ce que c'est qu'un seul péché véniel devant Dieu! Est-ce donc 
un rien, une bagatelle, d'être délivrés de pareils péchés que 
nous avons peut-être commis par centaines? Puis demandez 
aux pauvres âmes du purgatoire, ce qu'elles ont à souffrir à 
cause des péchés véniels; elles souffrent des douleurs plus 
grandes que les plus cruels maux de dents, que les plus atro- 
ces souffrances causées par les maladies, même que les plus 
affreux tourments endurés par les saints martyrs! Eh bien, 
le péché véniel qui cause de tels maux, de pareils châtiments 
est-ce un rien, une bagatelle? N'est-ce donc rien que d'en 
être préservé? 



166 MÉTHODE POUR PRÉPARER LES ENFANTS 

Mais surtout qu'est-ce qu'un péché mortel? Hélas! chers 
enfants, aucune langue humaine ne saurait l'expliquer. Voici 
ce que j'ai seulement à vous dire : c'est le péché mortel qui 
des anges a fait des démons ; c'est le péché mortel qui a causé 
toutes les misères, tous les malheurs du genre humain; c'est 
le péché mortel qui est cause que tant de centaines, de mil- 
liers et de millions d'hommes souffrent en enfer, pendant 
toute l'éternité, des maux si terribles qu'ils surpassent tout ce 
qu'on pourrait s'imaginer. N'est-ce donc rien que d'être pré- 
servé de ce malheur effroyable, en comparaison duquel tous 
les malheurs, toutes les infortunes de la terre ne sont rien? 
Les hommes n'épargnent rien, ni argent, ni fatigues, ni peines 
pour être guéris des maladies, pour échapper à la mort, et 
en définitive tout cela ne sert de rien. Cependant contre les 
maladies et la mort de l'âme, qui sont mille fois pires que les 
maladies et la mort du corps, nous avons un remède facile et 
infaillible; nous n'avons qu'à nous nourrir souvent et digne- 
ment de la sainte Eucharistie. Et néanmoins les hommes ne 
veulent pas employer ce moyen si facile. 

Chers enfants! Je dois vous l'avouer; plus d'une fois, en 
pensant à vous, j'ai senti dans mon cœur de la tristesse et de 
l'effroi. Jusqu'ici vous ne soupçonnez guères les tentations et 
les dangers qui vous menacent. Hélas ! ils sont si grands et 
si graves. Vous vous trouverez bientôt avec des hommes qui 
voudrontvousentraîneraumal ; dans vos cœurs mêmes s'élève- 
ront de mauvaises passions, de vilains désirs; le démon essayera 
de vous pousser au péché, et vous êtes sans expérience, vous 
êtes si faibles ! Cependant si vous tombiez dans des péchés 
graves, si vous perdiez la robe de l'innocence, si vous offen- 
siez gravement le bon Dieu, après qu'il vous a montré tant 
d'amour, et si vous veniez enfin à vous perdre pour toute l'é- 
ternité, ah ! ce serait horrible, ce serait désolant! Cette 
pensée seule m'effraie tellement, que parfois je souhaite 
que Dieu vous fasse mourir de suite après le jour de votre 
première Communion, afin que vous ne tombiez pas dans cet 
affreux malheur. Mais il se peut que personne de vous ne 
meure de si tôt, et la plupart d'entre vous seront probablement 
exposés à ces dangers, ils devront soutenir ces tentations. Or 



A LA PREMIÈRE COMMUNION. 167 

qui vous assistera dans ce terrible combat, dans ces 
dangers effrayants, vous enfants si faibles et si inconsidérés? 
Ah ! mes bien-aimés, je connais un moyen par lequel vous 
vaincrez certainement ce danger, et vous pourrez vous pré- 
server de l'affreux malheur de tomber dans le péché mortel : 
communiez souvent, communiez dignement, et je puis vous 
donner l'assurance certaine que vous serez préservés du péché 
mortel. Le divin Sauveur lui-même viendra à vous dans la 
sainte Communion, il vous inspirera une sainte horreur du 
péché, il remplira vos cœurs du feu sacré de la charité, sa 
main vous soutiendra, vous protégera et vous conduira dans 
la céleste patrie. Chers enfants ! Si l'affreux malheur de tom- 
ber dans le péché mortel et de vous damner pour toujours, 
vous épouvante, faites maintenant le propos ferme et sérieux 
d'aller souvent, oui bien souvent à la sainte Table, et de rece- 
voir toujours la sainte Communion avec de saintes disposi- 
tions, dans un cœur vraiment bien préparé. Alors vous pour- 
rez braver avec calme et joie tous les dangers : sous la 
protection de Jésus vous n'aurez rien à craindre (1). 

4 La sainte Communion est pour nous un gage de notre 
résurrection future et de notre bonheur éternel. 

Quand un maître engage chez lui un domestique, il lui 
donne une pièce de monnaie, par exemple, une pièce de cinq 
francs. C'est là un gage, ou un engagement qui montre qu'il 
le prend réellement à son service. Il semble lui dire : aussi 
vrai que je vous donne cette pièce d'argent, aussi vrai je vous 
prends à mon service. C'est ainsi que dansla sainte Communion, 
Jésus-Christ nous donne également un gage que notre corps 
ressuscitera un jour glorieux, et que nous serons heureux 
pendant toute l'éternité. Lui aussi semble nous dire : aussi 
vrai que vous recevez dignement mon corps, aussi vrai je vous 
ressusciterai et je vous prendrai dans le ciel (pourvu que plus 
tard vous ne vous en rendiez pas indigne par des péchés 

(1) Quand on demanda à S. Charles Borromée ce qui l'avait conservé si 
pur et si ferme dans le bien, au milieu des jeunes gens corrompus, des 
nombreux dangers et des séductions de la vie universitaire, il répondit : 
C'est la sainte Communion que je recevais tous les dimanches et jours de 
fête. 



168 MÉTHODE POUR PRÉPARER LES ENFANTS 

graves), ou bien : autant il est certain que je viens mainte- 
nant dans votre cœur, autant il est certain que vous viendrez 
un jour près de moi dans le ciel. Car voici la promesse qu'il 
a faite : « Celui qui mange ma chair et boit mon sang, a la 
vie éternelle et je le ressusciterai au dernier jour. » (Il ne 
peut en être autrement. Puisque la sainte Communion nous 
unit si étroitement à Jésus-Christ, nous devons aussi un jour 
aller là où il est. Et puisqu'il unit si souvent son corps ado- 
rable au nôtre, il faut aussi que notre corps devienne sem- 
blable au sien, qu'il soit transfiguré et glorifié comme il l'est 
lui-même.) 

Chers enfants! qu'elle est consolante cette promesse! Il y a 
bien des gens qui s'inquiètent et se tourmentent en se disant : 
« Ah ! Si j'étais assuré d'aller au ciel ! si je savais que j'aurais 
ce bonheur. » Vous n'avez pas besoin de vous tourmenter; 
le ciel vous l'aurez, si vous communiez souvent, si vous com- 
muniez bien ; car vous avez la parole, la promesse de Notre- 
Seigneur, que, si vous faites ainsi, vous irez au ciel. 

Et maintenant, chers enfants, rappelez-vous encore en 
quelques mots ce que je vous ai dit des effets de la sainte 
Communion (récapitulation), puis dites-moi : Pouvez-vous 
remercier assez votre divin Sauveur, de ce qu'il veut vous ad- 
mettre àsasainteTable? Pouvez vous vous réjouir assez du bon- 
heur qui vous attend? — Il y a une chose que je dois ajouter en- 
core : En vous parlant des effets de la sainte Communion, je 
vous ai répété souvent ces mots : Celui qui communie sou- 
vent et dignement. Pourquoi cela? C'est que toute commu- 
nion bien faite produit quelque chose de ces effets, de même 
que chaque aliment sain et substantiel sert à la conservation, 
à l'accroissement delà santé du corps, adonner de nouvelles 
forces, etc. Mais comme il ne suffit pas de se nourrir seule- 
ment une fois par an, ainsi, pour recevoir tous les fruits 
abondants de la sainte Eucharistie, il faut que l'on communie, 
non une fois, mais plusieurs fois, mais souvent dans l'année. 
Plus tard je vous en parlerai plus au long. 



A LA PREMIÈRE COMMUNION. 169 

Q. 7. En recevant la sainte Communion, chacun reçoit-il 
aussi les grâces qui y sont attachées ? 

W. Nullement; celui qui communie indignement, cest-à 
dire, celui qui la reçoit en état de péché mortel, s'at- 
tire la damnation. 

Remarque. « Celui qui mange indignement ce pain, ou boit indigue- 
inert le calice du Seigneur, se rend coupable du corps et du sang de 
Noire-Seigneur . Il mange et boit sa comdamnation, ne faisant pas le 
discernement du corps du Seigneur. » (1 Cor. II, 27-29). Comparaison 
avec l'arche d'alliance qui procurait aux fidèles Israélites du bonheur 
et des bénédictions, et causait aux impies Philistins, du malheur et 
des malédictions. 

Vous savez, chers enfants, combien le feu nous est utile, 
combien il est bienfaisant ! 11 nous procure de la lumière dans 
les ténèbres de la nuit, il sert à préparer, à cuire nos ali- 
ments, il sert à une infinité d'autres choses; il nous réchauffe 
et nous empêche de mourir de froid. Mais ce même feu, 
comme il est terrible dans ses effets, quand on en abuse, 
quand on s'en sert mal ! Quel affreux tourment que de mou- 
rir dans le feu! Quels terribles désastres que les incendies 
causés par le feu ! Croirait-on bien que c'est le même feu qui 
produit de tels effets? — 11 en était ainsi de l'arche d'al- 
liance. Aux fidèles Israélites, cette arche procurait de riches 
bénédictions; c'était par elle que Dieu lui-même protégeait 
son peuple contre les ennemis et lui donnait conseil, 
consolation et secours dans tous ses besoins. Mais lorsque 
les impies Philistins eurent enlevé cette même arche, ils ne 
recueillirent, au lieu de bénédictions, que des malédictions 
et des châtiments. Des milliers d'entre eux moururent d'une 
maladie dégoûtante, et ils ne furent délivrés de ce fléau, que 
lorsqu'ils eurent éloigné l'arche du milieu d'eux. Chers en- 
fants ! Il en est de même de la sainte Communion. Vous avez 
entendu quelles abondantes bénédictions, quels magnifiques 
dons célestes apporte la sainte Communion quand elle est 
reçue dignement; mais grandes aussi sont les malédictions, 

MÉTHODE, ETC. 8 



170 METHODE POUR PREPARER LES ENFANTS 

grands sont les malheurs que produit une Communion indi- 
gne. La mauvaise Communion opère précisément l'opposé de 
ce que produit une bonne Communion. La bonne Communion 
nous unit à Jésus-Christ et augmente en nous la grâce sancti- 
fiante ; la mauvaise Communion nous sépare de Jésus-Christ, 
nous rend ses ennemis, nous enlève de plus en plus sa grâce, 
et nous en rend entièrement indignes; — la première affaiblit 
nos mauvaises inclinations, nous donne du goût et de 1 énergie 
pour le bien ; la seconde nous fait devenir les esclaves de nos 
mauvaises passions, nous enlève tout goût, toute ardeur 
pour le bien, la paix et la joie du cœur ; — celle-là nous puri- 
fie de nos fautes vénielles et nous préserve du péché mortel, 
celle-ci est un nouveau péché mortel et nous dispose aux 
crimes les plus énormes; — l'une est le gage de résurrection 
future et de la gloire éternelle, l'autre est en quelque sorte 
un engagement donné au démon, par lequel nous lui ven- 
dons notre âme et nous signons notre damnation éternelle.. 
C'est pourquoi le catéchisme dit en quelques mots : Celui 
qui communie indignement, c'est à-dire en état de péché 
mortel (quand, après avoir commis un péché mortel, on ne 
s'en purifie pas par une bonne confession), s'attire la damna- 
tion. Et l'apôtre S. Paul prononce cette parole terrible : 
« Quiconque mange ce pain ou boit le calice du Seigneur 
indignement, commet un crime contre le corps et le sang 
du Seigneur... Il boit et mange son jugement (c. a. d. sa 
damnation) parce qu'il ne fait pas le discernement du corps 
du Seigneur. » (c. a. d. parce qu'il ne le discerne pas de la 
nourriture ordinaire, parce qu'il le reçoit sans la pureté du 
cœur, sans préparation, comme une nourriture ordinaire). 
Que veut dire l'Apôtre par ces mots : Il mange et boit son ju- 
gement? Chez quelques anciens peuples, c'était la coutume, 
quand un coupable était condamné à mort, d'écrire sa sen- 
tence sur un papier, et le malheureux était forcé de manger, 
d'avaler ce papier qui portait son arrêt de mort. Par là on 
voulait signifier que sa sentence était passée, entrée en lui, 
qu'il ne pouvait plus s'en débarrasser, ni en être délivré. 
L'Apôtre veut donc dire par ces expressions effrayantes : un 
tel porte déjà dans son cœur son propre arrêt de condamna- 






A LA PREMIÈRE COMMUNION. 171 

tien; pour lui il n'est plus besoin de condamnation, ni de sen- 
tence de la part de Dieu; aussi vrai qu'il a mangé indigne- 
ment le corps du Seigneur, aussi vrai est-il, qu'il est damné 
(s'il meurt dans ce péché). Mais pourquoi, chers enfants, une 
menace si terrible, un châtiment si effroyable? C'est parce que 
l'indigne Communion est un péché énorme, un péché 
horrible. 

Q. 8. Quel péché commet celui qui ose communier indi- 
gnement. 

R. 1° Il commet, comme Judas, un horrible sacrilège, 
puisqu'il s attaque au corps et au sang de JSotre-Sei~ 
gneur. 

2° // se rend coupable de la plus noire ingratitude, puis- 
qu'il fait au divin Sauveur la plus sanglante injure 
au moment même où il reçoit de lui la plus grande 
preuve d'amour. Ps. 54, 13. 

1° Comme on vous l'a dit ailleurs, celui qui profane ou 
déshonore une chose sainte, consacréeà Dieu, commet un sa- 
crilège. Celui qui outrage la statue du roi, qui souille son 
appartement, s'attaque à la propriété du roi, lui adresse en 
quelque sorte cet outrage à lui-même; mais celui qui frappe 
ou crache le roi même à la figure, commet un outrage 
bien plus grand, puisqu'il s'attaque au corps, à la personne 
de son maître. C'est ainsi que Dieu est outragé par celui 
qui profane une église, un calice, ou qui fait une mauvaise 
confession; alors il insulte, il attaque la propriété de Dieu ; 
mais celui qui communie indignement, fait à Dieu un ou- 
trage bien plus horrible, puisqu'il s'attaque au propre corps, 
au propre sang du Sauveur. Il commet un acte de brigandage 
contre Dieu, c'est ainsi qu'on exprime ce crime dans cer- 
taines langues. Que fait un brigand? il enlève avec violence, 
ce qu'on ne veut pas lui donner de bon gré. Eh bien! celui 
qui communie indignement, enlève Dieu, r'est-à-dire qu'il 
saisit dans sa bouche le corps de Jésus-Christ, force le Sau- 
veur à descendre dans un cœur où il lui répugne d'entrer. 



172 MÉTHODE POUR PRÉPARER LES ENFANTS 

Que c'est affreux quand des brigands, après avoir enlevé une 
personne de distinction, renferment au fond d'une caverne, 
pour l'y laisser pourrir vivante, parmi des squelettes et des 
cadavres! Et Jésus-Christ a mille fois plus d'aversion et 
d'horreur pour le péché mortel, que nous n'en avons pour un 
cadavre en putréfaction. Et celui qui fait une Communion 
sacrilège, force Jésus-Christ à descendre dans son cœur noir 
comme l'enfer, et tout rempli de l'affreuse pourriture du pé- 
ché mortel ! Voilà le traitement qu'il fait subir au Fils de 
Dieu, à celui qui le tient continuellement sous sa puissance, 
qui pourrait le faire tomber mort à l'instant même et le lan- 
cer dans l'éternité au milieu des flammes inextinguibles de 
l'enfer î 

Le crime de celui qui communie indignement, ressemble 
d'une manière frappante au crime de Judas. Ecoutez et ju- 
gez-en par vous-mêmes. Judas alla trouver les ennemis de 
Jésus-Christ et leur dit : « Que voulez-vous me donner si je 
vous le livre? » Et ils lui donnèrent trente pièces d'argent. — 
L'enfant qui veut communier indignement, demande aussi 
au démon : « Que me donneras -tu si jeté livre Jésus? — Et le 
démon répond : « Tu n'auras pas besoin de confesser tel 
péché... Tu pourras continuer de vivre dans telle mauvaise 
habitude ». Et le malheureux enfant est satisfait du marché, 
sa résolution est prise ! 

Jésus-Christ avertit Judas pendant la dernière Cène ; il lui 
montre qu'il connaît son noir projet ; il dit ouvertement : 
« L'un d'entre vous me trahira » ; et comme Judas avait encore 
l'effronterie de lui demander : « Seigneur est-ce moi ?» — 
Jésus lui dit clairement : « Oui, vous l'avez dit »; puis il veut 
l'effrayer, le détourner de son crime par cette terrible me- 
nace : « Malheur à l'homme, par qui le Fils de l'homme sera 
trahi ; mieux aurait valu pour lui de n'être pas né ! » Mais Ju- 
das persiste dans son affreux projet, rien ne fait impression 
sur lui. Or Jésus avertit également l'enfant sacrilège, qui veut 
communier indignement; il l'avertit par des voix intérieures, 
par les reproches de sa conscience ; il l'effraie par les me- 
naces qu'il lui fait entendre dans les instructions où il lui 
apprend combien l'indigne Communion est un forfait épou- 



A LA PREMIÈRE COMMUNION. 173 

vantable ; il l'avertit par la bouche du confesseur dans le tri- 
bunal de la pénitence ; mais c'est en vain ! Le malheureux 
enfant demeure insensible, il résiste avec une malice infer- 
nale à tous ces avis ; il est déterminé à commettre l'horrible 
sacrilège. 

Judas vient accompagné des ennemis de Jésus-Christ, et 
antre dans le ja? -un des Olives ; il s'avance vers son divin 
Maître et presse ses lèvres hypocrites sur la face de l'Agneau 
de Dieu ; Jésus ne repousse pas ce baiser qui lui cause une 
peine infinie ; il lui dit avec une profonde tristesse : « Mon 
ami ! pourquoi êtes-vous venu ? Est-ce donc ainsi que, par 
un baiser, vous trahissez le Fils de l'homme ? » Et les enne- 
mis de Jésus tombent sur lui, ils amoncellent sur sa tête di- 
vine, les injures, les douleurs les mépris et les tortures de 
toute espèce. — L'enfant qui communie indignement, vient 
dans l'église, amenant avec lui, dans son cœur, le péché mor- 
tel et le père du péché, le démon ; là sous les yeux de Dieu 
qui sait tout, en présence des anges invisibles qui entourent 
le tabernacle et se voilent tristement la face, devant ses pa- 
rents, ses frères et sœurs, ses proches et ses camarades, il 
s'approche du divin Sauveur qui lui adresse un dernier 
avis : « Mon enfant ! mon enfant ! pourquoi es tu venu ? Je 
t'aime tant ; est-ce ainsi que tu agis envers celui qui est ton 
Sauveur? » Mais le malheureux enfant ne se laisse pas 
toucher ; il s'avance hypocritement, il s'agenouille, comme 
s'il était plein de respect et d'amour pour Jésus, il reçoit 
la sainte Communion, il presse ses lèvres sacrilèges sur le 
corps précieux de Notre-Seigneur, il le reçoit dans son cœur, 
le livre en quelque sorte au démon, qui règne en maître 
dans son âme, et le forfait abominable est accompli ! Ce qu'il 
y a de plus saint, de plus sacré est déshonoré ! Satan triom- 
phe ! mais de la bouche de l'ange vengeur sort cette pa- 
role : « Malheur ! Malheur ! » ou plutôt cette sinistre parole, 
elle sort de la bouche du divin Sauveur lui-même. « Mal- 
heur ! » crie-t-il, ce Jésus si bon, si aimable, « Malheur à 
cet enfant ! Mieux aurait valu pour lui de n'être jamais né ! » 

2° // se rend coupable de la phis noire ingratitude, oui de 
l'ingratitude la plus odieuse, la plus détestable. Il est ingrat, 



174 MÉTHODE POUR PRÉPARER LES ENFANTS 

celui qui ne montre pas de la reconnaissance pour un bienfait 
reçu ; il est plus ingrat encore, celui qui paie le bienfait 
par des injures ; mais le comble de l'ingratitude, c'est d'abuser 
du bienfait même pour outrager le bienfaiteur. Un père s'est 
mis à travailler jour et nuit ; à table, à peine a-t-il osé manger 
quelques bouchées, et cela afin d'acheter des habits à ses 
enfants. L'un des enfants prend l'habit que le père lui donne 
et ne dit pas un mot de remerciement ; le second ne dit rien 
non plus, et il va même, pendant ces quelques moments, jus- 
qu'à désobéir à son père ; le troisième prend l'habit, puis le 
jette à terre, le foule aux pieds et va jusqu'à le lacérer en 
face de son père, au milieu d'un torrent d'injures et d'outrages. 
Lequel de ces trois malheureux est le plus ingrat? — chers 
enfants ! Jésus a fait infiniment plus pour nous, que jamais 
père n'en a fait ou n'en fera pour ses enfants ; non-seule- 
ment, pendant l'espace de trente-trois ans, il a travaillé, il 
s'est épuisé ; non-seulement il a sacrifié sa vie pour nous, 
mais il a voulu encore se donner tout entier pour notre sa- 
lut : il nous présente son corps, son sang pour devenir la 
nourriture de notre âme. C'est une grande ingratitude, si un 
chrétien ne l'en remercie pas pendant toute sa vie ; une in- 
gratitude plus grande encore, s'il désobéit à son divin Sau- 
veur, s'il l'offense par le péché, mais c'est mettre le comble à 
l'ingratitude, c'est se montrer ingrat de la manière la plus 
monstrueuse, quand il communie indignement, parce que 
alors il s'attaque à Jésus-Christ lui même, à ce corps ado- 
rable qui a été mis en croix pour lui, à ce corps précieux 
qui lui a été donné en nourriture ; ce corps sacré, il en 
abuse pour outrager le divin Sauveur de la façon la plus 
odieuse, et cela au moment même où il se donne au malheu- 
reux avec un amour admirable (1). 



(1) Voici encore un exemple qui pourrait être cité à propos : Un jeune 
nomme avait été dévalisé par des brigands et pendu à un arbre In voya- 
geur passe à cheval près de là, il s'aperçoit qu'il y a encore un peu de vie 
dans le pendu, coupe la corde avec le couteau qu'il porte sur lui, et fait 
reprendre connaissance au jeune homme, en lui faisant avaler quelques 
gouttes de vin. Il le fait ensuite monter à cheval derrière lui et le transporte 
ainsi plus loin, afin de pouvoir le soigner. Le misérable qu'il a sauvé, re- 



A LA PREMIÈRE COMMUNION. 175 

L'histoire parle beaucoup d'un illustre païen, nommé Jules 
César, que plusieurs Romains, dans un conspiration, avaient 
juré de faire mourir. Lorsque ses ennemis se précipitèrent 
sur lui, le poignard à la main, il commença à ce défendre 
vigoureusement contre eux. Mais tout à coup il découvrit 
parmi les conjurés qui l'attaquaient, un certain Brutus, qu'il 
avait adopté comme enfant, aimé comme un père et comblé 
de bienfaits. A p^ine l'eut-il aperçu, qu'une indicible douleur 
s'empara de son cœur à la vue de tant d'ingratitude chez son 
fils adoplif, et, d'une voix déchirante, il s'écria: «Et toi 
aussi, mon fils ?» — Dès lors il ne se défendit plus, il se 
couvrit la tête d'un pan de son manteau et tomba percé de 
coups, sous le fer de ses ennemis. Chers enfants ! Le divin 
Sauveur ne devrait-il pas dire la même chose, si l'un d'entre 
vous l'attaquait par le crime monstrueux d'une communion 
sacrilège? ne devrait-il pas lui adresser aussi ces paroles : 
« Et toi aussi, mon enfant, toi que j'aimais tant, tu es aussi 
parmi mes ennemis, tu m'outrages ? » Que les infidèles le 
blasphèment, que les impies l'outragent, ce n'est pas si ef- 
frayant ; mais qu'un enfant, auquel il a porté tant d'amour, 
qu'il a comblé de tant de caresses et de bienfaits, devienne 
son meurtrier, son assassin, et s'unisse à ses plus cruels 
ennemis, c'est ce qui doit faire infiniment de peine à son di- 
vin cœur (î). 

Combien l'indigne Communion est un péché énorme, c'est 
ce que vous pouvez comprendre par les châtiments que Dieu 
v a attachés. 



marque que son sauveur porte sur lui une somme d'argent, que fait-il? Il 
soustrait adroitement le couteau qu'il plonge tout entier dans la poitrine du 
voyageur bienfaisant ; il se sert du couteau même qui lui a sauvé la vie !! 
(li C'est ainsi qu'un père qui est malade et accablé de douleurs doit 
ressentir une douleur au dessus de toutes les autres, quand son propre fils 
qu'il a beaucoup aimé, lui fait des reproches, l'injurie etc. 



47t) MÉTHODE POUR PRÉPARER LES ENFANTS 

Q. 9. Quelles sont en général, dès cette vie, les suites 
d'une communion indigne ? 

R. Ce sont V aveuglement et V endurcissement du cœur, 
quelquefois la mort subite et d'autres châtiments 
temporels. 

Exemple : La fin malheureuse de Judas dont le Sauveur a dit : 
« Mieux vaudrait pour lui, de n'être pas né. » S. Matth. 26, 24. — 
Comp, la l re Ep. aux Cor. II, 30. 

Le châtiment qui, d'ordinaire, succède bientôt à la commu- 
nion indigne, c'est le remords déchirant de la conscience. 
Le malheureux enfant a trahi son Sauveur, — et à peine le 
crime affreux est-il commis, qu'aussitôt la malédiction, le cri 
de réprobation retentit au fond de son cœur. Jamais, non jamais 
un tel enfant (à moins de faire une sincère pénitence) ne peut 
recouvrer la véritable paix de l'âme. Une vie misérable, une 
vie sans joie et sans repos, est son partage. Mais Dieu a cou- 
tume de faire suivre, si pas toujours, du moins généralement, 
d'autres châtiments après l'indigne Communion. En effet le 
cœur de celui qui communie indignement, est frappé d'aveu- 
glement, c'est-à-dire qu'il devient comme aveugle ; de même 
qu'un aveugle ne voit aucun chemin et marche droit vers 
des précipices, devant lesquels ceux qui voient, reculent avec 
épouvante, de même celui qui a communié indignement, de- 
vient souvent aveugle dans son âme ; il ne voit plus du tout 
le triste et terrible état dans lequel il se trouve ; il ne pense 
plus ni au ciel ni à l'enfer ; il ne pense plus à changer de vie, 
et c'est ainsi qu'il s'avance droit vers sa perte, vers l'abîme de 
l'enfer. 

Ou bien son cœur devient endurci. Endurci est le cœur quand 
il ressemble à la pierre, dont la dureté ne laisse rien pénétrer; 
tout passe sur le cœur, les avis, les prières, les exhortations, les 
menaces, sans l'amollir ou le changer (exemples de Pharaon, de 
Judas). Souvent ces sortes de personnes se disent: Je suis sur 
un mauvais chemin, je marche à ma perte éternelle ; je serai 
damné, si je ne me confesse et ne me corrige pas ; mais 
(chose effrayante à dire) elles ne veulent pas se confesser, 



A LA PREMIÈRE COMMUNION. 177 

elles ne veulent pas se convertir ; elles endurcissent leur cœur 
contre la voix de Dieu. Or cet endurcissement est une des plus 
terribles punitions de la justice divine, et suit assez souvent 
de près la communion indigne. Judas, déjà longtemps avant la 
dernière Cène, avait péché par avarice, par tromperie, il avait 
déjà formé le dessein de livrer le divin Sauveur ; cependant 
Jésus continua toujours de le supporter, de prendre patience. 
Mais après que le traître eut fait sa communion sacrilège, le 
démon, dit l'Ecriture sainte, le démon entra en lui (parole qui 
fait frémir) ! Judas se jeta dans le crime affreux du déicide, — 
puis il s'en alla, et se pendit. — Il y avait autrefois un jeune 
homme qui s'était livré à une vie très criminelle, mais de 
temps en temps il sentait encore des remords de conscience; 
il tremblait quand il était sur le point de commettre un nou- 
veau péché, et se sentait porté à la pénitence. Il en parla à 
un vieux coquin (1) qui avait blanchi dans le crime. Celui-ci 
lui donna un conseil vraiment infernal, c'était de faire des 
communions sacrilèges. Et le malheureux s'empressa de 
suivre cet avis ; en effet, dès ce moment il n'eut plus de re- 
mords de conscience, plus d'appel au repentir, aussi en 
était-il arrivé au point de commettre, sans frémir, les péchés 
les plus abominables ; il était raffermi dans son mauvais 
chemin : il était endurci ! 

Et ce qu'il y a de plus effrayant, c'est que ces personnes 
meurent dans leur endurcissement, dans leur impénitence. 
Elles ne veulent pas entendre parler de confession ni de con- 
version, et quelquefois Dieu permet qu'elles meurent subi- 
tement, de sorte que, si elles voulaient même se confesser, 
elles n'en auraient plus le temps. S. Cyprien (qui vivait il y a 
1600 ans) rapporte qu'une femme qui allait recevoir indigne- 
ment le corps de Notre-Seigneur, tomba tout à coup à la 
renverse devant la Table sainte, et rendit son esprit au milieu 
d'affreuses convulsions. Je vais vous citer encore deux exem- 
ples de morts pareilles, arrivées il n'y a pas si longtemps. 

Dans une ville de France, les enfants faisaient leur pre- 
mière Communion. Ils venaient de recevoir le divin Sauveur, 
quand soudain au milieu d'eux, un jeune garçon qui avait 

• 1; Voltaire. 

8. 



178 MÉTHODE l'olli PRÉPARER LES ENFANTS 

communié aussi, tomba étendu à terre. Il était là couché pour 
mort, et l'on se hâta de le rapporter dans la maison la plus 
voisine ; le prêtre tacha de le rappeler à la vie, et quand il eut 
enfin rouvert les yeux, le ministre de Dieu essaya de lui inspi- 
rer de la confiance et du courage, de le consoler, de lui rap- 
peler le bonheur qu'il venait dégoûter. — Mais le malheureux 
enfant ne laissa échapper de ses lèvres pâles et frémissantes, 
que ces paroles : « J'ai fait une Communion sacrilège. » Un 
instant après c'était un cadavre (i). 

Un homme qui avait vécu longtemps en état de péché mor- 
tel, devient gravement malade; on va chercher le prêtre qui 
le confesse. Mais lorsque le ministre de Dieu veut lui donner 
la sainte Communion, le misérable le repousse avec les deux 
mains, en s'écriant : « Retirez- vous, Monsieur, je n'ai jamais 
Communié qu'une seule fois en ma vie, et cette Communion 
a été un sacrilège... Je suis damné. » Après ces mots il re- 
tombe dans d'horribles convulsions; comme on veut lui 
parler, il cache sa tête sous les couvertures, et quand on les 
retire on voit que le malheureux est mort! 

Un petit garçon pieux et appliqué, eut le malheur de fré- 
quenter de mauvais camarades, qui étaient corrompus jus- 
qu'au fond de l'âme, et il se laissa entraîner par eux à un 
affreux péché. Ses bons parents n'en soupçonnaient rien. 
Arriva le temps où il dut faire sa première Communion. Il as- 
sista aux instructions, à la retraite, se confessa, mais il fit 
une confession sacrilégeet s'approcha ainsi de la sainte Table. 
Après cette Communion indigne, il étaitsensiblementchangé. 
Il s'en revint chez lui sombre et triste (car les remords de la 
conscience ne lui laissaient pas de repos), il devint désobéis- 
sant, insolent vis-à-vis de ses maîtres, insupportable, irasci- 
ble à l'égard de ses camarades, et pour le punir on fut obligé 
de l'enfermer. Quand le temps fut venu de le laisser sortir de 
la chambre où on l'avait mis aux arrêts, l'homme qui devait 

(1) En rapportant ce fait, le catéchiste, s'il le juge à propos, peut faire 
remarquer que lorsqu'un eufant tombe îaible après la Communion, les au- 
tres doivent bien se garder de soupçonner cet enfant d'avoir fait une Com- 
munion sacrilège. 



A LA PREMIÈRE COMMUNION. 179 

lui ouvrir, écouta à la porte; tout était tranquille, il n'enten 
dait ni bruit ni mouvement. Il frappa quelques coups, mais 
ne reçutpas de réponse. Enfin on ouvrit la porte de vive force et 
l'on trouva (chose horrible à dire) on trouva le malheureux 
enfant mort, il s'était pendu, il était mort comme le traître 
Judas (i) ! 

Et pensez-y, chers enfants, si le sort de ceux qui font une 
Communion sacrilège est déjà si effrayant en ce monde, que 
doit-ce donc être dans l'autre monde, où commence seule- 
ment le jour delà vengeance et des châtiments! Oh non ! la 
justice de Dieu n'atteint pas toujours, dès ce monde, les pro- 
fanateurs sacrilèges de l'Eucharistie, tous ne meurent pas su- 
bitement; tous ne sont pas frappés de punitions temporelles, 
comme de maladies et d'autres fléaux, mais tous (s'ils ne se 
convertissent pas et nefontpas pénitence, ce qui, hélaslarrive 
bien rarement chez ceux qui communient indignement et 
surtout pour la première fois) — mais tous ces imitateurs du 
sacrilège Judas sont atteints, dans l'autre monde, par ce châ- 
timent épouvantable, à cause duquel Notre-Seigneur cria à 
Judas : « Malheur! » Chers enfants! Voila que ce misérable 

(1) Dans une ville du Grand-Duché de Bade, vit encore une femme pos- 
sédée, K..., qui s'est attirée évidemment son effroyable état par une Com- 
munion indigne. Etant âgée de 22 ans, après avoir été se confesser, 
ainsi que plusieurs autres jeunes filles qui demeuraient avec elle, elle 
s'était querellée avec celles-ci et avait maltraité l'une d'entre elles. Toutes 
se réconcilièrent, et, avant d'aller à la sainte Table, elles se rendirent en- 
core auprès de leur confesseur, après avoir conjuré la malheureuse K .. de 
faire de même. Mais celle-ci répliqua :uJe veux communier indignement, 
je veux savoir ce que c'est.» Elle communia en effet, revint à la maison, se 
mit au lit, ne prit plus aucun aliment pendant plusieurs jours, de sorte 
qu'on fut obligé de lui ouvrir la bouche de vive force, et depuis lors com- 
mença le misérable état, où elle se trouve encore actuellement. 

Plusieurs jeunes gens, dans une ville de la Belgique, avaient fait le complot 
de communier d'une manière sacrilège, et s'en vantèrent ensuite comme 
d'un exploit héroïque. L'un d'eux, peu de temps après, fut atteint à la 
bouche d'une maladie mystérieuse; il consulta plusieurs médecins dis- 
tingués, aucun ne fut en état d'expliquer le mal qui, comme un cancer 
horrible, rongeait la bouche du malheureux. Le traducteur tient le fait de 
la famille même d'un médecin de Liège, qui fut consulté personnellement 
par le sacrilège. 



180 MÉTHODE POIK PRÉPARER LES ENFANTS 

souffre depuis plus de 1800 ans les tourments les plus affreux, 
à eause de son saerilége, et lorsque 1800 ans, oui 18,000 ans 
se seront de nouveau écoulés, il continuera encore de souf- 
frir. Ah! que ne puis-je vous faire regarder un moment au 
fond de ce terrible abîme de l'enfer et vous montrer les mal- 
heureux damnés qui y souffrent et y souffriront pendant toute 
l éternité, avec un désespoir affreux, et cela pour les Com- 
munions sacrilèges qu'ils ont osé commettre ! 

Et maintenant, chers enfants! Réfléchissez encore une fois 
à tout ce que je vous ai dit sur la Communion sacrilège; 
rappelez-vous combien le péché de Judas, le sacrilège est 
horrible, et quelles punitions l'attendent; ah! si parmi vous 
il devait y avoir un enfant coupable de sacrilège!!... (et cela 
n'est pas impossible; n'y avait-il pas un Judas parmi les douze 
apôtres?) N'êtes-vous pas effrayés à cette pensée? une sainte 
terreur ne vous fait-elle pas frissonner jusqu'au fond du cœur? 
Et ne vous dites-vous pas, comme les apôtres, avec un cer- 
tain effroi : « Est-ce moi, Seigneur? » 

Ah! chers enfants! si je savais que parmi vous il y eût un 
Judas, je prierais de toute l'ardeur de mon âme, le bon Dieu, 
oui, je le supplierais de laisser du moins mourir cet enfant, 
avant le jour de la première Communion, avant qu'il ne com- 
mette un tel crime. Tous, nous prierons ijourd'hui, chers 
enfants, devant le très saint Sacrement, et da fond de notre 
cœur, pour que Dieu nous préserve d'un i :'ime et d'un mal- 
heur pareils; nous lui dirons : « Hélas! Soigneur, mon cœur 
frémit d'effroi et de crainte, quand je considère que je pour- 
rais faire une Communion sacrilège. Ah ! Ne permettez pas 
que je devienne pour vous un autre Judas. Avant d'avoir ce 
malheur, faites que je meure plutôt dans votre sainte grâce! » 

Nous prierons les unspourles autres, comme ces quarante 
soldats martyrs dont parle l'histoire de l'Eglise, et nous di- 
rons : « Seigneur! nous sommes ici au nombre de.... (dites 
le nombre des enfants), voilà ceux que vous avez choisis ; fai- 
tes que tous, tant que nous sommes ici, nous vous recevions 
dignement; ne permettez pas qu'il y ait un traître, un Judas 
parmi nous! » — Mais avant tout nous demanderons : « Sei- 
gneur, que dois-je faire pour être préservé d'un aussi grand 



A LA PREMIÈRE COMMUNION. 181 

malheur? Voyez je suis tout à fait disposé à faire ce que 
vous désirez de moi, quelques peines qu'il puisse m'en coû- 
ter (1). » 

Chers enfants! si telles sont vos dispositions, je puis 
vous donner l'assurance consolante, que vous ne vous appro- 
cherez pas indignement de la table de Communion. En effet, 
quand même vous auriez été jusqu'ici des enfants méchants, 
quand même vous auriez souvent offensé le bon Dieu par des 
péchés mortels, et souillé votre cœur par de vilaines fautes, 
il y a un moyen qui peut vous rendre de nouveau purs, vous 
réconcilier avec Jésus-Christ et vous empêcher de faire une 
Communion sacrilège. Le catéchisme vous indique ce moyen 
quand il dit : 

Q. 10. Que doit-on faire par conséquent, lorsqu'on a com- 
mis un péché grave ? 

R. On doit, avant de communier, faire une bonne confes- 
sion. 

« Que l'homme s'éprouve soi-même, et qu'alors il mange de ce pain 
« et boive de ce calice. » I Cor. II, 28. 

Oui, avant de communier vous devez faire une bonne con- 
fession, une confession qui compte devant Dieu, une confes- 
sion pleine de sincérité et de contrition. Elle nous procurera 
de nouveau le bonheur d'une conscience pure, bien pure, de 
sorte que vous pourrez vous approcher de la sainte Table et 
de votre Dieu, avec cette pureté et cette sainteté qu'il exige de 
vous. Soyez heureux de pouvoir faire cette confession, etdès au- 
jourd'hui jusqu'au jour de votre première Communion, dites 
journellement une bonne prière, afin d'obtenir la grâce de 
faire une excellente confession. Ne craignez pas de ne 

(1) si le catéchiste a des motifs de craindre qu'il n'y ait parmi les enfants 
des âmes craintives et scrupuleuses, il doit déclarer ici, comme plus tard 
quand il s'agira de la préparation à la confession générale, il doit déclarer 
expressément que celui-là seulement fait une Communion sacrilège, qui 
ose recevoir Jésus-Christ quand il sait très-bien qu'il a un péché mortel 
sur la conscience; que par conséquent ils n'ont pas besoin d'avoir peur de 
faire une mauvaise Communion, s'ils ne le savent ou ne le veulent pas. 



182 MÉTHODE POUR PRÉPARER LES ENFANTS 

pouvoir bien vous confesser, je vous expliquerai tout ce qui 
est nécessaire pour cela; je vous aiderai, et Dieu lui-même 
vous aidera. Seulement soyez bien disposés et fortement ré- 
solus à faire consciencieusement ce que je demande de vous, 
alors je vous réponds que vous ferez une bonne confession, une 
bonne Communion (1). 

Jusqu'ici je vous ai dit seulement, ce que l'on doit faire 
pour que la Communion ne soit pas un sacrilège, à savoir, que 
celui qui a sur la conscience un péché mortel, doit le confes- 
ser. Mais pouvez et devez-vous vous contenter de cela? Non, 
chers enfants. Il ne suffit pas que l'on soit pur de tout péché 
mortel. D'après la parole de S. Jean Chrysostôme, celui qui 
reçoit le Dieu de toute pureté, doit être pur comme le rayon 
du soleil; celui qui mange le pain des anges doit avoir la 
pureté et la piété des anges. Alors même que nous ne serions 
pas en état de posséder cette pureté et cette piété, # nous 
devons faire du moins tout ce dont nous sommes capables 
pour y parvenir. C'est pourquoi le catéchisme demande : 

Q. 11. Comment doit-on ensuite se prépare?* du côté de 
Vâme? 

R. On doit \° s efforcer de purifier le cœur,mê?ne des péchés 
véniels ; 2° y exciter la ferveur et la dévotion. 

Nous devons donc faire tous nos efforts, 1° pour purifier 
le cœur des péchés véniels, moins graves (en tâchant d'ob- 
tenir. le pardon des péchés commis, par une confession pleine 
de repentir, par l'assistance à la sainte Messe, par de fré- 
quents actes de contrition etc., et en prenant la résolution de 
ne plus en commettre volontairement); 2° pour exciter en nous 
la ferveur (un sincère désir, des sentiments de joie, de sain- 
tes aspirations) et la dévotion (en pensant volontiers à la sainte 
Communion, en demandant avec ardeur cette grâce, en éloi- 
gnant les pensées inutiles ou frivoles). 

Représentez-vous, chers enfants, que quelqu'un doit venir 
en visite chez vous, quelqu'un dont vos parents font beaucoup 

(1) La préparation à la confession est contenue dans la 3 e Partie. 



A LA PREMIERE COMMUNION'. 183 

de cas et qu'ils aiment de tout leur cœur; quelqu'un qui les a 
comblés de grands et de nombreux bienfaits; que feront vos 
parents? Sans doute ils lui prépareront une belle chambre, 
ils auront soin de la nettoyer, de la rendre bien propre, d'en 
faire disparaître non-seulement les plus vilaines ordures, 
mais aussi les plus petites taches, d'ôter partout la poussière, 
etc. Cependant quelque propre que soit une chambre, si elle 
n'a que ses quatre murs nus, un étranger de distinction 
n'aura guères de goût d'y loger. C'est pourquoi vos parents 
ne manqueraient pas sans doute de l'orner, d'y placer de 
beaux meubles, d'y mettre des bouquets de fleurs, d'y suspen- 
dre des tableaux ou de belles gravures etc. — Chers enfants! 
il y a aussi un hôte qui veut venir loger dans vos cœurs, un 
hôte, une personne extrêmement distinguée et riche, infini- 
ment aimable: c'estla deuxième personne de la sainte Trinité, 
Jésus-Christ qui veut venir au dedans de vous. C'est pourquoi 
il faut que la petite chambre de votre cœur soit avant tout. 

1° Bien purifiée ou nettoyée. Autant il déplaît à un homme 
distingué de se trouver dans une chambre malpropre et rem- 
plie de poussière, autant il est désagréable à Jésus de se trouver 
dans uneâme souillée de péchés. Il n'est rien qu'il haïsse tant 
que le péché, et je vous ai déjà fait voir (p. 165, 3 e ) combien 
le péché véniel même est odieux à ses yeux. Vous savez com- 
bien doivent être purs les vases sacrés, le calice, le ciboire, 
l'ostensoir, etc, qui sont en contact avec le saint Sacrement 
ou qui servent à le garder î Eh bien! vous devez être des 
calices, des vases vivants, dans lesquels est déposé le corps 
de Notre-Seigneur. C'est pourquoi je vous en conjure de 
nouveau : rendez-vous bien purs; proposez- vous, non-seule- 
ment de confesser avec douleur vos moindres fautes, mais 
avant tout, combattez avec un nouveau couragevos défauts 
journaliers! Chaque matin renouvelez fermement votre réso- 
lution de vous corriger, comme on vous l'a enseigné aupa- 
ravant. Chaque soir, voyez, par un soigneux examen de 
conscience, si pendant le jour la poussière et les taches des 
péchés véniels ne sont pas venues s'attacher à votre âme, et 
efforcez-vous d'essuyer cette poussière du péché, par un re- 
pentir sincère et de bonnes résolutions. 



184 MÉTHODE POUR PRÉPARER LES ENFANTS 

2° Tâchez ensuite d'orner vraiment votre cœur de tout ce 
qui peut plaire à votre aimable Sauveur. Ornez-le de fleurs, 
c'est-à-dire, de ferventes prières, de pratiques de piété qui font 
monter vers Dieu un parfum, comme celui des fleurs les plus 
précieuses. Récitez, avec une pieuse attention, les prières 
que je vous ai déjà indiquées ailleurs ; assistez à la sainte 
Messe avec une dévotion toujours plus grande; visitez le très 
saint Sacrement, faites surtout plus fréquemment et avec plus 
de ferveur la Communion spirituelle, etc. Ornez aussi votre 
cœur de tableaux ou d'images, d'images de saints. Comment 
pouvez-vous faire cela? Les images sont, comme vous le sa- 
vez, des copies d'une personne avec les principaux traits qui 
la font distinguer des autres. Or, en pratiquant les vertus que 
les saints ont pratiquées, vous retracez dans votre âme leurs 
traits distinctifs. Ainsi par exemple, lorsque vous vous exer- 
cez dans la vertu de pureté, vous portez dans votre cœur une 
image de saint Louis de Gonzague; quand vous pratiquez la 
vertu de douceur, vous avez en vous l'image de saint François 
de Sales, etc. Il y a surtout une image que vous devez avoir, 
c'est celle de l'enfant Jésus, si pieux, si obéissant. Ah! le divin 
Sauveur en trouvant dans votre cœur ces images saintes, 
en éprouvera bien plus de joie que vous, lorsque vous possé- 
dez de magnifiques images, peintes avec de belles couleurs. 
Faites donc tous vos efforts, chers enfants, pour pratiquer de 
telles vertus. Obéissez ponctuellement, afin de plaire au bon 
Jésus ; faites de temps en temps une petite mortification à ta- 
ble, etc. (en gardant le silence, en vous tenant bien tranquilles); 
pratiquez quelques œuvres de charité. Ne laissez passer au- 
cun jour sans vous imposer l'une ou l'autre de ces œuvres. 
Et comme vous n'êtes que des enfants pauvres qui avez peu, 
et ne pouvez pas grand' chose, faites comme les pauvres 
gens ont coutume de faire: mendiez chez les riches, c'est-à- 
dire chez les saints du ciel, priez-les de vous aider (par leur 
intercession), afin que vous puissiez acquérir les vertus qui 
en eux ont tant plu au divin Sauveur. Invoquez surtout l'in- 
tercession de la sainte Mère de Dieu, de saint Joseph, de votre 
patron et de saint Louis de Gonzague. Cet angélique et saint 
jeune homme communiait tous les dimanches, et chaque fois 






A LA PREMIÈRE COMMUNION. ÏSô 

il s'y préparait trois jours d'avance, avec la plus pieuse fer- 
veur, par des prières et des bonnes œuvres; puis, pendant les 
trois jours suivants, il remerciait Jésus de sa bonté. 

C'est pourquoi aussi il a reçu des grâces admirables et 
nombreuses dans la sainte Communion. Car, remarquez le 
bien, chers enfants: vous recevez d'autant plus de grâces 
dans la sainte Communion que vous serez mieux préparés; 
et moins bien vous serez préparés, moins grandes aussi se- 
ront les grâces que vous obtiendrez. La même pluie tombe 
sur plusieurs terres en même temps; dans celle qui est bien 
cultivée, elle produira des fruits en abondance; dans les ter- 
rains mal cultivés, moins de fruits, et sur les parties pierreu- 
ses de la montagne, elle serat out à fait inutile. C'est ainsi que 
le même Sauveur descend dans un grand nombre de cœurs; 
dans les cœurs préparés avec soin, il répandra des grâces en 
abondance, mais dans les cœurs purifiés et préparés avec 
négligence, il n'apportera que peu de bénédictions. Voilà 
pourquoi saint Bonaventure a dit : « Je crois que, au moyen 
d'une seule communion faite avec une bonne préparation, 
on reçoit plus de grâces que par dix communions fréquentes 
faites avec peu de préparation (1) ». Aussi remarquez bien ce 
que demande le catéchisme : 

Q. 12. Les péchés véniel s rendent-ils la sainte Communion 
indigne ou sacriléget 

R. Non, ils ne la rendent pas indigne ou sacrilège, mais 
ils diminuent en elle les effets de la grâce. 

Quiconque a commis des péchés véniels et va communier 
dans cet état, sans en être purifié par la confession ou par un 
autre moyen (tel que l'assistance à la sainte Messe, des œuvres 
de pénitence, etc.), ne reçoit pas indignement la sainte Com- 
munion, mais les péchés véniels diminuent les effets de la 

(1 S. Marguerite, fille du roi de Hongrie, ne se contentait pas de se 
confesser avec la plus grande attention et de purifier son cœur avec 
grand soin des moindres taches, avant d'aller à la sainte Table, mais 
elle passait encore en prières toute la nuit qui précédait la Communion. 
Le jour même où elle avait communié elle demeurait à jeûne jusqu'au 
soir, etc. 



180 MÉTHODE POUR PRÉPARER LES ENFANTS 

grâce, c'est-à-dire : ils sont cause que la sainte Communion pro- 
duit dans une personne disposée de la sorte, moins de grâces 
quelle en aurait produit autrement, si elle avait été mieux 
préparée. C'est ainsi qu'une fenêtre dont les vitres sont cou- 
vertes de poussière et de vapeur, n'empêche pas la lumière du 
soleil de pénétrer dans la chambre, mais elle empêche la 
lumière d'y briller dans tout son éclat; de même etc. 

0- 13. Comment peut-on exciter dans le cœur la ferveur 
et la dévotion ? 

R. Par de pieuses méditations et des actes de, piété. 

Méditer, cela signifie : arrêter quelque temps sa pensée sur 
un objet, y réfléchir sérieusement. Ainsi lorsque vous re- 
gardez le crucifix et que vous vous mettez à réfléchir, à penser 
à tout ce que Jésus-Christ a souffert pour vous, à l'amour 
qu'il vous a porté en mourant sur la croix, aux exemples de 
patience, de douceur, de soumission, etc, qu'il a donnés pen- 
dant sa passion, cela s'appelle méditer. 

Vous faites des actes pieux, quand vous pratiquez certaines 
vertus, comme je vous le montrerai dans la question suivante. 
Ces pieuses pensées, ces méditations, ces actes, on doit avoir 
soin de s'y livrer, déjà la veille du jour de la Communion. 
En allant vous coucher le soir de ce grand jour, dites-vous 
en vous-mêmes : « Demain mon bien-aimé Jésus veut venir à 
moi ! » Puis réjouissez-vous, et désirez ardemment de le rece- 
voir, etc. Le matin, quand vous vous éveillez, votre première 
pensée sera celle-ci : « Aujourd'hui mon doux Jésus vient à 
moi ! »C'est, occupés de ces pansées, que vous devez vous ha- 
biller et aller à l'église, toutes les fois que vous communiez. 
Mais c'est principalement à l'église même, un peu avant la 
sainte Communion, que vous devez vous efforcer de faire ces 
sortes d'actes avec beaucoup de dévotion et de ferveur. 

Q. 14. Quels sont les meilleurs actes avant la sainte 
Communion ? 

R. Ce sont les actes \ ù de foi et d 'adoration ; 2° d'humi- 
lité et de repentir 3° d'espérance, de charité et de dé- 
sir. 



A LA PREHIÉKE COMMUNION. 187 

Ces actes, chers enfants, sont pour ainsi dire les réponses 
de votre âme à ces trois questions : 1° Quel est celui qui 
veut venir à moi ? (c'est Jésus, mon Dieu et mon Sauveur.) 
A qui veut-il venir? (à un enfant pauvreet pécheur.) 3° Pour- 
quoi veut-il venir ? (parce qu'il m'aime et veut me sauver.) 

1° Quel est celui qui veut venir? C'est Jésus. Et qu'est-ce 
donc qui vous le fût ? Votre foi. 

A. C'est cette foi que vous devez ranimer avant tout. Rap- 
pelez-vous donc d'abord que Jésus Christ lui même a dit : 
« Ceci est mon corps. » Or ce qu'il a dit est plus certain que la 
présence du soleil qui brille dans le ciel, car nos sens et 
notre intelligence peuvent se tromper, tandis que la parole 
de Jésus-Christ ne trompe jamais Réveillez-donc, chers en- 
fants, une foi tellement ferme et vive dans vos cœurs, comme 
si vous étiez dans la salle de la dernière Cène, comme si vous 
voyiez Jésus de vos propres yeux, comme si vous entendiez 
sortir de sa bouche cette parole : « Ceci est mon corps ». 
Dites-lui : « Jésus, qui êtes l'éternelle vérité, vous avez 
dit : Ceci est mon corps ; ces paroles saintes sont pour 
moi plus vraies, plus certaines que tout ce que me disent les 
sens et la raison ; oui, je crois d'une foi ferme et vive, que 
vous êtes véritablement, réellement et substantiellement pré- 
sent dans la sainte Hostie, que vous êtes le même Jésus qui 
mourûtes un jour sur la croix, et qui êtes maintenant dans 
le ciel. Je le crois avec une telle conviction, que je préférerais 
plutôt renoncer à la vie qu'à cette croyanee ». — S. Vincent 
de Paul et d'autres âmes pieuses avaient une foi si vive, que, 
lorsqu'ils se mettaient à genoux devant le saint Sacrement, 
on eût dit qu'ils voyaient avec les yeux du corps, le divin Jé- 
sus, qu'ils s'entretenaient face à face avec lui, tellement leur 
visage étaitenfîammé, tellement ils oubliaient toutes les cho- 
ses terrestres, tellement leur cœur était attaché tout entier à 
Jésus. 

B. Quel est celui qui vient à vous ? C'est Jésus, votre Dieu 
et votre Sauveur. Que lui devez-vous donc d'abord ? L'adora- 
tion. 

Pensez-y bien, chers enfants ! 11 vient à vous celui qui, 
par une seule parole, a tiré du néant le ciel et la terre, et qui, 



188 MÉTHODE POUR PRÉPARER LES ENFANTS 

par une soûle parole, pourrait les replonger dans le néant; — 
celui en présence duquel, tout l'univers est seulement 
comme un petit grain de sable, la mer comme une légère 
gouttelette de rosée se balançant à un brin d'herbe. Il vient 
a vous, celui qui suspend le soleil dans l'immensité des cieux 
comme une lampe inextinguible, et montre aux étoiles la route 
qu'elles doivent suivre ; — celui devant lequel la terre tremble 
et les tempêtes s'apaisent ; celui devant lequel les saints 
anges se couvrent la face en frémissant. Il vient à vous, celui 
qui un jour vous jugera, — qui vous fera entrer dans les de- 
meures célestes, ou vous repoussera avec les damnés dans 
l'enfer. S'il vous fallait paraître devant un roi de la terre, vous 
seriez tout saisis d'effroi et remplis du plus profond respect; 
et cependant un roi, après tout, n'est qu'un homme comme 
vous. Dans la sainte Communion se donne à vous, celui de- 
vant lequel les princes, les rois, les empereurs les plus puis- 
sants de la terre, sont moins qu'une goutte d'eau comparée à 
la vaste étendue de la mer. Chers enfants ! Lorsque vous 
considérez tout cela, quelles devront être les sentiments, les 
dispositions de votre cœur ? Les mêmes que ceux de S. Tho- 
mas, lorsque, ayant reconnu le divin Sauveur ressuscité, il 
tomba à ses pieds et s'écria avec un saint respect : « Mon 
Seigneur et mon Dieu ! » les mêmes que ceux de S. Pierre, 
lorsque, reconnaisant le Fils tout-puissant de Dieu à l'occa- 
sion de la pêche miraculeuse, il tomba tremblant à genoux et 
s'écria : « Seigneur, éloignez-vous de moi, parce que je suis 
un homme pécheur ». Adorez donc le divin Jésus avec le 
même respect et dites-lui : « Seigneur, Dieu tout-puissant, 
devant qui le ciel et la terre s'inclinent et les saints anges se 
voilent la face en tremblant ; je me prosterne à vos pieds 
avec le plus profond respect, je vous adore comme mon 
Sauveur et mon juge ! » — Et puisque vous n'êtes pas à même 
de l'adorer autant qu'il convient, appelez à votre secours les 
anges et les bienheureux, priez-les pour qu'ils l'honorent, le 
louent et l'adorent à votre place, comme il le mérite. 

2. Quel est celui h qui Jésus veut venir ?Cest un enfant pauvre 
et pécheur tel que je suis. Réveillez par conséquent en vous : 



A LA PREMIÈRE COMMUNION. 189 

A. des sentiments à' humilité (i). Considérez, chers enfants, 
que c'est le Dieu infiniment grand qui vient à vous! Devant 
lui, les esprits les plus sublimes, les plus élevés, ne sont que 
comme une étincelle passagère comparée au soleil resplen- 
dissant. En un instant il pourrait créer des millions d'hom- 
mes et d'anges, qui seraient des milliers et des millions de 
fois meilleurs que vous. Et néanmoins il vient à vous, qui 
êtes de misérables créatures, si misérables devant Dieu, que 
nulle comparaison ne pourrait l'exprimer; à vous qui êtes en 
outre de pauvres pécheurs, chargés de tant de fautes, souillés 
de tant de péchés qui sont une horreur, une abomination 
aux yeux de Dieu! Quels seraient les sentiments d'un homme 
pauvre, malade, couvert d'ulcères, si le pape ou l'empereur 
venait le voir dans sa cabane, pour le consoler et lui appor- 
ter de riches cadeaux? L'admiration et la confusion l'empê- 
cheraient de dire un mot, il ne saurait plus parler. Et Celui 
qui vient à vous chers enfants, est infiniment plus grand que le 
pape et l'empereur! — Un officier avait prié un jour le divin 
Sauveur de vouloir bien guérir son domestique; dans son éton- 
nante bonté Jésus dit : « Je vais venir et je le guérirai . » Alors 
l'officier qui s'effraya de son néant et de sa misère, à la pen- 
sée que le Fils de Dieu allait venir chez lui, répondit à Jésus : 
« Seigneur, je ne suis pas digne que vous entriez sous mon 
toit, mais dites seulement une parole et mon serviteur sera 
guéri. » Dites la même chose (vous entendrez répéter d'ail- 
leurs trois fois par le prêtre, ces saintes paroles) : « o* Seigneur, 
Dieu tout-puissant! Je ne suis pas digne que vous entriez 
dans mon cœur, car vous êtes le Dieu grand, le Dieu fort, le 
Dieu saint et terrible, devant qui les cieux ne sont pas purs, 
et moi je suis une faible et misérable créature, un pauvre en- 
fant, un pécheur qui vous ai offensé si souvent. Mon cœur est 

(1) Le catéchiste, s'il le trouve convenable, peut d'abord, en forme de 
récapitulation, montrer dans l'exemple du publicain iS. Luc. 18 , ce que 
c'est que l'humilité; que celui-là est humble qui reconnaît sa bassesse, sa 
faiblesse, sa culpabilité, qui avoue que tout ce qu'il y a de bon en lui, 
vient de Dieu, qui s'estime moins que les autres, qui ne s'exagère pas son 
mérite, ne méprise pas le prochain, etc. On peut faire de même pour les 
vertus suivantes. 



190 MÉTHODE POUR PRÉPARER LKS ENFANTS 

encore loin d'avoir cotte pureté, cette dévotion, cet amour et 
les autres vertus qui vous plaisent. Mais dites seulement une 
parole et mon âme deviendra pure etdigne de vous recevoir. » 
Réveillez également en vous : 

B. des sentiments de contrition ou de repentir. Lorsque 
Tentant prodigue était à l'étranger où il souffrait cruellement 
de la faim, il se repentit amèrement d'avoir fait de la peine à 
son père, et quitté si imprudemment la maison paternelle. Il 
retourna sur ses pas, et il eût été vraiment heureux, si son 
père avait voulu le recevoir seulement au nombre de ses do- 
mestiques. Mais lorsque à son retour, le père vint à sa ren- 
contre, qu'il le serra sur son cœur, le baisa, fit préparer un 
festin et l'aima encore plus qu'auparavant, que dut il se pas- 
ser dans le cœur du tils ? Ah! qu'alors il dut être triste et af- 
iligé d'avoir causé tant de chagrin à un père si bon, si aima- 
ble! Comme, à ce moment, il dut se repentir de ses fautes, 
non à cause de la misère qui l'avait accablé, mais par amour 
pour son père ! Chers enfants ! faites-en maintenant l'appli- 
cation à vous-mêmes. Vous aussi, comme l'enfant prodigue, 
vous avez été désobéissants au Père céleste, à l'aimable Sau- 
veur; vous avez perdu étourdiment la grâce de Dieu, vous 
avez oublié votre Dieu et Sauveur; il ne s'est pas passé de jour 
sans que vous l'ayez offensé. Vous a-t-il puni, comme vous le 
méritiez?vousa-t-illaissédans lamisèredevos péchés? vous a- 
t-il répoussé?Non. Il vousappellepar une voix intérieure, vous 
disant de revenir à lui ; puis dans la confession, il vous par- 
donne tout, tout... Il ne veut plus même penser à votre mé- 
chanceté, il vous adopte de nouveau comme ses enfants ché- 
ris, et dans la sainte Commuuion, il veut venir lui-même à 
vous avec tout son amour et toutes ses grâces ! Et ce Dieu 
Sauveur, si bon, si aimable, vous avez pu l'oublier si long- 
temps, l'offenser si gravement! vous avez osé affliger son 
divin cœur! (Considérez les cinq plaies sacrées dans son 
corps que vous recevrez — c'est vous qui en avez été la cause, 
etc). C'est pourquoi regrettez tout le mal que vous avez fait, 
haïssez, détestez vos péchés du fond de votre cœur et dites : 
« Jésus! mon doux Jésus? La confusion et la douleur 
bouleversent mon cœur, quand je considère comment je me 



A LA PREMIÈRE COMMUNION. 191 

suis conduit à votre égard. Hélas ! que je vous ai oublié long- 
temps! que de fois je vous ai offensé, en foulant aux pieds vos 
commandements! Et vous êtes si bon pourtant! vous ne m'a- 
vez pas puni ! vous m'avez tout pardonné et vous consentez 
encore à venir dans mon cœur. Seigneur! quepuis-je faire 
autre chose, que de tomber à vos pieds comme Marie-Made- 
leine, et pleurer amèrement mes péchés, en vous promettant 
de ne plus jamais vouloir vous offenser de propos déli- 
béré (1). » — Demandez- vous ensuite : 

3° Pourquoi Jésus vient- il à moi ? Parce qu'il m'aime et veut 
me rendre éternellement heureux. 

A) Voilà ce qui doit animer votre espérance ou votre con- 
fiance. 

Chers enfants, à ne considérer que ce que je vous ai ex- 
posé jusqu'ici, vous devriez être uniquement saisis de crainte 
et d'effroi, et vous n'oseriez guères vous hasarder à venir à 
Jésus. Mais vous n'avez qu'à vous rappeler 1° tout ce que Jé- 
sus a fait pour vous; pensez à la crèche où pour vous, il 
souffrait déjà comme enfant ; — pensez à ces trente-trois 
années d'une vie dure, pauvre et fatigante ; — pensez à cette 
sueur de sang, à cette sanglante flagellation, à cette mort 
douleureuse sur la croix et dites-moi : Avez-vous encore 
besoin de craindre celui qui a enduré tout cela pour vous ? 
Ne pourrait-il pas dire aussi : « Mon enfant ! qu'aurais-je 
encore pu faire de plus, pour montrer combien je vous 
aime, combien je suis disposé à faire tout pour vous? » 
Rappelez-vous 2° combien Jésus se montrait aimable et bon 
envers les pauvres,... les malades... les pécheurs; comment 
il les prenait sous sa protection, les guérissait et les bénis- 
sait; rappelez-vous ce seul exemple, c'est quand il adressa à 
Marie-Madeleine, cette grande pécheresse, les paroles si dou- 
ces : « Allez en paix; vos péchés vous sont pardonnées ! » 
Et dites-moi maintenant : i\e pouvez-vous pas tout espérer 

(I) On pourrait aussi attirer l'attention des enfants sur les sentiments 
que dut éprouver S. Pierre, lorsque le divin Sauveur ne lui reprocha point 
son reniement, mais le remplit de confusion et de consolation en lui 
demandant : « Simon, m'aimez- vous? » 



19:2 MÉTHODE POCR PRÉPARER LES ENFANTS 

de lui? Si vous êtes pauvres, il est puissant et riche; si 
vous êtes vraiment malades dans votre âme, d'une seule pa- 
role il peut vous guérir; si vous avez été des enfants coupa- 
bles, très méchants, il est venu tout exprès sur la terre, à 
cause des pécheurs. — Rappelez-vous 3° comment il aimait 
surtout les enfants, les prenait avec tendresse dans ses bras 
et les bénissait; comment il prononça ces paroles à jamais 
mémorables et si consolantes pour vous : «Laissez venir à moi 
les petits enfants et ne les empêchez pas, car le royaume des 
cieuxleur appartient ;» conséquemment aussi pensez combien 
volontiers il vous accueillera. — Enfin rappelez vous4°qu'ila 
institué spécialement ce saint Sacrement, afin que nous 
allions à lui avec une entière confiance, et qu'il pût nous 
apporter du secours, des consolations et des bénédictions, 
ainsi qu'il l'a déclaré lui-même: « Celui qui mange ma chair 
et boit mon sang, demeure en moi et moi en lui, — il possède 
la vie éternelle; » et comme il nous le crie encore du fond des 
saints Tabernacles : « Venez à moi, vous qui êtes affligés et 
accablés ; je vous soulagerai. » Quand vous pensez à tout 
cela, chers enfants, pouvez vous encore éprouver de la 
crainte? Non; excitez en vous une pleine et entière confiance; 
dites (à l'exemple du lépreux) : « Seigneur, je suis très pau- 
vres et très criminel, c'est vrai ; je ne suis vraiment pas digne 
que vous veniez à moi ; mais, Seigneur, je sais que vous êtes 
tout-puissant; si vous voulez \ous pouvez me rendre pur ; 
vous êtes infiniment bon, c'est par un excès d'amour que 
vous voulez venir à moi, et vous m'avez même promis vos 
grâces. Aussi j'ai la ferme confiance, que ces grâces, vous 
me les apporterez, que vous me donnerez tout ce dont j'ai 
besoin, pour devenir vertueux et sauver mon âme. Surtout 
ranimez 

B) Votre amour. Chers enfants, vous aimez tout ce qui est 
beau, tout ce qui est bon. Lorsque vous vous trouvez au 
sommet d'une haute montagne, et que vous voyez le soleil se 
lever lentement, au milieu d'un ciel qui semble tout d'or et 
de feu, lorsque le soleil se mire ensuite dans des millions de 
gouttes de rosée, comme dans autant de petits miroirs de 
couleur, que les petits oiseaux se mettent à gazouiller tous 






A LA PREMIÈRE COMMUNION. 193 

ensemble leurs chansons matinales, que tout est tranquille et 
solennel clans les champs, les forets et les vallons, comme 
dans une grande église où l'on dit la messe, n'est-il pas vrai 
que cela est beau, que cela vous va au cœur et que vous ai- 
mez de voir ce spectacle? Eh bien! sachez-le, chers enfants, 
toute cette beauté sur la terre, n'est qu'un pâle reflet de la 
beauté de Dieu; elle est, en comparaison de la beauté de Dieu y 
comme la flamme d'une petite lampe à côté du soleil étin- 
celant qui jette partout ses rayons. Quand vous voyez un en- 
fant vrai ment pieux, bon et innocent, vous êtes portés à l'aimer, 
vous ne pouvez faire autrement. Chez S. Louis de Gonzague, 
chez S. Agnès et d'autres saints, la pureté de l'âme, l'amour de 
Dieu, la douceur angélique rayonnaient tellement dans leurs 
regards et leurs traits, qu'on dût les aimer. Mais, chers en- 
fants, qu'est-ce que la pureté d'un S. Louis à côté delà pureté 
de Jésus? l'amour d'un S. François Xavier, la douceur d'un 
S. François de Sales, à côté de l'amour et de la douceur de 
Jésus? Combien plus donc devez-vous aimer celui qui est le 
« plus beau d'entre les enfants des hommes, » celui qui 
brille dans la splendeur de l'infinie sainteté, qui étincelledans 
la gloire de la suprême beauté et de l'inexprimable béatitude? 
Vous aimez vos parents, parce qu'ils vous ont fait beau- 
coup de bien et montré tant d'affection. Mais toute cette affec- 
tion, tous ces bienfaits que sont-ils en comparaison de 
l'amour et des bienfaits dont vous comble Jésus? Qu'a fait 
Jésus-Christ pour vous? Qu'a-t il souffert et que veut-il faire 
encore maintenant pour vous? Pensez à sa crèche, à sa 
croix,... à la sainte Eucharistie. Vos parents ont-ils aussi ré- 
pandu leur sang pour vous, au milieu des cruelles souffrances 
de la mort, etc? Qui est-ce donc que vous devez aimer davan- 
tage? Chers enfants ! imaginez-vous que vous êtes profondément 
endormis pendant la nuit; tout à coup le feu se déclare dans 
la maison où vous demeurez, et avant que vous ne l'ayez re- 
marqué, tout est en flammes ; les escaliers sont déjà tout brû- 
lants, et nulle part il n'y a plus de sortie possible, plus 
moyen de s'échapper. Voilà qu'arrive un étranger, il se pré- 
cipite courageusement au milieu du feu, vous enveloppe de 
son manteau qu'il a mouillé, mais en même temps il se brûle 

MÉTHODE, ETC. 9 



194 MÉTHODE POU« PRÉPARER LES ENFANTS 

lui-même à la figure, aux mains et aux pieds, de sorte qu'il 
en devient gravement malade et que dans son lit il est en 
proie aux plus terribles douleurs. Dites-moi, cet homme, qui 
vous a montré tant d'amour, ne l'aimeriez-vous pas ? Ne vou- 
driez-vous pas souffrir vous-mêmes, afin de pouvoir le guérir? 
Ne voudriez-vous pas faire bien volontiers, tout ce que vous 
soupçonnez pouvoir lui être agréable? Combien plus devez-vous 
aimer votre divin Sauveur ? Il vous a sauvé du feu éternel de l'en- 
fer; mais en vous sauvant, il lui a fallu perdre lui-même la vie, 
au milieu des plus cruelles souffrances. C'est pourquoi aimez- 
le de tout votre cœur; aimez à penser souvent à lui, priez-le 
avec une sainte joie, montrez-lui votre amour, en faisant de 
bon cœur tout ce qui lui plait; — soyez obéissants, humbles, 
patients, et faites de temps en temps un léger sacrifice pour 
lui. Puis, avant la sainte Communion, dites-lui avec un cœur 
tout embrasé d'amour : « mon Jésus! Dieu infiniment 
beau, saint et grand, qui, par amour pour moi, avez tant fait, 
tant souffert, qui voulez encore vous unir maintenant à moi, 
de la manière la plus étroite, comment pourrai-je vous ré- 
compenser de tant d'amour? Seigneur, je veux vous aimer 
de nouveau d'un cœur fidèle et sans partage ; par amour pour 
vous, je veux éviter tout ce qui pourrait vous déplaire ou vous 
attrister ; par amour pour vous, je veux prier, travailler, 
souffrir, et faire tout ce que je sais être commandé par vous. 
Par amour pour vous, je veux vivre et mourir ! » 

C. Acte de désir. Si votre père ou votre frère, que vous 
aimez de tout cœur, avait été longtemps absent dans un pays 
étranger, et qu'il arrivât une lettre pour vous annoncer, 
qu'il est en chemin, qu'il vous rapporte beaucoup de belles 
choses, qu'il arrivera dimanche; comme vous seriez contents, 
et désireux de voir arriver ce dimanche ; vous auriez de la 
peine à l'attendre ; le désir d'y être déjà, vous empêcherait 
de dormir, vous en rêveriez même pendant la nuit, et plus 
cet heureux jour serait proche, plus ardents aussi seraient 
vos désirs. Et voici, chers enfants, que votre père et frère 
céleste, votre bien-aimé Jésus, vous a fait dire qu'il veut venir 
à vous après peu de jours, et vous apporter de riches, oui 
de bien riches présents, des grâces. Ah ! Combien vous de- 



A LA PREMIÈRE COMMUNION. 195 

vez vous réjouir, désirer et souhaiter qu'il vienne bientôt. 
S. Mechtilde avait coutume de dire : « Pour pouvoir aller 
communier, je voudrais volontiers me précipiter à travers 
les flammes d'un bûcher ; » et S. Catherine, quand elle ne 
pouvait communier, était toute malade, rien qu'à cause des 
désirs et des aspirations qui faisaient battre son cœur. Vous 
aussi, chers enfants, excitez en vous un sincère et vif désir 
de la sainte Communion ; faites souvent avec ferveur la com- 
munion spirituelle ; adressez fréquemment des prières jacu- 
latoires à Jésus, par exemple, en disant : « Jésus, venez 
bientôt !» « Jésus qu'il me tarde de vous voir venir ! » — 
« Jésus ! venez, venez dans mon cœur ! » Avant que de 
communier, dites : « Jésus vous voulez venir maintenant. 
Seigneur je soupire après vous, comme le cerf altéré soupire 
après les sources d'eau vive. Sans vous, Jésus ! je ne puis 
vivre. Ah ! venez à moi, venez et ne tardez pas davantage ! 
Venez et restez près de moi. Ainsi soit-il (1). » 

Jusqu'ici, chers enfants, vous avez entendu comment nous 
devons préparer notre âme pour communier. Maintenant 
nous devons examiner encore quelle préparation est néces- 
saire, quant au corps. 

Q. 15. Comment doit-on se prépare?* ensuite quant au 
corps ? 

R. On doit être 1° a jeun, c'est-à-dire n'avoir rien bu ni 
mangé depuis minuit ; 2° être honnêtement vêtu en 
paraissant à la sainte Table. 

A commencer à douze heures de la nuit, si vous voulez 
communier, vous ne pourriez prendre la moindre partie de 
nourriture et de boisson ; ainsi ni café, ni lait, ni bouillon, ni 

(1) Ces actes peuvent très bien se rattacher aux paroles que l'on répète 
trois fois : « Seigneur, je ne suis pas digne, etc. ; » en renouvelant d'abord des 
sentiments de foi et d'adoration, quand on dit : « Seigneur» ; en s'humi- 
liant et en se repentant, quand on dit pour la seconde fois : « Je ne suis pas 
digne » ; en réveillant dans le cœur l'espérance, l'amour et le désir, quand 
on dit pour la troisième fois : « mais dites seulement une poroleetc. Cp. 
la Q. I sur la Communion. 



196 MÉTHODE POUR PRÉPARER LES ENFANTS 

eau, ni pastilles, ni médecine. Et si par oubli ou par 
distraction, vous aviez mangé ou bu quelque chose, sachez 
bien qu'en ce cas, il vous est défendu de communier. Si 
vous étiez un peu dérangé, si vous tombiez faible, on ne 
pourrait pas vous donner du bouillon ou de l'eau à avaler ; si 
on le faisait, vous ne pourriez pas aller à la sainte Table ce 
jour là. D'après S. Augustin, ce furent les Apôtres qui éta- 
blirent l'obligation de rester à jeun ; d'ailleurs, d'après toutes 
les convenances, il faut que cette nourriture divine, le corps 
de Notre-Seigneur soit reçu avant la nourriture terrestre et 
ordinaire. 

De plus, celui qui veut communier doit être vêtu honnête- 
ment, selon son état; il ne doit donc pas s'approcher du banc 
de communion avec des habits déchirés ou sales. Cela ne veut 
pas dire cependant qu'il doit être habillé avec luxe, ou avec 
vanité. Non, chers enfants, car des habits malpropres et négli- 
gés montreraient que vous n'avez pas de respect pour le Dieu 
trois fois saint; des habits superbes, que vous n'avez guères 
d'amour pour lui, puisque vous aimez mieux le luxe et la va- 
nité. Je vous ai déjà dit ailleurs, comment vous devez vous 
conduire le jour de la première Communion, sous le rapport 
des habillements, et je vous prie encore de ne pas y penser, 
mais de penser surtout à orner votre âme. 

Q. 16. Quels sont ceux qui sont dispensés d'être à jeun 
pour communier ? 

R. Ceux qui, étant dangereusement malades, reçoivent la 
sainte Communion en viatique. 

La loi du jeûne, que je viens de vous expliquer, est très- 
sévère et aucun confesseur, pas même l'évêque ne peut vous 
permettre de communier, si ce jour-là vous avez mangé ou 
bu la moindre chose. Ceux-là seulement peuvent communier, 
alors même qu'ils ne seraient pas à jeun, qui sont dangereu- 
sement malades, c'est-à-dire ceux qui sont en danger de mou- 
rir bientôt, et auxquels on donne la sainte Communion 
comme viatique. 



A LA PREMIÈRE COMMUNION. 197 

Q. 17. De quelle manière doit-on se présenter à la sainte 
Table ? 

R. Avec le plus grand respect, les mains jointes et les yeux 
baissés. 

Quand, comment et dans quel ordre vous devrez vous 
avancer vers la sainte Table, etc, c'est ce que je vous montre- 
rai plus tard. D'abord on doit voir à tout votre extérieur, à 
votre manière d'agir, qu'un saint respect remplit votre cœur 
et que vos pensées sont près de Jésus. C'est pourquoi vous 
devez joindre les mains en signe d'adoration, tenir les yeux 
baissés pour marquer l'humilité et pour ne pas vous distraire 
en regardant les autres. Puis imaginez-vous ; que vous vous 
avancez vers la crèche et que la très sainte Vierge va vous 
mettre dans les bras le divin enfant Jésus. 

Q. 18. Comment doit-on se conduire en recevant la sainte 
Hostie ? 

R. On doit tenir la nappe devant la poitrine, élever la tête, 
avancer la langue sur la lèvre inférieure, et recevoir 
ainsi, avec beaucoup de respect, la sainte Hostie. 

Remarque : Qu'on ait bien soin de ne pas conserver la sainte Hostie 
dans la bouche, jusqu'à ce qu'elle soil entièrement consommée. Si elle 
s'attache au palais, on doit la détacher avec la langue et non avec les 
doigts. 

Je vous montrerai comment vous devez faire tout cela. Ar- 
rivés devant le banc de communion, faites avec attention la 
génuflexion et attendez là, avec des sentiments de respect et 
de désir, jusqu'à ce que le prêtre vous donne la sainte Eu- 
charistie. Pendant que vous la recevez, dites en silence avec 
le prêtre : « Que le corps de Notre-Seigneur garde mon âme 
pour la vie éternelle. Ainsi soit-il. » Attendez jusqu'à ce que 
toute la rangée ait communié, levez-vous, faites une respec- 
tueuse génuflexion et retournez à votre place dans le même 
ordre que vous êtes partis (4). 

(1) Le motif pour lequel on ne peut pas garder la sainte Hostie dans la 



198 MÉTHODE POUR PRÉPARER LES ENFANTS 

0. 19. Que doit-on faire après avoir reçu la sainte Com- 
munion ? 

R. On doit se rendre avec la plus grande modestie dans 
un endroit tranquille de r église, et y demeurer encore 
quelque temps à prier avec attention. 

Remarque. Il n'est pas de temps plus précieux et plus favorable que 
celui après la sainte Communion; c'est pourquoi on doit tacher d'en pro- 
fiter le mieux que l'on peut. Ce serait mauvais signe, si on ne restait 
pas en prières près du bon Sauveur, pendant une demi-heure ou au 
moins un quart d'heure. 

Chers enfants, il est très important que vous restiez en 
prières et en silence, pendant quelque temps, (une demi-heure, 
ou au moins un quart d'heure,) après la sainte Communion. 
C'est ce que demande de vous : 

1° Le respect, la reconnaissance et l'amour que vous de- 
vez à Jésus. 

S. Philippe de Néry vit un jour un homme qui quittait l'é- 
glise de suite après avoir communié, sans faire la moindre 
action de grâces (la moindre prière pour remercier Jésus- 
Christ). Aussi le saint le fit- il suivre de deux enfants de chœur, 
munis de flambeaux allumés. L'homme tout surpris, demanda 
ce qu'ils voulaient. Les petits servants lui dirent que Philippe 
les avait envoyés. Il se dirigea comme une flèche verslesaint,et 
lui demanda ce que cela signifiait. « Mon fils, répondit Philippe, 
quand le corps de Notre-Seigneur est porté à un malade, le 
respect exige, que l'on porte une lumière devant le saint Sa- 
crement. Vous vous êtes sauvé de l'église, pendant que le corps 
de Notre-Seigneur reposait encore dans votre cœur, c'est 
pourquoi il convenait de faire porter des flambeaux allumés 
devant vous. » Ce saint voulait montrer par là, combien ils 

bouche, jusqu'à ce qu'elle soit consommée ou fondue, ne peut guères être 
bien expliqué aux enfants. C'est parce que sans cela la présence de Jésus- 
Christ aurait cessé, avant que la manducatiou ait eu lieu, et conséqueni- 
ment la mauducation du corps de Jésus Christ, à laquelle sont encore 
attachées des grâces et des effets sacramentels, n'aurait pas lieu. — D'un 
autre côté, il sera bon de rendre les enfants attentifs à ce qu'ils s'abstien- 
nent, pendant quelque temps, de cracher après la communion. 



A LA PREMIÈRE COMMUNION. 199 

manquent au respect qu'on doit à Jésus-Christ, ceux qui 
omettent de remercier Jésus-Christ après la sainte Commu- 
nion. 

En effet, supposez, chers enfants, le cas où un homme dis- 
tingué, qui vous a fait beaucoup de bien, vienne dans votre 
maison, uniquement pour vous rendre visite, et que vous, 
après lui avoir vite adressé un salut, vous le laissiez seul, 
pour aller travailler ou vous amuser; ne serait-ce pas une 
insulte ou un mépris, une ingratitude et une grossièreté, qui 
devrait lui causer de la peine? Sans doute. — Or, sachez-le 
bien, chers enfants, dans la sainte Communion, Jésus votre 
Dieu et votre maître, votre plus grand bienfaiteur qui vous 
aime tant, vient pour vous visiter. Eh bien ! quand vous sor- 
tez de l'église après une courte prière, quand au lieu de prier 
vous vous occupez de pensées mondaines, inutiles, et que 
vous laissez en quelque sorte votre divin Sauveur seul, cela 
ne doit-il pas lui causer de la peine? Ne serait-ce pas un si- 
gne, que vous n'avez pas de respect, de reconnaissance et d'a- 
mour pour lui, — conséquemment comme le dit le catéchis- 
me, ne serait-ce oas un mauvais signe? 

2° Votre propre avantage exige, que vous fassiez après la 
sainte Communion, de pieuses actions de grâces. Si vous 
donniez à un mendiant une bonne aumône, et s'il ne vous en 
remerciait pas, — la fois suivante lui feriez-vous encore si faci- 
lement la charité? Et Jésus, si vous ne le remerciez pas, ou si 
vous le remerciez mal des aumônes si riches qu'il vous a don- 
nées dans la Communion, croyez-vous qu'il vous accordera 
de nouveau des grâces aussi abondantes? — Et cependant que 
de grâces nombreuses ne pourriez-vous pas obtenir , après 
la sainte Communion, par une fervente prière? Et tout cela 
vous le négligez, vous le perdez si vous négligez votre action 
de grâces. Le temps qui suit la sainte Communion est selon 
le catéchisme et les paroles de sainte Térèse, le temps'/e 
plus précieux, qui pour vous a plus de valeur que les plus 
grands biens de la terre ; et pourquoi est-il si précieux? Parce 
qu'il est le plus riche en grâces, parce que vous pouvez y obte- 
nirplusdegrâcesquepartoutailleurs. Imaginez-vous, chersen- 
fants, qu'un prince extrêmement riche vous prenne avec lui 



200 MÉTHODE POUR PRÉPARER LES ENFANTS 

dans la chambre où se trouvent ses trésors, et vous dise: «Voici 
que vous avez une demi -heure de temps; tout l'argent que vous 
pouvez compter durant cette demi-heure, vous appartient. » 
Or, pendant cette demi-heure, au lieu de compter de l'ar- 
gent, vous amuseriez-vous à regarder par la fenêtre, à exa 
mier les tableaux, ou à bavarder? Sans doute que non ; et si 
vous l'aviez fait, plus tard, j'en suis sûr, vous en auriez bien 
des regrets. Ecoutez! quand vous avez reçu la sainte Commu- 
nion, Jésus-Christ vous conduit aussi, pour ainsi dire, dans 
sa chambre aux trésors, à savoir dans son divin cœur, et vous 
engage à y choisir des grâces, à les lui demander, parce qu'il 
veut tout vous donner. Quelle perte ce serait donc pour vous, 
si vous passiez ce temps précieux à penser à des niaiseries, à 
des bagatelles, et si vous perdiez ainsi ces avantages spiri- 
tuels? Comme vous en auriez des regrets plus tard, lorsque 
Dieu, en vous jugeant, vou-^ montrerait combien de grâces, 
vous avez négligées ainsi ! 

Tout cela, les Saints le savaient bien, et c'est pourquoi ils 
ont fait, après la sainte Communion, de longues et ferventes 
actions de grâces, la plupart pendant une heure, souvent pen- 
dant plusieurs heures. Vous, chers enfants, employez aussi, 
après chaque Communion une demi-heure, ou, si vous n'avez 
pas assez de temps, au moins un quart d'heure pour adorer 
et remercier Jésus-Christ. 

Mais comment ferez-vous cette action de grâces, ou com- 
me le demande le catéchisme : 

Q. 20. Quelles prières doit-on faire surtout après la 
sainte Communion? 

R, Celles par lesquelleson s'humilie devant Notre-Seigneur, 
on le remercie, on s'offre à lui, on Vaime et on lui de- 
mande des grâces. 

Lorsque vous avez reçu la sainte Communion, imaginez- 
vous que, dans ce moment, comme autrefois Siméon, vous 
portez le cher enfant Jésus dans vos bras, ou que vous repo- 
sez sur la poitrine de Jésus, comme jadis saint Jean, lors de 
la dernier«' Cène. Saluez alors votre bien-aimé Jésus avec l'a- 



A LA PREMIÈRE COMMUNION. 201 

mour le plus affecteux, la joie la plus sincère; adressez-lui 
intérieurement dans votre cœur, des paroles de respect, d'a- 
mour, de reconnaissance, etc., comme Dieu vous les inspi- 
rera. N'ayez pas peur d'être trop peu poli pour parler avec 
Jésus-Christ, il ne désire pas de belles paroles bien arran- 
gées, mais des paroles qui viennent du cœur. Tenez-vous 
dans ces pensées aussi longtemps que vous le pouvez. En- 
suite vous pouvez prendre votre livre de prières, et réciter les 
prières d'actions de grâces, mais lentement, en vous arrêtant 
après chaque phrase ou après chaque page pour redire à 
Jésus, par vos propres paroles, ce que vous avez lu. 

Je vais vous indiquer encore en quelques mots, la ma- 
nière dont vous pouvez faire l'action de grâces, sans J'aide d'un 
livre de prières. Il y a trois demandes (comme dans la pré- 
paration) auxquelles vous pouvez répondre dans votre âme, 
à savoir : 1° Qui est Jésus et qui suis-je, moi ? 2° Qu'a fait Jésus 
pour moi — et qu'ai-je fait pour lui? 3° Que désire de moi 
Jésu.s, et que puis-je désirer de lui ? 

1° Qui est Jésus? Le Fils du Dieu vivant, l'incommensura- 
ble, le créateur de l'univers, le maître suprême de tout ce 
qui existe, — mon juge. Et qui suis-je moi? Je suis comme un 
pauvre petit ver qui rampe sur la terre, — un pécheur qui a 
tous les motifs de trembler devant le Dieu de toute sainteté (i). 
Et néanmoins ce Dieu si saint, si grand dans son amour et sa 
bonté ineffables, a daigné descendre en moi. Puis formez 
(comme je vous l'ai appris) un acte de foi, d'humilité, d'ad- 
miration, et de sainte allégresse. Lorsque Marie, la mère de 
Dieu, visita sa cousine Elisabeth, celle-ci s'écria avecadmira- 
tion: « D'oùmevient ce bonheur, quela mère démon Seigneur 
vienne à moi? » Combien plus de raisons n'avez-vous pas, de 
vous étonner et de demander au Sauveur : « D'où me vient ce 
bonheur que vous, ô mon Seigneur et mon Dieu ! vous veniez 
à moi qui suis un pauvre enfant, une créature si méchante? » 
Maxi mi lien, l'ancien roi de Bavière, était un monarque d'une 
bonté ravissante, qui se plaisait à parler aux gens les plus 
pauvres. Un jour qu'il était allé se promener, il rencontra dans 

(1) Voyez le développement de cette pensée Q. 14 sur la Communion. 

9. 



202 



MÉTHODE POUR PRÉPARER LES ENFANTS 



son chemin un pauvre ouvrier occupé à casser les pierres de 
la route. Le roi entra en conversation avec lui et parla avec 
tant de familiarité, que le casseur de pierres, ayant oublié 
toute crainte, finit par demander au roi, avec une cordiale 
naïveté, s'il ne voulait pas partager avec lui son dîner. Et 
voilà que le roi s'assit à côté du pauvre journalier sur un tas 
de pierres, et se mit à manger, avec les cuillers de fer-blanc 
noirci, le grossier et insipide brouet du casseur de pierres. A 
cette vue, le pauvre homme fut tellement touché de la con- 
descendance et de la bonté de son roi, qu'il sentit les larmes 
lui venir aux yeux, et se jeta à genoux en s'écriant : « mon 
Dieu ! je ne pourrais jamais témoigner à mon prince toute ma 
reconnaissance pour sa bonté et son affabilité à mon égard ; 
vous du moins, ô mon Dieu, recompensez-le par d'abondantes 
bénédictions? » Si cet homme fut si étonné, si touché de voir 
manger son roi avec lui , combien plus donc ne devriez -vous pas 
être étonnés et touchés de ce que le roi du ciel et de la terre 
veut, non pas manger avec vous, mais vous servir lui-même de 
nourriture, à vous pauvres petits enfants? C'est pourquoi ado- 
rez-le avec une profonde humilité, un grand amour, une 
sainte joie, et comme vous n'êtes pas en état de l'adorer autant 
qu'il le mérite, invitez tous les Saints, les Anges et surtout la 
très sainte Vierge Marie, à joindre leurs adorations aux vôtres 
et dites avec un sincère désir : « Que ne puis-je adorer mon 
Sauveur comme le font les bienheureux dans le ciel ! » 

2° Qu'a fait Jésus-Christ pour moi? Le divin Sauveur que 
vous recevez dans la Communion a été couché pour vous 
dans une crèche; là il a souffert pour vous la faim, le froid, 
etc ; enfin, après une vie pleine de contradictions et de souf- 
frances, il a expié vos péchés dans le jardin des Olives, — à la 
colonne de la flagellation, — sur le chemin du Calvaire, et 
sur le gibet de la croix où il exhala son âme noble et sainte, 
au milieu des plus affreuses douleurs. Et tout cela, il l'a 
souffert, non parce qu'il y était forcé, non parce qu'il devait 
en tirer quelque profit, mais uniquement par amour pour 
vous. Il ne se contenta pas en quelque sorte, de vous ouvrir 
le ciel, non ; mais il voulut encore vous conduire, pour ainsi 
dire par la main dans le paradis ; c'est pour cela qu'il résolut 



A LA PREMIÈRE COMMUNION. 203 

de demeurer près de vous dans la sainte Eucharistie et de 
descendre dans votre cœur, comme une nourriture divine. 

Pensez-y, chers enfants! quel est l'homme qui ait jamais 
fait la millième partie de tout cela pour un autre homme? Et 
voilà cependant ce que le Fils de Dieu a fait pour vous! Vous 
êtes pleins de reconnaissance, quand vous obtenez quelques 
fruits ou quelques pièces d'argent, — vous remerciez ceux qui 
viennent vous voir quand vous êtes fort malades, — vous ne 
sauriez comment remercier assez celui qui vous aurait sauvé 
la vie. Or, sachez-le, votre divin Sauveur a fait infiniment 
plus pour vous, il est maintenant dans vos cœurs ! et vous ne 
voudriez pas le remercier? 0, oui ! remerciez-le du plus profond 
de votre âme ; invitez de nouveau tous les Saints, tous les An- 
ges avec Marie, à le remercier pour vous, et offrez au bon Jé- 
sus toutes leurs actions de grâces ! 

Et qu'ai- je fait pour Jésus? Que feriez- vous pour quelqu'un, 
qui vous aurait sauvé la vie et qui plus lard viendrait vous 
demander une bagatelle, un petit service ? Oseriez-vous le 
lui refuser ? Eh bien ! Jésus qui a tant fait pour vous, vous a 
dit si souvent, par la voix de votre conscience : Mon enfant ! 
fais ceci... par amour pour moi ; récite tes prières... sois 
obéissant... Evite ces camarades, par amour pour moi. — Et 
n'est-ce pas une honte pour vous, de n'avoir pas même voulu 
faire si peu pour celui qui vous a sauvé de la mort éternelle, 
pour votre rédempteur ! Mais que dis-je ? Vous saviez que le 
péché lui avait causé tant de cruels tourments ; vous saviez 
combien tel. ..et tel péché lui étaient odieux, et malgré cela, ce 
péché vous l'avez commis ! Qu'aviez-vous mérité pour votre 
ingratitude? Le moins que Jésus-Christ aurait dû faire, c'é- 
tait de vous abandonner. Mais Jésus ne l'a pas fait. 11 vous a 
tout pardonné, oui tout ! et il veut entrer maintenant dans vos 
cœurs, pour vous appartenir tout entier. Oh, chers enfants ! 
Combien devriez-vous être confus, quelle douleur ne devriez- 
vous ressentir dans votre âme d'en avoir agi ainsi avec votre 
divin Sauveur! Un jeune officier rencontra un jour un trap- 
piste (un religieux) auquel il demanda le chemin qui condui- 
sait à la ville voisine. Le religieux, à qui sa règle défendait de 
parler, se contenta d'indiquer la route, en la montrant du 



204 METHODE POUR MtÉPAREU LE^ EMANTS 

doigt. L'officier, s'imagïnant que le trappiste ne voulait point 
parler par mépris pour lui, descendit de cheval et maltraita 
tellement le pauvre religieux à coups de cravache et à coups 
de poings, qu'il le fit rouler à terre tout sanglant. Il voulut 
s'éloigner au galop, mais son cheval était devenu tellement 
sauvage et ombrageux, qu'il ne put se remettre en selle. Lors- 
que le pauvre moine maltraité vit son embarras, il se re- 
leva avec peine du sol, et alla tenir l'étrier à celui qui l'avait 
frappé si brutalement. Ah ! que cet officier dut alors se sen- 
tir honteux, qu'il dut se repentir de sa cruauté (1) ! Chers 
enfants ! vous avez maltraité Jésus bien plus cruellement, et 
voilà qu'il vous comble encore de tant et de si grands bien- 
faits ! Et vous, ne devez-vous pas être remplis de confusion et 
vous repentir de vos fautes ! 

Mais cela ne suffit pas. A l'avenir voulez-vöus encore offen- 
ser le divin Sauveur ? Non. Demandez-vous plutôt à vous- 
mêmes : 

3° Que désire Jésus de moi ? Voyez ! il a tant fait pour vous, 
il vous a procuré tant de bonheur ? ne voulez-vous rien faire 
pour lui à votre tour, ne voulez-vous pas lui causer un plai- 
sir ? Oh si ! il s'est donné tout à vous, avec son corps, son 
sang, son âme, sa divinité, tous ses mérites ; offrez-lui donc 
aussi tout ce que vous êtes et tout ce que vous avez. Offrez- 
lui vos yeux, en lui promettant de ne plus rien regarder de 
mauvais, mais de les employer uniquement au bien ; de 
même consacrez-lui vos oreilles, votre langue, vos mains, votre 

(1) Au lieu de cet exemple, on pourrait citer le fait suivant arrivé dans 
les derniers temps. A l'époque où le cLoléra sévissait à Paris, une sœur 
de la charité fut insultée de la façon la plus brutale en pleine rue, par un 
ouvrier à moitié ivre. La bonne sœur supporta l'outrage sans rien dire. Le 
lendemain on apporta dans l'hôpital, où cette même sœur était de service, 
un cholérique dans lequel elle reconnut de suite l'ouvrier de la veille, qui 
l'avait insultée si indignement. On refusa de recevoir le malade, parce que 
tous les lits étaient occupés ; mais l'excel'ente sœur pria et insista si long- 
temps, qu'enfin il fut admis. Elle-même lui prépara son lit et le soigna 
jour et nuit, avec le plus admirable dévouement, de sorte qu'il recouvra la 
santé. Mais la sœurelle-même devint victime de sa charité et mourut. — 
Sans doute que depuis lors cet ouvrier prie et pleure chaque jour sur le tom- 
beau de la noble sœur 



A LA PREMIÈRE COMMUNION. 205 

esprit... votre cœur... votre volonté... votre argent etc. Dites- 
lui : « mon bien-aimé Jésus! Que voulez-vous que je fasse? » 
11 vous dira, j'en suis sûr, ce qu'il veut de vous : c'est que 
vous quittiez ce péché, ces camarades, que vous pratiquiez 
ces vertus ; c'est que vous fréquentiez de nouveau, à telle 
époque, les Sacrements. Prenez aussi la résolution de le faire, 
en disant : « Oui mon bon Jésus ! je vous le promets de 
nouveau ; par amour pour vous, je vais faire tous mes efforts 
pour exécuter ce que vous me demandez ». Et puis, si vous 
accomplissez la volonté de Jésus, il exaucera aussi vos priè- 
res. Mais vous dites : Dans mes prières 

Que dois je demander à Jésus? Chers enfants ! après la sainte 
Communion, surtout après la première Communion, vous 
avez une espèce de pouvoir sacré sur le cœur de votre Sau- 
veur. Si vous priez bien, bien sincèrement avec beaucoup 
de confiance, il ne peut rien vous refuser. C'est pourquoi 
priez, oui priez ! Avant tout, priez, chers enfants, pour obte- 
nir la grâce de demeurer toujours sages, de ne pas commet- 
tre de péché mortel ; oui priez avec ferveur et instance ; en 
lui disant : « aimable Jésus, vous qui êtes la joie de mon 
âme, mon Dieu et mon tout ! ah ! ne permettez pas que je 
vous offense encore mortellement à l'avenir : faites-moi plu- 
tôt mourir dans l'innocence et la pureté ! » Puis, priez pour 
vos parents, vos frères et sœurs, les membres de votre famil- 
le, vos maîtres, vos bienfaiteurs et priez aussi un peu pour 
moi. Si vous avez quelque grande peine, par exemple si 
quelqu'un de vos parents ou de vos proches suit un mauvais 
chemin, ah ! priez alors et ne cessez pas de livrer des assauts 
au cœur de Jésus. Plus d'un enfant, au jour de sa première 
Communion, a obtenu pour d'autres de grandes, de très- 
grandes grâces. Priez donc bien, avec beaucoup de confiance, 
puisque vous pouvez tout obtenir par Jésus-Christ; dites-lui : 
« Aimable Jésus ! Vous m'aimez tant, que vous êtes venu dans 
mon pauvre cœur ; me refuseriez-vous maintenant cette 
grâce...? Non, vous me l'accorderez, vous devez me l'accor- 
der : je ne cesserai de vous importuner par mes prières, et 
je vous rappelle votre propre parole : Si vous demandez 
quelque chose en mon nom, ce vous sera accordé ». 



206 MÉTHODE POUR PRÉPARER LES ENFANTS 

Q. 21. De quelle manière doit-on passer le jour delà 
Communion ? 

R. On doit, autant que possible, le passer dans les exer- 
cices de piété, fuir les amusements et les plaisirs 
mondains. 

Après la grand' Messe du jour de votre première Commu- 
nion, je vous conduirai de nouveau chez moi ou à l'école, et 
là je vous donnerai un souvenir de votre première commu- 
nion (1). Puis vous retournerez paisiblement à la maison. 
Alors il vous est permis d'être bien joyeux, car, après tout, 
c'est le jour le plus beau de votre vie ! Mais avant tout, chers 
enfants, n'offensez pas le bon Jésus ; soyez sobres dans le 
boire et le manger. Puis pensez à ceci : A quoi sert-il de 
chauffer fort le poêle dans une chambre, si, de suite après, on 
ouvre portes et fenêtres ? La chaleur se dissipera, et le froid 
rentrera dans cette place. Gardez-vous aussi de laisser refroi- 
dir la pieuse chaleur de votre cœur, par des conversations 
mondaines, par la participation aux jeux, aux amusements 
bruyants ! Pensez plutôt et bien souvent au divin Sauveur, 
adressez-lui des prières jaculatoires, en disant, par exemple : 
«Seigneur, restez près de moi, ne me quittez pas!» — 
L'après-midi revenez encore à l'église pour assister aux vê- 
pres, au salut, et y renouveler vos promesses de baptême. 
Après cela nous irons ensemble faire un petit pèlerinage à 
une chapelle de la sainte Vierge, où nous chanterons quel- 
ques beaux cantiques et où nous prierons le chapelet. Là vous 
vous mettrez de nouveau sous la protection spéciale de Ma- 
rie, vous lui promettrez d'être ses enfants fidèles et dé- 
voués. Chacun retournera alors dans sa maison, ou, si vous 
devez encore faire visite à des parents, ne vous y arrêtez pas 
trop longtemps, et prenez bien garde d'y faire des excès dans 
le boire et le manger. Quand on »eut vous faire prendre du 
vin ou des liqueurs, n'en buvez pas, où, si vos parents vous 
le permettent, n'en prenez que fort peu. La visite au cabaret 

(1) Dans quelques endroits on remet ces souvenirs après les vêpres. 






A LA PREMIÈRE COMMUNION. 207 

vous est sévèrement défendue, de même que les amusements 
et les divertissements qui ne conviennent pas à la sainteté et 
à la gravité de ce jour. Le soir occupez-vous encore à lire dans 
un livre pieux, renouvelez souvent vos remerciements et vos 
bonnes promesses, surtout pendant la prière pariaquelle vous 
tâcherez de finir saintement ce beau jour (1). 

Ah ! puissiez-vous tous finir ce jour et le garder dans votre 
mémoire comme la pieuse Honorine, une fille qui fit sa pre- 
mière communion, il y a environ trente ans. Tous ceux qui 
la voyaient, étaient touchés de l'innocence, de la foi et du 
bonheur qui éclataient sur son visage. Elle conjura le divin 
Sauveur, en le recevant à la Table sainte, de la laisser mourir 
plutôt que de lui laisser perdre son innocence. En souvenir 
de sa première communion, Honorine conservait soigneuse- 
ment les habits et les livres dont elle s'était servie en ce jour. 
Souvent elle les baisait avec respect, et quand on lui deman- 
dait pourquoi elle faisait cela, elle répondait : « Ces objets 
me rappellent ce jour où j'étais tellement à Jésus-Christ, tel- 
lement heureuse, que j'éprouve encore quelque chose de ce 
bonheur, rien qu'en regardant les habits, etc ». La pieuse en- 
fant obtint ce qu'elle avait demandé au jour de sa première 
communion ; elle mourut avec la robe sans tache de l'inno- 
cence, à l'âge de quinze ans. Chers enfants ! puisse ce beau 
jour être également cher à votre souvenir ; et cette robe 
nuptiale de l'innocence que Jésus-Christ vous accordera sans 
doute en ce jour, puissiez-vous, comme cette vertueuse 
enfant, l'apporter devant son trône, où le vrai, l'éternel jour 
de la communion vous unira à jamais à lui, dans un bonheur 
et une gloire sans fin ! 

(1) Dans la préparation aux communions suivantes on doit indiquer aux 
enfants, comment ils doivent se conduire pendant la journée, ce qu'ils 
doivent éviter, ce qu'ils doivent lire, etc ; qu'on les engage surtout à prati- 
quer, par reconnaissance, quelque bonne œuvre, par exemple, à donner une 
aumône; s'ils ont communié le dimanche, à visiter l'après-midi un pauvre 
qui est malade, etc. 



TROISIÈME SECTION. 



LA PRÉPARATION A LA CONFESSION GÉNÉRALE (i). 

I. — INSTRUCTIONS SUR LA CONFESSION EN GÉNÉRAL. 
A. — NÉCESSITÉ ET UTILITÉ DE LA CONFESSION GÉNÉRALE. 

Chers enfants, lorsque, en parlant delà sainte Communion 
je dus vous entretenir de la Communion indigne ou sacrilège, 
que je montrai combien elleest un crime horrible, quels épou- 
vantables châtiments et quel jugement terrible elle entraîne 
à sa suite; alors (et je l'ai bien remarqué) vous avez été saisis 
d'effroi; votre cœur a frissonné de crainte, à lapensée que vous 
aussi, vous pourriez commettrececrime,ettomber sous le coup 
des malédictions. Peut-être même, que plus d'un parmi vous 
n'a pas été éloigné de faire le souhait des Gérasénéens (S. 
Mat. 8, 34), à savoir que Jésus ne descendît pas vers eux, n'en- 
trât pas dans leur cœur. chers enfants ! ne faites pas un 
tel souhait. Car, sans Jésus, que seriez-vous? Ne serait-ce pas 
infiniment triste de vivre sans lui, sans le salut, sans le bon- 
heur, sans la paix, sans les bénédictions que lui seul peut ap- 
porter, et dont je vous ai tant parlé dans les précédentes 
instructions? — Et cependant si vous le receviez d'une ma- 
nière indigne, le malheur serait bien plus grand encore. — 
N'y a-t-il donc pas un moyen pour échappera ce malheur? 

(1) Donner ici une explication complète sur le sacrement de pénitence, 
cela nous conduirait trop loin ; nous devons supposer d'ailleurs que l'on a 
donné maintes fois cette explication aux enfants, avant leur première 
communion. Nous nous contenterons d'intercaler et de répéter les prin- 
cipes généraux, en nous attachant aux questions du catéchisme, qui s'y 
rapportent. 



MÉTHODE POUR PRÉPARER LES ENFANTS, ETC. 209 

Aucun doux rayon de consolation ne vient-il briller 
entre ces sombres nuages, amassés par la crainte et l'inquié- 
tude? 

Oh oui ! chers enfants, il y a un moyen qui peut vous pré- 
server assurément du malheur de faire une mauvaise Com- 
munion et vous aider à faire une bonne Communion, pourvu 
que vous vouliez employer ce moyen, tel qu'il convient; c'est 
pourquoi vous devez vous en réjouir de tout votre cœur. Ce 
moyen, quel est-il? C'est le sacrement de la Pénitence. 

Mais ce sacrement, vous y avez déjà eu recours différentes 
fois, et cependant il se peut, que plus d'un enfant parmi vous, 
loin d'y avoir trouvé de grandes consolations, n'y ait rencontré 
que de la crainte, de l'effroi et de la confusion. C'est qu'alors, 
chers enfants, vous ne vous étiez pas approchés du sacre- 
ment de pénitence, comme j'espère que vous vous en appro- 
cherez maintenant. C'est qu'alors vous ne compreniez pas 
quel bonheur c'est, d'avoir un cœur pur et d'être absous de 
sts péchés. Maintenant que vous savez, qu'en recevant, en état 
de péché et sans un cœur pur, votre Sauveur, vous commet- 
triez un horrible sacrilège, vos dispositions, j'en suis sûr, 
sont tout autres; vous vous dites en soupirant : « Si je pou- 
vais du moins obtenir le pardon! si j'étais pur, bien pur! » 
Voilà aussi pourquoi vous vous approcherez du sacrement de 
Pénitence d'une manière bien autrement sérieuse, et avec une 
tout autre préparation qu'auparavant. De plus vous pourrez 
faire une confession tout autre que celles que vous avez fai- 
tes autrefois. Non-seulement vous pourrez vous accuser des 
péchés commis depuis la dernière confession, mais vous 
pourrez faire une confession générale, c'est-à-dire une con- 
fession de toute votre vie. Là vous vous accuserez encore de 
tous les péchés (au moins des principaux), que vous avez com- 
mis depuis l'âge de raison, en répétant vos confessions pré- 
cédentes. Et pourquoi donc devez-vous faire une telle confes- 
sion? 

C'est que peut-être, pour plusieurs d'entre vous, une telle 
confession est absolument nécessaire, afin de faire une bonne 
première Communion. Comme vous l'avez appris précédem- 
ment, celui qui a fait une mauvaise Confession, n'a obtenu le 



210 MÉTHODE POUR PRÉPARER LES ENFANTS 

pardon d'aucun péché, mais au contraire il a commis de nou- 
veau un péché énorme. Or, si un tel veut obtenir le pardon, 
il n'y a pas à choisir: il faut qu'il répare toutes ses mauvai- 
ses confessions, en faisant une confession sincère de tous ses 
péchés, depuis le temps où il a commencé à se confesser maL. 
Chers enfants, n'y a-t-il personne parmi vous à qui vient 
ce doute: peut-être me suis-je mal confessé autrefois? N'y a- 
t-il personne qui se soit confessé mal auparavant, par ce qu'il 
n'a pas examiné sérieusement sa conscience? Personne qui 
ait caché par honte un péché grave? — Peut-être, que plus 
d'un parmi vous, quand je me serai expliqué, devra se con- 
vaincre qu'il ne s'est pas confessé comme il le fallait. Donc 
pour celui qui a cette conviction, la confession générale est 
absolument nécessaire, afin qu'il obtienne le pardon et puisse 
communier dignement. 

Puis la confession générale est encore très-utile à ceux-là 
mêmes qui se sont toujours bien confessés. Pour ne parler 
que d'un seul point, votre contrition, votre amour pour Jé- 
sus-Christ ne seront-ils pas bien plus grands et plus vifs, 
lorsque vous aurez rassemblé, pour ainsi dire, en un seul 
tableau toutes les fautes, tous les péchés de votre vie entière, 
et que vous verrez comme par un seul coup d'oeil, comment 
il s'est à peine passé de jour, où vous n'ayez pas offensé 
Jésus-Christ; lorsque d'un autre côté, vous reconnaîtrez 
quellepatience et quelle miséricorde Jésus vous a témoignées, 
comment, malgré tous vos péchés, il ne vous a pas repoussés, 
il vous a comblés de bienfaits, et veut même venir maintenant 
jusqu'à vous? Oh ! avec quelle tranquillité d'âme, avec quelle 
consolation vous pourrez vous rappeler plus tard l'époque de 
votre première Communion et vous dire: Dieu merci! J'ai fait 
alors une bonne confession; je puis être tranquille au sujet 
des années de mon enfance ! 

Puisque cette confession générale, chers enfants , est si né- 
cessaire à un grand nombre, si utile à tous, c'est pour cela 
que tous les enfants que j'ai préparés autrefois à la première 
Communion, ont fait auparavant une confession de ce genre, 
et j'espère que vous imiterez avec bonheur leur exemple. 
Si peut-être l'un ou l'autre avait la pensée, qu'une telle 



A LA PREMIÈRE COMMUNION. 211 

confession doit être quelque chose de difficile, qu'il ne pourra 
pas la faire comme il convient, il ne doit pas avoir peur. Si 
tant de centaines d'enfants avant vous ont pu la faire comme 
il faut, pourquoi ne le pourriez-vous pas ? Oh non ! chers 
enfants, n'ayez pas peur, soyez sans inquiétude, je vous di- 
rai tout ce qu'il faut faire, et lorsque vous vous confesserez, 
je vous aiderai do tout mon cœur. Je vous promets, pourvu 
que vous fassiez seulement ce que jevousdis,oui jevousdonne 
ma parole que vous ferez une bonne confession générale, et 
que vous communierez dignement. Donc pas de crainte, pas 
d'inquiétudes inutiles, mais soyez heureux, soyez contents de 
pouvoir faire cette confession. Je suis certain qu'elle vous 
procurera beaucoup de consolations, beaucoup de grâces. 
Mais aussi, dès maintenant et tous les jours, priez Dieu pour 
obtenir de lui la grâce de bien faire cette confession ! Pour 
moi je prierai aussi avec vous et pour vous. 

B. — DES PARTIES NÉCESSA1RE> DU SACREMENT DE PÉNITENCE. 

Vous savez encore, chers enfants, quelles choses sont né- 
cessaires pour recevoir dignement le sacrement de Pénitence, 
se sont : 1° l'examen de conscience ; 2° la contrition ; 3° le 
bon propros ; 4° la confession ou l'accusation ; 5° la satisfac- 
tion. Nous allons passer en revue et expliquer ces différentes 
parties nécessaires au sacrement de Pénitence. 

I. — L'examen de conscience. 

Qu'est-ce qu'examiner sa conscience ? Examiner sa cons- 
cience, c'est penser sérieusement à ses péchés, afin de pou- 
voir bien les connaître. Dans la confession il faut que vous 
avouiez vos péchés, que vous les déclariez, voilà pourquoi 
vous devez d'abord vous-mêmes les connaître ; et pour pou- 
voir les connaître ; il faut que vous y pensiez, que vous ré- 
fléchissiez, mais sérieusement, c'est-à-dire, avec toute l'atten- 
tion et le soin qu'on emploie, quand il s'agit d'une affaire 
importante et grave. Lorsque quelqu'un doit rendre compte 
de l'argent qu'on lui a confié, il se dit : Si je ne puis pas 
bien exactement rendre compte de tout, je serai puni ; alors 
il ne réfléchit pas à la légère, ou rapidement, il ne se con- 



212 MÉTHODE POUR PRÉPARER LES ENFANTS 

tente pas de se demander : comment ai-je employé cet ar- 
gent ? Mais il réfléchit longtemps et sérieusement, jusqu'à ce 
qu'il ait fait un calcul exact. Pour vous ; il s'agit d'une affaire 
bien plus sérieuse que de rendre compte de l'emploi d'une 
somme d'argent. Lorsque vous voulez vous confesser, il s'a- 
git de rendre compte de l'emploi que vous avez fait de la 
grâce divine, de l'emploi de votre temps, de rendre compte 
de votre vie, de vos péchés, et vous savez que, si vous ne le 
faites pas bien, vous n'obtenez pas le pardon, mais que vous 
vous attirez des châtiments. C'est pourquoi, chers enfants, 
il ne suffit pas, lorsque vous venez à l'église, de vous exami- 
ner alors quelque peu sur vos péchés, mais cet examen de 
conscience pour votre confession générale doit déjà commen- 
cer plusieurs jours avant, et il faut y consacrer, chaque jour, 
environ une demi-heure. Ces jours-là vous pouvez-vous lever 
une demi heure plus tôt que de coutume; ce sera le moyen 
de gagner du temps et de faire aussi une légère œuvre de pé- 
nitence. 

Mais comment devez-vous examiner votre conscience ? 
Commencez d'abord par invoquer le Saint-Esprit, puisque, 
sans l'aide de sa grâce, vous ne pouvez absolument rien 
pour faire votre salut etc, ni bien connaître vos péchés, 
Car s'il ne vous éclaire pas, s'il n'illumine pas le fond de 
votre âme, comment pourrez-vous connaître toutes les fautes 
que vous avez commises depuis un si grand nombre d'années, 
et auxquelles, en grande partie, vous n'avez peut-être jamais 
fait attention ? Sans l'assistance du Saint-Esprit, vous pourrez 
encore moins vous repentir sincèrement de vos péchés, car il 
est nécessaire que les péchés, tels que l'intempérance, les im- 
modesties qui vous ont causé jusqu'ici du plaisir, soient en- 
tièrement détestés, haïs, et craints ; il faut donc que votre 
cœur soit changé, — et cela est impossible sans la grâce de 
Dieu. Ensuite sans l'assistance du Saint-Esprit, vous ne pou- 
vez pas confesser sincèrement vos péchés. En effet, s'il vous 
est si difficile d'avouer des fautes légères, qui sont déjà con- 
nues, combien plus difficile n'est-ce pas d'avouer des péchés 
graves, qu'on ne soupçonne peut-être pas en vous ? C'est 
pourquoi invoquez avant tout le Saint-Esprit par cette prié- 



A LA PREMIÈRE COMMUNION. 213 

re : » Venez Esprit-Saint, éclairez etc. Puis récitez un pater 
en l'honneur de S. Pierre et de S. Marie-Madeleine, afin 
qu'ils obtiennent, pour vous, par leurs prières, la grâce de bien 
connaître vos péchés, de vous en repentir et de les confesser. 

Dès les premiers jours, demandez-vous à vous-mêmes si 
jusqu'alors vos confessions ont toujours été bonnes. Votre 
confession a été bonne (elle vous a procuré le pardon devant 
Dieu) si vous avez observé exactement les cinq conditions 
qui sont nécessaires pour recevoir dignement le sacrement 
de Pénitence. Elle a été mauvaise votre confession, si une de 
ces cinq conditions a manqué entièrement ou a été mal remplie. 
Ainsi votre confession a été mauvaise dans les cas suivants : 

1° Si vous avez examiné votre conscience d'une manière 
négligente et indifférente (quoique vous eussiez commis 
des fautes graves, ou ne sachant pas si vous les aviez com- 
mises). Ainsi, par exemple, vous êtes allé vite à l'église; 
de suite vous vous êtes mis près du confessionnal, en vous 
demandant : que vais-je confesser ? — ou bien vous avez 
copié deux ou trois péchés de votre livre de prière ou de 
l'examen de conscience écrit par d'autres enfants, et c'estcela 
que vous êtes allé dire à votre confesseur, sans examiner si 
vraiment vous aviez commis ces péchés, où si vous n'en aviez 
pas commis d'autres ; ce sont autant de mauvaises confes- 
sions, parce que l'examen de conscience manquait. 

2° Votre confession a été nulle et mauvaise, si vous n'avez 
pas eu une douleur vraie, intérieure et surnaturelle de tous 
vos péchés (du moins de tous vos péchés mortels) ; si vous 
vous êtes contentés de lire simplement des actes de contrition 
dans votre livre de prières, sans que dans votre cœur vous 
eussiez un vrai regret d'avoir offensé Dieu ; si vous avez été 
tristes d'avoir commis le péché, non parce que vous avez mé- 
rité l'enfer, perdu l'amitié de Dieu et le ciel, outragé Dieu, 
votre bon père et votre Sauveur, mais uniquement parce que 
vous craigniez d'être punis de vos parents, et de devoir rou- 
gir devant votre confesseur, etc. 

3° Votre confession n'a rien valu, elle a été nulle, si vous 
n'avez pas fait ce ferme et sérieux propos: « Je veux ne plus 
commettre ces péchés (que j'ai commis), j'aime mieux tout 



214 MÉTHODE POUR PRÉPARER LES ENFANTS 

souffrir, plutôt que do commettre de nouveau un seul péché 
mortel. —Votre confession a été mauvaise, si vous vous êtes dit, 
quand il s'agissait d'un péché mortel : « je le ferai encore; » 
si voas n'avez pas pris la résolution d'éviter l'occasion pro- 
chaine du péché mortel, quoique le confesseur vous eût dit : 
Vous n'irez plus avec tels camarades ni dans tel endroit. 

4° Votre confession a été nulle et mauvaise, si, par une 
fausse honte, vous avez caché un péché mortel, ou caché 
quelque chose que vous regardiez comme un péché mortel, 
ou dont vous doutiez fortement si c'était un grand péché; ou 
bien encore si, tout exprès, vous avez déclaré vos péchés de 
telle manière, que le prêtre ne pouvait pas vous comprendre ; 
ou si vous avez déclaré la chose tout autre qu'elle n'a été; par 
exemple, si vous avez dit:« j'ai eu des pensées immodestes, » 
tandis que vous aviez raconté ou commis des choses immo- 
destes, — ce dont vous n'avez pas parlé. (Si vous aviez caché 
des péchés véniels ou oublié, sans votre faute, des péchés 
même mortels, la confession ne serait pas nulle ou mauvaise. 
Seulement il faut que vous déclariez, dans la confession 
suivante, le péché mortel oublié, si vous vous le rappelez.) 

o° Votre confession a été nulle et mauvaise, si vous vous 
êtes dit, dans le confessionnal, quand le prêtre vous donnait 
une pénitence: « je ne la ferai pas; » si vous n'avez pas eu la 
volonté de réparer les torts graves que vous aviez causés au 
prochain, de rendre les objets (que vous aviez pris injuste- 
ment, etc. (Avez-vous eu la volonté d'accomplir la pénitence, 
etc., quoique plus tard vous l'ayez négligée, votre confession 
a été bonne, mais vous devez vous en accuser dans la con- 
fession suivante.) 

Or, si vous avez eu le malheur de faire ainsi une mauvaise 
confession, vous devez répéter toute la confession qui a été 
nulle, déclarer de nouveau les péchés mortels dont vous vous 
étiez accusés, puisque aucun péché, pas plus que ceux que 
vous aviez cachés et omis, ne vous a été pardonné, et vous 
devez dire que votre confession a été mauvaise. Ensuite (si 
vous avez fait exprès une mauvaise confession, et que vous 
ne l'ayez pas déclaré, ni répétée, quoique vous vous en sou- 
vinssiez dans les confessions suivantes) vous êtes obligés de 



A LA PREMIÈRE COMMUNION. 215 

recommencer toutes les confessions faites depuis la première 
qui fut mauvaise, parce que toutes celles qui l'ont suivie, 
ont été également mauvaises. Lorsque je boutonne ma sou- 
tane et que je n'introduis pas le premier bouton dans la pre- 
mière boutonnière qui y correspond, tous les autres boutons 
qui suivent seront également mal mis; je serai obligé de nou- 
veau à les faire sortir de leurs boutonnières (jusqu'au premier 
qui a été mal mis) et puis de recommencer à boutonner. Il en 
est de même de la confession. Maintenant répondez-moi en 
silence, dans le fond de votre cœur: avais-je tort de dire tan- 
tôt que, pour plusieurs d'entre vous, une confession de toute 
la vie serait nécessaire? 

Maintenant en examinant votre conscience demandez-vous: 
combien de mauvaises confessions ai-je faites ? Une fois ou 
plusieurs fois? Quand les ai-je faites? Savais-je bien que je 
faisais une mauvaise confession? Combien de fois ai-je été 
me confesser depuis ce temps? N'ai-je jamais préparé cette 
confession? Ai-je su depuis longtemps que je devais la répa- 
rer? Après cela, demandez-vous en général: combien de 
temps suis-je resté sage? Pourquoi suis-je devenu méchant, 
polisson, irréligieux ? Combien de temps le suis-je resté? 

Repassez alors les dix commandements : chaque jour vous 
pouvez passer en revue deux ou trois commandements de la 
manière que je vais vous indiquer (1). 



(1ï Le catéchiste, si le temps le permet, expliquera en peu de mots ce 
que chaque commandement ordonne et défend ; il devra se convaincre, 
par les questions qu'il posera, si les enfants le savent encore, et en parlant 
de tel péché, indiquer rapidement ce qui est le plus propre à exciter le 
repentir sur cette faute, par exemple : pourquoi ce péché déplaît particu- 
lièrement à Jésus-Christ, comment Dieu l'a puni en telle circonstance. — 
(Dans les questions qu'on adresse aux enfants pour savoir s'ils ont 
commis tel péché, il vaut mieux de leur poser la question affirmative- 
ment que négativement; car d'ordinaire, si la question est posée d'une 
façon négative, la réponse de l'enfant sera négative aussi. Ainsi lors- 
qu'on lui demande: n'avez-vous pas volé? il dira de suite : non; tandis que 
si on lui dit: avez-vous volé quelquefois? l'enfant réfléchira, et répondra 
exactement, si la honte ne lui ferme pas la bouche. C'est une observation 
plus importante qu'on ne croit.) 

(Obs. du traducteur). 



216 MÉTHODE IOUR PRÉPARER LKS ENFANTS 

I. Commandement. Ai-je eu du dégoût pour la prière? Ai-je 
omis mes prières du matin et du soir, avant et après les re- 
pas? Suis-je peut-être resté longtemps sans dire la moindre 
prière? Combien de temps ? Ai-je omis pendant longtemps 
de faire des aetes de foi, d'espérance et de charité?En priant, 
ai-je aussi fait des efforts pour penser à Dieu ? ou bien, ai-je 
pensé tout exprès à d'autres choses? Ai-je regardé autour de 
moi, ri? Ai-je eu l'habitude de prier sans attention? Combien 
de temps cette habitude dure-t elle? etc. Ai-je omis d'ôter 
ma casquette en passant devant un crucifix, de me mettre à 
genoux devant le saint Sacrement, de faire le signe de la croix, 
était-ce par crainte d'être moqué?Me suis-je mal tenu à l'église? 
Y ai-je causé? Y ai-je ri? N'y ai-je pas troublé les autres ou 
fait des méchancetés? Combien de fois? Etait-ce une habitude? 
Depuis quand? Depuis quand ne le fais-je plus aussi sou- 
vent? 

Ai-je aimé d'entendre les mauvais discours que d'autres 
tenaient contre la foi et la religion? Ai-je été assez impertinent 
pour penser ou pour dire : Je ne puis pas croire cela, quoique 
Dieu l'ait dit? Ai-je repoussé de suite les doutes contre la 
foi, ou m'y suis-je arrêté volontairement? Combien de fois? 
Ai-je négligé d'assister au catéchisme, ou y ai-je été pares- 
seux et inattentif? 

Quand je faisais un péché, ai-je pensé : cela ne fait 
rien, je pourrai m'en confesser? ou bien : Dieu me par- 
donnera toujours, je me corrigerai plus tard? Est-ce arrivé 
souvent? Combien de fois? (Ai-je désespéré de la bonté 
et de la miséricorde de Dieu en pensant: Dieu n'est pas bien 
disposé pour moi, il ne m'aidera pas, il ne me pardonnera ja- 
mais?) Ai-je eu de l'aversion pour Dieu? Ai-je murmuré contre 
lui, par exemple, quand il faisait mauvais temps, etc? Ai-je 
montré du dégoût quand j'entendais parler de Dieu ou des 
choses divines? 

II. Commandement. Ai-je l'habitude de prononcer légère- 
ment, à chaque occasion le nom de Dieu, de Jésus et de Ma- 
rie ? Y ai-je ajouté d'autres mots ? lesquels ? Ai-je juré ainsi 
quand j'étais en colère ? Depuis quand ai-je contracté cette 
habitude ? Combien de fois le fais-je par jour (ou par se- 






A LA PREMIÈRE COMMUNION. 217 

mai ne)? Ne me suis-je pas corrigé? Depuis quand ai-jc fait 
des efforts pour nie déshabituer de ce péché ? 

Ai -je blasphémé? Ai-je fait des malédictions contre moi ou 
contre d'autres, c'est-à-dire : ai-je souhaité aux autres un 
grand mal ? quel mal ? N'ai je pas abusé en même temps de 
paroles saintes ? Combien de fois ? N'ai-je jamais parlé avec 
mépris de Dieu, des Saints, et des choses saintes? Ne me 
suis-je pas moqué des cérémonies religieuses, des objets 
saints? l'ai-je fait souvent? 

N'ai-je pas fait de serment, en disant : j'appelle Dieu à té- 
moin, — sur mon âme, — je veux mourir si ce n'est pas 
vrai, etc ? Est-ce mon habitude? Ai-je fait un serment pour 
assurer un mensonge ? Combien de fois ? Ai-je poussé les au- 
tres à faire un serment? 

Ai-je fait un vœu sans le tenir ? quel vœu ? 

III Commandement. (1 et 4 commandements de l'Eglise). 
Ai-je manqué la messe par ma faute les dimanches et les 
jours de fête ? Pourquoi? Combien de fois ? Y suis-je venu 
trop tard ou en suis-je sorti trop tôt? N'ai-je pas manqué 
d'attention pendant la sainte Messe ? troublé les autres ? L'a- 
près-midi ai-je couru avec de mauvais camarades? Ai-je pro- 
fané le jour du Seigneur par des péchés ? 

IV Commandement. Ai-je méprisé dans mon cœur mes pa- 
rents (mes maîtres, mes supérieurs ou mes chefs) ? Me suis- 
je moqué de leurs défauts, ou eu ai-je parlé aux autres ? Me 
suis-je montré grossier et insolent à leur égard ? Leur ai-je 
peut être donné de vilains noms? combien de fois? Ai-je 
prié pour eux ? Ai-je eu de l'aversion pour eux, de la 
haine? Leur ai-je souhaité du mal, la mort, etc? Les ai-je 
attristés ou fâchés ? Combien de fois ? Ai-je refusé de les 
écouter, surtout dans les choses importantes ? Me suis-je 
moqué de leurs avis? leur ai-je résisté quand ils voulaient me 
punir ? Ai-je eu le malheur de lever la main sur eux pour les 
frapper? Une fois ou plusieurs fois ? 

Ai-je porté de la haine à mes frères et sœurs (ou à d'au- 
tres membres de la famille)? Les ai-je mis fort en colère? in- 
juriés ? battus ? poussés à mal faire ? Combien de fois ? 

V. Commandement. Ai-je fait du tort à moi- même, à ma 

MÉTHOI>E, ETC. 10 



218 MÉTHODE POUR PRÉPARER LES ENFANTS 

santé par intempérance, par des excès dans le jeu, par des 
jeux dangereux, soit en sautant, soit en grimpant au risque 
de me tuer? Etait-ce par forfanterie? Me suis-je souhaité la 
mort? Pourquoi? Combien de fois? Ai-je peut-être pensé ou 
dit : je me jetterai à l'eau, ou je me ferai mourir? Combien de 
fois ? 

Me suis-je souvent mis dansdegrandes colères?Ai-je porté 
envie aux autres? Ai-je été content quand d'autres étaient mal- 
heureux ? Les ai-je dénoncés et accusés pour les faire punir ? 
Combien de fois? Leur ai-je porté de la haine? souhaité du 
mal, cherché à leur faire du tort ? à combien ? Combien de 
fois ? Combien de temps? Les ai-je injuriés, frappés ? Me 
suis-je moqué surtout des vieillards, des pauvres, des gens 
malheureux ? Ai-je fait du tort à la santé ou à la vie de quel- 
qu'un par de mauvais traitements ? Combien de fois ? Ai-je 
fait souffrir tout exprès les animaux ? Ai-je fait tort à 1 ame 
du prochain, par le scandale? (péchés d'autrui) Ai-je poussé 
les autres à mentir, à voler, à faire de vilaines choses, ou à 
commettre d'autres péchés? Combien étaient-ils? Ai-je dit 
ou fait devant les autres de vilaines choses ? Ai-je gardé le 
silence sur de grands péchés commis par mes frères et sœurs, 
par des domestiques, lorsque j'aurais dû en informer mes 
parents ? 

VI et IX Commandements. Ai-je aimé a entendre les autres 
parler de vilaines choses ? en ai-je ri ? en ai-je parlé moi- 
même ? Quand j'étais seul, ai-je aimé à penser exprès à de 
mauvaises choses ? ai-je arrêté mon attention sur ces vilaines 
pensées, lorsque je les remarquais ? Ai-je eu la volonté, le 
désir de regarder ou de faire de vilaines choses ? Y ai-je pris 
plaisir ? Ai-je, comme Cham, jeté sur moi ou sur d'autres des 
regards immodestes, ou ai-je osé montrer ce que la décence 
m'ordonnait de cacher? l'ai-je fait en m'habillant ou en me 
déshabillant, en me baignant? Ai-je touché mon corps ou le 
corps des autres d'une manière déshonnête? me suis-je laissé 
toucher ? Ai-je peut-être commis un grand péché contre la 
modestie ? (à toutes ces questions demandez : combien de 
fois? Ou bien: quand ai-je commencé à commettre ces péchés? 
Combien de temps les ai-je commis ? Combien de fois ?). 



A LA PREMIÈRE COMMUNION. 219 

Vile/ X Commandements. Ai -je volé ? Combien de fois? 
Qu'était-ce? Ai-je dérobé à mes parents de l'argent, des ob- 
jets pour manger ? Ai-je aidé les autres à voler ? Ai-je eu la 
volonté ou le désir de voler ? Ai-je accepté des objets volés ? 
les ai-je gardés ? Ne les ai-je pas rendus? Ai-je gardé des ob- 
jets trouvés ? les ai-je partagés avec d'autres ? 

Ai-je fait du tort aux campagnes, en marchant sur le blé, 
aux haies, aux prairies, aux jardins, aux arbres, aux pom- 
pes publiques, aux maisons, etc ? En quoi consiste ce tort ? 
pourquoi l'ai-je fait ? Combien de fois ? (Comme berger ou 
comme domestique) ai-je laisse gâter ce qui appartenait à 
mes maîtres ? Ai-je négligé de travailler ? 

VIII Commandement. Ai-je fait des mensonges ? Ai-je l'ha- 
bitude de mentir ? Pourquoi fais-je si souvent des menson- 
ges ? Depuis quand ? Ai-je fait du tort par mes mensonges ? 
Ai-je joué l'hypocrite, en faisant semblant d'être sage et 
pieux ? 

Ai-je raconté les défauts ou les fautes des autres ? pour- 
quoi ? — Ai-je fait du tort à l'honneur et à la réputation de 
quelqu'un ? de plusieurs ? Combien de fois ? Ai-je accusé 
faussement les autres d'un mal qu'ils n'avaient pas fait? Ai-je- 
exagéré leurs défauts ou leurs fautes ? Pourquoi ? Combien 
de fois ? Me suis-je informé des défauts ou des fautes des 
autres ? Ai-je répété le mal que j'ai entendu raconter d'autrui r 
sans savoir si c'était vrai ou non ? Ai-je pensé mal d eux, sans 
avoir de bonnes raisons ? Ai-je été cause de disputes, par 
mon méchant bavardage ? 

Pour les commandements de l'Eglise, nous nous sommes 
examiné sur le premier et le quatrième, en parlant du troi- 
sième commandement de Dieu ; quant au sixième, examinez 
si vous n'avez pas mangé de la viande les jours défendus, 
combien de fois et pour quelle raison ? 

Pour les pèches capitaux, examinez-vous encore si vous avez 
péché par orgueil (si vous avez été fiers de votre naissance, 
de vos habits, de votre beauté, de la fortune de vos parents, 
— si vous avez méprisé les autres), par gourmandise (surtout 
en buvant du vin ou même du genièvre), par avarice (en étant 



220 MÉTHODE POUR IV.ÉPAKEK LES ENFANTS 

dur envers les pauvres), par paresse (en négligeant d'appren- 
dre vos leçons, de vous lever à temps, de travailler). 

Vous devez aussi vous examiner sur le nombre de fois que 
vous avez commis ces péchés, du moins quand il s'agit de 
péchés graves, et vous demander : combien de fois ai-je fait 
cela ? Pour certains grands péchés que vous avez commis 
rarement, vous en trouverez facilement le nombre. Si vous ne 
le savez pas exactement, tâchez de trouver au moins combien 
de fois à peu près, vous avez commis ce péché. Pour les 
fautes que vous avez eu l'habitude de commettre depuis long- 
temps et souvent, vous pouvez-vous demander : quand ai-je 
commencé à commettre ce péché ? Depuis quel temps en ai-je 
contracté l'habitude? Combien de fois depuis lors, l'ai-je 
commis par semaine ou par jour ? Vous pouvez aussi vous 
accuser, en vous exprimant de cette manière : Depuis l'âge 
de neuf ans jusqu'à telle époque, j'ai fait cela... le plus 
souvent une fois par jour, souvent moins (surtout après que 
j'avais été à confesse, je ne le faisais pas pendant une ou deux 
semaines). 

Vous devez penser ensuite aux circonstances qui ont accom- 
pagné les péchés mortels, surtout aux circonstances qui 
rendent le péché bien plus grave, et contraire à plusieurs 
commandements ; par exemple, si vous aviez volé quelque 
chose à l'église, vous n'auriez pas péché seulement contre le 
septième commandement, mais aussi contre le premier ; si 
vous aviez fait de vilaines choses contre la modestie, en pré- 
sence d'autres, surtout devant des enfants innocents qui ne 
connaissaient encore rien de ces vilenies, ce serait contraire 
au sixième commandement et au cinquième. 

Chaque fois, après vous être examinés sur deux ou trois 
commandements, excitez-vous vivement à la contrition des 
péchés dont vous vous êtes trouvés coupables, demandez par- 
don au bon Jésus, et soyez résolus à ne plus les commet- 
tre. 

Enfin, après avoir passé en revue tous les commandements, 
demandez-vous : quel est mon plus grand péché ? Quel est 
celui que je commets le plus souvent? Quel est celui qui 
m'entraîne le plus à commettre d'autres péchés ? (par exem- 



A LA PREMIÈRE COMMUNION. 22! 

pie : l'orgueil conduit à la désobéissance, aux querelles, à 
l'envie, aux jurements, aux mensonges, à l'hypocrisie ; la 
paresse à l'omission des prières, à la désobéissance, à l'irri- 
tation des parents, des maîtres, etc; l'impureté à la négligence 
dans les prières, aux distractions, au sacrilège, parce que 
souvent on a peur de confesser ce péché, — au scandale, etc). 
Quel est, par conséquent, le péché que je dois combattre le 
plus à l'avenir ? 

Je ne puis m empêcher, chers enfants, en vous parlant de 
l'examen de conscience, de vous rappeler encore que vous 
devez vous habituer à cette belle pratique, qui vous a été con- 
seillée auparavant et qui consiste à vous confesser chaque 
soir spirituellement, c'est-à-dire à vous examiner sur la ma- 
nière dont vous avez passé la journée. Eh quoi ! tous les jours 
vous lavez votre figure, vos mains, vous nettoyez vos sou- 
liers etc, et seriez-vous moins attentifs à nettoyer, à purifier 
votre àme ? Que vous auriez facile de vous préparer chaque 
fois à la confession, si, chaque soir, vous aviez soin d'exami- 
ner votre conscience ! Faites-le donc, chers enfants, je vous 
en conjure, par amour pour votre bien-aimé Sauveur Jésus- 
Christ. 

2. — La contrition. 

La contrition est la partie la plus importante et la plus né- 
cessaire, quand il s'agit de recevoir le sacrement de Péni- 
tence. Sans la contrition il n'est jamais possible d'obtenir le 
pardon des péchés que l'on a commis. Elle ne peut jamais 
être remplacée par quoi que ce soit. C'est donc à la contrition 
surtout, que vous devez faire attention. Or qu'est-ce que la 
Contrition ? La contrition est une douleur de lame et une dê- 
testation des péchés commis. C'est une douleur ; il faut que vous 
soyez tristes, affligés d'avoir fait le péché. Mais ce n'est pas 
une douleur du corps, c'est au contraire une douleur de l'âme ; 
c'est donc intérieurement dans l'âme, dans le cœur, que vous 
devez être tristes. Il n'est pas nécessaire précisément que 
vous sentiez cette douleur, que vous versiez des larmes, 
comme vous le faites quand votre père ou l'un de vos frères 
est mort ; mais ce qui est nécessaire (et c'est à cela que vous 



Hill MÉTHODE POL« PRÉPARER LES ENFANTS 

pouvez reconnaître si vous avez la contrition), ce qui est né- 
( essaire, dis-je, c'est que vous détestiez, que vous ayez en 
horreur le péché, comme une bête féroce ou venimeuse qui 
se serait accrochée à vos habits ; c'est que vous soyez plus 
peines d'avoir péché, que de tous les maux de ce monde, 
plus peines que si on vous avait punis ou injuriés gravement; 
c'est q je vous soyez fermement résolus à ne plus commettre 
de péchés (au moins graves). 

Vous savez encore que la contrition doit être 1° intérieure. 
Celui qui se contente de réciter froidement et seulement de 
bouche, l'un ou l'autre de ces actes de contrition qu'on 
trouve dans les livres de prières, mais qui dans le fond de 
son cœur ne hait, ne déteste pas le péché, celui-là n'a pas de 
contrition. 2° La contrition doit être universelle, c'est-à dire 
que vous devez vous repentir de toutes vos fautes, au moins 
de toutes les fautes graves. Celui qui se repent de ses péchés, 
à l'exception d'un seul péché mortel, pour lequel il conserve 
de l'affection, de l'attachement, et qu'il ne veut pas quitter, 
n'a pas de vraie contrition et n'obtient le pardon d'aucun pé- 
ché. 3° La contrition doit être surnaturelle, c'est à dire que 
vous devez être tristes d'avoir commis le péché et que vous 
devez le détester, non par des motifs purement naturels, pour 
des causes temporelles, par exemple, parce que vous vous 
êtes couverts de honte, parce que vos parents vous ont punis, 
parce que ces péchés vous ont causé certains torts. 

Ce serait alors une douleur purement naturelle, et celui qui 
n'aurait que celle-là, n'obtiendrait le pardon d'aucun péché. 
Non le péché doit vous causer des regrets pour des motifs 
surnaturels, c'est-à-dire pour des motifs que nous enseigne 
la Révélation divine et que nous expose la foi, par exemple : 
parce que nous avons offensé, insulté par nos péchés Dieu 
notre bon Père, notre Sauveur, parce que nous avons perdu 
son amitié et le ciel, mérité l'enfer etc. 

Mais voici maintenant la question principale, chers enfants; 
que devez-vous faire pour avoir cette douleur surnaturelle, 
qui est absolument nécessaire et indispensable à la confes- 
sion ? 



A LA PREMIÈRE COMMUNION. 223 

D'abord vous devez prier bien le bon Dieu de vous accorder 
sa grâce. 

Le vrai repentir n'est possible que par la grâce de Dieu; 
sans elle il vous est aussi peu possible d'avoir la contrition 
surnaturelle, qu'à quelqu'un devoir, s'il est sans yeux. Oui, 
la grâce d'un vrai repentir est une des plus grandes grâces 
(jue Dieu puisse mous accorder. Or celui qui veut obtenir de 
Dieu une grâce, doit la lui demander en priant. Priez donc 
de tout votre cœur, priez dès maintenant, chaque jour, pour 
obtenir cette grâce. Surtout, chers enfants, assistez pieuse- 
ment à la sainte Messe, comme je vous l'ai déjà dit, et pensez 
à tout ce que le bon Jésus a souffert pour vos péchés ; car, 
par la sainte Messe, nous obtenons principalement la grâce 
du repentir et de la pénitence, pour la rémission des péchés. 

Cependant il ne suffit pas de prier pour obtenir la contri- 
tion, de même qu'il ne suffit pas au laboureur de prier, pour 
obtenir une abondante moisson. Non, il faut que le cultiva- 
teur fasse de son côté ce qui est nécessaire, et c'est ainsi que 
vous devez coopérer à la grâce divine, travailler aussi bien 
que vous le pouvez, pour obtenir une véritable contrition. 
C'est pourquoi vous devez d'abord réfléchir, penser sérieuse- 
ment à ce que la Foi nous enseigne touchant la malice et les 
suites funestes du péché. Car si vous connaissez une 
bonne fois ce que c'est que le péché et quels sont les châti- 
ments du péché, vous le haïrez et vous le détesterez de lui- 
même. 

Je vais vous expliquer rapidement une manière bien facile 
de vous exciter à la contrition. C'est la manière dont se ser- 
vait S. Charles Borromée, lorsqu'il voulait aller à confesse. 
Comme ce saint Évêque, faites quatre stations. 

1° D'abord mettez-vous en esprit devant un cercueil, qui a 
été descendu en terre depuis quelques mois; imaginez-vous 
qu'on soulève les planches et que vous y voyez un cadavre 
en putréfaction, dévoré par des millions de vers, et tellement 
hideux, tellement laid que vous osez à peine le regarder du 
coin de l'œil. Voilà, chers enfants, ce que devient l'homme, 
le roi de la terre, la plus noble et la principale créature de ce 
monde: un amas d'ossements corrompus, la proie des vers. Et 



224 MÉTHODE POUR PRÉPARER LES ENFANTS 

qu'est-ce donc qui l'a réduit à cet état si affreux? C'est la 
mort. Mais qui a introduit la mort dans le monde? Le péché, 
rien que le péché. Sans lui, il n'y aurait pas eu de mort; c'est 
lui, le péché qui a changé le corps si beau de l'homme, en un 
tas de pourriture hideuse ; c'est le péché qui a fait des anges 
du ciel, en un seul moment, ce qu'il y a de plus affreux, des 
démons. Pensez donc, chers enfants, ce que doit être le 
péché? combien il doit être affreux lui-même, puisqu'il rend 
horrible et affreux tout ce qu'il touche ! On raconte qu'an- 
ciennement un prince féroce et barbare, pour faire souffrir 
cruellement son ennemi, l'avait fait enchaîner tout vivant à 
un cadavre. Ah, cher enfants! quelle torture, quel supplice ! 
devoir traîner jour et nuit avec soi un cadavre hideux et 
puant! Mais elle est infiniment plus äff eus e qu'un tel cada- 
vre, l'âme en état de péché mortel. Et une âme de ce genre, 
une âme souillée et couverte de péchés mortels, vous l'avez 
peut-être portée depuis longtemps au dedans de vous ! Peut- 
être qu'elle est encore en cet état! Quel doit être votre état 
aux yeux de Dieu? N'en frissonnez-vous pas de terreur? et 
ces péchés si horribles, voudrez-vous encore les commettre? 
Allons! regardez encore une fois entre les planches de ce 
cercueil ! Voilà ce que deviendra un jour votre corps lui- 
même, la dégoûtante nourriture des vers. Et c'est à cause de 
ce misérable corps, c'est pour lui procurer un moment de 
plaisir, pour l'amuser et satisfaire ses mauvais penchants, 
que vous avez péché, oublié et négligé votre âme immortelle, 
que vous l'avez livrée au démon ! 

2° Montez en esprit jusque dans le ciel! Représentez-vous, 
chers enfants, tout ce qu'il y a de plus beau, de plus ravis- 
sant; un jardin plein de délices, orné des plus magnifiques 
fleurs, une ville, où les rues, comme l'écrit S. Jean, sont 
d'or, les portes de perles, les murs de pierres précieuses 
étincelantes; tout cela en comparaison de la magnificence et 
de la gloire du ciel, est comme la flamme d'une petite 
lampe à côté du soleil rayonnant. Puis imaginez-vous qu'un 
homme ait goûté, dans l'espace d'une heure, toutes les joies, 
tout le bonheur, que tous les hommes ensemble, à commen- 
cer d'Adam, ont ressenti en ce monde; — toutes ces joies, 



A LA PREMIÈRE COMMUNION. 225 

tout ce bonheur, comparés aux joies et au bonheur du ciel, 
sont comme une petite goutte d'eau comparée à l'immensité 
de la mer. Et voyez: toute cette magnificence, toutes ces joies, 
Dieu les a destinées à chacun d'entre nous, à chaque homme. 
Il n'est personne si petit, si misérable qu'il soit, que Dieu ne 
veuille y laisser entrer. Rien ne peut nous priver de ce bon- 
heur, rien que le péché. Un seul péché mortel... et tout est 
perdu! Ah mon Dieu! que doit-ce donc être que le péché, puis- 
qu'il nous enlève de si grands biens ! Vous le saviez, chers 
enfants, et malgré cela vous avez péché! Vous avez su que, 
lorsque vous commettiez un vol, lorsque vous fesiez de vi- 
laines choses contre Ja modestie, vous perdiez le ciel, et ce- 
pendant vous avez osé pécher. Pour avoir quelques pièces 
d'argent, pour goûter un sale plaisir, vous avez vendu votre 
ciel! Lorsque Esaü, tourmenté par la faim, revint à la mai- 
son, il vendit, pour un plat de lentilles, son droit d'aînesse 
et tous les grands avantages qui y étaient attachés. N'est-il 
pas vrai qu'il avait agi comme un insensé, comme un fou? 
C'est pourquoi, dit l'Ecriture, « quand il eut reconnu sa folie 
il pleura en poussant de grands cris. » Hélas ! chers en- 
fants, vous avez agi d'une manière bien plus insensée, car 
vous avez vendu votre droit à l'héritage céleste, droit qui 
vaut plus que tous les biens de la terre, vous l'avez vendu 
pour quelque chose qui, ne vaut pas de loin autant qu'un 
plat de lentilles, vous l'avez vendu pour un coupable plaisir, 
dont maintenant vous rougissez de honte. Et si Dieu vous 
avait laissé mourir, Je ciel aurait été, pour toujours, oui pour 
toujours, perdu pour vous. Cela ne doit-il pas vous causer 
des regrets? Et vouiez- vous encore perdre le ciel par tel... et 
tel péché? 

3° Descendez maintenant en esprit dans Yenfer et consi- 
dérez les tourments horribles qu'y soutirent les damnés. 
Quand on se brûle seulement le doigt, on ressent une dou- 
leur si grande que, pour tout l'or du monde, on ne voudrait 
plus tenir son doigt dans le feu, ne fut-ce que pendant une 
heure. Quand on lit que des hommes ont été brûlés vivants, 
et qu'on réiléchit à ce qu'ils ont dû souffrir, on se prend à 

frissonner de tous ses membres, et cependant ces souffrances 

10. 



±26 MÉTHODE POIR PRÉPARER LES ENFANTS 

ont été courtes. Or les damnés souffrent, dans un feu mille 
fois plus brûlant, des douleurs bien plus horribles et pendant 
combien de temps? Judas brûle déjà depuis 1800 ans, sans 
avoir eu un seul instant de repos ou de soulagement, et 
après qu'il aura encore souffert 1800, oui 18,000 et 18 mil- 
lions d'années, il n'aura pas goûté un moment de repos ; 
jamais ses souffrances ne finiront, — ses douleurs, ses tour- 
ments dureront toujours — éternellement ! Oh ! que cette 
pensée est épouvantable ! Elle serait en état, si quelqu'un y 
pensait longtemps, de le jeter dans le désespoir. Et mainte- 
nant, chers enfants, demandez à un damné, qui l'a précipité 
au milieu de ces affreux tourments? — C'est Dieu. Comment? 
Dieu qui est si bon, si miséricordieux? Oui, Dieu lui-même. 
Et pourquoi? à cause du péché ; peut-être à cause d'un seul 
péché mortel. Ah, chers amis! que le péché doit donc être 
quelque chose d'horrible, puisque nous ne pouvons com- 
prendre comment Dieu, ce père aimant et si clément, impose 
un châtiment aussi redoutable au pécheur! Et vous, chers 
enfants, n'avez-vous pas des motifs de craindre que vous n'ayez 
commis aussi de tels péchés? Pensez-y! Si vous étiez venus 
à mourir, vous aussi vous auriez été plongés dans cet étang 
de feu, — perdus, damnés — pour toute l'éternité! Ne fré- 
missez-vous pas à cette pensée? N'avez-vous pas la moindre 
horreur pour le péché qui peut vous faire éprouver un sort 
aussi lamentable? Et voudriez-vous encore commettre un 
seul de ces péchés ? Non, jamais ! 11 en est temps encore ; Oh ! 
promettez-le fermement; plutôt mourir que de commettre 
désormais un seul péché mortel. 

4° Venez en esprit sur le Calvaire et contemplez Jésus- 
Christ sur la croix. II souffre des douleurs si terribles que 
s'il eût été votre plus grand ennemi, vous en auriez eu com- 
passion. Considérez-le de la tête jusqu'aux pieds ; — pas un 
membre de son corps qui ne soit torturé et brisé de coups ; 
pas une place dans toute sa personne qui soit intacte ! 
partout ce sont des lambeaux de chair, du sang mêlé de boue 
et de crachats ! sa tête est percée d'épines pointues , sa 
bouche est dévorée d'une soif brûlante; ses mains et ses 
pieds sont troués par des clous, et son âme est en même 



A LA PREMIÈRE COMMUNION. 227 

temps plongée dans la désolation et dans les affreuses an- 
goisses de la mort. Un ver, quand on l'a foulé aux pieds, 
peut encore se mouvoir et se tortiller, mais Jésus ne peut 
plus faire le moindre mouvement sur la croix. Et quel est 
donc celui qui est maltraité aussi horriblement? Est-ce un 
malfaiteur, un brigand? Et quand même ce serait le plus 
criminel des malfaiteurs, encore devriez-vous avoir compas- 
sion de lui. Mais non! C'est celui qui est le plus pur, le plus 
innocent, le plus saint de tout ce qui existe, c'est le Fils du 
Dieu tout-puissant. Il était assis dans les hauteurs des cieux, 
sur le trône de sa puissance, et maintenant il soupire, il se 
lamente dans les affreuses souffrances de la mort, noyé en 
quelque sorte dans un enfer de douleurs. Et qui donc l'a 
traité ainsi? Ce sont les juifs. Qu'ils soient maudits! Maudit 
soit le traître qui l'a livré à la mort! Arrêtez, chers enfants ! 
Vous avez tort. Ce ne sont pas proprement les juifs, ni Judas 
qui ont été la cause de sa mort, car il n'auraient pu lui faire 
le moindre mal, s'il l'avait voulu. Non, c'est le péché et le 
péché seul qui a été cause de sa mort. Car c'est à cause de 
nos péchés, que Dieu l'a frappé, qu'il a laissé couler la der- 
nière goutte de sang sur Ja croix; c'est pour expier nos pé- 
chés, pour nous arracher à l'enfer, que, dans son amour 
sacré et divin, il a sacrifié sa vie. Et vous le saviez, mes amis, 
vous saviez que le péché cause à votre divin Sauveur de si 
cruelles souffrances, que par vos immodesties vous le frappez 
de verges, que par de mauvaises pensées vous le couronnez 
d'épines , que par des jurements vous le chargez de la 
croix etc., et malgré cela vous avez fait ces péchés. Le Sau- 
veur cependant vous priait, vous conjurait si vivement par la 
voix de votre conscience, de ne pas lui faire subir ce cruel 
traitement, et néanmoins vous l'avez fait. Ah! chers enfants! 
Hegardez-le, comme il est là attaché à la croix. Il vous re- 
garde avec des yeux pleins de larmes et noyés dans le sang, 
il vous|demande avec des reproches remplis de tristesse et 
d'une^inexprimable douleur : « Pourquoi m'avez-vous traité 
ainsi? Je vous ai aimé d'un amour si dévoué et si ardent, j'ai 
tant lait pour vous, et comment m'en avez-vous remercié? » 
— J'ai connu autrefois des enfants qui, après avoir entendu 



228 MÉTHODE poli; PRÉPARER LKs enfants 

pour la première fois, comment les juifs maltraitèrent le bon 
Jesus, avaient voulu mutiler et briser les figures des juifs 
représentés dans le Chemin de la Croix, et cela par Maine et 
par colère contre les bourreaux de l'aimable Sauveur. Ces 
enfants n'en savaient pas mieux; mais vous! vous savez qui a 
fait souffrir Jésus-Christ : le grand bourreau de Jésus, c'est 
le péché. Jurez donc haine au péché ; détestez-le du fond de 
vos entrailles. Aujourd'hui encore, à genoux, à genoux devant 
la croix! et suppliez votre divin Sauveur d'avoir pitié de 
vous; maudissez vos péchés et promettez-lui de ne plus l'of- 
fenser, dites-lui:« Jésus! Non jamais, plus jamais je 
ne veux vous causer ces souffrances ! Je suis triste, de tout 
mon cœur de vous avoir maltraité ainsi, de vous avoir causé 
de tels tourments ; je préfère me laisser clouer moi-même 
sur la croix, plutôt que d'affliger encore une seule fois sciem- 
ment et volontairement votre cœur par un péché mortel (i).» 

Et maintenant, chers enfants, je voudrais encore attirer 
votre attention sur un point, à savoir sur l'acte de contrition 
parfaite. Celle-ci est surtout de la plus grande importance. 
En effet, quand on a commis un péché mortel et qu'on n'est 
plus en état de se confesser, on peut en obtenir le pardon, 
même sans se confesser, par la contrition parfaite avec le dé- 
sir et la sérieuse résolution d'aller à confesse le plus tôt pos- 
sible (2). 

Or quand avez-vous une contrition parfaite? Je vous le dirai 

(1 On raconte qu'un vieux campagnard avait résolu d'aller voir son fils 
en garnison dans une ville. Il y arriva fort tard dans la soirée, et apprit que 
son ûls était en faction près d'un magasin à poudre. Aussitôt il se dirigea 
de ce côté pour aller l'embrasser. Le fils qui ne savait pas que c'était son 
père qui s'approchait, cria : Qui vive? et demanda le mot de passe. Le vieil- 
lard qui ne connaissait pas ce mot, et désirait surprendre son fils, continua 
d'avancer, sans soupçonner la moindre chose. Le soldat tira et tua raide 
le vieillard. Lorsqu'on accourut et que le fils découvrit à la lueur des lan- 
ternes qu'il avait donné la mort à son père, il devint fou de douleur et per- 
dit la raison. — Nous aussi dans un aveugle oubli de Dieu, nous avons tué 
le meillenr des pères, nous l'avons cloué à la croix. Que devrions nous 
donc ressentir, si nous le voyions suspendu à la croix et si nous reconnais- 
sions le crime que nous avons commis? 

:> Il y a quelques années, je fus appelé pour administrer un homme qui 
avait ele frappé d'un coup de sang. Quand j'arrivai il était déjà mort. Son 



A LA PREMIÈRE COMMUNION. 229 

en quelques mots: c'est lorsque vous vous repentez de vos 
fautes pour Dieu, c'est-à-dire parce que vous êtes tristes d'a- 
voir offensé Dieu, le souverain bien, d'avoir peiné Dieu qui. 
est infiniment grand, glorieux, saint, aimable et bon, Dieu 
votre meilleur père, votre plus grand bienfaiteur, votre gé- 
néreux Sauveur, que vous aimez par-dessus tout; consé- 
quemment lorsque votre douleur provient d'un amour par- 
fait de Dieu. 

Si au contraire vous vous repentez de vos péchés, parce 
que par là vous vous êtes fait beaucoup de tort à vous-même, 
parce que vous avez perdu l'innocence, la grâce de Dieu, le 
ciel, mérité l'enfer, etc., par conséquent quand vous les 
détestez surtout par crainte, parce que vous craignez la perte 
de l'amitié de Dieu, l'enfer, en ce cas, votre contrition est 
imparfaite. C'est ainsi que la contrition de l'enfant prodigue 
était d'abord imparfaite, — il regrettait d'avoir offensé son 
père, parce que par là il était tombé dans le malheur; plus 
tard il eut,. il est vrai; la contrition parfaite, il était triste en 
effet d'avoir causé tant de peines à un père si bon et si digne 
d'être aimé. C'est ainsi que saint Pierre eut une contrition 
parfaite, car il était affligé d'avoir offensé son cher et bon 
maître qu'il aimait tant. 

Or, que devez-vous faire, chers enfants, pour avoir une 
contrition parfaite? 

D'abord, tâchez d'aimer toujours Dieu avant tout, parce 
que la contrition parfaite vient de l'amour de Dieu. C'est 
pourquoi chaque matin, faites un acte de foi, d'espérance et 

fils qui venait de taire sa première communion, me raconta plus tard que, 
pendant que les autres étaient à se lamenter autour du lit, il avait pris 
promptement un crucifix sur la cheminée, l'avait tenu devant son père qui 
se mourait, en l'exhortant à s'exciter à la contrition parfaite avec le désir 
de se confesser et de recevoir le saint Viatique, et en récitant l'acte de cou 
trition tel qu'il l'avait appris au catéchisme. Cet événement devint pour 
moi une nouvelle preuve qui montrait combien il est important de rendre 
les enfants attentils sur ce point. (Dans les paroisses où il y a des houil- 
lères, des carrières, etc., où à chaque instant, il arrive des accidents ter- 
ribles, où le ministère du confesseur devient souvent inutile, parce que 
d'ordinaire il arrive trop tard, il faut que le catéchiste revienne sou- 
vent sur ce point et le grave dans la mémoire des enfants et des ouvriers ) 



2o0 MÉTHODE POUR PRÉPARER LES ENFANTS 

de charité. Lorsque vous recevez quelque chose qui vous fait 
plaisir, pensez combien Dieu est infiniment bon, lui qui vous 
accorde tant d'excellentes choses. Pensez souvent à la Passion 
de Jésus-Christ et à l'amour qu'il vous a porté. Alors vous ne 
tomberez pas facilement dans le péché mortel. Et si vous 
aviez le malheur d'y tomber, vous vous en repentiriez bientôt. 
Pensez de suite à ses bienfaits...., à l'amour de Jésus, à sa 
croix, à ses douleurs, et à l'ingratitude que vous lui témoi- 
gnez, à sa colère que vous excitez, à la peine que vous lui 
causez, et proposez-vous de ne plus le faire, de vous confes- 
ser le plus tôt que vous pourrez. 

Et quand devez vous faire un tel acte de contrition parfaite? 
Chaque fois que vous êtes tombés dans un péché mortel. C'est 
effrayant de voir avec quelle insouciance les hommes conti- 
nuent parfois de vivre dans le péché. Ils ne sont jamais sûrs 
de leur vie; à chaque instant la mort peut les renverser; ils 
savent que, s'ils meurent dans le péché mortel, ils sont dam- 
nés pour toute l'éternité! Et néanmoins ils viventdes jours, des 
semaines, des mois, desannées entières dans leurs péchés mor- 
tels, comme s'ils avaient une lettre d'assurance contre la mort. 
Ah! chers enfants! n'imitez pas cette effrayante et pernicieuse 
folie, mais au contraire, dès que vous avez eu le malheur de 
tomber dans un péché mortel, excitez-vous de suite à la con- 
trition parfaite. — Faites la même chose, si jamais vous vous 
trouvez en danger de mort, dans les houillères, sous une 
charrette, dans l'eau, etc., afin que, si vous aviez un grand 
péché sur la conscience, Dieu daigne vous le pardonner. Mais 
comme vous ne savez pas quand vous mourrez, et que vous 
êtes toujours en danger de mourir, habituez-vous, à vous 
exciter chaque soir, après votre examen de conscience, à la 
contrition parfaite. 

3. — Le propos. 

Le bon propos est la sérieuse volonté de changer de vie, 
de se corriger et de ne plus pécher. Chers enfants, je n'ai pas 
besoin de vous dire beaucoup à ce sujet. Le bon propos n'est 
proprement que la contrition par rapport à l'avenir. De 
même que, par la contrition, vous détestez les péchés com- 



A LA PREMIÈRE COMMUNION. 231 

mis et souhaitez ne les avoir jamais commis; de même, par 
le ferme propos, vous détestez les péchés où vous pourriez 
tomber de nouveau, et vous vous proposez sérieusement de 
ne plus les commettre. Par conséquent celui qui a un véri- 
table repentir, a aussi le sincère propos. D'ailleurs comment 
quelqu'un pourrait il sérieusement détester ses péchés, s'il 
avait néanmoins la volonté de les faire de nouveau? Donc, 
puisque le propos est nécessairement uni à la douleur d'avoir 
fait le mal, vous pouvez juger d'après votre propos, si votre 
douleur est réelle et vraie. Oui, si vous êtes réellement tristes 
d'avoir offensé Dieu, alors vous serez 

1° Fermement résolus à ne plus l'offenser, à ne plus com- 
mettre de pèche (au moins mortel). Vous savez quel mal 
affreux c'est que le péché mortel; c'est pourquoi, plutôt que 
de commettre encore un péché mortel, vous devez être prêts 
à tout perdre, à tout souffrir, quand même il vous en coûte- 
rait les peines et les difficultés les plus grandes. Mais vous 
le commettrez encore, il n'y a pas de doute, si vous n'évitez 
pas l'occasion prochaine du péché. Donc vous devez être 
aussi très-fermement résolus à fuir Y occasion prochaine du 
pèche mortel. Quiconque n'a pas cette volonté, n'a pas non 
plus de vraie douleur ni de propos sincère, et il n'obtient 
pas de pardon. 

Mais qu'«st-ce donc une occasion prochaine? L'occasion 
prochaine, c'est ce qui entraine toujours ou presque toujours 
au péché (mortel). Par exemple : jusqu'ici vous avez toujours 
été entraîné à faire des choses contraires à la modestie, par 
un condisciple que vous aimez beaucoup. Eh bien! la fré- 
quentation secrète de ce camarade est pour vous une occasion 
prochaine de ce péché que je n'ose pas nommer; ce cama- 
rade vous devez le fuir. « Mais, direz-vous, je vous assure 
que je ne veux plus commettre ce péché; je puis encore aller 
avec ce condisciple, sans faire de péché. » Non, mille fois 
ïion; parce que vous retomberez certainement dans le même 
crime. Il n'y a rien qui y fasse; il faut que vous soyez fer- 
mement résolu à éviter cette fréquentation, sans quoi votre 
propos ne vaut rien du tout, votre confession est nulle, mau- 
vaise. — Toutes les fois que vous avez joué à tel jeu, vous 



— • * — 



MÉTHODE POUR PRÉPARER LES ENFANTS 



avez été entraîné à vous disputer, à jurer etc.; ce jeu est 
pour vous une occasion prochaine ; non-seulement vous 
devez être résolu à ne plus jurer, mais aussi à ne plus pren- 
dre part à ce jeu. Examinez donc, chers enfants, ce qui vous 
a entraînés jusqu'ici à de grands péchés, ce qui a été pour 
vous une occasion prochaîne, et soyez bien résolus à l'éviter 
à l'avenir. Si pénible que cela puisse vous paraître, il faut 
vous y résoudre; Jésus Christ l'a dit : « Si votre main vous 
scandalise, coupez là ; » c'est-à-dire si quelque chose (une 
personne, un plaisir, etc.) vous est aussi cher, que votre 
propre main, mais si c'est pour vous une occasion de tomber 
dans le péché, vous devez l'éviter, vous en séparer, — sans 
cela vous n'entrerez pas au ciel. Mais il y a parfois des cas 
où vous ne pouvez vous en séparer, par exemple, quand il 
s'agit de vos frères ou sœurs, demandez alors à votre confes- 
seur ce qui vous reste à faire, et soyez fortement résolus à 
suivre son conseil. 

La résolution d'éviter les péchés véniels n'est pas absolu- 
ment nécessaire, il est vrai, à la validité de la confession 
(si toutefois on a à confesser en même temps des péchés 
mortels avec des péchés véniels) ; mais je vous prie instam- 
ment, mes chers amis, de former le ferme et sérieux propos 
d'éviter aussi, autant que possible, les péchés véniels (surtout 
ceux que vous commettez le plus souvent), de ne plus les 
commettre sciemment et volontairement. En effet le péché 
véniel, comme je vous l'expliquerai encore plus tard, est 
aussi une offense de Dieu, un grand mal, et celui qui ne fait 
pas de cas des péchés véniels, tombera infailliblement aussi 
dans les péchés mortels. 

2° Vous devez être fermement résolus, à employer les moyens 
nécessaires pour vous corriger, c'est-à-dire, à vous servir 
de tout ce qui est nécessaire pour devenir des hommes 
meilleurs, pour renoncer à vos péchés et à vos mauvaises 
habitudes. Le confesseur dira à chacun ce qu'il doit faire, 
et vous devez être fermement résolus à exécuter ce qu'il vous 
prescrit. Le confesseur est le médecin de votre âme. Or de 
même que pour guérir le corps, vous suivez toutes les or- 
donnances du médecin, de même devez-vous être résolus à 



A LA PREMIÈRE COMMUNION. 233 

accomplir consciencieusement, ce que le médecin de votre 
âme prescrit pour la guérir. Surtout déterminez déjà -dès 
maintenant ce que vous voulez faire pour deux points im- 
portants, pour la prière... et pour la fréquentation des sacre- 
ments. Décidez quelles prières vous voulez dire le matin 
quand vous vous levez; quels exercices de piétié vous ferez 
pendant le jour; ce que vous ferez avant d'aller au lit. Dé- 
cidez combien de fois, dans l'année, après avoir fait votre 
première communion, vous voulez vous confesser et com- 
munier. Plus tard je vous en dirai encore davantage. Cela 
suffît pour maintenant. Je vous conseille donc à tous, de 
communier, si c'est possible, tous les mois. Que personne 
n'attende au delà de quatre mois. Dans le doute sur ce que 
vous avez à faire, demandez à votre confesseur, combien de 
fois par an, vous pourriez vous proposer de venir le trouver 
au confessionnal (i). 

3° Enfin vous devez avoir la ferme volonté d'accomplir la 
pénitence ou la satisfaction, et de réparer le tort que vous avez 
fait, c'est-à-dire de faire la pénitence qui vous a été imposée 
par le confesseur et de réparer le tort que vous avez causé 
par vos péchés. 

Pour montrer, chers enfants, que votre propos est vrai- 
ment sérieux, commencez dès maintenant à le mettre à exé- 
cution. J'aime à supposer que déjà vous avez fait des efforts 
pour éviter les péchés (surtout les péchés d'habitude) et les 
occasions prochaines. Mais dès maintenant aussi, pratiquez 

(1) Un écolier pauvre avait pris, au jour de sa première Communion, 
la ferme et sérieuse résolution de se confesser de suite, le jour même 
où il aurait le malheur de tomber dans un péché mortel. Or un jour 
il eut réellement le malheur de commettre uu péché grave. Le temps 
était affreux et le prêtre demeurait loin. Le pauvre garçon lutta longtemps 
contre sa paresse naturelle et contre les prétextes que l'on invente d'or- 
dinaire dans des cas semblables. Enfin il récita un Ave Maria et alla se 
confesser. En revenant chez lui, il rencontra une dame qu'il connaissait 
et à laquelle il raconta, le \isage rayonnant de joie, d'où il venait. Le 
lendemain on ne l'entendit pas se lever comme de coutume. Sa mère 
voulut aller le réveiller... il était étendu mort dans le lit. S'il n'avait pas 
été fidèle a sa résolution, s'il avait seulement différé d'un jour sa con- 
fession, de quelle manière terrible n'aurait-il pas dû expier ce relard ? 



234 



MÉTHODE POUR PRÉPARER LES ENFANTS 



quelques œuvres de pénitence, par exemple, en vous levant 
plus tôt que decoutume, en faisant vos prières à genoux, en 
retranchant un peu de votre nourriture, en renonçant à quel- 
ques jeux, à quelques plaisirs et dites en vous-mêmes : Je 
veux faire cela en expiation de mes péchés, afin que Dieu 
m'accorde d'autant plus vite le pardon et ses grâces. Surtout 
vous pourriez essayer de rester à jeun pendant toute une ma- 
tinée; cela vous semblera dans la suite moins ditficile à ob- 
server, le jour de votre première communion. Mais faites 
principalement tous vos efforts pour réparer le tort que vous 
avez fait au prochain dans ses biens temporels, en lui rendant 
les objets volés ou trouvés etc. ; — dans son honneur, en 
avouant que vous aviez menti en calomniant un autre, et en 
disant de lui du mal qui n'était pas vrai; — dans son âme, 
en priant pour ceux que vous avez peut-être entraînés au 
péché, ou en leur disant, quand cela se peut, qu'ils ne doi- 
vent plus faire cela, parce que c'est un péché. J'espère aussi, 
qu'avant de faire votre confession générale, vous demanderez 
pardon à vos chers parents, dites-leur : « Mon père, ma mère, 
je veux aller à confesse, c'est pourquoi je vous prie de me 
pardonner toutes les désobéissances, toutes les injures et les 
fautes par lesquelles je vous ai causé du chagrin; je vous 
promets d'être à l'avenir un enfant sage et très-obéissant. » 
Si vous croyez que vous n'êtes pas en état de réparer le tort 
que vous avez causé, parce que n'avez plus l'objet volé, ni de 
l'argent pour le remplacer ou le payer, demandez, dans le 
confessionnal, ce que vous avez à faire. 

4. — La Confession. 

Vous savez tous ce que c'est que la confession, et tous 
vous vous êtes déjà confessés différentes fois. Vous vous rap- 
pelez aussi que la confession doit être entere, c'est-à-dire que 
vous devez confesser tous les péchés au moins mortels, avec 
leur nombre et les circonstances nécessaires. Elle doit être 
sincère, ce qui signifie : vous devez vous accuser tel que 
vous vous connaissez coupable devant Dieu; vous ne pouvez 
cacher aucun péché qui pourrait êtremortel, ni le diminuer, 
ni le déguiser, en faisant accroire au prêtre que la chose n'a 



A LA PREMIÈRE COMMUNION. 235 

pas été fort grave; vous ne devez pas non plus vous excuser, 
en disant: je l'ai fait, mais c'est un tel qui m'y a forcé. — Puis 
la confession doit être claire; dites vos péchés de telle ma- 
nière que le confesseur sache ce que vous voulez dire, par 
conséquent appelez les péchés par leur nom. Vous ne pouvez 
pas dire simplement : je m'accuse d'avoir été méchant, ou 
d'avoir mal parlé. En ce cas le confesseur ne saurait pas ce 
que vous voulez dire, quelles ont été ces mauvaises paroles, 
si elles ont été contraires à la modestie, à la vérité ou à l'hon- 
neur du prochain etc. 

Tout cela, chers enfants, je puis le résumer en quelques 
mots, en vous disant : après que vous aurez suffisamment 
examiné votre conscience, déclarez vos péchés tels que vous 
les aurez trouvés, en vous examinant. Déclarez-les dans l'or- 
dre des dix commandements, comme je vous l'ai montré, en 
faisant l'examen de conscience. Surtout n'oubliez pas d'en in- 
diquer le nombre; car quoiqu'on l'ait répété si souvent, il y 
en a plusieurs qui continuent à se confesser, sans dire le 
nombre de leurs péchés. Celui qui veut inscrire ses péchés 
sur un billet, pour ne pas les oublier, peut le faire, — mais 
il doit bien se garder de laisser voir ce billet à d'autre-, il doit 
avoir bien soin de ne pas le laisser tomber entre les mains de 
quelqu'un, et le brûler de suite après avoir été à confesse. 

Il y a cependant un pointsur lequel je dois insister davan- 
tage, chers enfants, afin de mieux vous l'expliquer et de vous 
l'inculquer profondément : c'est que, comme certains enfants, 
vous n'alliez pas, par une fausse honte, cacher vos péchés, ou 
les diminuer ou les déguiser. 

Personne n'aime d'avouer ses fautes, surtout des fautes 
graves, et principalement des fautes dont on ne le soup- 
çonne pas. Aussi y a-t-il quelquefois des enfants, d'ailleurs 
assez sages, qui, après avoir commis un péché grave, ne 
veulent pas l'avouer, n'en disent rien à confesse, ou tâchent 
de le diminuer. mon Dieu! que ces pauvres enfants sont 
malheureux! Pour le reste, ils sont si consciencieux, ils s'ac- 
cusent des moindres fautes, ils s'efforcent d'être tranquilles 
etc. — et tout cela ne leur sert de rien ; aussi longtemps 
qu'ils ne confessent pas tout avec sincérité, il n'y a pas de 



236 



METHODE POUR PREPARER LES ENFANTS 



pardon pour eux. — Chers enfants! Peut-être y en a-t-il Tun 
ou l'autre parmi vous, qui jusqu'ici a caché des péchés. Ah! 
j'en suis certain : aujourd'hui vous avez la ferme volonté de 
ne plus jamais le faire, mais d'avouer tout bien sincèrement; 
car vous savez, que sans cela, vous ne pouvez obtenir aucun 
pardon; vous commettez au contraire un nouveau péché, un 
péché énorme, vous faîtes une communion sacrilège, et vous 
vous attirez les plus terribles punitions de la part de Dieu ! 
Mais, quoique vous soyiez fermement résolus maintenant... le 
démon viendra vous tenter de nouveau, il esssaiera de vous 
fermer, en quelque sorte, de nouveau la bouche; et voilà 
pourquoi je veux d'avance vous rendre attentifs à ses ruses 
et à ses mauvaises inspirations, afin que, s'il essaie de vous 
tenter, vous soyez en état de le repousser de suite. 

D'abord le démon vous soufflera dans l'esprit : « Ce péché 
est trop grand ; vous ne pouvez le confesser, — vous en 
auriez trop de honte. » Chers enfants ! ne croyez pas le men- 
teur. Quand vous avez commis le péché, il vous a soufflé à 
l'oreille que vous deviez hardiment le faire, que ce n'était pas 
un si grand mal, que ce n'était rien ; et maintenant, quand 
vous allez le confesser, il veut l'exagérer, le rendre énorme. 
Peut-être n'est ce pas du tout un grand péché et n'est-ce 
qu'une bagatelle? Il y a parfois des enfants qui s'imaginent 
que telle chose est un péché mortel, puis ne s'en accusent pas; 
et peut-être n'est-ce qu'une chose tout à fait insignifiante. 
(Mais vous êtes obligés de vous en accuser, précisément parce 
que vous doutez, ou que vous croyez que c'est un grand pé- 
ché.) Et puis, chers enfants, quand même ce serait une faute 
très-grave, vous n'avez pas eu honte de la commettre; ainsi 
vous avez tenu de vilains et sales propos devant les autres : 
maintenant il ne s'agit pas de répéter ces vilains propos, non, 
mais de dire simplement: Mon père, je m'accuse d'avoir tenu 
de sales propos. Eh bien ! est-ce là une si grande honte? Non. 
C'est honteux sans doute de commettre le péché, mais c'est 
honorable de l'avouer sincèrement. 

« Et que va penser de moi le confesseur? Il sera tout 
étonné de ce que je lui dirai ». — Cher enfant, au contraire, 
il ne pensera rien de vous. En effet le confesseur ne connaît 



A LA PREMIÈRE COMMUNION. 237 

pas toutes les personnes qui se présentent au confessionnal, et 
quand même il vous connaîtrait, il ne pensera plus à rien 
après votre confession. Car vous comprenez bien, qu'en écou- 
tant tant de centaines de confessions, il lui est impossible de 
retenir ce que chacun lui a déclaré a confesse S'il y a une 
pensée qui l'occupe, c'est celle-ci : « Dieu merci, cet enfant 
s'est confessé sincèrement, il avait le cœur sur la main ! Cela 
lui a coûté beaucoup de peines, mais il a su triompher de 
lui-même; cet enfant a certes une véritable contrition, il a 
obtenu sans doute le pardon de ses fautes et communiera 
dignement ! » Je vous dis moi qu'il aura encore plus d'estime 
et d'affection pour vous qu'auparavant. 

« Mais le confesseur me grondera ». Non, mon enfant ! 
Sans doute il ne vous louera pas d'avoir commis des péchés, 
il doit vous mettre sous les yeux l'état de votre âme, vous 
montrer l'énormité de vos péchés ; mais quand il verra que 
vous êtes touché et affligé, il vous consolera, il vous parlera 
avec bonté et charité ; vous gronder, vous injurier, vous re- 
garder de travers ? Non, certainement il ne le fera pas. 

« Mais je crains de confesser ce péché, parce qu'il pour- 
rait devenir public et être connu des autres ». Cher enfant! 
vous vous trompez ! Quand vous déclarez votre péché à con- 
fesse, c'est justement alors qu'il restera caché, tandis que si 
vous voulez le cacher, il sera connu publiquement. Quand 
vous le confessez, à qui le dites vous ? Au confesseur. Or 
croyez-vous qu'il ose en dire quelque chose? Le confesseur 
ne peut rien dire, pas la moindre chose de la confession, 
quand même il pourrait par là sauver la vie à des milliers 
d'hommes. Si quelqu'un venait se confesser à lui d'avoir jeté 
du poison dans l'eau d'un puits, le confesseur ne pourrait 
pas dire aux gens qu'ils ne doivent plus en boire. Il est arrivé 
un jour que le frère d'un prêtre fut accusé injustement d'a- 
voir assassiné un marchand, et qu'on le condamna à mort. 
Deux jours avant l'exécution, le véritable assassin du mar- 
chand vint trouver le prêtre et se confessa de ce meurtre ; 
imaginez-vous, chers enfants, ce qui devait se passer dans le 
cœur de ce confesseur ! S'il avait dénoncé le meurtrier, son 
frère eût été sauvé et mis en liberté. Mais il ne put rien dire 



238 MÉTHODE POUR PRÉPARER LES ENFANTS 

de ce qu'il avait appris par la confession, et son frère mourut 
sur 1 echafaud, on lui coupa la tête. C'est le meurtrier lui- 
même qui l'a raconté plus tard, sans quoi on n'en aurait ja- 
mais rien su. C'est ainsi encore que S. Jean Nepomucène pré- 
féra souffrir le martyre, plutôt que de révéler quelque chose du 
secret de la confession. Oui, chers enfants, voilà le silence 
sévère que doit garder le confesseur. 11 ne peut pas même, en 
dehors du confessionnal lorsque vous êtes tout seul avec lui, 
vous parler de ce que vous lui avez déclaré à confesse. Ce que 
vous dites alors au confesseur, c'est comme si vous l'aviez 
dit à un tombeau, car le confesseur n'en parle pas plus qu'un 
cadavre; ce que vous lui dites est oublié, caché pour toujours. 
Mais au contraire, si vous ne confessez pas vos péchés, ils 
seront rendus publics, ils seront connus des anges et des 
hommes, au jour du dernier jugement. Oui, mes amis! vos 
parents, votre famille, vos camarades, etc. tous verront que 
vous aviez commis ce péché et que vous l'avez caché à con- 
fesse. Comment? diront-ils tous, cet enfant, qui paraissait si 
sage, cet enfant a fait cela ? Qui l'aurait jamais cru ? Quel 
enfant scandaleux et hypocrite ? mon Dieu ! quelle sera 
alors votre honte ! vous voulez éviter une légère honte devant 
le confesseur, devant un seul homme, et voilà que vous serez 
couvert de honte devant le monde entier ! Voudriez-vous 
cela? 

Et maintenant, chers enfants, considérez quelle énorme 
différence, il y a entre un enfant qui confesse sincèrement 
ses péchés et celui qui cache même un seul péché. L'enfant 
qui est franc et sincère est purifié de ses fautes ; il sort du 
confessionnal aussi heureux et aussi content, que si on avait 
enlevé de son âme un poids d'une écrasante lourdeur ; la 
paix de Dieu est dans son cœur, et le lendemain il reçoit 
dignement, saintement et avec joie son divin Sauveur. L'en- 
fant, qui n'est pas sincère, fait une confession sacrilège ; il 
quitte le confessionnal, la conscience chargée d'un nouveau 
péché, d'un péché énorme, et tourmenté par des remords 
cuisants ; il s'avance indignement vers la sainte Table ; il vit 
dans les craintes et les angoisses, il meurt dans le désespoir, 
il sera déshonoré devant les anges et les hommes, et il expiera 



A LA PREMIÈRE COMMUNION. 239 

son forfait dans les tourments éternels (i) ! Auquel des deux 
voulez-vous ressembler ? 

En Hollande, il y avait un homme qui avait commis un 
grand péché contre la pureté, et qui avait honte de le confes- 
ser. Sa conscience le tourmentait affreusement. 11 voulut s'é- 
tourdir dans les joies et les plaisirs, ce fut en vain ; il voulut 
retrouver la paix par des œuvres de pénitence, en jeûnant etc, 
par des actes de bienfaisance, en distribuant des aumônes 
etc, ce fut inutilement. Enfin, pour se débarrasser de ces 
cruels remords de la conscience, il résolut de s'ôter la vie. 
Cependant le bon Dieu le conduisit près d'un brave ecclésiasti- 
que ; celui-ri remarqua bientôt que cet homme avait quelque 
chose sur le cœur, et par ses questions il le mena si loin que 
le malheureux avoua qu'il voulait se tuer, parce qu'il avait 
honte de se confesser et qu'il ne pouvait plus supporter les 
reproches de sa conscience. Le prêtre le consola alors et lui 
nomma plusieurs péchés, entre autres celui que cet homme 
avait commis. « C'est celui-là, s'écria vivement le malheu- 
reux, oui c'est celui-là qui me tourmente ». — Eh bien, ré- 
pliqua l'ecclésiastique, vous venez de me le nommer, vous 
n'aurez donc plus honte de le confesser. Et en effet le pau- 
vre pécheur s'en confessa ; dans la suite il fut si heureux, si 
content qu'il ne put assez en remercier Dieu pendant le reste 
de sa vie. 

Chers enfants! Tâchez aussi de trouver ce bonheur. Con- 
fessez-vous avec beaucoup de sincérité. S'il y a quelque 
chose qui vous pèse, qui vous gêne, faites comme je vais 
vous dire : D'abord déclarez vos péchés que vous avez com- 
mis depuis la dernière confession. Puis, dites au prêtre : Je 
veux faire maintenant une confession de toute ma vie. De- 
puis telle année... J'ai fait de mauvaises confessions. J'ai 
caché tel péché... Vous verrez, qu'après avoir dit cela, tout le 
reste ira d'autant plus facilement. Peut-être que vous ne 
savez pas bien comment vous devez vous accuser de ce péché? 
Dites alors :Mon père! j'ai un péché (contre tel... comman- 

(1) Rappelez l'histoire de ce jeune garçon qui, après avoir fait une con- 
fession et une communion sacrilèges, se pendit dans sa chambre. (Voyez 
page 178). 



240 MÉTHODE POUR PRÉPAKEft LES ENFANTS 

dement) et je ne sais comment je dois le dire. »Le confesseur 
vous interrogera dans ce cas, c'est alors qu'il faut lui répon- 
dre avec beaucoup de franchise. 

Si vous doutez que quelque chose soit péché ou non, faites 
comme ceci, dites : Mon père ! j'ai encore quelque chose, 
mais je ne sais pas très-bien si c'est un péché. 

Chers enfants; confessez-vous donc avec sincérité, et vous 
le verrez, la paix de Dieu descendra dans votre âme. Soyez 
aussi sans peur et sans crainte. Si vous avez la volonté sé- 
rieuse de vous confesser sincèrement, et qu'après la confes- 
sion, vous vous rappelez d'avoir oublié tel péché... ne crai- 
gnez pas que votre confession ait été mauvaise. Ce que vous 
avez oublié, vous n'avez qu'à le confesser, le samedi avant 
votre première communion. Si alors vous avez encore ou- 
blié quelque chose et que vous vous le rappeliez seulement le 
dimanche matin, (à moins que vous ne sachiez bien que 
c'est un péché mortel que vous n'avez jamais bien confessé 
auparavant) vous pouvez cependant aller en paix à la sainte 
Communion. Malgré cela, si quelqu'un avait encore de sé- 
rieuses inquiétudes, il pourrait me le dire le dimanche ma- 
tin au confessionnal, avant la sainte Communion, ou s'il ne 
peut aller au confessionnal, il n'a qu'à m'appeler à part, à 
venir dans la sacristie pour me déclarer ce qui l'inquiète. 

5. — La satisfaction. 

Par satisfaction dans le sacrement de Pénitence, on en- 
tend, comme vous l'avez appris, l'accomplissement de la pé- 
nitence imposée par le prêtre. Cette pénitence est imposée, 
pourquoi? 1° Pour expier les peines temporelles dues au péché, 
2° pour rendre notre vie meilleure (afin que par-là nous 
soyons préservés de la rechute dans nos anciens péchés et 
prémunis contre de nouveaux péchés ; ensuite afin que nous 
soyons portés à une vie plus pieuse, plus vertueuse, par 
exemple à la mortification, à la prière, à l'examen de la cons- 
cience etc.) Je disais d'abord : pour expier les peines tempo- 
relles dues au péché. En effet, après que nous avons reçu 
dignement le sacrement de pénitence, avons-vous encore des 
peines à expier? 11 est vrai, en recevant dignement la sainte 






A LA PREMIÈRE COMMUNION. 241 

absolution, le péché vous est pardonné ainsi que la peine 
éternelle de l'enfer, que vous aviez méritée pour vos péchés 
mortels. Mais d'un autre côté, Dieu ne vous remet pas toutes 
les peines temporelles (qui ne durent qu'un certain temps). 
Dieu est miséricordieux, c'est pourquoi il remet au pé- 
cheur sa faute et les peines terribles, éternelles de l'enfer; 
mais Dieu est en n ême temps juste, et c'est pourquoi il exige 
que ceux qui, après le baptême, ont péché si facilement et 
si gravement, souffrent aussi une peine. C'est vraiment 
bien de la part de Dieu d'avoir réglé cela ainsi ! Déjà les 
hommes ne sont que trop méchants; ils ne font guère 
attention au péché, parce qu'ils savent que, par le sa- 
crement de pénitence, ils peuvent de nouveau obtenir le 
pardon. Mais à quels péchés ne se livreraient-ils pas, s'ils 
obtenaient ce pardon sans la moindre punition, sans la plus 
légère pénitence! Dieu en agit ici comme un père plein de 
bonté et de sagesse. Celui-ci pardonne volontiers à son en- 
fant, quand il a manqué; il lui rend son affection, mais il 
lui impose néanmoins une punition, afin que l'enfant com- 
prenne mieux combien il a manqué et s!observe avec plus de 
soin à l'avenir. Or cette peine temporelle nous devons l'ex- 
pier, nous devons, pour ainsi dire, la payer en pratiquant 
des œuvres de pénitence. Cela peut se faire, quand nous accom- 
plissons la pénitence imposée par le confesseur; ensuite 
quand nous pratiquons des mortifications volontaires que 
nous nous imposons à nous-mêmes, et quand nous nous sou- 
mettons aux pénitences que Dieu nous impose, c'est-à-dire, 
quand nous souffrons avec patience, comme autant de puni- 
tions de nos fautes, les épreuves que Dieu nous envoie, telles 
que les maladies, la pauvreté, les douleurs, etc. 

Par ces œuvres de pénitence, nous devons satisfaire, c'est-à- 
dire que nous devons/aire des pénitencesjusqu'à ce qu'il y en 
ait assez, pour expier les peines temporelles que nous nous 
sommes attirées par nos péchés. Et si nous ne satisfaisons 
pas dans ce monde, nous serons obligés de souffrir dans 
l'autre monde en purgatoire, jusqu'à ce que nous ayons 
expié toutes les peines temporelles. 

Mais combien de peines temporelles avons-nous méritées 

MÉTHODE, ETC. 11 



24:2 MÉTHODE POUH PRÉPARER LES ENFANTS 

par nos péchés et devons-nous encore supporter après la con- 
fession? Personne n'est en état de le dire exactement; ce- 
pendant vous pourrez le savoir à peu près, quand je vous 
aurai dit les pénitences que, dans les premiers siècles de 
l'Eglise, on imposait aux pécheurs pour expier les peines 
temporelles qu'ils avaient méritées. Je ne vous citerai que 
deux exemples : Celui qui, par imprudence, avait abusé du 
nom de Dieu pour jurer, devait jeûner sept jours au pain et 
à l'eau; s'il le faisait une seconde, une troisième fois, il de- 
vait jeûner quinze jours; celui qui bavardait dans l'église au 
temps de la messe, — dix jours ; celui qui maltraitait ses 
parents, devait faire pénitence pendant trois ans. Un enfant 
qui avait fait de vilaines choses, seul avec lui-même, devait 
jeûner quinze jours ; s'il était âgé de plus de quinze ans, cent 
jours. Celui qui volait une bagatelle, devait la première ou 
la deuxième fois, faire une année de pénitence, etc. 

Pensez-y, chers enfants ! Combien de fois n'avez-vous pas 
commis ces péchés et d'autres encore! Combien de peines 
temporelles n'avez-vous donc pas à expier! Lorsque vous y 
réfléchissez, vous comprenez aisément que la pénitence, qui 
d'ordinaire vous est imposée par le confesseur, n'est guère 
suffisante pour expier les peines temporelles que vous avez 
méritées pour vos péchés. Cependant pour que, dans l'autre 
vie, en purgatoire, vous n'ayez pas à souffrir beaucoup, que 
ferez vous? 

1° Vous accomplirez de bon cœur, consciencieusement et 
avec zèle, la pénitence qui vous a été imposée par le confes- 
seur, — comme d'ailleurs c'est votre devoir; car en l'omet- 
tant vous feriez un péché. Mais vous ferez encore plus : vous 
prierez même le confesseur (ainsi que le font les pieux chré- 
tiens) de vous prescrire une pénitence plus grande. En effet 
les œuvres de pénitence que nous impose le confesseur, ont 
plus de valeur que les autres, aux yeux de Dieu. 

2° Vous vous imposerez librement des pénitences à vous- 
mêmes, par exemple, en vous levant de plus bonne heure, en 
retranchant quelque chose de vos repas, surtout les vendre- 
dis, en vous privant d'un plaisir, en faisant quelques prières, 



A LA PREMIÈRE COMMUNION. 243 

en assistant à la sainte Messe et en pratiquant d'autres bonnes 
œuvres. 

3° Vous supporterez avec patience et résignation les épreu- 
ves et les contrariétés que Dieu vous envoie, comme les ma- 
ladies, les souffrances, la pauvreté, les persécutions, etc.; en 
vous disant : « Hélas! j'ai mérité cent fois plus à cause de 
mes péchés ; j'aime mieux souffrir maintenant ici, que dans 
l'autre vie, en purgatoire. 

4° Vous tâcherez de gagner des indulgences, au moyen 
desquelles vous pouvez payer d'une manière facile pour les 
peines temporelles et vous épargner peut-être de longues 
souffrances dans les flammes du purgatoire. 

Ghers enfants, plusieurs d'entre vous connaissent l'histoire 
de ce jeune garçon qui, pendant une chaude journée d'été, 
traversait avec son père la campagne, et refusa de ramasser 
sur le chemin, un fer à cheval parce qu'il trouvait que c'était 
trop fatigant pour lui de se courber. Le père le ramassa, le 
vendit dans le village voisin, et avec l'argent acheta des ceri- 
ses. Comme ils continuèrent leur route et que la chaleur du so- 
leil faisait éprouver au jeune garçon une soif violente, le père 
qui allait en avant, laissa tomber une cerise à terre et aussitôt 
son fils se pencha pour la ramasser; bientôt après il en 
laissa tomber une seconde et ainsi de suite, jusqu'à ce que le 
petit drôle les eût toutes ramassées. Alors le père se retourna 
et dit : « Mon enfant, que tu montres peu de bon sens ! Si tu 
avais voulu te pencher une seule fois pour prendre le fer à 
cheval, tu n'aurais pas eu besoin de te courber plus de cent 
fois pour ramasser les cerises. » Chers enfants! semblables à 
ce petit garçon, il y a des hommes qui ne veulent pas faire 
des œuvres de pénitence, et plus tard ils s'en repentiront 
amèrement. S'ils avaient fait pénitence ici, par de légères et 
faciles mortifications ils auraient été délivrés de leurs peines, 
et ils se seraient acquis en outre des mérites et des récom- 
penses dans le ciel ; mais dans le purgatoire ils devront souf- 
frir des peines bien plus grandes et plus nombreuses, sans 
en recueillir des mérites ou quelque récompense. N'en agis- 
sez pas ainsi, mais pratiquez volontiers des œuvres de péni- 
tence, comme je vous l'ai conseillé tantôt. 



244 MÉTHODE POUR PRÉPARER LES ENFANTS ETC. 

Je vous ai déjà dit comment vous devez réparer le tort que 
vous avez! fait au prochain, et quels moyens vous devez em- 
ployer pour vous corriger ; de même, et plus tard aussi je 
vous en parlerai encore, je vous dirai entre autres ce que 
vous devez faire pour conserver la grâce que vous obtenez en 
recevant le sacrement de pénitence, pour conserver celle qui, 
dans la sainte Eucharistie, a été si merveilleusement obtenue 
et augmentée, et pour vous présenter un jour devant le trône 
de Dieu, avec la robe sans tache de l'innocence. Pour le mo- 
ment, je n'ai qu'un vœu à faire, c'est que vous observiez exac- 
tement ce que je vous ai dit sur la confession générale, afin 
que vous puissiez en recueillir les fruits abondants, et aller à 
la sainte Table, avec une pureté et une sainteté dignes de ce- 
lui que vous allez recevoir. 



II. — INSTRUCTIONS AUX ENFANTS 

PENDANT LA SEMAINE DE LA RETRAITE (l). 

Chers Enfants ! 

La dernière semaine avant la première Communion est 
arrivée; encore un peu de temps, et vous verrez paraître le 
jour le plus désiré, le plus beau, et le plus charmant de 
votre vie. Aussi ce temps est-il d'une grande importance. 
Pendant ces jours vous allez être entièrement réconciliés 
avec Dieu par une confession générale, vous aller terminer, 
en quelque sorte, les comptes de votre vie passée, et com- 
mencer un genre de vie tout nouveau. chers enfants! 
Que de choses dépendent de cette confession, de cette pre- 
mière Communion que vous allez faire ! Pour un grand nom- 
bre, c'est une éternité de bonheur, ou une éternité de mal- 
heur qui en dépendra ! 

Vous savez, chers enfants, combien je vous aime, combien 
me tient à cœur votre préparation à la confession et à la 
sainte Communion, et je vous l'ai déjà dit: devant le tribunal 
de Dieu, je devrai un jour en rendre un compte très sé- 
vère. 

Donc afin de faire pour vous, tout ce qui est en mon 
pouvoir, je vous réunirai chaque jour ici à l'église et je mé- 
diterai chaque fois avec vous, quelques vérités qui sont les 
plus propres à remplir votre cœur d'horreur pour le péché, 

(1) Ces instructions doivent être faites, autant que possible , dans 
l'église. Avant de les commencer, on invoque chaque fois en commun, 
le Saint-Esprit. Après l'instruction, les enfants, à genoux et en silence, 
réfléchiront à ce qui leur a ét<; dit, s'exciteront à la contrition, formeront 
des résolutions etc. Après cela le catéchiste pourra réciter à haute voix, 
avec les enfants, une prière qui corresponde au contenu de l'instruction, 
et réciter une litanie, un dizaine du chapelet, etc. 



246 MÉTHODE POUR PRÉPARER LES ENFANTS 

à vous préparer dignement à la confession générale, et à 
exciter en vous le ferme propos de ne plus jamais vouloir 
perdre la grâce que Dieu vous a accordée, de mener dès 
maintenant une vie pieuse, pure et consacrée à Dieu. C'est 
pourquoi je vous en conjure, faites bien attention aux paroles 
que je vous adresserai; refléchissez-y, lorsque vous prierez 
ensuite en silence dans l'église; pensez-y encore sérieuse- 
ment, quand vous serez de retour à la maison. Et puis, pen- 
dant cette semaine, comme je vous l'ai déjà dit, vous devez être 
plus tranquilles, plus recueillis que jamais, éviter les bavar- 
dages inutiles, prier davantage etc. Alors vous aurez plus 
souvent l'occasion et le temps, de réfléchir à tout ce que je 
vous dirai. Aujourd'hui nous allons commencer, en méditant 
ensemble sur la fin de l'homme. 

1. — LA FIN DE L'HOMME. 

D'abord invoquons, par une fervente prière, le Saint-Es- 
prit, afin qu'il vous accorde ainsi qu'à moi sa lumière et sa 
grâce; à moi pour que je puisse vous parler convenablement 
et toucher votre cœur ; à vous pour que vous compreniez bien 
tout ce que je vous dirai et que vous en profitiez pour le salut 
de votre âme. 

Quelle est votre fin, chers enfants? Pourquoi êtes-vous sur 
la terre? Vous le savez depuis longtemps ; le catéchisme vous 
l'a dit : Je suis sur la terre pour connaître Dieu, l'aimer, le 
servir et ainsi aller au ciel après ma mort. Vous n'êtes pas 
ici-bas, comme les animaux, pour vivre pendant un certain 
temps en ce monde, pour y travailler, boire, manger et 
mourir ensuite; vous n'êtes pas ici non plus uniquement 
pour apprendre toutes sortes de choses, pour devenir de 
bons fermiers, d'habiles ouvriers etc., pour gagner de l'ar- 
gent, pour vous amuser et vous réjouir avec les autres. Non ; 
vous avez une âme raisonnable, une âme immortelle; vous 
êtes créés pour une vie éternelle, pour obtenir la bienheu- 
reuse éternité et aller en paradis, c'est-à-dire pour y jouir 
d'une gloire, d'un bonheur si grand, si beau et si ravissant, 
que l'Ecriture sainte a dit : « que jamais l'œil d'aucun homme 
pe l'a vu, aucune oreille ne l'a entendu, et aucun cœur 



A LA PREMIÈRE COMMUNION. 247 

ne l'a goûté, » c'est-à-dire : tout ce que l'homme a jamais )( 

vu de plus beau, tout ce que l'oreille de l'homme a jamais 

entendu de plus charmant, tout ce que le cœur ou plutôt , • 

les cœurs de tous les hommes ont jamais goûté de plus * 

agréable, n'est rien en comparaison de la gloire et du bon- (i ^//t^ZZ-» 

heur, dont vous jouirez dans le ciel. Et ce bonheur, combien 

de temps durer -t-il? sera-ce peut être une année?Mnis pour II 

une seule anm'v de bonheur, on pourrait bien travailler toute 

la vie, car la chose en vaudrait bien la peine ; ou sera-ce . ( 

pendant cent ans? pendant mille ans? Non, ce bonheur durera I 

sans fin, éternellement. Qu'elle est donc belle et glorieuse, la 

fin à laquelle Dieu vous a appelés, chers enfants! 

Mais pour arriver à cette fin, que devez-vous faire? Aimer 
Dieu et le servir, faire sa volonté, observer ses commande- 
ments. Car « nul œil n'a jamais vu etc., dit l'Apôtre, ce que 
Dieu a préparé à ceux qui l'aiment; » et « ceux-là seulement, kv^/**n « 
dit le divin Sauveur, entreront dans le rovaume des cieux, 
qui font la volonté de mon Père céleste.» Mais pour que vous 
puissiez aimer et servir Dieu ; qu'est-ce qui est nécessaire? 
Il est nécessaire d'abord de connaître Dieu. Car si vous ne 
savez rien de Dieu, comment pouvez-vous l'aimer? Et si 
vous ne connaissez pas ses commandements , comment 
pouvez-vous les observer? Ainsi votre fin, ce pourquoi Dieu 
vous a créés, c'est de le connaître, de l'aimer, de le servir, 
pour qu'ainsi vous alliez au ciel. 

Afin que vous puissiez y parvenir plus facilement, Dieu a 
fait encore beaucoup d'autres créatures : les plantes, les ani- 
maux, le soleil, etc.; toutes elles doivent vous aider à con- 
naître Dieu, etc. Cette incommensurable voûte du ciel, ce 
soleil rayonnant, cette armée innombrable d'étoiles, dont les 
plus petites sont plus grandes que tout notre globe terrestre, 
doivent vous dire combien Dieu est infiniment grand, lui 
qui les a créés par une seule parole ! ils doivent vous engager 
à servir ponctuellement et généreusement ce grand Dieu, au- 
quel obéissent le soleil et les étoiles. Les fleurs si charmantes, 
les belles cascades, les magnifiques forêts qui couronnent les 
montagnes, le chant mélodieux des oiseaux, la variété ravis- 
sante des couleurs, les accords enchanteurs de la musique, 



248 MÉTHODE POUR PRÉPARER LES ENFANTS 

etc., tout cela vous fait connaître combien votre Dieu est infi- 
niment beau et glorieux, lui dont toute autre beauté n'est 
qu'un pâle reflet, une ombre passagère ; tout cela vous avertit 
que vous devez aimer de tout votre cœur ce Dieu si beau et 
si ravissant. Le pommier avec ses fruits délicieux, les cam- 
pagnes avec leurs moissons dorées qui se balancent comme 
des flots mobiles, les innombrables animaux qui nous sont 
si utiles et même indispensables..., tous semblent vous dire: 
Voyez combien votre Dieu est bon ! Tout cela il l'a créé pour 
vous, parce qu'il vous aime, pour vous réjouir et vous rendre 
heureux; oh! aimez-le donc bien sincèrement ce Dieu si bon, 
et obéissez-lui. 

Ainsi, vous le voyez, chers enfants, ce monde si grand, si 
magnifique, Dieu l'a créé afin de vous aider à le connaître, à 
l'aimer, à le servir et à aller ainsi au ciel. Ensuite, il vous a 
donné dans le même but, un esprit céleste, un Ange, pour être 
votre protecteur et votre guide. Mais il a fait bien plus encore: 
comme tout le monde (donc vous aussi), était dans le péché 
et avait perdu le ciel, son Fils unique est descendu de son 
trône des cieux, il a pris la forme d'un esclave, il a enduré 
d'inexprimables souffrances et il est mort au milieu d'affreu- 
ses douleurs, sur une croix ; il a établi l'Eglise, institué les 
sacrements, il vous fait annoncer sa parole sainte, vous dis- 
tribue chaque jour de nombreuses grâces, et maintenant il 
veut venir lui-même dans votre cœur! Tout cela, c'est 
afin que vous puissiez arriver à votre fin, connaître Dieu, l'ai- 
mer, le servir et aller au ciel, ou comme on dit aussi, afin 
que vous puissiez sauver votre âme. Combien votre âme doit- 
elle donc être précieuse, infiniment précieuse, puisque Dieu 
fait tant pour elle! Puisque le Fils de Dieu descend même du 
ciel, et souffre toutes les tortures pour la sauver! Puisqu'il 
donne son sang et sa vie pour la faire entrer au ciel ! Com- 
bien donc est ce une chose importante que votre âme soit 
sauvée ! 

Oui, chers enfants, voilà la seule chose nécessaire ici-bas, 
c'est que vous serviez Dieu, que vous alliez au ciel, et 
qu'ainsi vous sauviez votre âme ! Tout ce que vous faites dans 
ce but a une grande, une infinie valeur devant Dieu et pour 



A LA PREMIÈRE COMMUNION. 249 

l'éternité. La moindre prière, le plus vil travail..., quand 
vous le faites par amour pour Dieu, vous procurera une éter- 
nelle et magnifique récompense. Et si vous avez bien soin de" 
cela, si vous y réussissez, si vous servez Dieu et qu'ainsi vous 
sauviez votre âme, alors vous êtes heureux, quand môme vous 
seriez pauvres, misérables, méprisés, etc., car vous avez fait 
l'unique chose nécessaire, vous êtes heureux pour toujours. 
Mais si vous négligez cette seule chose, si vous omettez de 
servir Dieu, alors tout le reste ne vous sert de rien. Toutes 
les heures où vous ne servez pas Dieu,sontdes heures perdues, 
tout travail que vous ne faites pas par amour pour Dieu, est 
inutile pour l'éternité, c'est agir comme un enfant qui bâtit un 
château de cartes que renverse le moindre souffle. Oui, faites 
ce que vous voulez, ramassez des richesses et de l'or par mil- , / £""* 
lions, soyez beaux et joyeux, ayez les mets les plus exquis, 
jouissez de toutes les satisfactions que l'homme puisse imagi- 
ner, travaillez jour et nuit, apprenez plus que n'en savent les 
plus instruits, si vous ne servez pas Dieu, si vous ne sauvez 
pas votre âme, tout cela ne vous servira de rien ; car vousi 
avez négligé l'unique chose nécessaire, vous avez perdu votre 
âme, la seule que vous possédez, vous avez tout perdu... 
Vous êtes malheureux, damnés pour toujours ! 

Pour le mieux comprendre encore, rappelez-vous, chers 
enfants, le martyre de saintLaurent; il dut souffrir beaucoup, 
oui beaucoup en ce monde ; il endura une mort affreuse, il fut 
rôti tout vivant sur un gril de fer. Dites vous-mêmes en quoi 
tous ces tourments lui ont-ils fait du tort? Ils n'ont duré 
tout au plus que quelques heures, et voilà que, pour avoir 
supporté courageusement ces douleurs, il jouit depuis 1600 
ans, et jouira toujours, éternellement, d'un bonheur et d'une 
gloire inexprimables. Si Dieu désirait que vous souffrissiez 
le martyre comme saint Laurent, ou que vous fussiez exposé 
pendant toute votre vie, pendant vingt, cinquante, cent ans 
aux plus cruelles douleurs, ne devriez- vous pas le faire vo-^ 
lontiers ? Que sont les joies de la terre à côté des joies du 
ciel? Que sont cent années à côté de l'éternité? Le bonheur 
éternel du ciel mériterait bien que l'on souffrît toutes les 

douleurs, jusqu'au dernier jour du monde! Et réellement, si y^^- 

11. 



250 MÉTHODE POUR PRÉPARER LES ENFANTS 

un damné pouvait encore revenir sur la terre, il voudrait vo 
lontiers supporter tous les tourments imaginables, s'il lui 
était seulement donné de parvenir au ciel. Mais Dieu n'exige 
pas tant de vous, chers enfants; il exige seulement que vous 
gardiez avec fidélité ses commandements, que vous suppor- 
tiez patiemment les quelques douleurs qu'il vous envoie, et 
pour cela, il veut vous donner une éternelle récompense dans 
le ciel ; ne voudriez-vous pas faire cela? Le travail est petit et 
court, — la récompense est infiniment grande et éternelle. 
Ah! pensez-y! Lorsque viendra le dernier moment de votre 
vie, que vous serez étendu mourant sur votre lit, quand même 
vous auriez été pauvres, misérables, méprisés, si d'un autre 
côté vous avez servi Dieu fidèlement, quel tort cela peut-il 
vous faire? Vous avez fait l'unique chose nécessaire... Vous 
avez servi Dieu, sauvé votre âme, et voilà que s'ouvrent pour 
vous les portes éternelles du resplendissant palais du ciel, 
vous êtes heureux, éternellement heureux! Ah ! comme vous 
serez contents, alors, d'avoir servi Dieu, d'avoir évité le pé- 
ché, et accompli fidèlement sa sainte volonté! 

D'un autre côté, si vous avez négligé cette seule chose né- 
cessaire, pensez-y!que deviendrez-vous, quel sera votre sort? 
Un père envoie son enfant en ville, pour y faire une commis- 
sion importante, pour y acheter un objet nécessaire. L'enfant, 
au lieu de faire la commission, se met à rôder par toute la 
ville, et regarde les magasins, et pour l'argent qu'on lui a 
donné dans le but de faire des achats, il le dépense à des 
friandises, à des joujoux, à des sucreries, etc. Puis voilà 
qu'il revient chez lui le soir; il ne s'est acquitté d'aucune 
commission, il n'a rien acheté, il a gaspillé tout l'argent. 
Comment sera-t-il traité par son père? Certes, il sera puni 
très sévèrement. Or, chers enfants, voici que le bon Dieu, vo- 
tre père céleste, vous a envoyés sur cette terre et vous a chargés 
d'une commission importante, il vous a chargés de connaître 
Dieu etc. en un mot: de sauver votre âme. Il vous a munis d'ar- 
gent, c'est à-dire, qu'il vous a donné les facultés de l'âme et 
du corps, de l'intelligence et une volonté libre, les biens de la 
terre et tant de grâces, etc., pour vous aidera acheter le ciel. Or, 
^—i si vous passez votre vie en ce monde, à gagner de l'argent, à 



A LA PREMIÈRE COMMUNION. 251 

vous amuser, mais qu'avec cela vous négligiez le salut de votre 
âme, alors vous ressemblez à cet enfant sans esprit et sans 
prudence; alors vous dissipez aussi l'argent précieux, savoir 
vos nobles facultés, les grâces, qui sont le prix du sang de 
Jésus-Christ, vous les dépensez pour des choses qui ne valent 
pas mieux que les friandises et les joujoux. Et lorsque vient 
le soir, je veux dire, le temps de la mort où vous devez 
comparaître devant Dieu votre père, pour lui rendre vos comp- 
tes ; hélas, hélas! que se passera-t-il pour vous? A quoi 
vous servira d'avoir lu et appris beaucoup dans les livres, 
d'avoir été riche et considéré, d'avoir pris part à tous les plai- 
sirs? à quoi cela vous servira-t-il? Tout est passé, comme 
un nuage, comme de la fumée. Un jour le roi Lysima- 
que, poursuivi fortement par ses ennemis, arriva dans un 
endroit où il ne pouvait avoir de l'eau. Comme il était tour- 
menté d'une soif horrible, il se rendit à ses ennemis et re- 
nonça à son royaume, pour une gorgée d'eau. Mais après 
qu'il eut bu, il s'écria en gémissant : « Hélas! qu'elle est 
courte la jouissance pour laquelle je me suis vendu avec mon 
royaume ! » Et vous, combien vous vous sentirez alors plus 
malheureux ! Vous avez vendu votre âme, votre âme si pré- 
cieuse et le royaume céleste, pour un misérable plaisir qui 
a disparu comme un brouillard, puis voilà que se présente 
cette terrible et longue éternité! Vous avez négligé la seule 
chose nécessaire, et maintenant tout est perdu. Cet enfant 
dont j'ai parlé tout à l'heure, on peut encore, en cas de besoin, 
l'envoyer en ville et lui confier de nouveau de l'argent, mais j 
pour vous, vous ne pouvez plus revenir en ce monde et vous 
n'aurez pas une autre âme. Vous avez perdu votre seule âme... 
tout est perdu. Et autant sera grand le bonheur de ceux qui 
ont servi Dieu fidèlement, autant seront grands vos maux et j 
vos souffrances. Vous êtes perdus et damnés pour toujours ! 
Voilà pourquoi le divin Sauveur a dit cette parole si grave et 
si austère : « Que sert-il à l'homme de gagner le monde en- 
tier, s'il vient à perdre son âme? Ou que donnera l'homme 
en retour pour son âme ? » 

Oui, chers enfants! je le repète : Une seule chose est né-T 
cessaire, servir Dieu, sauver votre âme. Si vous le négligez i 



252 méthode pocr préparer les enfants 

à quoi vous sert le reste? Si vous y réussissez, quel tort peut 
vous causer le reste? 

Maintenant demandez-vous à vous-même : comment vous 
cous êtes conduits jusqu'ici sous ce rapport? qu'avez-vous fait 
pour cela? Un vieux mendiant rencontra un jour un prêtre 
et lui demanda l'aumône. Le prêtre lui demanda quel âge 
il avait. « Trente ans,» dit le mendiant. «Comment, trente 
ans? » reprit l'ecclésiastique, « mais votre tête est déjà toute 
blanche; vous devez avoir au moins soixante-dix ans? » — 
« C'est bien vrai » dit le mendiant, « mais pendant trente à 
quarante ans, je n'ai pas servi Dieu, je n'ai pas vécu pour le 
ciel, — et ce temps je ne le compte pas, il a été perdu. » 
Chers enfants! si on voulait compter ainsi chez vous, quel 
âge auriez-vous maintenant ? De tant de jours, de semai- 
nes, de mois et d'années que Dieu vous a donnés, com- 
bien en avez-vous employés pour servir Dieu? Votre affaire 
principale, votre plus grand désir a-t-il toujours été d'aimer 
Dieu? Avez vous commencé et fini chacune de vos journées 
par la prière? Dans vos occupations, votre travail, etc., avez- 
vous eu la volonté, l'intention et le dessein de plaire à Dieu, 
d'accomplir sa sainte volonté ? Ou bien, avez-vous vécu long- 
temps, sans penser même au bon Dieu? L'affaire principale 
à laquelle vous avez pensé le plus, n'a-ce pas été autre 
chose, le boire et le manger, le jeu, les beaux habits, ou d'au- 
tres objets futiles et même crimiuels? Ah! chers enfants, si 
Dieu vous faisait mourir en ce moment, et demandait compte 
de la manière dont vous vous êtes servis de votre âme, de 
votre corps, de votre temps et des grâces nombreuses 
qu'il vous a accordées, que vous arriverait-il ? Ah! remer- 
ciez Dieu, remerciez-le de vous avoir préservés de la mort, 
et de vous avoir accordé encore le temps de pouvoir gagner 
désormais le ciel; demandez-lui pardon de l'avoir si mal 
servi jusqu'ici. 

Mais voyons, comment voulez-vous vousconduire à V avenir \ 
Voulez-vous encore mener une vie si dissipée? négliger le sa- 
lut de votre âme, le service de Dieu? Un empereur Turc avait 
deux fils, qui, un jour, avaient transgressé un ordre très-sé- 
vère de leur père, et celui-ci, dans un accès de fureur, or- 



A LA PREMIÈRE COMMUNION. 253 

donna de les faire mourir tous les deux. Cependant comme 
ses ministres lui représentèrent, que s'il les faisait mourir 
tous deux, il n'auraitpasdesuccesseur qui pût, après lui, mon- 
ter sur le trône, il consentit enfin à accorder la vie à l'un de 
ses deux fils. Mais auquel? Il ordonna donc que, dans unsalon, 
on dressât deux tables; sur l'une desquelles brillait la superbe 
couronne impériale avec les autres ornements du pouvoir su- 
prême, et sur l'autre se montraient des chaînes de fer et la 
hache du bourreau. Alors il fit venir ses deux fils et leur dit 
déjouer aux dés. Celui qui gagnait, obtenait le diadème impé- 
rial et devenaitempereur; celui qui perdait, devait périr bien- 
tôt par la main du bourreau. N'était-ce pas là un jeu effrayant? 
Chers amis ! votre vie est une espèce de jeu bien plus redou- 
table. Si vous gagnez, — la couronne de l'immortalité vous/ 
attend; si vous perdez, — vous êtes menacé, non pas seule- 
ment de la hache du bourreau, mais des tourments éternels 
et terribles de l'enfer. Je me trompe: ce n'est pas un jeu, vous 
pouvez choisir; le choix vous appartient, c'est à vous de déci- 
der. Voulez-vous un bonheur sans fin, ou voulez-vous une 
éternité de malheur? Surtout n'oubliez point que vous n'êtes pas 
certains d'un seul moment, et qu'il ne s'agit pas de remettre; 
car si Dieu tout-puissant tranche le fil de votre vie, yotre 
sort sera celui que vous aurez choisi : la couronne de l'im- 
mortalité, si vous avez bien servi le bon Dieu; le feu éternel, 
si vous ne l'avez pas servi ou mal servi. Et peut-être avant 
qu'une année se soit passée, le sort sera-t-il tombé sur plu- 
sieurs parmi vous, et cela pour toujours. Enfants, chers en- 
fants! une sainte terreur ne vous fait-elle pas frissonner jusque 
dans la moelle des os? Ne sentez-vous pas dans votre cœur, 
la volonté bien ferme et bien décidée de vouloir servir Dieu? 
de sauver votre âme et d'entrer au ciel à tout prix? 

Courage donc, chers enfants ! Mettez vous à genoux, priez 
et faites à votre divin Sauveur la promesse sérieuse et solen- 
nelle de sauver votre âme, dites-lui : Mon Seigneur et mon 
Dieu ! je reconnais avec crainte et terreur, que jusqu'ici j'ai 
été bien négligent à vous servir, que j'ai exposé mon âme à 
l'horrible danger de la damnation éternelle, je m'en repens 
du fond de mon cœur. Je vous remercie de toute mon âme, 



2üi MÉTHODE POUR PRÉPARER LES ENFANTS 

d'avoir usé jusqu'à présent de patience avec moi, de ne pas 
m'avoir fait mourir. Dès aujourd'hui je suis fermement réso- 
lu à ne vivre que pour vous, ô mon Dieu, à vous servir avec 
fidélité et ferveur. C'est par la prière et par le bon propos, la 
bonne intention de faire tout pour vous, que je veux com- 
mencer chaque journée. Je veux travailler, combattre, souf- 
frir tout ce que vous voulez, comme vous le voulez, pour 
vous servir, pour faire votre sainte volonté. Si l'attrait du 
péché me tente, si la paresse et la tiédeur viennent se mon- 
trer, je penserai à cette parole que vous avez dite : « Que sert 
à l'homme de gagner le monde entier, s'il vient à perdre son 
âme ? » Je veux sauver mon âme, coûte que coûte. — Je vous 
demande encore une chose : si vous prévoyiez, Seigneur, que 
je cesserais de vous servir, que je tomberais dans de grands 
péchés et perdrais le ciel, en vivant plus longtemps, oh ! je 
vous en conjure, faites que, de suite après ma première com- 
munion, je meure dans votre sainte grâce, plutôt que de per- 
mettre que je commette encore un péché mortel. Car je veux 
vous servir, je veux être à vous pendant la vie, à la mort, 
et vous appartenir pendant toute l'éternité. Ainsi soit-il. 

2. — LE PÉCHÉ MORTEL. 

La dernière fois, vous avez entendu, chers enfants ! que 
vous avez été créés pour servir Dieu en ce monde, et aller 
au ciel après votre mort, que vous êtes ici sur la terre pour 
sauver votre âme. Il n'y a qu'une seule chose qui puisse vous 
empêcher d'arriver à cette fin, qui puisse causer la perte de 
votre âme et vous fermer le ciel, c'est le péché mortel. C'est 
de quoi je vais vous parler aujourd'hui. Comme vous le sa- 
vez, celui-là commet un péché mortel, qui transgresse les 
commandements de Dieu et de l'Eglise en matière grave et 
importante (par exemple : en faisant un faux serment, en 
blasphémant Dieu, en mettant ses parents fort en colère, en 
blessant la modestie par des pensées, des paroles ou des ac- 
tions) et s'il le fait sciemment et volontairement (c'est-à-dire, 
si sachant ou devant et pouvant savoir que telle chose est un 
péché grave, — par exemple, les pensées impures, — il pense 
exprès à de vilaines choses, il s'y arrête avec plaisir, et que ce 



A LA PREMIÈRE COMMUNION. 255 

n'est pas simplement une légère négligence à les repousser). 
Le péché mortel est le plus grand mal qu'il y ait sur la terre, 
le plus triste malheur où vous puissiez tomber ici-bas, et pour 
vous en inspirer une grande horreur, pour vous en détourner, 
je veux vous montrer aujourd'hui combien le péché mortel 
est criminel et digne d'être châtié (1). 

I En quoi consiste le crime ou la malice du pêche mortel ? 

A) Le péché mortel est une grave offense faite à Dieu, notre 
souverain maître. Celui qui commet un péché mortel foule 
aux pieds la loi ou les ordres de Dieu, il s'en moque, il les 
méprise. Ainsi Dieu lui dit: tu ne voleras pas, tu ne commet- 
tras pas d'impuretés etc, et le pécheur le fait malgré cela. Il 
sait bien que Dieu ne veut pas qu'on le fasse ; il sait que 
Dieu, à cause de cela, le menace de punitions éternelles, et il 
le fait cependant. D'un côté en quelque sorte, se tient Dieu 
qui lui promet un bonheur sans fin ; d'un autre côté se tient 
le démon qui lui promet un misérable et vilain plaisir, quel- 
ques pièces d'argent. Et le pécheur méprise Dieu, il écoute 

le démon ! 11 semble dire à Dieu. Je sais que vous défendez 

(les blasphèmes, les actions déshonnêtes) je sais que cela vous 
irrite et vous fait de la peine, que vous pouvez me punir éter- 
nellement ; mais je ne m'en embarrasse pas, peu m'importe ! 
je ne vous écouterai pas, je ne m'inquiète pas de votre ciel, 
ni de votre enfer ; je fais ce que je veux. Ghers enfants ! 
quelle injure! quel outrage horrible! et à qui adresse-t il cette 
injure ? quel est celui qu'il insulte ? C'est le Dieu tout 
puissant, qui d'une seule parole a créé le ciel et la terre, qui 
dirige dans leur route immense les astres du firmament, ce- 
lui devant qui toute la terre n'est que comme un petit grain 
de sable, la vaste étendue de la mer comme une goutte- 
lette de rosée, les millions d'hommes comme un amas de 
fourmis qui rampent sur la terre, celui devant lequel les 

(1) Si on disait à un enfant qui aurait perdu un diamant, que c'est une 
perte plus grande que si toutes les pommes du marché, tous les pâtés 
d'un pâtissier s'étaient gâtés, il ne le comprendrait pas, il refuserait de le 
croire. C'est ainsi que bien des chrétiens ne veulent pas croire qu'un seul 
péché mortel (qui nous prive de la grâce sanctifiante) est plus funeste que 
la perte de tous les bieas temporels, même de la vie. 



256 MÉTHODE POUR PRÉPARER LES ENFANTS 

chérubins et les séraphins du ciel se prosternent, en se cou- 
vrant respectueusement la face de leurs ailes, et l'adorent en 
tremblant. Mais celui qui fait à Dieu cette injure, qu'est- 
il ? C'est un homme, un être misérable que Dieu a créé, qu'il 
tient tout entier dans ses mains, qu'à l'instant même il peut 
châtier, broyer et précipiter au fond des enfers; c'est celui-là 
qui à l'audace de refuser à Dieu l'obéissance, et cela sous 
ses yeux, en sa sainte présence, oui, de l'outrager en face. Si 
un soldat osait faire chose pareille à son général, il serait fu- 
sillé (on lui tirerait une balle dans la tête). Si un sujet osait 
se conduire de la sorte envers son roi, on ne trouverait pas 
de punition assez forte ; et que mérite alors un homme, qui 
se conduit ainsi à l'égard de Dieu, devant qui, tous les rois 
de la terre sont comme un grain de poussière, comparé à no- 
tre globe terrestre? Comprenez-vous maintenant ce que vous 
avez mérité par le péché ? 

B) Le péché mortel est une noire ingratitude envers Dieu, 
notre bon père. Dieu est notre père, et quel père ? Vous devez 
beaucoup à votre père ici-bas, il fait tant pour vous, il tra- 
vaille, il se fatigue pour vous; mais qu'est-ce, à côté des 
bienfaits, que vous recevez de votre Père céleste? Combien 
d'hommes vivent dans une affreuse misère, combien y en a- 
t-il qui meurent de faim ! Et Dieu a eu soin de vous, car 
chaque jour vous avez de la nourriture en abondance. Qu'il 
est malheureux un pauvre aveugle ! il ne voit rien de la beauté 
de la terre, des riches couleurs qui ornent les fleurs au prin- 
temps, de ce ciel d'azur tout étincelant d'étoiles; il ne voit pas 
la figure de ceux qu'il aime, il vit dans une nuit sans fin, dans 
une obscurité éternelle. Qu'il est malheureux un sourd-muet, 
un homme paralysé des jambes ou des bras, etc.! Vous, chers 
enfants, vous avez de bons yeux, une langue, des membres 
bien conformés et bien sains; chaque jour Dieu vous les 
donne, en quelque sorte, de nouveau etc. Et que dirai-je sur- 
tout des bienfaits que Dieu vous a accordés et vous accorde 
chaque jour pour le bonheur et le salut de votre âme? des 
grâces innombrables qu'il vous dispense? Vous rappellerai- 
je comment il n'a pas même épargné son propre Fils, mais l'a 
sacrifié pour vous à la mort sanglante de la croix? Et tout 






A LA PREMIÈRE COMMUNION . 257 

cela, Dieu l'a fait et le fait encore, sans en retirer le moindre 
profit pour lui-même, il le fait uniquement par amour pour 
vous, pauvres enfants! Et maintenant dites vous-mêmes ; 
quelle reconnaissance lui devez-vous? Un homme, réellement 
pauvre, quelle reconnaissance ne montre-t-il pas, quand on 
lui donne deux misérables francs? Quelle ne serait pas votre 
reconnaissance, si vous étiez nés aveugles et que quelqu'un 
fût assez bon, assez adroit pour vous rendre la vue ! Ah ! Les 
animaux eux-mêmes montrent de la reconnaissance. Voyez 
les chiens, comme ils se montrent reconnaissants pour la 
nourriture que leur jette leur maître; parmi eux, plus d'un a 
donné sa vie pour défendre son bienfaiteur; plus d'un, après 
la mort de son maître, n'a plus voulu quitter la fosse où il 
était enterré, a refusé toute nourriture, et s'est laissé mourir 
de tristesse, parce qu'il avait perdu son maître. Et quelle re- 
connaissance l'homme ne doit-il donc pas montrer à Dieu, 
qui est le meilleur des maîtres? 

Mais celui qui commet le péché mortel, loin de remercier 
Dieu, l'insulte et l'offense, il se sert même des bienfaits, que 
son Père céleste lui a accordés, pour l'outrager et le peiner. 
Les yeux, que Dieu lui a donnés, il les emploie pour jeter 
des regards déshonnêtes et curieux ; la langue, pour dire des 
paroles obscènes, répéter de vilaines chansons, prononcer 
des blasphèmes et des jurements, etc. 11 est dit dans l'Écri- 
ture : « L'œil, qui méprise son père,... sera arraché par les 
corbeaux et dévoré par les jeunes aigles. » Et que mérite 
alors le pécheur qui, pour mépriser Dieu et l'outrager, 
emploie les yeux et la langue que Dieu lui a donnés? Et 
vous, par conséquent qu'avez-vous mérité (i) ? 

(1) Oui, celui qui commet un péché mortel, offense Dieu précisément 
parce qu'il sait que Dieu est miséricordieux et bon. En effet oseriez-vous 
commettre un véritable péché, si vous étiez assuré que, de suite après l'a- 
voir commis, on vous couperait la main ?Sans doute que non Donc encore 
moins commettriez-vous un péché mortel, si vous étiez intimement con- 
vaincu que, bientôt après, vous descendriez dans l'enfer. Or. qu'est-ce donc 
qui vous donne, non l'assurance, mais l'espoir, que vous ne mourrez pas de 
suite après avoir péché? C'est la pensée que généralement Dieu ne punit 
pas le pécheur à l'instant même ; qu'il a pardonné plus tard à un grand 
nombre, donc parce qu'il est bon et miséricordieux. Ainsi vous commettez 



2Ö8 MÉTHODE POUR PRÉPARER LES ENFANTS 

Représentez-vous un père qui a un enfant unique ; il tra- 
vaille pour lui, il lui fait tout le bien possible; lorsque son 
enfant est malade, il le soigne au péril de sa propre vie. 
L'enfant revient de nouveau à la santé, et, au lieu de remercier 
son père, il lui désobéit, il l'insulte par toutes sortes de 
grossiers propos, etc. Dites, chers enfants, quelle peine ne 
doit-ce pas être poir* le cœur d'un tel père, de trouver une 
pareille ingratitude chez un enfant qu'il a tant aimé? EtDieu 
ne doit-il pas ressentir une peine bien plus grande, lorsque 
vous l'injuriez, lorsque vous l'outragez en face, vous qu'il a 
aimés comme la prunelle de l'œil, vous pour qui il a tant 
fait? — Chers enfants, si vous aviez fait de la peine à vos 
parents, jusqu'à les faire pleurer sur vous et leur faire dire : 
« Je n'aurais jamais cru que mon enfant m'aurait traité de 
la sorte, » n'en seriez-vous pas tristes et affligés ? Ne devez- 
vous donc pas être tristes également d'avoir causé tant de 
peine à votre Père céleste? 

C) Le péché mortel est une indigne trahison dirigée contre 
Jésus-Christ, notre aimable Sauveur. Un traître, un perfide, 
c'est celui qui ne tient pas sa promesse. Ainsi, c'est déjà une 
honte de ne pas garder la parole que l'on a donnée à un 
homme ordinaire; de même, le soldat qui ne tient pas la 
parole qu'il a jurée au roi, passe pour un infâme et s'attire 
de fortes punitions ; mais plus indigne encore est la perfidie 
et la trahison, quand quelqu'un ne tient pas la promesse 
donnée à son plus grand bienfaiteur, à celui auquel il doit 
la vie. Chers enfants ! votre Sauveur est votre roi ; c'est un 
monarque, un maître saint, grand et glorieux, comme il n'en 
existe pas d'autre. Il est en même temps votre plus grand 
bienfaiteur, il vous a arraché à l'esclavage du démon, à la 
damnation éternelle, et de plus il a sacrifié sa vie pour vous, 
au milieu des plus affreux tourments. Que ne feriez-vous pas 
pour celui qui vous aurait sauvé d'un grand incendie? — Si 
Jésus-Christ avait demandé votre vie, vous auriez dû la lui 
donner généreusement. Cependant il n'a pas demandé beau- 

avec tant de facilité et d'insouciance le péché, parce que Dieu est si bon, 
si indulgent, si miséricordieux. 



A LA PREMIÈRE COMMUNION. 259 

coup; il demande seulement que vous l'aimiez, que vous ob- 
serviez ses commandements, et si vous le faites, il vous pro- 
met une récompense infiniment riche. C'est ce que vous lui 
avez promis solennellement dans le saint Baptême, et depuis 
lors souvent encore, surtout en allant à confesse. Mais avez- 
vous gardé cette promesse solennelle faite à votre roi, à votre 
bienfaiteur, à celni qui vous a sauvé de h mort et de l'enfer? 
Ah, pauvres enfants ! toutes les fois que vous avez commis un 
péché mortel, vous avez violé votre promesse; bien plus, 
comme Judas, vous avez trahi votre divin Sauveur, et d'après 
les expressions de l'apôtre S. Paul, vous avez outragé, cru- 
cifié de nouveau le Fils de Dieu ! Vous vous indignez contre 
les juifs, qui ont maltraité si cruellement Jésus -Christ, mais 
votre crime n'est-il pas plus grand d'une certaine manière? 
Les juifs ne savaient pas, ne croyaient pas que Jésus fût le 
Fils de Dieu; sans cela, comme le dit S. Paul, ils n'auraient 
pas cloué, sur une croix infâme, le Dieu de gloire. Mais vous 
avez la foi ; vous saviez combien il vous a aimés, vous saviez 
que le péché l'outrage indignement, le fait souffrir cruelle- 
ment, et malgré cela, vous avez osé commettre encore le 
péché. — Imaginez-vous, chers enfants, que Jésus-Christ se 
présente en ce moment visiblement à vos regards ; oh ! que 
sa figure est pâle, comme le sang découle de toutes parts ! Il 
porte une couronne d'épines qui s'enfoncent dans sa tête, 
tout son corps est déchiré, mis en lambeaux; comme il vous 
regarde tristement, mais toutefois avec une infinie ten- 
dresse! Il me semble lui entendre dire: « Mon enfant! 
Voyez, comme j'ai affreusement souffert! Et c'est vous qui 
en êtes la cause; c'est vous qui, par vos mauvaises pen- 
sées, par votre orgueil, avez couronné ma tête d'épines; 
c'est vous qui, par vos indécences m'avez flagellé, etc. 
Pourquoi me traitez-vous ainsi? Je vous ai tant aimé, 
j'ai fait pour vous le sacrifice de ma vie, et est-ce ainsi que 
vous me récompensez? » Ah, chers enfants! comment votre 
cœur ne doit-il pas déborder d'amour, de douleur et de con- 
trition d'avoir pu offenser ainsi voire Sauveur! voyez! Ce 
même Sauveur que vous avez si maltraité par vos péchés, il 
est ici présent dans le saint Sacrement. Venez, jetez-vous à 



260 MÉTHODE POUR PRÉPARER LES ENFANTS 

ses pieds, en disant : « Jésus ! Jésus î Comment ai-je donc 
osé me conduire ainsi à votre égard? Mes péchés vous ont 
causé tant de douleurs ! Mon ingratitude a rempli vos yeux de 
tant de larmes. Je mérite vraiment l'anathème que votre Apô- 
tre lance contre quiconque ne vous aime pas. Jésus, je me 
repens maintenant du fond de mon cœur de vous avoir offen- 
sé, et je vous promets, dans toute la sincérité de mon âme, 
de ne plus jamais vous offenser sciemment et volontaire- 
ment, surtout par tel... et tel péché... » 

Par tout ce que je vous ai dit jusqu'ici, vous avez pu voir, 
chers enfants, quel crime, quelle indignité c'est que le péché 
mortel. Mais comprendre entièrement ce qu'il est, vous ne le 
sauriez ; nul homme, nul ange ne le saurait. Autant il est 
impossible à quelqu'un de comprendre combien Dieu est 
grand, combien sont grandes les joies du ciel et les peines 
de l'enfer, autant il lui est impossible de comprendre com- 
bien est grande la malice du péché mortel qui offense Dieu, 
nous ravit le ciel et nous livre à l'enfer. Il n'y en a qu'un seul 
qui le comprenne entièrement, et c'est Dieu. Or nous allons 
voir comment Dieu considère le péché mortel, ce qu'il est 
aux yeux de Dieu. 

II. Lorsque vous appreniez qu'une personne qui vous était 
connue, devait être mise en prison pour un grand nombre 
d'années, ou devait mourir sur l'échafaud, vous vous êtes dit : 
cette personne doit avoir commis un crime affreux, puisqu'on 
la punit si fortement. C'est en effet d'après la grandeur de la 
punition que vous mesuriez la grandeur de la faute. Or écou- 
tez de quelle manière Dieu a puni le péché mortel, et vous 
pourrez entrevoir alors combien sa malice est grande aux 
yeux de Dieu. 

A) Considérez d'abord la punition des Anges. Avant le pé- 
ché, les Anges étaient merveilleusement beaux, si beaux que 
nulle langue ne saurait le dire (c'est pourquoi l'on dit quel- 
quefois : beau comme un ange) ; ils commirent un seul pé- 
ché, et ils sont devenus tellement hideux et repoussants de 
laideur, qu'il est également impossible de le décrire (ils sont 
affreux comme un....) Auparavant ils étaient si heureux, si 
contents! Dieu leur portait un amour si grand! Il n'a fallu 



A LA PREMIÈRE COMMUNION. 261 

qu'un seul péché, et maintenant ils sont tellement malheu- 
reux, que les plus terribles souffrances de la terre seraient 
un vrai soulagement, un plaisir à côté de leur sort affreux; 
ils sont damnés, sans espérance, sans grâce, et cela pour 
l'éternité! Voilà le châtiment d'un seul péché mortel. 

B) Considérez aussi la punition de nos premiers parents. Ah! 
comme ils vivaient d'abord tranquilles, paisibles et heureux 
dans le paradis! Aucune souffrance, aucune maladie, ni 
misère, ni la faim, ni le froid ne les tourmentaient; tout ce 
queleur cœur souhaitait, ils l'avaient. Dieu lesaimait, s'entre- 
tenait avec eux comme un père avec ses enfants, et après une 
vie tranquille et heureuse, passée ici-bas sans maladie ni 
mort, ils devaient entrer, corps et âme réunis, dans la bien- 
heureuse éternité. Ils commirent un seul péché mortel, et 
voyez : Dieu, qui les avait aimés d'un amour ineffable, les re- 
poussa avec dégoût loin de lui ; ils avaient perdu sa grâce, 
perdu le paradis, perdu le bonheur, la paix et la joie. Et de- 
puis ce seul péché, il s'est répandu sur le monde un véritable 
déluge de besoins et de misères, de souffrances et de mala- 
dies. Pensez à toutes les horribles tortures que produit la 
famine; vous ne savez pas encore combien la faim fait de 
victimes. Mais dans la ville de Londres seule, il meurt chaque 
jour au moins un homme tué et dévoré par la faim. On y a 
vu une femme arracher à un chien l'os qu'il avait ramassé 
dans la rue, et elle-même le ronger avec une espèce de fu- 
reur. Puis rappelez-vous toutes ces maladies, tous ces 
milions d'hommes qui sont couchés sur un lit de douleurs, 
souvent au milieu de souffrances si cruelles que quelques- 
uns ont prié les assistants de les tuer par compassion. 
Pensez à tout le sang qui coule dans la guerre et forme des 
ruisseaux tout rouges, aux milliers de cadavres qui jonchent 
les champs de batailles, aux désastres que la mort produit, 
aux cris, aux sanglots que l'ondoitentendre quand quelqu'un 
vient de tomber mort ou que l'on porte un cadavre au cime- 
tière. — Et faites-y bien attention, chers enfants ! toutes ces 
misères, tous ces fléaux, ce grand fleuve de maux et de 
souffrances s'est précipité sur le genre humain, a été 
envoyé de Dieu, comme la punition d'un seul péché ! Tout 



2l)2 METHODE POUR PRÉPARER LES ENFANTS 

cela ne serait pas arrivé si le premier péché n'avait pas été 
commis. 

C) Puis rappelez-vous ce que doivent souffrir les damnés, 
en punition du péché mortel. Ce sont des maux si épouvanta- 
bles, si affreux que, en y pensant seulement, on pourrait en 
devenir fou (1). 

Et maintenant je vous le demande : Quel est celui qui a 
puni si sévèrement le péché dans les anges déchus et chez 
nos premiers parents? C'est Dieu, Dieu qui est infiniment bon, 
doux, miséricordieux, qui, certes, aime mille fois mieux 
punir moins que punir trop. Que doit-ce donc être que le 
péché mortel puisque Dieu le punit si terriblement? Et peut- 
être en avez-vous déjà commis beaucoup? Qu'avez-vous donc 
mérité? 

D) Mais ce qu'il y a de plus effrayant, c'est quand vous 
considérez ce que Jésus-Christ a dû souffrir pour nos péchés. 
Jetez un moment les yeux sur la croix et voyez ce que Jésus 
souffre. Il est noyé dans une mer de douleurs; tous ses 
membres sont brisés de coups, tout son corps est couvert de 
blessures; la tristesse et la désolation environnent son âme 
comme les sombres nuages d'un ouragan, et, pareils aux 
clous horribles qui lui percent les mains et les pieds, la 
haine, le mépris et les outrages des hommes qu'il aime tant, 
lui percent le cœur; dans l'excès des plus affreuses souffran- 
ces, il s'écrie : « 3Ion Dieu, mon Dieu! pourquoi m'avez-vous 
abandonné? » — Et quel est celui qui souffre ainsi? C'est le 
Fils de Dieu, son fils unique et bien-aimé. Et qui donc l'a 
traité, frappé ainsi ? Son propre Père, qui l'aime si tendrement, 
oui c'est lui qui l'a livré à la mort de la croix. Et pourquoi 
donc? Jésus était pourtant l'innocence et la sainteté même; 
mais il a répondu pour nous, il s'est fait garant pour nos 
péchés, il a pris tous nos péchés sur lui, et c'est à cause de 
nos péchés, que Dieu l'a livré en proie aux plus terribles 
tourments. « Je l'ai frappé à cause des péchés de mon peu- 
ple, » dit le Seigneur (Isaïe o3, 8). Chers enfants! Que le 
péché doit donc être quelque chose d'affreux, puisque, à 

{\) Voyez la description de ces maux dans l'instruction suivante. 



A LA PREMIÈRE COMMUNION. 263 

cause de lui, Dieu a châtié et traité si cruellement son Fils 
unique et bien-aimé (t). Et vous-mêmes avouez-le; quel sera 
notre sort, si jamais nous paraissons devant le redoutable 
tribunal de Dieu, chargés de péchés mortels? S'il a traité 
ainsi son propre et bien-aimé Fils, comment nous traitera- 
t-il, nous misérables esclaves et serviteurs ingrats? S'il a 
laissé crucifier le Sauveur innocent à cause des péchés 
d'autrui, comment en agira-t-il avec nous, si nous parais- 
sons devant lui, chargés de nos propres péchés, si nous 
avons méprisé, profané et foulé aux pieds le sang de Jésus- 
Christ? 

Chers enfants ! Peut-être que jusqu'ici vous avez regardé 
maintes fois le péché comme une bagatelle, et que vous l'avez 
commis à la légère. non, non ! ce n'est pas une bagatelle, ce 
qui offense ainsi le Père céleste, ce qui a causé à Jésus-Christ 
de si atroces douleurs. Sur chaque croix vous pouvez trou- 
ver en quelque sorte, écrits en lettres de sang, ces mots : 
« Fuyez le péché; il a jeté le Sauveur sur la croix; et il 
vous jettera en enfer. » C'est pourquoi prenez cette ferme 
résolution : plus jamais un seul péché mortel ! Plutôt cent 
fois mourir que d'en commettre encore un seul ! Déplorez 
dans l'amertume de votre âme, les péchés que vous avez 
commis et proposez-vous de faire, aussi bien que possible, 
la confession générale, afin d'obtenir le pardon. Formez de 
nouveau la promesse de fuir les occasions qui peuvent 
vous entraîner au péché..., de prier exactement et pieuse- 
ment..., de recevoir souvent les sacrements..., et habituez- 
vous à dire cette belle prière jaculatoire : « Je ferai tout ce 
que l'on veut, Seigneur ! mais plus un seul péché ! » ou 
bien : « Plutôt mourir, que de pécher! » Ainsi soit-il. 

(1) Au lieu de méditer sur ce point, on pourrait aussi montrer comment 
les souffrances de tant de millions de martyrs n'auraient pas été suffisantes 
pour expier un seul péché mortel ; comment le Fils de Dieu seul, dans sa 
douloureuse passion, a offert une telle expiation à son Père. Quelle mala- 
die que celle qui ne pouvait être guérie que par un tel médecin et par de 
tels remèdes ! 



-64 MÉTHODE POUR PRÉPARER LES ENFANTS 

3. — LES SUITES DU PÉCHÉ MORTEL. 

Nous avons vu la dernière fois, combien est grande la ma- 
lice du péché, combien il mérite d'être puni. Aujourd'hui je 
vous montrerai quelles en sont les suites, quel tort immense 
il cause à l'âme. Ne soyez pas surpris, chers enfants, si je 
vous parle tant du péché mortel. C'est la seule chose qui 
pourrait rendre votre première Communion mauvaise et 
sacrilège. Le péché mortel est le plus grand mal, le plus 
affreux malheur dont vous devez être préservés à tout prix. 
J'aime à croire, que plusieurs d'entre vous (peut-être le plus 
grand nombre) n'ont pas encore commis de péché mortel, et 
ceux-là aussi pourront tirer profit des instructions sur le 
péché mortel. En effet ils ont été imprudents quelquefois, 
ils ont commis des péchés moins graves, et se sont exposés 
ainsi au danger de pécher mortellement, de sorte que si 
Dieu ne les avait protégés particulièrement, ils seraient tom- 
bés comme tant d'autres dans des péchés mortels ; ils 
peuvent donc aussi s'exciter de tout leur cœur à la douleur 
et au repentir. Puis, vous serez tous exposés plus tard au 
danger de commettre des péchés graves; je voudrais à tout 
prix, exciter en vous le ferme propos de mourir plutôt que 
de consentir à un seul péché mortel. 

Nous considérerons d'abord, chers enfants, les suites du 
péché mortel dans ce monde- ci, puis les suites terribles dans 
Vautre monde. 

I. Je ne veux pas parler ici des guerres, des famines, des 
pestes, des malheurs, des souffrances et d'autres fléaux de 
ce genre, que Dieu fait descendre sur les hommes, à cause 
du péché mortel (pensez au déluge, à Sodome, à la destruc- 
tion de Jérusalem etc.). Ces châtiments arrivent, il est vrai, 
souvent ici -bas, mais pas toujours. Je vous montrerai seule- 
ment deux châtiments qui arrivent infailliblement et de 
suite, au moment même où l'on commet le péché mortel. 

A) Celui qui commet le péché mortel perd la grâce sancti- 
fiante. Cela se dit, cela s'entend très facilement, et néanmoins 
il y a quelque chose de redoutable renfermé dans ces quelques 
paroles. L'homme qui est en état de grâce, qu'a-t-il, que pos- 



A LA PREMIÈRE COMMUNION. 265 

sède-t-il en définitive? Ecoutez; l'âme d'un tel homme est 
d'une beauté si ravissante qu'on ne saurait l'exprimer. De 
même que dans une goutte de rosée brillante se mire le 
soleil, qui la fait rayonner de l'éclat des plus riches couleurs, 
de même dans l'âme du juste se reflète la sainte image de 
Dieu, et elle lui donne une admirable et mystérieuse beauté. 
La beauté de l'âme, en état de grâce, est telle que Dieu lui- 
même la regarde avec complaisance. L'homme en état de 
grâce est un enfant de Dieu! Pensez-y bien; oui, un enfant de 
ce Dieu si grand, si glorieux, si puissant! De même que les 
parents aiment leur enfant, veillent sur lui avec la plus ten- 
dre sollicitude, lui donnent tout ce dont il a besoin ; de même 
Dieu aime le juste d'un amour si grand, d'un amour tellement 
divin qu'on ne saurait l'exprimer. Jour et nuit son œil pater- 
nel veille sur lui, et il lui accorde en abondance, tout ce qui 
sert à son salut. Que la vie de l'homme vertueux est belle, 
qu'elle est paisible et heureuse! Il peut se dire sans cesse : 
Dieu m'aime; en quelque lieu que je sois, il est près de moi, 
et sans sa permission, aucun cheveu ne peut tomber de ma 
tête! — L'âme qui est en état de grâce, a des joies et des 
jouissances que le pécheur ne soupçonne même pas, et qui 
surpassent toutes les joies du monde. Et quand cet homme 
meurt, sa fin est encore plus belle que sa vie ; c'est comme 
le soleil qui, en se couchant, jette les rayons les plus ravis- 
sants au milieu d'un ciel d'or et de pourpre. Le divin Sau- 
veur, le conduit dans la céleste patrie, dans la demeure bien- 
heureuse des cieux. 

Or, chers enfants, imaginez-vous que cette même personne 
qui, jusqu'alors, s'est trouvée en état de grâce, commette un 
seul péché mortel ; quel affreux changement s'opère en ce 
moment dans son âme! Au lieu de cette beauté angélique, il 
n'y a plus qu'une affreuse laideur, plus affreuse que celle 
d'un cadavre en putréfaction ; au lieu de l'image ou du por- 
trait de Dieu, il porte dans son âme, — dois-je le dire? 
l'imagedudémon. C'est avec horreur que Dieu se détourne de 
lui; d'un enfant de Dieu qu'il était, il est devenu l'ennemi de 
Dieu, un être détesté de Dieu. 

Chers enfants! Quel déplorable malheur! Un enfant quoi- 

MÉTHODE, ETC. 12 



266 



MÉTHODE POUR PRÉPARER LES ENFANTS 



que tendrement aimé de ses parents, les a insultés si gros- 
sièrement, qu'ils le repoussent, qu'ils le chassent de la mai- 
son paternelle et ne veulent plus le regarder comme leur 
enfant; et voilà que, sans parents, sans demeure, il erre par- 
tout comme un orphelin abandonné. Ah! qu'il est bien plus 
grand le malheur de celui qui est repoussé par son Père cé- 
leste ! Et comment alors peut-il y avoir encore de la paix 
dans le cœur du pécheur? Lorsque Caïn eut tué son frère, il 
erra, comme un vagabond, par toute la terre; le moindre 
bruit dans le feuillage le faisait trembler, parce qu'il crai- 
gnait que ce ne fût quelqu'un qui venait exécuter sur lui 
l'arrêt de la justice divine. Celui qui a osé commettre un 
péché mortel doit se dire également : J'ai outragé Dieu, je 
suis un ennemi de Dieu, et je ne suis pas un moment cer- 
tain qu'il ne me fera pas mourir ; et si je meurs, je suis damné, 
perdu pour toute l'éternité! Quand un criminel doit se dire : 
Je suis condamné à mort... à chaque instant le bourreau peut 
se présenter pour me conduire à lechafaud! C'est là une 
pensée qui doit le faire frissonner; mais combien plus ef- 
frayante doit-elle être pour le pécheur, quand il se dit : Je 
suis condamné par Dieu ;à chaque instant la mort peut venir 
et me jeter en enfer! 

B) Le péché mortel nous enlève tous les mérites que nous 
avions acquis. Supposez une pauvre servante qui a servi pen- 
dant quinze ans, et qui, chaque année, a épargné soixante 
francs; ces neuf cents francs sont toute sa fortune. A cause de 
son imprudence, en une nuit, on lui vole toute cette somme. 
Quel ne sera pas son chagrin! Combien amère sera sa 
douleur! Or un chrétien, pour la moindre bonne œuvre, par 
exemple : pour une prière, obtient une récompense de Dieu, 
ce qui vaut plus que tout l'or du monde. Mais que de mérites, 
que de récompenses ne doit-il pas avoir acquis, si, pendant 
deux ans, pendant dix ans, il a fait chaque jour beaucoup de 
bonnes actions, en état de grâce? Quel trésor de bénédictions 
n'a-t-il pas à attendre? Cependant si cette personne commet 
un seul péché mortel, elle perd au même moment tous ses 
mérites ; toutes ses bonnes œuvres ne lui servent plus de rien. 
Quelle perte, ô* mon Dieu! Et aussi longtemps qu'elle est en 



A LA PREMIÈRE COMMUNION. 267 

état de péché mortel, elle est aussi peu capable de mériter 
quelque chose pour le ciel, qu'un cadavre l'est de travailler. 

Toutes les actions quelle fait, les prières qu'elle récite, les 
souffrances qu'elle endure en cet état, ne lui procurent pas 
la moindre récompense dans le ciel, tandis que si elle avait 
été en état de grâce, elle en aurait été richement récompen- 
sée! Chers enfants! que de mérites n'auriez-vous pas pu 
amasser pour le ciel ! Que de richesses vous avez déjà per- 
dues par vos péchés ! Vous êtes tristes, lorsque vous avez 
perdu cinq centimes, et ne seriez-vous pas tristes, après avoir 
perdu tant de trésors célestes ? 

II. Mais la punition la plus terrible du péché mortel se 
fait sentir surtout dans l'autre monde, en enfer. Considérons 
en effet. 

A) Ce que souffrent en enfer les damnés. Ah ! chers en- 
fants, qui pourrait vous le dépeindre? Les damnés sont mau- 
dits de Dieu, bannis à jamais de sa présence, privés de la 
vue de son infinie beauté (4), exclus de tout ce qui est lu- 
mière et vie, joie et bonheur ; ils sont plongés dans une mer 
de souffrances effroyables. Après la résurrection, il n'est 
pas de membre dans leur corps, pas de faculté dans leur âme 
qui n'ait son tourment particulier. Ils sont tourmentés par 
un feu éternel. Quelle souffrance terrible que celle de brûler! 
Un saint missionnaire fut un jour martyrisé par des Indiens 
sauvages. Autour de lui ils allumèrent un feu, pour qu'il fût 
rôti lentement par la chaleur, mais non dévoré tout d'un 
coup. Sous ses pieds et sur sa tête, ils amassèrent des char- 
bons ardents; dans tout son corps ils enfoncèrent des pointes 
de bois très dur, auxquelles ils mirent le feu, de sorte que sa 
peau brûlée pendait par lambeaux. C'est ainsi qu'ils le tor- 
turèrent pendant plusieurs jours. N'était-ce pas là une souf- 
france, un supplice horrible, que l'on croirait avoir été sug- 
géré aux sauvages par le démon lui-même? Et néanmoins, 
chers enfants, ce supplice si affreux qu'il soit, n'est, pour 

(1) On regarde comme malheureux un aveugle, parce qu'il ne peut voir 
le ciel bleu, les vertes campagnes etc., en un mot la beauté de l'univers. 
Combien plus malheureux est celui qui pendant toute l'éternité sera privé 
de la vue de l'infinie et inénarrable beauté de Dieu ? 



268 MÉTHODE POUR PRÉPARER LES ENFANTS 

ainsi dire, rien à coté du supplice du feu infernal. Oui, re- 
présentez-vous toutes les douleurs que chaque homme a en- 
durées, les tourments qu'ont supportés les saints Martyrs etc., 
réunissez tout cela : cependant, ce n'est à côté des souffrances 
qui accablent un seul damné, que comme la flamme d'une 
petite lampe à côté de la flamme qui s'échappe des hauts-four- 
naux, où l'on coule le fer. Puis considérez quelles peines doi- 
vent ressentir les damnés à cette pensée : C'est moi-même 
qui suis la cause de mon malheur. — Représentez- vousun en- 
fant qui, malgré tous les avis qu'on lui a donnés, a été mé- 
chant, et qu'on enferme à part dans la cave, un jour où l'on 
célèbre une fête dans la maison. Il entend de là, comment les 
autres enfants chantent gaîment, jouent, s'amusent et re- 
çoivent toutes sortes d'excellentes choses ; et lui, il est là seul 
et abandonné, tourmenté par la faim, dans cette cave obs- 
cure, en se disant : Si j'avais obéi, j'aurais été aussi heureux 
que les autres! Que cette pensée doit le rendre triste ! Mais 
combien plus tristes doivent être les damnés quand ils s'arrê- 
tent à cette pensée : 3Ioi aussi j'aurais pu être dans le ciel! 
Plusieurs de mes parents, de mes frères et sœurs, de mes ca- 
marades etc, y sont maintenant ! Que de fois Dieu m'a averti! 
avec quelle facilité j'aurais pu lui obéir! que de fois j'aurais pu 
me confesser et me corriger! Mais c'était trop pour moi, que 
de me donner cette peine. Si j'avais voulu faire quelques 
efforts, je serais maintenant au ciel ; et voilà que je suis con- 
damné à ces peines épouvantables. 

B) Et combien de temps souffriront les damnés? Quand un 
malade éprouve les plus vives douleurs, il se console par cette 
pensée : cela cessera bientôt, et je pourrai de nouveau dor- 
mir. Ce missionnaire dont je vous ai parlé tantôt, avait du 
moins quelque repos durant la nuit et pouvait se dire : dans 
une couple de jours, la mort m'apportera la paix éternelle. 
Mais les damnés, chers enfants, n'ont jamais de repos, pas le 
moindre soulagement, ni l'espoir que leurs souffrances s'ar- 
rêteront, même pour un moment. Et combien de temps souf- 
friront-ils? Est-ce peut-être un jour? Pensez-y, tout un jour 
dans le feu! Peut-être une année? Si on disait à quelqu'un 
qui a seulement mal aux dents : Ce mal, tu le souffriras pen- 



A LA PREMIERE COMMUNION. 269 

dant toute une année, sans avoir un moment de repos ; il 
répondrait : Je ne pourrai le supporter, — je préfère mourir. 
Et maintenant pensez-y : toute une année dans les flam- 
mes! Que dis-je? Sera-ce seulement une année, ou sera ce 
pendant cent, pendant mille ans? Non, chers enfants, et c'est 
là ce qu'il y a de plus terrible dans les peines de l'enfer : elïrs 
ne cesseront j mais; elles dureront aussi longtemps >\\ li y 
aura un Dieu dans le ciel, elles seront sans fin,... éternelles. 
Si l'on disait aux damnés : Voici ce que Dieu a résolu : tous 
les mille ans un petit oiseau descendra sur le rivage de cette 
mer immense qu'on ne saurait mesurer, et boira une petite 
goutte d'eau ; après qu'il aura vidé toute l'eau qu'il y a dans 
la mer, vos souffrances cesseront. Ah ! chers enfants, comp- 
tez si vous le pouvez combien de gouttes d'eau, il y a dans un 
verre, dans un étang, dans les fleuves, danslamer qui entoure le 
globe et qui est si profonde !.. et tous les mille ans une seule 
goutte! Combien demilliers et demillionsd'annéesnefaudrait- 
il pas? Et cependant, si on disait cela aux damnés, comme ils 
seraient contents! comme leurs souffrances leur deviendraient 
légères ! car ils auraient du moins un rayon d'espérance. 
Mais non, ils n'en ont aucun. En enfer c'est toujours la même 
heure qui sonne; toujours, jamais; toujours des souffrances, 
jamais de repos. Chers enfants! n'est-ce pas là une pensée 
effrayante? Et c'est à ces peines, à ces longues souffrances 
que vous vous êtes exposés par votre imprudence à commet- 
tre le péché ! 

C) Et pourquoi les damnés souffrent-ils ces peines affreuses 
et éternelles 9 A cause du péché mortel : parce qu'ils ont été 
impudiques, parce qu'ils ont porté de la haine et de la ran- 
cune, parce qu'ils ontblasphémé et volé. ..parce qu'ils ont ca- 
ché des péchés à confesse, reçu indignement l'absolution et 
la sainte Communion, etc; ainsi à cause de péchés que peut- 
être plusieurs parmi vous ont commis aussi, — ou bien. ..mais 
non, je ne puis croire qu'il y en ait un seul parmi vous, qui 
soit tenté de commettre de tels péchés, de faire une mauvaise 
confession et de communier indignement. Dans l'enfer, il y a 
probablement des enfants plus jeunes que vous. . . ils ont peut- 
être moins péché que plusieurs d'entre vous. Il n'y a pas long- 



270 MÉTHODE POUR PRÉPARER LES ENFANTS 

temps j'ai lu comment un enfant auparavant très vertueux, par 
suite delà fréquentation d'un mauvais camarade, s'était laissé 
aller à des discours obscènes et à des désirs impurs; il mou- 
rut subitement et (comme une apparition le prouva) il fut 
damné pour toute l'éternité. 

Chers enfants! La conscience ne vous dit-elle pas que vous 
aussi vous avec commis de ces péchés..? Et si vous l'avez 
fait, ô mon Dieu ! à quel affreux malheur vous vous êtes ex- 
posés? Chaque jour vous auriez pu mourir, et alors vous 
eussiez été perdus pour toujours. Et vous avez pu vivre ainsi 
dans cet horrible danger sans vous soucier de rien ? — Au milieu 
d'un hiver très froid, un cavalier, dit-on, était arrivé dans 
un village, qui se trouve à quelque distance d'un grand étang 
de plusieurs lieues d'étendue; il demanda aux villageois, s'il 
était encore loin de cet étang. Ces braves gens lui firent plu- 
sieurs questions et reconnurent ainsi qu'il avait passé sur 
l'étang au milieu de la neige et du brouillard, sans l'avoir 
remarqué ; ils lui dirent donc : « Vraiment vous pouvez re- 
mercier le bon Dieu ! Vous avez été exposé à un grand dan- 
ger! Si la glace, encore mince, s'était rompue, vous seriez 
enseveli maintenant au fond des eaux. » Lorsque le cavalier 
entendit cette révélation, il s'effraya tellement du danger qu'il 
avait couru, qu'il s'affaissa sur lui-même et tomba raide mort. 
Chers enfants ! N'avez-vous pas été exposés pendant long- 
temps à un danger bien plus terrible? Ne devez- vous pas 
frémir, rien qu'en y pensant? — Ah! remerciez bien le bon 
Dieu, de tout votre cœur, de ce que vous n'avez pas été sur- 
pris par la mort et qu'il vous a donné le temps de faire péni- 
tence. Profitez de l'occasion que Dieu vous offre de vous pu- 
rifier, autant que possible, de tous vos péchés, par une 
confession générale. Confessez-vous de telle sorte comme si 
vous étiez certains de devoir être emportés bientôt par une 
mort subite. 

Et puis, à l'avenir gardez-vous de commettre encore le pé- 
ché. Le péché c'est le seul mal. 11 vous enlève plus que l'or et 
la fortune, plus qu'un père et une mère, plus que la santé et 
la vie; il vous enlève les biens et les récompenses célestes, il 
vous sépare du meilleur et du plus aimable des pères, de vo- 



A LA PREMIÈRE COMMUNION. 271 

tre père céleste ; il vous enlève la vie de l 'âme et vous jette 
dans la mort éternelle, dans l'enfer. Donc, plus un seul péché 
mortel ! Et si vous aviez encore le malheur (mais je ne puis le 
croire), si vous aviez le malheur de tomber encore dans un 
péché mortel, ne tardez pas un jour, pas même une heure de 
vous réconcilier avec Dieu. — Dans une ville de France, on 
donnait un jour une mission. Pendant le diner on appela un 
des missionnaires, en le priant de se rendre dans le cabinet 
voisin, où se trouvait un officier qui désirait lui parler. Dès 
que le missionnaire fut entré, l'officier ferma la porte et mit 
la clé en poche en disant : « Monsieur l'abbé, vous ne sorti- 
rez pas de cette chambre, avant que vous n'ayez entendu ma 
confession. — » « Pourquoi donc êtes-vous si pressé? » de- 
manda le missionnaire. « Aujourd'hui, répliqua l'officier, 
vous avez prêché sur l'enfer et sur le terrible danger où se 
trouve le pécheur d'être damné pour toujours, — eh bien ! je 
suis en état de péché mortel. Cette nuit même ne pourrais-je 
pas mourir, oui mourir dans une heure, et que deviendrais-je 
alors? Je n'ai plus de repos, il faut que je me confesse. » 
Imitez ce bel exemple, et si jamais vous tombez dans quel- 
que péché mortel, faites de suite un acte de contrition par- 
faite, avec le propos de vous confesser le plutôt possible, 
puis confessez-vous, aussitôt que cela pourra se faire. 

Et pour finir, voici mes dernières paroles : Pensez sou- 
vent à l'enfer; lorsque vous êtes tenté de commettre le péché 
dites : « le plaisir est court, les douleurs sont éternelles. » 

Lorsque les adversités ou les douleurs vous paraissent insup- 
portables, pensez à ce que disait souvent un pieux ecclésias- 
tique : « Tout cela est loin de ressembler au feu, tel que 
je l'ai mérité. » De temps à autre descendez en enfer (par 
des pensées sérieuses, par la considération des peines de l'en- 
fer), alors vous n'y descendrez pas après votre mort, malheur 
dont Dieu daigne vous garder. Ainsi soit-il. 

4. DU PÉCHÉ VÉNIEL. 

Chers enfants, vous avez appris combien le péché mortel 
est un grand mal et je suis convaincu que tous vous êtes fer- 
mement résolus à l'éviter, à le fuir comme du poison, comme 



272 MÉTHODE POUR PRÉPARER LES ENFANTS 

la mort. Mais il y a encore d'autres péchés ; des péchés 
moindres, appelés péchés véniels. Vous le savez, on commet 
un péché véniel, quand on transgresse un commandement de 
Dieu en chose légère, par exemple, quand on est distrait 
dans la prière, quand on s'impatiente, quand on dit quelques 
mots grossiers, quand on ment pour rire ou sans faire tort 
à personne, quand on prend une bagatelle etc; ou bien on 
commet le péché véniel quand on pèche en chose grave, mais 
sans un plein consentement, par exemple, quand on pense à 
de vilaines choses, mais sans y avoir réfléchi, ou quand on 
ne veut pas y penser exprès, et qu'on n'y résiste pas suffi- 
samment. Or il y a des personnes qui regardent ces péchés 
véniels comme un mal très léger, comme une niaiserie. Il 
est vrai que, en comparaison du péché mortel, le péGhé vé- 
niel est petit ainsi que les torts qu'il cause; mais considéré 
en lui-même, il est néanmoins un grand mal ; de même la 
perte de quatre ou cinq cents francs est une perte importante 
en elle-même, quoiqu'elle soit moindre comparée à la perte de 
la santé ou de la vie. Aujourd'hui je veux donc vous montrer 
brièvement que le péché véniel en général, n'est pas une ba- 
gatelle sur laquelle on puisse passer légèrement; je vous 
ferai comprendre au contraire, quelle malice il y a dans le 
péché véniel, et combien il est nuisible à l'homme. 

I. Chers enfants ! La malice du péché véniel se reconnaît 
à ceci : c'est qu'il est aussi une offense de Dieu, notre souve- 
rain maître, notre bon père, notre aimable Sauveur. 

A) Celui qui commet un péché véniel ne se révolte pas, 
il est vrai, contre le Dieu tout-puissant, ne lui refuse pas 
entièrement l'obéissance; mais néanmoins il fait une chose 
que Dieu n'aime pas qu'on fasse, il refuse une chose que 
Dieu désire vivement. Dieu lui dit, par exemple : Priez comme 
il faut; soyez patient, etc. et l'homme ne le fait pas; il n'é- 
coute point la voix de Dieu; l'homme, cette créature misé- 
rable et chétive ose faire le contraire de ce que son grand 
Dieu lui recommande! Lorsqu'un roi commande quelque 
chose à un de ses serviteurs, et que celui-ci refuse de lui 
obéir, il se moque de son maître, il l'outrage et c'est là une 
grande faute; mais quand il ne satisfait pas aux désirs du 



A LA PREMIÈRE COMMUNION. 273 

roi, quand il refuse de lui complaire, alors qu'il le pourrait, 
ne merite-t-il pas d'être puni? 

B) Lorsqu'un enfant ose lever la main sur ses parents, les 
outrage, les frappe et les maltraite, c'est une conduite in- 
digne et odieuse; mais un enfant ne mérite-t-il pas d'être 
blâmé, quand il ne se soucie guères d'offenser ses parents 
en choses légères, de leur donner des réponses fâcheuses et 
inconvenantes? Peut-on supposer qu'un enfant aime réelle- 
ment ses parents, lorsqu'il se dit en lui-même : Non, je ne 
veux pas offenser mes parents jusqu'au point de me faire 
chasser de la maison, mais si, de temps à autre, je leur fais 
de la peine dans de petites choses, je ne m'en soucie pas. Un 
père ne doit-il pas sentir de la tristesse au cœur, lorsque, 
invitant son enfant qu'il a aimé beaucoup, comblé de bien- 
faits, à faire telle chose, l'enfant ne le fait pas, et ne lui 
donne pas de réponse, ou donne même une réponse désagréa- 
ble? — Et Dieu ne doit-il pas être affligé, lorsque, chers 
enfants, vous qui êtes si aimés de Dieu, qui avez été comblés 
de tant de bienfaits, vous refusez bien souvent de faire, par 
amour pour Lui, quelques petites choses, par exemple : de 
prier avec attention, d'obéir ponctuellement etc.? lorsque 
vous vous permettez de commettre des fautes, que vous savez 
devoir attrister et offenser le bon Dieu. 

C). Notre aimable Sauveur déteste aussi le péché véniel ; il 
a dû souffrir également pour ce péché ; les péchés véniels 
aussi lui ont fait répandre une sueur de sang, l'ont cloué à la 
croix. Et vous savez qu'il déteste ces péchés, vous savez com 
bien ils lui font de la peine, et néanmoins vous osez les com- 
mettre! Est-ce avoir de l'amour pour Jésus, quand vous ac- 
cumulez à la légère des péchés qui l'attristent et que vous ne 
vous en souciez pas, pourvu seulement que vous n'alliez pas 
en enfer? Le Sauveur ne pourrait-il pas aussi se plaindre de 
vous et dire: « Mon enfant, voyez ce que j'ai fait pour vous : 
j'ai donné pour vous mon sang et ma vie ; je vous ai laissé en 
nourriture mon corps sacré, et vous ne voulez pas même 
faire une bagatelle pour moi, me causer un léger plaisir, me 
donner une petite satisfaction, en vous levant un peu plus 
tôt, enj faisant bien vos prières? J'ai souffert les mépris, les 

12. 



274 MÉTHODE l»OUK PRÉI'ABER LES ENFANTS 

humiliations et les plus atroces douleurs, je les ai soufferts, 
par amour pour vous, avec patience, avec joie et générosité; 
et vous ne voulez pas même endurer, par considération pour 
moi, un léger désagrément, une parole un peu dure, mais 
vous êtes impatients, irascibles et vous m'offensez? » Est-ce 
là montrer de la reconnaissance pour tout l'amour que le di- 
vin Sauveur vous a témoigné? — Dites-moi, chers enfants, 
n'avez-vous pas mérité cent fois ces reproches? Et n'êtes-vous 
pas tristes d'avoir affligé si facilement votre Seigneur, votre 
Père, votre Sauveur? 

Ne l'oubliez donc pas, chers enfants ! Le péché véniel est 
aussi une offense de Dieu, et c'est pourquoi nous devons haïr 
cette offense, la craindre et l'éviter plus que les plus grands 
maux temporels, plus que la maladie la plus douloureuse, 
même plus que la mort. Sainte Catherine de Gênes a dit, 
qu'elle préférait souffrir toutes les peines de l'enfer plutôt 
que de commettre volontairement un seul péché véniel (1). — 
Oui, quand même nous pourrions, par un seul péché véniel, 
par exemple, au moyen d'un mensonge, sauver la vie à des 
milliers d'hommes, ou les préserver de péchés mortels, même 
de,l'enfer,nous ne devrions pas faire ce péché. En effet chaque 
péché véniel est une offense faite à Dieu ; or, c'est un mal 
moins grand, si le monde entier périt que si Dieu est of- 
fensé (2). Et dites-moi maintenant : croyez-vous encore que 

(i) Le grand serviteur de Dieu, Jules Thomas duc de Parme, était un 
jour sur le point de conclure un traité, mais ressentit certaines inquiétu- 
des de conscience et se demanda s'il n'allait pas commettre un péché. Il 
consulta donc de suite des théologiens, et quoique un seul parmi eux, fût 
d'avis qu'il pourrrait y avoir tout au plus un péché très léger dans la con- 
clusion de cette affaire, le vertueux duc fit à l'instant cette déclaration 
Non, jamais je ne concluerai ce traité ! 

(2) Quand une mouche a piqué quelqu'un et qu'il peut s'en saisir, il lui 
ôtela vie. Mais pourquoi donc, à cause d'une légère piqûre, faire mourir 
ce pauvre insecte, lui prendre la vie, ce qu'il a de plus précieux? Une mou- 
che, comparée à l'homme,est si petite et si méprisable, qu'il semblepréfé- 
rable d'ôler la vie à la mouche, que défaire endurera l'homme une légère 
douleur. Mais l'homme, mais le monde entier, comparée à Dieu, est infi- 
niment moindre et plus misérable qu'une mouche comparée à l'homme. 
C'est pourquoi il vaut mieux que tous les hommes périssent, plutôt que 
d'attrister ou d'affliger Dieu dans les moindres choses. 



A LA PREMIÈRE COMMUNION. 275 

le péché véniel soit une bagatelle dont on n'a pas besoin de 
s'inquiéter? Vous verrez que c'est tout le contraire, lorsque 
vous aurez compris 

II. Les suites funestes du péché véniel, combien il fait du 
tort à l'homme. 

A). Le péché véniel nous prive de beaucoup de faveurs di- 
vines ; cela signifie que, lorsque nous commettons des péchés 
véniels, nous nous privons de bien des grâces que sans cela, 
Dieu nous eût accordées. Un père a deux enfants. Ni l'un ni 
l'autre ne lui causent de grands chagrins. Cependant l'un des 
deux ne se soucie guères d'être parfois désobéissant à son 
père dans de petites choses ; l'autre au contraire lui obéit, 
même dans les moindres choses et fait tout pour lui, au 
moindre clin d'œil, au moindre désir qu'il aperçoit. Quel sera 
l'enfant le plus chéri de son père, et auquel il fera le plus de 
cadeaux? Evidemment ce sera celui qui est soumis, même 
dans les moindres choses ; l'autre enfant sera aimé aussi, 
c'est vrai, mais il le sera moins, et il ne recevra pas de loin 
autant de cadeaux que son frère qui est sage. 

Le Père céleste en agit de même. Ceux qui lui obéissent 
ponctuellement, mêrnedans les moindres choses, oh! comme il 
les aime! comme il répand sur eux l'abondance de ses grâces ! 
Voilà pourquoi il a tant favorisé un saint Louis de Gonzague, 
une sainte Catherine de Gênes et d'autres. Voilà pourquoi il 
leur a accordé dès cette vie, cette paix de l'âme, cette douceur et 
cette joie, dont nous autres, pauvres pécheurs, nous ne pouvons 
nous former une idée. Et maintenant, chers enfants, pensez-y 
comme Dieu vous aimerait, combien de grâces vous auriez 
reçues de lui, que vous seriez meilleurs, que vous auriez du 
plaisir à prier avec ferveur, quelles douces joies vous goutte- 
riez, si vous n'aviez pas commis aussi facilement des péchés 
véniels ! Et tout cela vous l'avez perdu par votre légèreté. Si, 
par votre étourderie, vous aviez perdu quelques centimes que 
l'on aurait donnés à un autre, vous en seriez chagrins ; mais 
ne devez-vous pas être bien plus tristes d'avoir perdu tant de 
grâces, dont la moindre vaut plus que tout l'or et tous les 
biens du monde? 

B). Le péché véniel est sévèrement puni de Dieu, souvent 



276 MÉTHODE POUR PRÉPARER LES ENFANTS 

même en ce monde. Rappelez-vous, comment Dieu punit 
une légère défiance chez Moïse, quelques sentiments de 
vanité chez David (1). Que de maladies, de fléaux, de souf- 
frances Dieu nous envoie, et cela en punition des péchés 
véniels! Mais c'est surtout dans Vautre monde que Dieu les 
châtie ; rappelez vous le purgatoire. Que doivent y souffrir 
les pauvres âmes! Plus qu'aucun homme a jamais souffert 
dans la plus cruelle maladie, plus qu'aucun martyr a jamais 
enduré dans les plus affreux tourments. C'est ainsi que Dieu 
châtie les âmes de ceux qui sont morts cependant dans sa 
grâce, et que par conséquent il aime; et c'est ainsi que ce 
Dieu si bon, si miséricordieux, les punit à cause de leurs 
péchés véniels. Qu'en pensez-vous, chers enfants, le péché 
véniel peut-il être une bagatelle, un rien, quand Dieu le 
punit si terriblement? Ah! que ces pauvres âmes doivent 
être aux regrets d'avoir commis si facilement des péchés 
véniels, d'avoir prié sans attention, d'avoir menti légère- 
ment, d'avoir désobéi, d'avoir été impatientes, etc. ; et si 
une de ces âmes pouvait sortir du purgatoire pour revenir 
sur la terre, comme elle éviterait, comme elle fuirait ces 
fautes avec plus de soin qu'une bête féroce et que la mort! 
— Vous en avez encore le temps, vous chers enfants ! 
Repentez-vous et confessez-vous maintenant avec un sincère 
repentir de vos péchés véniels, surtout de vos péchés d'ha- 
bitude, et soyez résolus à les combattre, afin de vous en 
déshabituer en ce monde, pour que dans l'autre monde vous 
ne soyez pas obligés de les expier dans de cruelles et amères 
souffrances. 

C) Mais je n'ai pas encore parlé du plus triste effet que 
produit le péché véniel. Celui qui commet facilement des 
péchés véniels, tombera infailliblement dans des péchés mor- 
tels, et ainsi il se damnera. 

Un fermier voulut un jour aller en ville, à cheval; comme 
il était sur le point d'y monter, le domestique lui dit : 
<( Maître, attendez un peu ; il manque un clou au fer du 

(1) Si on a raison de supposer que les enfants ne connaissent pas ces 
faits, il sera bon de les leur raconter rapidement. 



A LA PREMIÈRE COMMUNION. 277 

sabot. )) — « Qu'est-ce que cela fait qu'il y manque un clou, 
répliqua le fermier, le cheval en a assez sans cela » — puis 
il piqua des deux et partit. C'était un chemin pierreux et 
raboteux; bientôt le cheval eut perdu le fer auquel manquait 
un clou. « Peu importe, s'écria le campagnard, il a encore 
trois autres fers aux pieds, et, au lieu de le faire ferrer, il 
alla plus loin. Le lendemain le cheval était boiteux et mis 
hors de service pour toujours. Le fermier avait refusé de 
s'occuper d'une prétendue bagatelle, et ainsi il avait gâté 
tout son cheval. Il en est de même de celui qui ne se soucie 
pas des péchés véniels : il tombera dans des fautes toujours 
plus grandes, comme l'a dit notre Sauveur, et peu à peu il 
se perdra. Que de voleurs ont commencé par voler des 
plumes, des crayons, des aiguilles, etc., et ont fini leurs 
jours dans la prison ou sur lechafaud. Une étincelle, à 
laquelle on ne fait pas attention, peut réduire toute la maison 
en cendres. C'est pourquoi, chers enfants, faites attention à 
vos moindres fautes. Des fautes, vous en commettrez pendant 
toute votre vie, mais il y a une grande différence entre la 
manière de les commettre. Si vous les commettez facilement 
et que vous ne vous en souciiez pas, c'est mal agir, et alors 
vous tomberez dans des fautes toujours plus graves qui 
pourront vous perdre. Mais si vous commettez des fautes 
par faiblesse humaine, sans y avoir réfléchi, et que vous vous 
efforciez de les effacer de suite par un vrai repentir, que 
vous tâchiez de les éviter sans cesse avec plus de soin, alors 
votre âme deviendra toujours plus pure, Dieu vous aimera 
toujours plus et vous accordera ses grâces. C'est pourquoi 
je vous en conjure encore : repentez-vous, confessez-vous 
avec une grande douleur, même de vos péchés véniels. 
S. Louis de Gonzague avait tellement regretté les petites 
fautes qu'il avait commises, étant encore un enfant (je vous 
en ai déjà parlé), que lorsqu'il fit sa confession générale, il 
s'évanouit aux pieds de son confesseur. Proposez-vous aussi, 
mais sérieusement, d'être sur vos gardes contre les petites 
fautes, principalement contre vos fautes d'habitude, et tâ- 
chez, chaque soir, par un bon examen de conscience et 
souvent par une bonne confession, de vous en purifier, alors 



278 MÉTHODE POUR PRÉPARER LES ENFANTS 

vous ne tomberez pas dans de grands péchés, mais vous 
mènerez une vie agréable à Dieu, une vie contente et heu- 
reuse, et plus tard vous obtiendrez la magnifique couronne 
promise à ceux qui ont le cœur pur. Ainsi soit-il. 

5. l'enfant prodigue. 

Jusqu'ici, chers enfants, je vous ai montré comment vous 
avez été créés pour connaître Dieu, l'aimer, le servir et ainsi 
aller au ciel; comment, par le péché, vous vous êtes écartés 
de cette fin sublime et combien par là vous êtes devenus 
malheureux. Mais vous ne pouvez rester dans le péché, ni 
dans ce triste état. Vous devez revenir à Dieu, votre père 
que vous avez offensé, il est vrai, mais qui vous recevra de 
nouveau avec la plus grande bonté, avec miséricorde, et 
même avec la joie la plus vive. C'est ce que nous allons 
considérer aujourd'hui pendant quelques instants, dans la 
parabole de l'enfant prodigue, que presque tous vous con- 
naissez, j'en suis sûr. Considérez : 

I. La faute de l'enfant prodigue. Il exigea de son père, 
avec grossièreté et arrogance la part de son héritage, qui ne 
lui appartenait pas encore; par là il insultait à son père, 
comme si celui-ci ne lui donnait pas ce qui était conve- 
nable. Si le cœur du père qui l'aimait si tendrement, qui 
avait pris de lui des soins si paternels, devait être affligé, 
il devait ressentir une affliction bien plus grande encore, en 
voyant que son fils le quittait complètement, ne s'embarras- 
sait plus de lui, préférait des camarades corrompus, des 
hommes méchants à son propre père, et les aimait plus que 
lui. — Chers enfants! n'avez-vous pas fait quelque chose 
de semblable ? Vous aussi , vous avez si souvent attristé 
gravement le cœur de votre Père céleste ; vous aussi vous 
n'avez pas voulu demeurer près de lui, le servir, lui qui vous 
a créés, qui vous a adoptés pour ses enfants, comblés de 
bienfaits et vous a promis le riche et glorieux héritage du 
ciel. Vous avez abandonné Dieu, vous l'avez oublié, méprisé, 
vous avez passé des jours et des semaines sans penser à lui ; 
vous avez préféré à Dieu, de mauvais camarades, de misé- 



A LA PREMIÈRE COMMUNION. 279 

rables plaisirs, des amusements frivoles. Ah! chers enfants, 
quelle ingratitude ! Quelle offense vous avez faite à votre Père 
céleste! 

II. Considérez la misère où fut réduit l'enfant prodigue. 
L'argent que son père lui avait donné, il le dissipa, en menant 
une vie criminelle et débauchée. Réduit à la plus profonde 
misère, lui, le fils d'un homme riche, il fut obligé de s'enga- 
ger comme domestique dans une ferme, de garder les cochons, 
et il aurait voulu apaiser sa faim en partageant avec ces ani- 
maux leur vile nourriture. A moitié nu, réduit à une affreuse 
maigreur, représentant la misère dans tout ce qu'elle a de 
hideux, il était à peine reconnaissable, tellement il différait 
de ce qu'il avait été dans la maison paternelle. — Vous aussi, 
chers enfants, vous avez dissipé et perdu ce que votre Père 
céleste vous avait donné. Vous avez perdu et dissipé le temps 
précieux que Dieu vous avait accordé pour gagner le ciel ; 
vous avez passé des heures, des jours, des semaines, des mois 
et des années, sans penser sérieusement à Dieu et au salut de 
votre âme. Vous avez dissipé tant de grâces que Dieu vous 
avait accordées, que Jésus-Christ avait acquises pour vous 
par son sang précieux; vous avez perdu tant de bonnes inspi- 
rations, tant d'avis donnés à la maison par vos parents, au 
catéchisme et au confessionnal par le prêtre, tant de messes 
auxquelles vous aviez assisté, tant de confessions que vous 
aviez faites. Au lieu de devenir plus sages, vous êtes devenus 
plus méchants; au lieu de mériter le ciel, vous vous êtes li- 
vrés à l'enfer, ou du moins vous vous en êtes approchés; vous, 
les enfants du Très-Haut, les bien-aimés de Dieu, vous êtes 
devenus les esclaves du péché, les valets du démon ; vous 
avez suivi sa volonté, vous avez fait ce que, par vos mauvais 
désirs et vos passions, il vous commandait. Vous aussi vous 
avez désiré la vile nourriture des pourceaux, vous avez peut- 
être eu le désir de faire des choses tellement vilaines et mau- 
vaises, que les animaux en auraient rougi, s'ils avaient eu la 
raison. Votre âme aussi, elle qui était l'image de Dieu, ornée 
d'une beauté toute céleste, chérie du Seigneur, elle est de- 
venue une image de l'esprit impur, un vase d'ignominie, oui 
quelque chose de hideux comme un cadavre en putréfaction, 



280 



MÉTHODE POUR PRÉPARER LES ENFANTS 



de sorte que votre ange gardien ne pouvait plus reconnaître 
en vous l'enfant, tel que vous étiez après avoir reçu le bap- 
tême, et qu'il devait, en pleurant, détourner avec tristesse ses 
regards loin de vous. Petits garçons, petites filles, enfants 
prodigues aussi, qu'êtes-vous devenus par le péché ! 

III. Mais l'enfant prodigue ne demeura pas dans son péché 
et sa misère; il se leva et il retourna vers son père. Et com- 
ment s'y est-il pris? D'abord il a réfléchi à sa misère : « Com- 
bien d'ouvriers etc. et moi je meurs ici de faim.» Il se repentit 
amèrement d'avoir fait de la peine à un père si bon, si 
aimable, de l'avoir quitté, et il prit la ferme résolution de re- 
tourner près de lui : « Je me lèverai, dit-il, j'irai vers mon 
père; » et il eut la volonté sincère d'avouer ses torts; car il 
dit : « Je lui dirai : mon père, j'ai péché etc. (de sorte qu'il 
voulait reconnaître ses fautes, mieux obéir à son père et ré- 
parer ses torts par une vie dure et pénitente, en servant 
comme domestique chez lui); cette résolution, il l'exécuta 
fidèlement, car il retourna vraiment chez son père. — 
Et vous aussi, chers enfants, sans doute que vous ne voulez 
pas demeurer dans le péché, ni dans la misère où le péché 
vous a réduits. Pour vous aussi s'ouvre un chemin, si vous 
voulez retourner à votre père céleste; c'est le chemin que sui- 
vit l'enfant prodigue, le chemin de la pénitence, du repentir. 
Comment, à l'exemple de l'enfant prodigue, vous devez d'a- 
bord, par un sérieux examen de conscience, reconnaître vos 
péchés et votre malheur; comment vous devez vous repentir 
d'avoir offensé votre bon Père, votre aimable Sauveur ; com- 
ment vous devez être résolus à vous convertir, à mieux vivre, 
à ne plus jamais offenser Dieu, à faire pénitence de vos pé- 
chés, etc, c'est ce que je vous ai déjà expliqué et vous avez 
fait tout cela. Maintenant le jour est arrivé, où, comme l'enfant 
prodigue, vous devez exécuter votre résolution, vous jeter aux 
pieds du Père céleste, du bon Sauveur, et de son ministre 
(le prêtre) et lui dire : « Mon Père, j'ai péché, » c'est-à-dire: 
il est arrivé le jour où vous vous accuserez avec sincérité et 
douleur de tous vos péchés, de tous vos égarements. Car sans 
cette confession sincère de tous vos péchés, au moins mor- 
tels, il est impossible d'obtenir de Dieu le pardon. Mais afin 



A LA PREMIÈRE COMMUNION. 281 

que vous confessiez d'autant plus volontiers et plus sincère- 
ment vos fautes, nous considérerons de quelle manière Dieu 
vous recevra, et quels grands biens, quelles grâces vous ob- 
tiendrez par la confession et l'absolution. 

IV. De quelle manière l'enfant prodigue a-t-il été accueilli 
par son père? Celui-ci ne l'a-t-il pas puni comme il le méri- 
tait, ou du moins ne lui a-t-il pas adressé quelques paroles 
sévères, quelques reproches sur son inexplicable étourderie? 
Non, il n'a pensé qu'au retour de son enfant qui était perdu, 
tout le chagrin qu'il lui avait causé, oui, tout était oublié 
devant la joie d'avoir retrouvé son fils; il n'attendit pas que 
son fils fut près de lui, mais il se précipita à sa rencontre, 
il l'embrassa tendrement, il lui donna le meilleur des habits, 
et lui mit au doigt un anneau d'or ; il fit préparer un magni- 
fique festin, il le reçut, non comme un domestique, mais 
comme son fils bien-aimé. Ah ! que devait-il alors se passer 
dans le cœur du fils ! Quelle joie, quel amour, quel repentir 
devaient remuer et remplir son âme! 

Et vous, chers enfants, de quelle manière serez-vous reçus 
par votre Père céleste ? De la même manière que l'enfant pro- 
digue fut reçu par son père ; votre Père aussi est venu à vo- 
tre rencontre. Malgré toute la douleur que vous lui avez cau- 
sée, et que vous lui causiez encore chaque jour, il ne vous 
a pas oubliés. Que feriez-vous, si quelqu'un vous disait tous 
les jours des injures, s'il vous outrageait, et cela pendant 
des années entières ? A la fin ne perdriez-vpus pas patience ? 
Eh bien ! Dieu a eu patience avec vous pendant plusieurs an- 
nées, il ne vous a pas châtiés malgré vos nombreuses fautes ; 
bien plus, comme s'il n'avait pu être heureux sans vous, il ne 
s'est pas donné de repos qu'il ne vous eût rappelés dans la 
maison paternelle, près de son cœur de père. Il vous a appe- 
lés pour assister aux instructions de la première Commu- 
nion ; il vous a parlé tant de fois intérieurement ; il vous a 
donné maintenant la volonté de faire une bonne confession 
générale. Et quand vous viendrez à lui, quand vous vous con- 
fessereZj bien : oh ! avec quel amour, avec quelle bonté et 
quelle miséricorde,il vous recevra! Il ne vous adressera pas, à 
cause de vos péchés, des reproches, quoique vous les ayez bien 



282 MÉTHODE POUR PRÉPARER LES ENFANTS 

mérités ; non, tout est pardonné, tout est oublié. Il vous par- 
lera par la bouche du prêtre, et il vous dira intérieurement 
par la douce voix de la grâce, au fond de votre cœur : « Mon 
fils, ma fille, allez, vos péchés vous sont pardonnes. » Que 
Marie Madeleine dut être heureuse quand elle entendit ces 
paroles de la bouche de Jésus-Christ ! Et vous aussi que vous 
devrez vous sentir heureux, quand il vous adressera les 
mêmes paroles ! Rappelez-vous encore une fois, chers en- 
fants, quel mal affreux, quel monstre c'est qu'un seul 
péché ! et voilà que maintenant, d'un seul coup, vous êtes 
délivrés de tous les péchés. Quelque grandes qu'aient pu 
être vos fautes, vous deviendrez purs, votre âme sera lavée 
et purifiée dans le sang de l'agneau, elle sera blanche comme 
la neige qui vient de tomber du ciel. Votre âme était autre- 
fois devenue affreuse à cause du péché ; voilà qu'elle sera or- 
née de la main de Dieu, revêtue de la robe de la grâce, elle 
deviendra si belle, si ravissante que Dieu lui-même et les 
saints Anges se plairont à la contempler. Tandis que, aupa- 
ravant, vous deviez trembler devant Dieu, ce juge sévère que 
vous aviez si souvent offensé, craindre ses jugements terribles 
et redouter l'enfer, — voilà que vous pourrez de nouveau, li- 
bres et heureux, lever vos yeux et vos mains vers le ciel, et 
saluer ce Dieu si grand, si saint, du doux nom de : « Père. » 
11 abaissera avec une joie céleste ses regards sur vous, il vous 
aimera de l'amour le plus tendre, il se tiendra si près de 
vous, que, lorsque vous le voudrez, vous pourrez vous entre- 
tenir avec lui dans la prière. Et de même qu'il se réjouit dans 
le ciel avec tous les Anges et les Saints, à cause de votre péni- 
tence ( « car dans le ciel il y a de la joie pour un pécheur qui 
fait pénitence »), de même il vous prépare sur la terre un 
banquet sacré, un festin admirable ; vous savez de quel 
festin je veux parler, c'est de celui après lequel votre cœur 
soupire depuis si longtemps et si vivement, la sainte Commu- 
nion. 

Et vous pourrez vous y présenter, dignes et purs ; vous 
pourrez le recevoir, le doux Sauveur, et avec lui se lèvera 
dans votre cœur le céleste soleil de la grâce. De même que 
le soleil, au printemps, fait naître les boutons, les feuilles et 



A LA PREMIÈRE COMMUNION. 283 

les fleurs ; répand une vie nouvelle et joyeuse dans les cam- 
pagnes et les forêts ; de même, Dieu réveillera dans votre 
cœur, une vie nouvelle et heureuse, il y fera naître les bou- 
tons, les feuilles et les fleurs de la piété, des plus aima- 
bles vertus, des saintes pensées et des bonnes œuvres. La 
paix du Seigneur habitera dans votre Ame, vous goûterez 
une paix dont vous ne connaissiez rien auparavant et que 
vous ne soupçonniez même pas ; et vous ressentirez par 
vous-même combien sont vraies ces paroles de S. Bernard : 

Aucune langue ne peut dire, 
Nulle plume ne sait écrire, 
Jésus! ce que c'est vous aimer ; 
Pour le croire, il faut l'éprouver. 

Et après que vous aurez mené une vie tranquille et heu- 
reuse, la glorieuse couronne de l'immortalité, à laquelle 
vous avez de nouveau droit et qui vous a été promise, vous 
attend là-haut dans le ciel. — Sous le règne de Léon, empe- 
reur d'Orient, on accusa un des principaux citoyens, appelé 
Michel, d'avoir conspiré contre lui, et l'empereur ordonna 
de le mettre à mort. L'impératrice pria et supplia son époux 
d'accorder la vie au malheureux, mais ce fut inutilement. 
L'unique grâce qu'elle put obtenir, fut que l'exécution se- 
rait remise jusqu'après les jours de fêtes de Noël. Mais qu'ar- 
riva-t-il ? Pendant ce temps, éclata une révolution, le peu- 
ple massacra l'empereur Léon et proclama Michel empereur, 
à la place de celui qu'on venait de faire mourir. Quand il en- 
tendit le vacarme et les cris s'approcher de sa prison, il devait 
penser sans doute qu'on venait le prendre pour le conduire 
à l'échafaud ; il attendit donc, pâle et muet, l'apparition du 
bourreau. La porte s'ouvrit, et devant ses yeux se présentè- 
rent les principaux d'entre le peuple qui le saluèrent empe- 
reur. Quel changement ! Il n'y a que quelques moments, il 
était prisonnier, méprisé de tous, maltraité, condamné à 
mourir; et maintenant, voila qu'il est salué avec joie et res- 
pect, on le revêt de pourpre et d'or, on le conduit au palais 
impérial, on le fait monter sur un trône resplendissant, où on 
lui ceint la tête de la couronne. De quelle joie tout son cœur 



284 MÉTHODE POUR PRÉPARER LES ENFANTS 

dut-il tressaillir ! Chers enfants, plus grand encore est le 
changement qui s'opère chez le pécheur et aussi chez vous, 
si vous faites une bonne confession. Si auparavant vous avez 
été un objet d'horreur aux yeux de Dieu, et serrés dans les 
chaînes du démon, maintenant vous pourrez vous reposer 
comme des enfants tendrement chéris, sur le cœur du Père 
céleste ; si, auparavant vous avez été abandonnés des Anges 
et des Saints, pleures par votre Ange gardien, maintenant vous 
serez salués avec une sainte joie et protégés par eux comme 
leurs frères ; si auparavant vous avez été sur le chemin de 
l'enfer, maintenant vous allez entrer dans le chemin qui con- 
duit au royaume éternel, à la couronne céleste. 

Chers enfants, quel bonheur, quelle joie remplira et dila- 
tera tout votre cœur, quand vous recevrez la sainte absolu- 
tion ! Pour que vous puissiez goûter ce bonheur et cette joie, 
prenez de nouveau, en ce moment, la résolution de vous 
confesser avec une grande franchise et une contrition aussi 
grande que possible; demandez au divin Sauveur, dans le 
saint Sacrement de l'autel, qu'il daigne vous accorder sa 
grâce. Et si vous avez réellement cette volonté, entrez alors 
tranquillement et sans la moindre crainte au confessionnal : 
vous y trouverez, comme l'enfant prodigue, un Père plein 
d'amour et de miséricorde. Ainsi soit-il. 

6. LA PERSÉVÉRANCE. 

Chers enfants, voilà que vous êtes réconciliés avec le bon 
Dieu ! Bientôt, oui bientôt viendra l'heure sainte où le divin 
Sauveur établira sa demeure en vous; son cœur comme le 
vôtre est plein d'une sainte impatience et rempli de joie. 
Oh! que vous êtes heureux! — Cependant je ne puis vous le 
cacher; une triste pensée se présente dans mon esprit et 
essaie de troubler ma joie, je me demande avec inquiétude : 
resterez-vous dans cet état? Demain peut-être le soleil se 
lèvera radieux, le ciel sera illuminé des teintes rosées de 
l'aurore, et bientôt après, qui sait si des brouillards humi- 
des et froids ne voileront pas le soleil à nos regards, pour 
nous amener une journée sombre et pluvieuse. 



A LA PREMIÈRE COMMUNION. 285 

C'est ainsi, chers enfants, que le soleil de la grâce divine 
se lèvera radieusement dans vos cœurs ; mais hélas ! les 
brouillards empestés du péché ne viendront-ils pas s'accu- 
muler dans votre âme? Que déjeunes gens de dix-huit, de 
vingt ans sont maintenant grossiers et libertins! que de 
jeunes filles sont légères et effrontées, pour ne rien dire de 
pis! et cependant ils ont célébré aussi un jour leur première 
Communion, peut-être avec les mêmes sentiments de repen- 
tir et d'amour, avec les mêmes résolutions que les vôtres. 
Et vous, ne pouvez-vous pas tourner comme eux? Ah que ce 
serait affreux, s'il en était ainsi! si vous deveniez infidèles 
à votre divin Sauveur, si vous alliez violer vos saintes et 
solennelles promesses, causer à son cœur adorable cette 
blessure et cet affront, si vous alliez abuser de votre corps 
et de votre âme pour commettre le péché ! votre corps et 
votre âme qui, par la sainte Communion, sont devenus sa 
propriété, et qu'il a pour ainsi dire consacrés comme des 
vases saints! si vous alliez chasser Jésus de votre cœur pour 
y donner de nouveau entrée au démon! si enfin vous alliez 
vous damner, vous damner pour toute l'éternité! Je suis con- 
vaincu, chers enfants, que vous êtes fermement résolus à l'é- 
viter, et c'est pourquoi je veux vous montrer aujourd'hui, 
en peu de mots, ce que vous devez fuir et ce que vous devez 
faire pour persévérer dans la grâce que vous recevrez. 

I. Que devez- vous fuir? Vous êtes obligés de fuir le péché, 
surtout le péché mortel, puis, autant que possible, tous les 
péchés véniels entièrement volontaires; c'est ce que je vous ai 
déjà dit; de même, vous êtes tenus d'éviter les occasions pro- 
chaines, c'est-à-dire certaines maisons, certains camarades 
certains jeux, etc. qui jusqu'ici vous ont entraînés au péché 
et vous y entraîneraient de nouveau, si vous ne les évitiez 
pas avec soin. Mais vous devez fuir, non-seulement ce qui 
jusqu'à maintenant a été une cause de péché pour vous, mais 
tout ce qui, à l'avenir, pourrait être une occasion de péché, et 
présenter un danger pour votre âme. Si vous voulez persévé- 
rer dans la grâce, vous devez particulièrement fuir: 

A) la fréquentation des personnes impies, corrompues et 
même légères. Si quelqu'un tient de mauvais discours contre 



286 MÉTHODE POUR PRÉPARER LES ENFANTS 

la religion, s'il se moque de la piété et de la vertu, s'il se per- 
met des choses déshonnêtes, s'il veut vous entraîner à des 
actions honteuses et inconvenantes, n'allez pas avec lui, 
laissez-le de côté ; et si vous vous trouvez dans une maison, 
dans un lieu où se trouvent de telles gens à vos côtés, par 
exemple des domestiques, faites-le connaître de suite à vos 
parents, à vos maîtres et surtout à votre confesseur, afin que 
celui-ci puisse vous dire comment vous devez vous conduire. 
Si vous ne le faites pas, vous vous perdrez infailliblement. 
Prenez la pomme la plus belle et la plus saine, mettez-la à 
côté d'une pomme gâtée, ce n'est pas celle-ci qui deviendra 
saine, mais ce sera la bonne qui se gâtera. De même, quel- 
que sages et vertueux que vous soyez, si vous fréquentez des 
personnes méchantes et corrompues, vous ne les rendrez pas 
vertueuses, mais ce sont-elles qui vous rendront méchants et 
pervers. De même les garçons et les jeunes filles ne doivent 
jamais se fréquenter familièrement, ni jouer ensemble. 

B) Fuyez les lieux dangereux. N'allez pas dans des maisons 
où il se passe des choses mauvaises ou légères ; gardez- vous 
d'entrer dans les cabarets, plus tard dans les salles de danse, 
ne fût-ce même que pour y aller voir. Gardez-vous de rôder 
pendant la nuit, ou de courir loin de la maison. N'entrez pas 
au service de maîtres dans la maison desquels il n'y a pas de 
religion, ni de surveillance. — Je suppose que vous ayez à por- 
ter un vase fragile, dans lequel se trouve un onguent rare et 
très cher : sauteriez-vous avec ce vase, iriez-vous courir sur 
la glace, en vous disant : je puis y faire attention? Sans doute 
que vous ne le feriez pas. Eh bien, chers enfants ! Vous portez 
aussi quelque chose d'infiniment précieux, que Jésus-Christ 
a racheté au prix de tout son sang, c'est votre âme, votre 
innocence, et cela dans un vase très fragile ; l'innocence se 
perd si facilement, et jamais on ne pourra la racheter, ja- 
mais on ne pourra la recouvrer, si elle a été perdue. Or ne 
serait-ce pas une impardonnable imprudence, si vous alliez 
dans les lieux, où vous pourriez tomber aisément, et perdre 
votre innocence avec votre âme ? Retenez bien cette parole 
de Jésus-Christ ; « Celui qui s'expose au danger, y péri- 
ra ». 



A LA PREMIÈRE COMMUNION. 287 

C) Evitez la lecture des mauvais livres. Si vous en avez le 
temps, lisez, surtout le dimanche l'après-dîner, de bons livres 
qui puissent vous édifier (par exemple: les vies des saints, Phi- 
lotée, etc).Jesuis prêta prêter à ceux qui veulent venir m'en 
demander, de bons livres qui amusent et qui édifient. Ceux 
qui aiment à lire, n'ont qu'à venir me trouver, ils ne doivent 
pas se gêner. Mais d'un autre côté, je vous en conjure, ne li- 
sez pas de mauvais livres où l'on attaque et insulte la Reli- 
gion, où se trouvent des choses contraires à la décence. De 
tels livres sont un véritable poison pour l'âme. Ne lisez ja- 
mais un livre qui vous ferait rougir et trembler, si je vous 
le trouvais entre les mains. Quand vous doutez si le livre est 
bon, venez me le montrer, je vous dirai alors ce qui en est. — 
Mais je ne veux pas m'arrêter plus longtemps à vous indiquer 
ce que vous devez éviter ; je dois encore vous faire bien com- 
prendre : 

II. ce que vous devez faire, pour conserver la grâce. 

A. Le premier et le plus nécessaire de tout c'est de prier (1). 
Imaginez-vous, chers enfants, que l'un d'entre vous reçoive en 
cadeau un beau pot de fleurs ; puis il va le placer dans un 
vieux trou obscur où il n'y a presque pas d'air ; qu'arrivera- 
t— il ? C'est que la plante languira, les fleurs pâliront, se fane- 
ront et mourront, pourquoi ? Parce qu'elles n'ont pas de lu- 
mière, pas d'air, ni la chaleur du soleil. Chers enfants, vous 
tous vous recevez aussi en cadeau une fleur céleste, infini- 
ment belle et précieuse : c'est la nouvelle vie de la grâce que 
Dieu a éveillée dans votre âme ; Dieu lui-même y a planté 
cette fleur, il l'a arrosée du sang de son Fils unique, et votre 
âme même est, en quelque sorte, comme une tige de fleurs. 
Mais si, après avoir fait votre première Communion, vous en- 
fonciez votre âme dans les occupations, les désirs et les plai- 
sirs terrestres, si vous ne faisiez presque plus de cas de Dieu 

(1) Un jeune arbre qu'on plante dans un endroit exposé à l'ouragan, doit 
jeter des racines profondes et être attaché à un pieu solide. C'est ainsi que 
vous aussi, puisque tôt ou tard vous vous trouverez dans des circonstances 
pleines de dangers, vous devez-vous enraciner fortement dans la piété par 
une constante prière, et être raffermis par l'appui des bonnes habitudes et 
le fréquent usage des sacrements. 



288 MÉTHODE POUR PRÉPARER LES ENFANTS 

ni de sa grâce ; alors c'est comme si vous mettiez cette fleur 
céleste dans un trou sans air ni lumière ; oui l'air et la lu- 
mière du ciel, c'est-à-dire la prière vous fait défaut, et c'est 
ainsi que la fleur si belle de la grâce, pâlira dans votre âme, 
se fanera et mourra ; vous retomberez bientôt dans vos an- 
ciennes fautes et même dans des fautes plus tristes encore. 
Croyez-moi, chers enfants, et pensez à ce que je vous dis 
maintenant : si une fois vous commencez à négliger la prière, 
si vous l'omettez souvent, ou si vous ne la faites que par rou- 
tine, avec tiédeur et dégoût, croyez moi, cela ne va plus bien 
pour votre âme. Et si vous remarquez que la ferveur dans la 
prière s'affaiblit ou s'éteint, il est temps alors de laréveiller,de 
recommencer sérieusement à prier avec une nouvelle ar- 
deur (1). — Ne dites jamais : « Je n'ai pas le temps de prier». 
Je ne prétends pas, comme je vous l'expliquerai, que vous 
fassiez beaucoup et de longues prières. C'est pourquoi écou- 
tez ce que je vais vous dire : Un père avait envoyé son fils 
dans certaine ville pour y apprendre l'état d'horloger, et lors- 
que le temps de l'apprentissage fut passé, il lui demanda : 
« Savez-vous faire des montres maintenant ?» — « Je ne le 
sais pas trop bien, répondit le fils, j'ai appris beaucoup d'au- 
tres choses et travaillé comme il faut. ». Mais le père ne lui 
dul-il pas dire : « Jeune sot, méchant garnement, pourquoi 
donc vous ai-je mis en apprentissage ? » — Et Dieu à son 
tour, quand vous direz que vous n'aviez pas le temps de 
prier, ne vous demandera-t-il pas : « Méchant enfant, pour- 
quoi donc vous ai-je mis sur la terre ? Ne saviez-vous pas 
qu'une seule chose est nécessaire, à savoir : servir Dieu ? et 
vous n'avez pas eu de temps pour cela ? » Que pourrez-vous 
répondre ? N'avez-vous pas du temps pour manger ? Sans 
doute, parce que cela est nécessaire. Mais, chers enfants, 

(1: Celui qui, en hiver, fait un long chemin, est tenté de s'asseoir. S'il 
cède à cette tentation, il s'endort et meurt de froid. C'est ainsi que nous 
qui traversons ce monde plein de froideur, nous sommes facilement tentés 
de ne plus vouloir avancer dans le bien, d'omettre nos prières et nos exer- 
cices spirituels ; si nous cédons, nous tombons dans le sommeil de la tié- 
deur spirituelle, le feu sacré s'éteint en nous et notre âme meurt en quel- 
que sorte de froid. 



A LA PREMIÈRE COMMUNION. 289 

autant il est nécessaire pour le corps de manger autant il est 
nécessaire pour l'âme de prier. Et l'âme ne vaut-elle pas plus 
à vos yeux que le corps ? Donc vous devez prier ; c'est abso- 
lument nécessaire, si vous voulez conserver la grâce et aller 
au ciel. Mais quelles prières devez-vous dire ? quand devez- 
vous prier ? 

Le matin, lorsque vous vous éveillez, pensez de suite au 
bon Dieu, faites le signe de la croix, levez-vous promptement 
par amour pour Dieu, et pendant que vous vous habillez mo- 
destement, dites en silence quelques prières jaculatoires. 
Ensuite mettez-vous à genoux et récitez votre prière du 
matin. Puis pensez que Dieu vous accorde de nouveau un 
jour dont vous devrez rendre compte ; faites le sérieux pro- 
pos de vous garder, pendant ce jour, de tout péché (surtout 
de votre péché d'habitude) et réveillez la bonne intention de 
penser, de parler, d'agir, de souffrir tout pour Dieu. Recom- 
mandez-vous spécialement à la protection de la sainte Vierge 
Marie, mère de Dieu, et à votre Ange gardien. Pendant la 
journée, pensez souvent à Dieu, et adressez-lui de temps en 
temps quelque courte prière, quelque pieux soupir en disant 
par exemple : « Jésus, je veux vivre pour vous etc. — 
mon Dieu plutôt mourir que de vous offenser ! — mon 
Dieu ! tout par amour pour vous etc. » Dites surtout ces 
prières jaculatoires, quand vous ê;es tentés de commettre un 
péché, de même quand vous entendez sonner l'heure. — 
N'allez pas à table comme l'animal qui se jette sur son auge 
(sur son bac) mais priez attentivement avant et après les repas. 
Le soir, avant de vous déshabiller, mettez-vous à genoux et 
dites vos prières du soir. Remerciez Dieu de tout ce qu'il vous 
a accordé pendant ce jour, examinez votre conscience et re- 
pentez-vous de vos fautes, en faisant le ferme propos de 
mieux vous conduire le lendemain. Dites-vous de temps en 
temps à vous-mêmes : que serait ce, si je mourais cette 
nuit? (confession et communion spirituelles, voyez page SoO.) 
— Puis déshabillez-vous avec décence ; étant au lit, recomman- 
dez-vous à la protection de Dieu et tâchez de vous endormir 
en priant. 

Outre ces prières journalières je vous recommande d'assis- 

MÉTHODE, ETC. 13 



290 MÉTHODE POUR PRÉPARER LES ENFANTS 

ter, aussi souvent que possible, à la sainte Messe, de visiter 
fréquemment le saint Sacrement, au moins les dimanches et 
les jours de fête. (Je vous ai parlé précédemment de l'un et 
de l'autre, — rappelez-vous ce que je vous en ai dit); ayez 
une grande dévotion et beaucoup d'amour pour Marie, la 
mère de Dieu, la reine du ciel, le secours des chrétiens. Oui, 
aimez-la beaucoup, elle qui vous aime tant, qui vous a 
obtenu des grâces si nombreuses; elle qui peut et qui veut 
vous en obtenir encore davantage. Surtout mettez votre 
innocence, votre plus précieux trésor, sous la protection de 
cette Vierge si pure. Habituez-vous à réciter tous les ma- 
tins trois ave Maria, afin d'obtenir, par l'intercession de 
Marie, la grâce de conserver intacte votre pureté. Le matin, à 
midi et le soir, dites avec piété l'angelus. Aimez aussi à réci- 
ter le chapelet (1). Aux jours des fêtes de la sainte Vierge, 
aimez à vous approcher des sacrements. Ceci me conduit à 
vous parler du second point, que je voudrais vous recom- 
mander vivement, à savoir : 

B) Recevez souvent les Sacrements de la Pénitence et de 
ï Eucharistie, et préparez-vous y toujours avec soin. Avant tout, 
soyez bien sincères en vous confessant. Habituez- vous à con- 
fesser non-seulement les péchés dont vous êtes certains, mais 
aussi ceux au sujet desquels vous doutez; parlez ouvertement 
au confesseur des dangers et des tentations du péché, par 
exemple : si quelqu'un veut vous entraîner au mal, si quelque 
mauvaise inclination vous porte au péché ou à une vie désor- 
donnée. Ah ! que d'enfants, tombés dans des fautes graves, 
seraient restés purs et sages, s'ils avaient de suite exposé au 
confesseur les dangers qui les menaçaient; le confesseur au- 
rait pu leur dire ce qu'ils avaient à faire, — mais ils n'ont 
rien dit, jusqu'à ce que ce fût trop tard. — Vous savez déjà 
de quelle manière vous devez vous préparer à la confession et 
à la Communion. 

Je vous ai dit précédemment, que vous devez souvent com- 
munier (donc aussi vous confesser souvent). Mais combien 

(1) Peut-être sera-t-il bon de former une association du Rosaire vivant 
parmi les enfants et de les inscrire dans cette confrérie. 



A LA PREMIERE COMMUNION. 291 

de fois devez vous le faire? C'est ce que je ne puis vous indi- 
quer au juste. Je dois déjà vous l'avoir dit au confessionnal, 
lorsque vous m'avez interrogé à ce sujet, comme je vous 
l'avais recommandé. Mais voici du moins ce que je puis vous 
dire : 

Premièrement : Confessez-vous tous les mois, aussi long- 
temps que vous fréquentez le catéchisme; ce n'est pas un 
commandement de l'Eglise, mais c'est un usage introduit 
dans beaucoup de paroisses, avec l'approbation de nos supé- 
rieurs ecclésiastiques, et mon désir le plus ardent c'est de nous 
voir conserver toujours cette belle habitude dans la suite. 

Deuxièmement : Ceux qui ont du temps et de la ferveur, 
feraient une chose agréable à Dieu et en retireraient de grands 
avantages, si, plus tard, avec l'approbation de leur confes- 
seur, ils communiaient tous les quinze ou tous les huit 
jours. 

Mais pourquoi donc, chers enfants, devez-vous communier 
si souvent? Quel est le motif qui doit vous y engager? D'abord 
la volonté et le désir de Jésus-Christ. Lorsque Jésus était sur 
le point de naître à Bethléem il frappa, par la main de sa 
sainte mère, aux demeures de plusieurs habitants, et voulut 
entrer chez eux. Mais un grand nombre d'entre eux étaient 
endormis et ne l'entendaient pas; ou bien, ils avaient de la 
place assez pour les riches, pour des coffres et des armoires, 
mais ils n'en trouvaient pas pour Jésus. « Il vint auprès 
des siens et ils ne le reçurent pas. »Oh ! que cela dut faire de 
la peine à Jésus ! Or, chers enfants, Jésus frappe aussi à la 
porte de vos cœurs; il veut aussi entrer chez vous; à vous 
aussi il adresse ces paroles : « Venez à moi, vous qui êtes 
fatigués et accablés, je veux vous soulager; » à vous aussi il 
dit : « J'ai désiré ardemment de manger cette pâque avec 
vous; » et ne serait-il pas vraiment peiné, si, plongés dans 
les occupations et les plaisirs du monde, vous refusiez d'é- 
couter sa voix, ou si vous teniez plus à des camarades, à des 
amusements, à des jeux qu'à Jésus, et si vous repoussiez ses 
invitations? Serait-ce montrer de la reconnaissance pour le 
grand bonheur que Jésus vous a procuré maintenant? Non, 
chers enfants! Si vous aimez Jésus, vous viendrez souvent 



292 MÉTHODE POUR PRÉPARER LES ENFANTS 

et avec plaisir â la sainte Table, pour y communier (î). 
Ensuite, vous devez le faire, parce que votre propre bon- 
heur en dépend. Aujourd'hui déjà vous êtes heureux, et 
dimanche prochain, vous le serez encore plus. Ne voudriez- 
vous pas que ce bonheur durât toujours? Vous pouvez le faire 
durer, pourvu que vous le vouliez seulement. Dites, qu'est-ce 
donc qui vous rend si heureux? C'est que maintenant vous 
êtes débarrassés de vos péchés et que votre divin Sauveur 
veut venir à vous. Mais, ce bonheur ne pouvez-vous pas l'a- 
voir aussi dans la suite? Ne pouvez-vous pas vous garder purs, 
et vous purifier de nouveau de vos fautes journalières, par le 
Sacrement de la pénitence? Ne pouvez-vous pas recevoir fré- 
quemment dans votre cœur l'aimable Jésus, avec son amour 
et sa grâce? C'est pourquoi revenez souvent à la sainte Table, 
chers enfants ; alors le bonheur de la première Communion, 
semblable à une radieuse étoile, vous guidera dans toute la 
vie. ^Rappelez-vous aussi quels fruits précieux produit la 
communion dignement reçue, et ce que je vous ai dit : que 
ceux-là seulement reçoivent entièrement et parfaitement ces 
fruits précieux, qui s'approchent souvent de la sainte Table.) 
Si quelqu'un vous indiquait un moyen, à condition de l'em- 
ployer toutes les trois ou quatre semaines, et pouvait vous 
promettre de vous préserver de toute maladie, de vous 
procurer une vie longue et heureuse, ce moyen, quand 
même il serait pénible, ne l'employeriez-vous pas volontiers? 
Or, dans la sainte Communion, vous avez un moyen facile et 
agréable de vous préserver certainement des maladies et de 
la mort de l'âme, d'obtenir d'une manière assurée la vie éter- 
nelle et bienheureuse du ciel : et serait-ce trop vous deman- 
der? Mais votre âme ne vaut-elle pas plus que le corps ? Tan- 
dis que vous donnez, tous les jours, au corps sa nourriture 
matérielle, voulez-vous laisser, pendant des mois entiers, 

\i) Un empereur invite un pauvre paysan à sa table. Mais celui-ci fait 
dire à l'empereur qu'il ne peut venir, qu'il doit couper un peu de four- 
rage, charrier du fumier etc. Ne serait-ce pas faire une insulte à l'empe- 
reur? Ce paysan ne prouverait-il pas qu'il attache plus d'importance à son 
travail grossier et à un leger profit, qu'aux faveurs et aux grâces de l'em- 
pereur? Applications 



A LA PREMIÈRE COMMUNION. 293 

votre âme privée de sa nourriture céleste? Non, chers en- 
fants, ayez soin de votre âme ; venez souvent à la table du 
Seigneur ! Imitez l'exemple de toutes les âmes pieuses et 
saintes qui communiaient aussi souvent qu'elles le pouvaient. 
Ne dites pas : « Je n'ai pas le temps. » Vous avez le temps 
pour une foule d'autres choses qui ne sont pas aussi néces- 
saires. Si on vous donnait une pièce de cinq francs toutes les 
fois que vous iriez à confesse, n'est-il pas vrai que vous en 
trouveriez bien le temps? Mais Jésus, mais sa grâce ont-ils 
donc moins de prix à vos yeux qu'une misérable pièce d'ar- 
gent (1) ? Cependant si vos parents et vos maîtres n'aiment 
pas de vous laisser aller, priez-les, conjurez-les de vous ac- 
corder cette faveur (car vous savez si bien mendier et prier 
quand vous voulez obtenir quelque chose) ; dites-leur : je 
préfère demeurer à la maison une autre fois, je me lèverai 
plus tôt, je travaillerai davantage etc. 

Mais il y aura plusieurs de vos camarades qui se moque- 
ront de vous, si vous allez si souvent à confesse et à commu- 
nion ! — Et c'est à cause de cela que vous voudriez vous lais- 
ser détourner? Mais faites-vous donc plus de cas de quelques 
gens sans foi ni mœurs, que de votre divin Sauveur? Si vous 
les écoutez, — soit! sans doute qu'ils viendront vous aider 
aussi lorsqu'il s'agira de paraître devant le tribunal de Dieu? 
Ah! ne vous inquiétez pas de gens de cette espèce; qu'ils 



(1) Un scolastique de la compagnie de Jésus fut envoyé dans un collège 
de la Livonie, pour y apprendre la langue lithuanienne, afin d'être plus 
tard en état de prêcher etd'entendre les confessions dans cet idiome. Gom- 
me cette étude lui offrait beaucoup de difficultés et que d'ailleurs il n'avait 
pas un véritable zèle d'apprendre, il ne fit que peu de progrès et ne sut 
presque rien après plusieurs mois. Un jour donc, dans une petite ex- 
cursion, il rencontra un juif étranger, qui parlait le lithuanien d'une ma- 
nière très-courante. 11 lui demanda depuis combien de temps il habitait le 
pays. Depuis six semaines, répondit l'enfant d'Israël. — Et cependant vous 
parlez déjà bien cette langue si difficile t — Ah ! dit le juif, quand il s'agit 
de cela (et en même temps il fit avec la main le geste d'un homme qui 
compte l'argent), on apprend vite. Le jeune Jésuite demeura confus de voir 
que l'amour de Dieu était moins puissant chez lui, que l'amour de l'argent 
chez les juifs; dès lors il apprit rapidement et devint un excellent mis- 
sionnaire. (Application). 



^294 MÉTHODE POUR PRÉPARER LES ENTANTS 

vous louent ou qu'ils vous blâment, cela doit peu vous in- 
quiéter, pourvu seulement que Dieu vous aime. Puis pensez 
il ces paroles du divin Sauveur : « Celui qui rougit de moi 
devant cette race coupable et adultère, le Fils de l'homme 
rougira aussi de lui, quand il viendra dans la gloire de son 
Père, avec ses saints anges. » 

Certains enfants, lors de leur première communion, ont 
fait le vœu de communier tous les mois. C'est ce que je ne 
vous conseille pas. Mais vous pouvez vous proposer sérieuse- 
ment de communier ainsi, sans fairedevœu; offrez cette réso- 
lution à votre bon Sauveur le jour de votre première Commu- 
nion, comme une légère marque de reconnaissance pour son 
amour infini. 

Les principales résolutions que vous avez prises mainte- 
nant, ou que vous prendrez plus tard, inscrivez-les sur un 
feuillet de papier, et chaque fois que vous communierez de 
nouveau, relisez ces lignes, examinez si vous avez été fidèles 
à ces résolutions, et renouvelez-les devant votre aimable Sau- 
veur. 

Voilà, chers enfants, que j'ai fini les instructions que je 
voulais vous adresser pour vous préparer à votre première 
Communion (1): je ne saurais mieux terminer que par les 
paroles de S. Paul, quand il prit congé des prêtres de la ville 
d'Ephèse : « Je vous déclare aujourd'hui que je suis inno- 
cent du sang de vous tous (oui innocent, si quelqu'un d'entre 
vous se damne) ; car je n'ai pas manqué de vous annoncer 
tous les conseils de Dieu... Soyez attentifs sur vous-mêmes, 
et souvenez-vous que je n'ai point cessé... d'avertir avec 
larmes chacun de vous. Et maintenant je vous recommande 
à Dieu et à la parole de sa grâce, à celui qui est puissant pour 



(1) C'est seulement pendant les derniers jours qu'on doit exercer les 
enfants aux cérémonies de la Communion et du renouvellement des vœux 
de baptême. Il faut qu'on leur montre exactement comment ils doivent 
marcher et se tenir en allant à la sainte Table; comment ils doivent se 
servir de la nappe de communion, ouvrir la bouche, abaisser la langue sur 
la lèvre inférieure, tenir la tête droite, les yeux baissés etc. On peut le 
leur rappeler encore en quelques mots, le matin avant d'aller à l'église, et 
puis on les congédiera par quelques paroles affectueuses et joviales. 



A LA PREMIÈRE COMMUNION. 295 

édifier (pour achever ce qu'il a commencé en vous par mon 
ministère) et pour vous donner part à son héritage avec tous 
les saints. Ainsi soit-il (1). 

(1) Nous n'ajoutons pas ici des allocutions sur la sainte Eucharistie, sur 
l'amour que Jésus-Christ nous y montre, sur les effets de la sainte Com- 
munion, sur la Communion indigne, etc. Nous avons traité ces matières 
assez au long en \ arlant du saint Sacrement de l'autel. Celui qui voudrait 
faire une suite d'instructions sur ces sujets, y trouvera sans doute des 
matériaux suffisants. Il serait bon aussi de faire un sermon sur la passion 
de Notre-Seigneur, ou d'expliquer d'une manière vive et onctueuse les 
stations du chemin de la croix. (11 existe un recueil de la dévotion du Che- 
min de la croix, en flamand et en français, par le R. P. Vogels, rédempto- 
riste. Nous ne pouvons assez le recommander, à cause de la simplicité et 
de l'onction qui y régnent.) [Le trad.) 



SUPPLÉMENT. 

QUELQUES ALLOCUTIONS 

POUR LE JOUR DE LA PREMIÈRE COMMUNION. 



I. 

Chers Enfants! 

Notre divin Sauveur, comme c'était son habitude, avait 
passé toute une journée à prier, à prêcher, à travailler pour 
le salut des hommes. Il était accablé de fatigue et avait besoin 
de repos. Quelques pieuses femmes vinrent le trouver encore, 
en amenant avec elles leurs enfants, pour que Jésus leur 
imposât les mains et les bénit. Les disciples de Jésus étaient 
mécontents de voir qu'on ne laissait pas de repos à leur 
maître, et voulaient empêcher les mères avec leurs enfants 
de s'approcher de Jésus. Mais le divin Sauveur qui aimait 
tant les petits enfants, dit avec une bonté et une douceur in- 
exprimables : « Laissez venir à moi les petits enfants et ne 
vous y opposez pas; car le royaume de Dieu est pour ceux 
qui leur ressemblent (S. Marc. X, 14.). » Puis il serra ces 
enfants dans ses bras et les bénit. 

A) Chers enfants ! ce bonheur dont les petits enfants juifs 
furent favorisés, que dis-je,un bonheur bien plus grand vous 
est donné aujourd'hui en partage. Si en ce jour vous vous 
êtes présentés dans cette église, — (et pendant combien de 
temps n'y avez-vous pas pensé avec joie !) c'est afin d'être 
conduits à Jésus. Et ce même Sauveur qui accueillait avec 
tant de tendresse les enfants, il est présent ici dans la sainte 
Eucharistie, il vous attend avec l'amour le plus vif, il vous 
adresse aussi du fond du tabernacle ces saintes paroles : 



MÉTHODE POUR PRÉPARER LES ENFANTS, ETC. 297 

« Laissez venir a moi les petits enfants, et ne vous y opposez 
pas. » Ce ne seront pas vos mères, mais les saints Anges qui 
vous conduiront au divin Sauveur ; il ne vous recevra pas 
seulement comme ces enfants dans ses bras, mais c'est vous- 
mêmes qui le recevrez dans vos bras, sur votre langue, dans 
votre cœur ! enfants, chers enfants ! que votre bonheur 
est grand, que votre joie doit être grande aussi ! — Ces enfants 
juifs durent ensuite s'éloigner du Sauveur, et peut-être, 
pendant tout le reste de leur vie, n'ont-ils plus eu l'occasion 
de s'approcher de lui. Mais pour vous, le divin Sauveur ne 
veut plus vous abandonner. Il veut rester dans vos cœurs 
avec son secours et sa grâce divines, aussi longtemps que 
vous-mêmes vous ne l'aurez pas chassé de là ; il veut vous 
conduire dans le chemin de la vie, jusqu'à ce qu'il fasse soir, 
et que le jour baisse, pour vous introduire ensuite dans le 
repos bienheureux de l'éternité. Et aussi souvent que vous 
le voulez, vous pouvez revenir près de lui, le recevoir de 
nouveau, vous unir encore à lui. Je vous le répète encore 
une fois; que votre joie doit être grande, que vos désirs 
doivent être ardents, que votre amour doit être tendre ! 
chers enfants, pendant ces quelques instants qui vous res- 
tent encore, préparez-vous avec beaucoup de soin à recevoir 
votre Sauveur, avec foi et respect, avec humilité et repentir, 
avec confiance et amour, avec de vifs désirs, comme vous l'avez 
entendu et appris. 

Je ne doute pas, chers enfants, que vous n'ayez déjà pré- 
paré votre cœur, et que vous ne le prépariez encore ; je suis 
certain que vous recevrez votre bien-aimé Sauveur dignement 
et pieusement. Mais hélas! Que sera-ce dans la suite? Au 
milieu de toutes les joies que je ressens, pour le bonheur 
que vous allez avoir aujourd'hui, la crainte et la tristesse 
se glissent dans mon âme, quand je me demande : Pauvres 
enfants, que deviendrez- vous plus tard? Combien d'enfants 
n'a-t-on pas vus, pieusement agenouillés comme vous, ayant 
fait les mêmes promesses solennelles que vous, et qui sont 
honteusement tombés, qui ont quitté et trahi leur Sauveur! 
Avec quelle facilité ce malheur ne pourrait-il pas vous 
arriver! Les dangers qui vous attendent sont si grands, les 

13. 



398 MÉTHODE POUR PRÉPARER LES ENFANTS 

tentations si fortes, les hommes corrompus si perfides, et 
vous, vous êtes de pauvres enfants bien faibles et inexpéri- 
mentés! Avec quelle facilité vous pourriez tomber aussi, 
devenir méchants , et combien grande, combien affreuse 
serait alors votre ingratitude, combien grand et triste votre 
malheur! Happelez-vous ce que je vous ai dit plus d'une 
fois : quelle que soit l'affection que je vous porte, j'aimerais 
cependant mieux vous voir tous mourir aujourd'hui, que de 
vous voir tomber dans le péché mortel. Mais qui donc vous 
préservera de ce malheur? 

Lorsqu'on conduisait les enfants à Jésus, il les embrassait 
et les bénissait. chers enfants! Priez aujourd'hui, en ce 
jour qui est votre fête, priez le bon Sauveur, aujourd'hui 
qu'il ne peut rien vous refuser, oui, priez-le vivement, il 
vous serrera dans ses bras, afin que le démon ne puisse vous 
séparer de lui ; il vous pressera contre son cœur sacré, afin 
que votre cœur ne se refroidisse pas et ne perde pas la 
charité et la grâce; il vous communiquera sa bénédiction, 
alin que, fortifiés par elle, vous puissiez résister à toutes 
les tentations et croître en piété, en vertu, en innocence, 
en douceur, en humilité, etc. Promettez-lui encore tout ce 
que vous lui avez promis hier en vous confessant, surtout 
renouvelez votre propos de vouloir revenir souvent et digne- 
ment à sa sainte Table. Alors vous pouvez être tranquilles, 
quelque grands que puissent être les dangers, — car votre 
Sauveur est avec vous, lui qui est plus grand et plus fort 
que tous les dangers ; sa main vous protégera, vous bénira et 
vous conduira à la Table céleste, au banquet des cieux, au 
bonheur éternel. 

B) Vous qui êtes les pères, les mères de ces enfants bénis ! 
vous les conduisez en ce jour à Jésus, comme ces mères 
juives dont parle l'Evangile, et vous les recevrez de nouveau 
de lui, sanctifiés, bénis, comblés de grâces. Réjouissez-vous 
et remerciez avec ces enfants votre divin Sauveur, du plus 
profond de votre cœur! Mais écoutez aussi, je vous en prie, 
cette parole d'avertissement que vous adresse le Sauveur : 
« Laissez venir à moi, les petits enfants et ne vous y op- 
posez pas. » Maintenant ces enfants sont bons et pieux, et 



A LA PREMIÈRE COMMUNION. 299 

le Seigneur en demandera un compte sévère. Pour que vous 
puissiez soutenir ce jugement avec avantage, pour que vous 
puissiez un jour présenter avec joie ces enfants à Jésus- 
Christ dans le ciel, il ne suffit pas de veiller, de veiller sévè- 
rement, sérieusement sur ces enfants, sur leurs relations, 
sur leur conduite, etc. ; il ne suffit pas de prier pour eux. 
Non, pour que vos enfants demeurent sages et bons, il faut 
qu'ils reviennent souvent à Jésus-Christ, chercher sa grâce et 
ses bénédictions dans la sainte Eucharistie. C'est pourquoi, 
je vous en supplie au nom de Jésus : laisser venir à lui les en- 
fants, et ne vous y opposez pas. Vous parents, vous maîtres, ne 
leur refusez pas au moins cette couple d'heures, au bout de 
quatre semaines, pour s'approcher de nouveau de la table du 
Seigneur. Vous n'en souffrirez aucun dommage; le Seigneur 
réparera amplement, par sa bénédiction, ce qui aurait été 
négligé ou omis dans le travail. Et lorsque les en- 
fants d'eux-mêmes ne pensent pas à s'approcher de la sainte 
Communion, ayez soin de les y faire penser, encouragez-les, 
et Dieu vous en récompensera déjà, dès ce monde : vous 
aurez alors des enfants laborieux, braves et honnêtes, des 
domestiques obéissants, fidèles et' respectueux; mais c'est 
surtout dans le ciel que Dieu vous bénira et vous récom- 
pensera. Donnez-leur aussi vous-mêmes le bon exemple; 
car si vous-mêmes, vous ne faites aucun cas de la prière et 
de la fréquentation des sacrements, votre exemple ne gâtera 
que trop facilement vos enfants et vos sujets. Ainsi encore 
une fois : « Laissez venir à Jésus les enfants, et ne vous y op- 
posez pas. 

C) Et vous aussi, mes chers frères, mes bons paroissiens,qui 
assistez à cette belle solennité, le Seigneur vous adresse une 
parole de reproche, d'avertissement et de consolation. Il dit : 
« Le royaume de Dieu est pour ceux qui ressemblent à ces 
enfants »; ou, comme il s'exprimait dans une autre occasion; 
« Si vous ne vous convertissez pas et si vous ne devenez 
comme ces enfants, vous ne pouvez entrer dans le royaume 
des cieux. » Dans ces paroles, il y a d'abord un reproche! 
pourquoi n'êtes-vous plus comme ces enfants? Autrefois ce- 
pendant vous étiez comme eux : Vous aussi, vous vous êtes 



300 MÉTHODE POUR PliÉPARER LES ENFANTS 

mis à genoux là ; comme eux, vous étiez revêtus d'un habit de 
fête, vous portiez sur la tête la couronne de l'innocence, et 
dans 1 âme la paix de Dieu. Mais hélas ! quel changement, 
quel triste changement s'est opéré chez un grand nombre! 
La robe de la pureté est souillée ou perdue, la couronne de 
l'innocence est froissée ou foulée aux pieds, la paix de Dieu 
a disparu. N'y a-t il pas une voix qui vous crie du fond de 
votre âme : Pourquoi n'êtes-vous pas demeuré un enfant 
pieux et innocent? — ah ! si du moins vous étiez mort aupara- 
vant, vous eussiez obtenu, sur votre front comme sur votre 
cercueil, la belle couronne des vierges; votre âme aurait paru 
devant le trône de Dieu avec la couronne blanche des lis de 
la pureté, et vous seriez maintenant au milieu de la troupe 
éclatante des âmes virginales qui suivent l'Agneau, partout où 
il va, qui sont revêtues de robes blanches, et chantent un 
cantique nouveau que nul ne peut chanter qu'elles seules. 
Mais vous avez mis en pièces la sainte couronne et jeté les 
perles aux pourceaux. 

Dans ces paroles de reproche, se trouve néanmoins cet avis 
plein de charité. redevenez comme l'un de ces enfants ! Il 
y a là une douce consolation : Oui vous pouvez encore deve- 
nir un enfant en pureté et en piété, en douceur et en patience, 
en obéissance et en soumission. C'est difficile, mais c'est pos- 
sible; car Jésus-Christ lui-même vous y engage, il vous y 
prête son assistance; et de nouveau vous retrouverez d'une 
autre manière, le bonheur du jour de votre première Com- 
munion; le règne de Dieu s'établira de nouveau au-dedans de 
vous, la paix et la joie que vous aviez perdues, rentreront de 
nouveau dans votre cœur ; et si la mort vous appelle, alors 
retentira pour vous la douce parole du Sauveur : Laissez venir 
à moi cette âme qui est de nouveau devenue enfant, car le 
royaume de Dieu est pour ceux qui leur ressemblent! 

Et maintenant, o Jésus, divin ami des enfants ! Voyez, nous 
conduisons ces enfants vers vous, comme autrefois les mères 
dont parle l'Evangile. Vous l'avez dit vous-même ; « Laissez 
venir à moi les petits, et ne vous y opposez pas, car le royau- 
me des cieux leur appartient. » Laissez-donc venir à vous 
ces chers enfants, et apportez dans leur cœur votre royaume 



A LA PREMIÈRE COMMUNION. 301 

céleste, le règne de votre amour, de votre grâce et de votre 
paix. Comme les enfants des juifs, serrez-les dans vos bras ado- 
rables et prononcez sur eux votre divine bénédiction, afin que 
ce que je dis maintenant en votre nom, soit confirmé et ac- 
compli par votre puissance : Que la bénédiction du Dieu tout- 
puissant, du Père f, du Fils et du Saint-Esprit descende sur 
vous, prépare \os eœurs, accompagne tous vos pas et vous 
conduise à Jésus dans le royaume des cieux. Ainsi soit-il. 

El. 

Chers Enfants! 

Il arrive parfois qu'un roi parcourt son pays et veut voir 
comment cela va aux habitants de son royaume, à ses 
sujets. Si c'est vraiment un bon roi, un roi généreux et que 
les habitants l'aiment sincèrement, ils mettent tout en œuvre 
pour bien le recevoir; partout dans les rues où il doit passer, 
on suspend des guirlandes de fleurs et des drapeaux, on le 
reçoit avec des acclamations de joie. A la vue de l'amour que 
lui portent ses sujets, le roi ressent une vive allégresse, et il 
leur accorde en abondance des bienfaits et des grâces. — 
Vous connaissez bien, chers enfants, quel est le roi qui veut 
venir vous visiter en ce jour, vous qui êtes ses sujets; c'est 
Jésus- Christ, le roi du ciel et de la terre, le monarque de 
tout l'univers. Aussi vous avez purifié vos cœurs par le sacre- 
ment de pénitence (j'en ai la ferme persuasion), afin de le re- 
cevoir dignement; de même que vous avez orné vos fronts 
de fleurs, vous avez orné intérieurement vos âmes des fleurs 
aimables de la vertu et de la piété. C'est pourquoi le divin 
Sauveur vous apportera sans doute dans votre cœur, l'abon- 
dance de ses grâces et de ses bénédictions. 

Quelles sont ces grâces qu'ils vous apportera dans la Com- 
munion? C'est ce que je veux vous expliquer, du moins briève- 
ment, aujourd'hui. Quoique vous l'ayez déjà appris plus au 
long dans les précédentes instructions, je veux vous en dire 
encore quelques mots, chers enfants, afin que vous receviez 
votre Sauveur, avec beaucoup de confiance, avec une joie plus 
vive, un désir plus ardent, et que ceux-là aussi, qui ont déjà 



302 MÉTHODE POUR PRÉPARER LES ENFANTS 

communié souvent, se rappellent quel trésor de grâces Dieu 
leur offre dans la sainte Communion. 

4) La première grâce que la sainte Communion produit, est 
celle-ci : elle nous unit de la manière la plus étroite à Jésus - 
Christ et augmente en nous la grâce sanctifiante. L'enfant qui 
a dû vivre longtemps loin de ses chers parents, comme il 
désire ardemment d'être chez lui, près de son père, de sa mère, 
de ses frères et sœurs ! Il pense à eux jour et nuit, souvent ce 
souvenir du pays lui fait verser des larmes, et, dans son som- 
meil, il en rêve encore. Lorsque enfin il est revenu dans la 
maison paternelle, comme il a le cœur joyeux ! Qu'il est con- 
tent de se trouver près de ceux qu'il aime! Que de choses il 
a à leur dire et leur raconter ! Oh ! qu'il est heureux! Chers 
enfants ! Vous aussi, vous avez longtemps soupiré après le 
jour de la première Communion, où vous devez recevoir dans 
votre cœur Notre Seigneur Jésus-Christ, lui qui doit vous 
être plus cher que vos parents. En quelques moments, en 
moins d'une heure, il viendra à vous ce doux Jésus qui, 
étant petit enfant, fut couché dans une crèche, porté dans les 
bras des bergers de Bethléem et du vieillard Siméon ; il vien- 
dra à vous et s'unira bien plus étroitement à vous qu'il ne 
fut uni aux bergers et à Siméon, puisqu'il reposera dans vos 
cœurs. 11 viendra à vous, et demeurera près de vous, aussi 
longtemps que vous le conserverez; il vous tendra la main 
pour vous conduire, à travers les chemins épineux de ce pèlerin 
nage terrestre, jusque dans les champs heureux de la patrie 
céleste. Chers enfants ! que vous êtes heureux aujourd'hui ! 

Et Jésus ne vient pas avec les mains vides. Anciennement, 
lorsque n'existaient pas encore les chemins de fer, et que les 
rois voyageaient de temps à autre dans des contrées très pau- 
vres, ils avaient coutume de faire porter avec eux les objets 
dont ils avaient besoin, tels que des tapis, des meubles, des 
mets très fins, etc., sachant bien que, dans les pauvres auber- 
ges, ils ne trouveraient pas ce qui leur convenait et ce qu'ils 
désiraient. Jésus-Christ en agit de la même manière. Il sait 
bien que votre cœur n'est pas aussi bien disposé, aussi orné 
de vertus, que l'exige sa sainteté; c'est pourquoi il apporte 
lui-même les ornements qu'il voudrait voir dans vos cœurs, 



A LA PREMIÈRE COMMUNION. 303 

il augmente en vous la grâce sanctifiante. Qu'elles sont bel- 
les et magnifiques les habitations que Ton prépare aux rois î 
Comme tout resplendit de dorures et de glaces ! Comme par- 
tout s'étalent des tentures de velours et de soie, des tapis 
somptueux, de riches tableaux ! Mais combien donc ne doit 
pas être belle surtout la demeure que se prépare à lui-même 
le plus puissant, le plus généreux des rois, le souverain 
maître du ciel! Quelle doit être belle, admirablement belle, 
une âme dans laquelle Jésus est entré avec sa grâce ! Surtout 
quelle doit devenir belle par de fréquentes communions bien 
faites ! Et avec quelle douce complaisance, le Père céleste 
doit abaisser ses regards sur vous, chers enfants ! avec quel 
amour il doit vous contempler, lorsque dans votre cœur ré- 
side Celui en qui il a mis toutes ses complaisances ! 

2) La sainte Communion nous préserve ensuite des péchés 
mortels. 

Il y a un grand nombre d'années, je passai un jour dans une 
communequi présentait l'aspect le plus gai et le plus charmant; 
mais, il n'y a pas longtemps, un incendie y a éclaté et a ré- 
duit tout le village en cendres. Ah ! que c'était triste à voir! 
Les maisons, naguères si jolies à vofr, étaient renversées, il 
n'en restait plus que quelques murs noircis et des poutres 
carbonisées qui fumaient encore; les habitants, jadis riches, 
étaient réduits à mendier, et quelques-uns, en gémissant, er- 
raient au milieu de ces ruines. — Bien plus grand est le mal- 
heur, bien plus effrayant est aux yeux de Dieu, le spectacle 
d'une âme tombée dans le péché mortel. Chez elle aussi a 
disparu cette beauté qui réjouissait les anges, s'est évanoui 
ce contententement, cette gaité d'autrefois, ce bonheur en 
Dieu et dans la prière; chez elle aussi ont été anéantis les 
bonnes œuvres et les mérites pour le ciel ; tout ce qui y reste 
ce sont les œuvres odieuses du péché, la fumée et la puan- 
teur du crime. Et ce qu'il a y de plus triste, c'est que celte 
âme, si Dieu ne la ressuscite pas d'entre les morts, est perdue 
pour toute 1 éternité et ruinée pour toujours. Bien des per- 
sonnes, en réfléchissant bien et en pensant qu'elles pourraient 
encore finir par tomber dans un péché mortel, forment ce 
désir: que ne suis-je déjà morte, morte dans la grâce de 



304 MÉTHODE POUR PRÉPARER LES ENFANTS 

Dieu, pour que je ne tombe pas dans cet affreux malheur ! Et 
elles voudraient se laisser couper tous les membres, plutôt que 
de commettre un péché mortel; tellement, à leurs yeux, le péché 
est un grand mal.Etcependant, combien facilement les hom- 
mes, et vous, pauvres enfants! vous pouvez y retomber! Que 
de dangers et de tentations vous attendent ! et néanmoins 
vous êtes si faibles. Qui donc vous protégera, qui vous défen- 
dra, qui vous tendra la main pour vous conduire, afin que 
vous ne tombiez pas? C'est Jésus-Christ, votre Sauveur ; voilà 
pourquoi il vient à vous; et, pourvu que vous vous attachiez 
fortement à lui, que vous reveniez souvent et dignement à sa 
sainte Table, vous pouvez être certains que vous ne retombe- 
rez pas dans des péchés graves. C'est pourquoi, promettez de 
nouveau, comme vous l'avez promis hier, de revenir bientôt 
et bien souvent à Jésus dans le saint Sacrement; promettez- 
le avec une entière sincérité. Dites avec une piété vraie et toute 
filiale: aimable Jésus, vous voyez quel enfant pauvre et fai- 
ble je suis. C'est pourquoi restez avec moi, bon Jésus; restez 
avec moi et ne m'abandonnez pas ; permettez que je meure, 
et encore aujourd'hui, dans l'innocence et la pureté, plutôt 
que de vous perdre et d'être perdu pour l'éternité. 

3) La sainte Communion nous donne du goût et de la force 
pour le bien, nous met une sainte joie, une douce paix dans 
le cœur. Les enfants du siècle, les hommes qui ne soupirent 
qu'après les biens de ce monde, s'imaginent que vivre ver- 
tueusement, c'est mener une vie dure, pénible et triste, qu'on 
n'y goûte aucun plaisir, qu'on doit pencher tristement la 
tête, être mélancolique, etc. Ah! qu'ils se trompent, ces pau- 
vres gens! S'ils avaient goûté seulement une fois, combien le 
Seigneur est doux pour ceux qui le cherchent! Celui qui, par 
la grâce de Dieu, est une fois parvenu à être réellement juste et 
vertueux, éprouve quelque chose de semblable à ce que res- 
sent un homme qui après avoir croupi dans une prison obscure 
sale et humide, revient à l'air pur et sent le souffle tiède du 
printemps. 11 éprouve tant de bonheur, il sent une telle joie 
dans son cœur, qu'il voudrait souvent le proclamer à haute 
voix, et raconter à tous combien il est heureux .et combien 
Dieu est bon. Bien des personnes ont dit : c'est maintenant 



A LA PREMIÈRE COMMUNION. '305 

seulement que je commence à vivre, c'est-à-dire que je suis 
tout autre, un homme tout nouveau. Et ce bonheur, cette 
paix sainte et douce, nous l'obtenons précisément par la fré- 
quente et digne Communion. Dans la sainte Communion 
Jésus vient dans notre cœur, comme il vint autrefois à ses 
disciples, et il nous apporte, comme à eux, la paix, la paix 
céleste que le monde ne peut nous dünner et ne peut non 
plus nous ravir. Quiconque a une fois trouvé cette paix, a 
trouvé le plus grand trésor, un bonheur, en comparaison du- 
quel tout le bonheur du monde est comme une vaine pous- 
sière, comme un peu de cendres. Et c'est à ce bonheur, chers 
enfants, que Jésus-Christ vous appelle aujourd'hui ; ensuite, 
si selon votre promesse, vous le recevez souvent et dignement, 
ce bonheur, cette paix fleurira tranquillement et doucement 
dans vos cœurs comme une fleur merveilleusement belle. 
Alors vous ne voudrez plus rien savoir des joies criminelles 
du monde, telles que les cherchent ceux qui mènent une vie, 
appelée vie de plaisirs ; votre joie sera tout autre. La gre- 
nouille se plaît dans les fossés bourbeux, et le pourceau se 
roule, se vautre avec volupté dans la boue infecte, tandis que 
l'alouette s'élance dans les hauteurs d'un ciel d'azur,vers le so- 
leil radieux, en gazouillant et en chantant avec gaîté son can- 
tique de louanges à son Créateur. C'est ainsi, chers enfants, 
que vous mépriserez les joies criminelles, les plaisirs coupa- 
bles qui ressemblent à la boue et au fumier, pour ne cher- 
cher votre bonheur que dans Jésus et dans son divin amour, 
dans les saints désirs, dans l'espérance, et dans l'avant-goût 
du ciel, de l'éternelle félicité ! 

Je ne puis vous expliquer plus en détail, les autres effets 
de la sainte Communion, le temps est trop court. Je vous 
engage seulement à bien profiter des quelques instants qui 
vous restent encore avant la sainte Communion, et à tou- 
jours mieux vous préparer par de ferventes prières et de 
pieux désirs. Car mieux votre cœur sera préparé, plus votre 
prière sera ardente, plus vos désirs de recevoir la sainte Com- 
munion seront vifs, et plus riches aussi seront les bénédic- 
tions, plus précieux seront les dons que Jésus-Christ vous 
apportera. 



306 



MÉTHODE POUR PRÉPARER LES ENFANTS 



Et maintenant encore un mot à vous, mes chers frères, qui 
vous êtes déjà approchés souvent de la sainte Table. Avez- 
vous éprouvé aussi en vous-mêmes les effets de la sainte 
Communion, tels que je viens de les décrire? Vous rappelez- 
vous encore ce beau jour où vous reçûtes votre divin Sau- 
veur pour la première fois? Pourquoi ce bonheur et cette 
félicité ont-ils dispari et ne veulent-ils plus revenir? Peut- 
être l'un ou l'autre parmi vous s'est-il imaginé, qu'il pouvait 
mener une vie sage et vertueuse, sans être pour cela un bigot 
ou une dévote (comme certaines gens appellent toutes les 
personnes pieuses) ; qu'il suffisait d'aller à la sainte-Table 
une fois par an; puis il a cherché son bonheur, sa consola- 
tion autre part. Mon cher frère, ma chère sœur! Que vous 
vous êtes trompés! vous avez abandonné la source des eaux 
vives, pour vous égarer dans des solitudes stériles et arides; 
vous avez cru pouvoir trouver seuls le chemin du ciel, et vous 
avez abandonné le guide céleste. Ah ! revenez sur vos pas. 
Peut-être qu'en ce moment une douce émotion, une sainte 
tristesse agite votre cœur! Il s'en échappe comme un soupir 
après ces beaux jours de l'enfance et de la vertu, après le 
jour de votre première communion. C'est la voix du bon pas- 
teur, qui vous rappelle au bercail, vous pauvre brebis égarée! 
Ecoutez sa voix, répondez à son appel! Revenez bientôt et 
revenez souvent vers lui, cherchez votre bonheur, votre joie 
sur son cœur! L'innocence de vos premières années, la paix, 
la joie de votre enfance viendront de nouveau habiter dans 
votre âme, et le jour de votre première communion reviendra 
avec toutes ses délicieuses émotions. 

Mais peut-être en est-il plusieurs qui communient sou- 
vent et qui néanmoins ne reçoivent pas les effets, ni les bé- 
nédictions qu'on devrait en attendre; pourquoi cela? Je vous 
en dirai le motif : voyez! ces enfants se sont préparés à la 
communion de ce jour, pendant plusieurs semaines ; c'était 
leur unique joie, leur plus grand désir ; ils ont prié avec fer- 
veur, ils se sont donné des peines sérieuses, pour éviter, 
durant tout ce temps, ce qui aurait pu attrister le divin Sau- 
veur. Voilà aussi pourquoi Jésus-Christ aime tant de venir à 
eux, voilà pourquoi il leur apporte tant de grâces et de béné- 



A LA PREMIÈRE COMMUNION. 307 

dictions, la paix et le bonheur. Préparez-vous aussi, avec la 
même dévotion, à chaque communion que vous ferez, comme 
si c'était la première (une seule communion faite ainsi, vous 
profitera plus que dix autres, faites sans une bonne prépa- 
ration), et vous goûterez, dans toute leur plénitude, les fruits 
de la sainte Communion. 

Pour vous, ô divin Sauveur, ô adorable Jésus, qui demeu- 
rez caché dans cet auguste Sacrement, et qui y avez renfermé 
les plus riches trésors de votre grâce, abaissez un regard de 
bonté et de tendresse sur ces enfants que vous avez choisis, 
pour leur faire connaître la richesse de vos grâces et de vos 
bénédictions. Fortifiez leur foi, augmentez leur espérance, 
enflammez leur charité, agrandissez leurs désirs, dilatez leur 
cœur, afin que vous puissiez entrer chez eux avec toute l'abon- 
dance de vos grâces. bénissez-les d'une main invisible, 
au fond de votre sanctuaire, comme je vais le faire visiblement 
ici en votre nom. Que la bénédiction du Dieu tout-puissant, 
du Père,f, du Fils et du Saint-Esprit descende sur vous, dis- 
pose vos cœurs, vous protège dans tous les périls et vous con- 
duise à la vie éternelle! Ainsi soit-il. 

III. 

Chers Enfants! 

Lorsque les Rois-Mages vinrent d'un pays éloigné, pour 
chercher et adorer l'enfant Jésus, il y eut une étoile miracu- 
leuse qui leur montra le chemin ; cette étoile, ils la regardaient 
avec confiance, et, malgré des fatigues nombreuses, ils firent 
ce long voyage avec joie jusqu'à ce qu'ils trouvèrent Jésus, le 
divin enfant qu'ils adorèrent avec un saint respect et prirent 
dans leurs bras, avec une joie, et un amour inexprimables. 
Chers enfants, jusqu'ici la pensée de votre première Com- 
munion a été comme une aimable étoile pour vous. Que de 
fois vous avez arrêté vos regards sur cette pensée, que de fois 
vous avez réfléchi à ce beau jour, soupiré ardemment après lui, 
et ressenti de la joie en le voyant s'approcher ! Oui, je le sais, 
aussi me suis-je réjoui de votre joie. Et voilà que cette étoile 
vous a conduits à Jésus; le jour de la première Communion 



308 MÉTHODE POUR PRÉPARER LES ENFANTS 

est arrivé, et, à l'exemple des trois Rois, vous pouvez aujour- 
d'hui vous approcher du cher enfant Jésus, et lui offrir vos 
cœurs ; comme les Rois-Mages, vous pouvez prendre dans vos 
bras l'aimable Jésus, mais non, vous êtes bien plus heureux, 
vous pouvez le recevoir dans votre cœur. Les trois Rois du- 
rent ensuite s'éloigner de Jésus, et il ne leur fut plus donné 
de revenir près de lui. mais Jésus vient à vous, et il veut rester 
près de vous ; oui toutes les fois que vous le voulez et que 
votre cœur le désire, il vous est permis de revenir à lui et de 
recevoir le Seigneur votre Dieu. C'est pourquoi ce jour est 
pour vous le jour du bonheur le plus pur et le plus ravissant, 
c'est vraiment « un jour que le Seigneur a fait, » qu'il a pré- 
paré lui-même dans sa toute-puissance et dans son amour 
pour vous; un jour « où vous devez vous réjouir et tressaillir 
d'allégresse. » En effet, aujourd'hui vous avez le plus grand 
de tous les bonheurs qu'il soit donné à l'homme de goûter 
sur la terre; aujourd'hui votre aimable et bon Sauveur vient 
à vous et veut établir sa demeure dans vos âmes ; aujourd'hui 
le Sauveur descend pour vous du ciel, et les anges vous en- 
vironnent, prient avec vous, se réjouissent avec vous. Voilà 
pourquoi vous êtes aujourd'hui ornés de fleurs et ceints de 
couronnes ; car les fleurs et les couronnes sont le signe de la 
joie; de même que, le jour de la Fête-Dieu, on orne de fleurs 
les maisons, les rues, les autels, où passe et où s'arrête 
l'aimable Sauveur, de même vous avez été ornés aujourd'hui 
et parés de beaux habits, parce que le même Sauveur fait 
aujourd'hui son entrée dans vos cœurs. Mais ces fleurs, 
comme je vous l'ai déjà dit dans d'autres instructions, 
doivent vous rappeler encore quelque autre chose, chers 
enfants. Elles doivent vous rappeler, que vous devez orner 
votre cœur des douces et aimables fleurs des vertus, des 
fleurs parfumées de la piété, qui sont plus belles et plus 
aimables que les fleurs les plus magnifiques qui croissent 
sur la terre. J'en suis convaincu, vous avez eu soin de puri- 
fier vos âmes par le sacrement de pénitence, et Dieu lui-même 
les a embellies de sa grâce; mais, chers enfants, il vous reste 
encore quelque temps avant d'aller à la table du Seigneur. 
Profitez bien de ce temps, car il est précieux. — Rappelez- 



A LA PREMIÈRE COMMUNION. 309 

vous quel est celui qui vient à vous : c'est Jésus, votre Dieu, 
votre Sauveur, et réveillez dans votre âme une foi bien vive, 
comme si vous l'entendiez dire lui-même : « Ceci est mon 
corps ; » adorez-\e avec le plus profond respect, avec une 
grande piété, à l'exemple des Rois-Mages, des pieux bergers 
et du vieillard Siméon. Rappelez-vous ensuite, à qui Jésus 
daigne venir ; c'est à vous, à des enfants pauvres et coupables ; 
adorez-le alors avec le centenier, dans une profonde humi- 
lité, en disant : « Seigneur, je ne suis pas digne que vous 
veniez à moi; je ne suis qu'un pauvre enfant qui ai commis 
bien des péchés, et vous, vous êtes le Dieu tout-puissant! » 
Ensuite excitez-vous à une vive contrition, à une grande 
douleur de vos péchés. Enfin demandez-vous pourquoi Jésus 
veut venir à vous : C'est parce qu'il vous aime et qu'il veut 
vous rendre heureux, vous sauver; c'est pourquoi ayez con- 
fiance en Jésus, qui vous aime si tendrement, recevez-le sans 
effroi et sans crainte dans vos cœurs; — aimez-le de tout 
l'amour dont vous êtes capables, offrez-lui encore une fois 
tout votre cœur et promettez-lui de l'aimer toujours, de lui 
obéir avec soin, de ne l'offenser par aucun péché; puis 
réjouissez-vous, soupirez après le moment de son arrivée et 
dites au divin Sauveur qu'il vienne à vous. 

Et il viendra, ce bon Sauveur, il viendra dans quelques 
moments; mais demeurera-t-il avec vous, chers enfants? Le 
garderez vous avec sa grâce dans vos cœurs, par la vertu et 
par une vie véritablement chrétienne? ou bien le chasserez- 
vous de votre cœur, par la tiédeur, l'amour des plaisirs et le 
péché? Je le sais bien, chers enfants : maintenant vous êtes 
bien disposés, maintenant vous faites toutes sortes d'excel- 
lentes promesses à votre divin Sauveur ; mais que sera-ce 
plus tard? garderez-vous vos promesses? êtes-vous disposés 
à vaincre toutes les tentations, tous les dangers qui, pareils à 
des tempêtes furieuses, s'agiteront autour de vous, ou vous 
entoureront comme autant de serpents perfides? 

Nous lisons dans l'histoire de la Rible que le jeune Tobie 
dut un jour entreprendre un voyage long et périlleux. Le 
Seigneur qui aimait beaucoup ce brave jeune homme, lui en- 
voya l'archange Raphaël sous la forme d'un jeune guide. 



310 



MÉTHODE POUR PRÉPARER LES ENFANTS 



Ce saint ange entreprit le voyage avec Tobie, l'aida à arran- 
ger ses affaires, le protégea contre tous les dangers et le 
ramena enfin heureusement dans la maison paternelle. Ah 
chers enfants! Si Dieu daigirait vous donner aussi un ange 
saint pour conducteur, afin de vous protéger au milieu de 
tous les dangers et vous conduire heureusement dans la cé- 
leste patrie, que vous seriez heureux! 

Chers enfants ! Jésus, votre Dieu, est encore plus généreux, 
plus aimable à votre égard, qu'à l'égard de Tobie. Aujour- 
d'hui il ne vous envoie pas seulement un ange pour vous 
guider; non, c'est lui-même, le roi des anges qui, en ce 
jour, vient à vous; il veut être votre guide dans le chemin de 
la vie. S'il survient des dangers, il vous protégera; s'il arrive 
des tentations, il vous fortifiera et vous donnera du courage; 
s'il se présente des adversités et des douleurs, il vous conso- 
lera et vous assistera ; et lorsqu'arrivera enfin la dernière 
heure de la vie, il vous sanctifiera et vous prendra avec lui 
dans son royaume céleste. C'est pourquoi, chers enfants, 
attachez-vous toujours fortement à ce guide céleste. Pro- 
mettez-lui aujourd'hui de suivre sa direction, d'éviter toutes 
les occasions du mal, de bien prier et de revenir souvent à 
la sainte Table, avec une pieuse préparation. Si vous le 
faites, alors les tentations, les dangers et les tempêtes auront 
beau faire, vous serez en assurance dans les bras de Jésus, 
sur le cœur de Jésus ; et quand même vous deviendriez pau- 
vres, quand même vous seriez souffrants et abandonnés, vous 
seriez toujours riches, heureux et honorés, car Jésus est près 
de vous ;et le jour de votre première Communion, comme un 
chaud soleil de printemps, répandrait ses rayons sur toute 
votre vie; ce jour la rendrait radieuse, charmante et gaie, il 
répandrait encore son doux éclat sur votre lit de mort, sur 
les dernières heures de votre vie, qui seraient comme le soir 
d'une vie pieuse et calme sur la terre, et l'aurore d'une vie 
éternellement heureuse dans le ciel. 

Chers parents de ces enfants heureux ! Que de jours sont 
déjà passés, depuis le jour où, dans l'église, vous avez pré- 
senté pour la première fois vos enfants à Dieu, afin qu'ils 
devinssent aussi les enfants de Dieu dans le saint Baptême! 



A LA PREMIÈRE COMMUNION. 311 

Que de jours vous avez passés dans le travail, les soucis et 
les inquiétudes ! Vous devez donc bien vous réjouir et être 
bien reconnaissants, d'avoir vécu jusqu'à cette heure où, pour 
la seconde fois, vous pouvez conduire au Seigneur ces en- 
fants, purifiés et sans tâche comme au jour de leur bap- 
tême, ce jour où ils vont renouveler les promesses qu'ils ont 
faites alors, et où vous les recevrez de nouveau des mains 
de Dieu, comblés de grâces et devenus doublement sacrés. 
Ah! Pensez combien votre bonheur sera grand, surtout 
lorsque vous pourrez les conduire un jour dans le ciel, 
devant le divin Sauveur, et lui dire : Voyez, Seigneur, tous 
ceux que vous m'avez confiés sont là, et aucun d'entre eux 
ne s'est perdu. Au contraire quel épouvantable malheur, 
quelle terrible responsabilité ne serait-ce pas, si l'un de ces 
petits était enlevé au divin Sauveur, et allait se perdre par 
votre faute ! Pour que cela n'arrive point, pour que vous 
puissiez les présenter tous devant le trône de Dieu, pro- 
mettez aujourd'hui au Seigneur d'avoir soin d'eux, de veiller . 
sur leur conduite, sur leurs relations, sur leurs sorties, etc. 
sur toute leur vie. Si vous êtes obligés de les confier à des 
personnes étrangères, je vous en prie et je vous en conjure; 
ne les confiez qu'à des maîtres chez- qui régnent la piété 
chrétienne, la discipline, la surveillance et les mœurs chré- 
tiennes, et ayez bien les yeux sur la manière dont vos enfants 
se conduisent dans ce poste. Ayez bien soin ensuite, vous 
parents et maîtres, de faire en sorte que ces petits ne soient 
pas scandalisés ou corrompus par des ouvriers ou des do- 
mestiques plus âgés; donnez- leur le temps et l'occasion, je 
vous en prie, de venir souvent encore recevoir la sainte 
Communion. 

Et vous tous, chers paroissiens, qui devrez plus tard vous 
mettre en rapport avec ces enfants, gardez- vous bien de scan- 
daliser le moindre de ces enfants, de leur donner jamais de 
mauvais exemples ! Lorsque le roi des Huns, Attila, un prince 
sauvage et barbare, s'avança, à la tête de plusieurs millions de 
soldats, contre la ville de Rome, pour la livrer au pillage et à 
la destruction, un pauvre et faible vieillard, n'ayant d'autres 
armes que son bâton pastoral, le pape S. Léon vint à sa ren- 



312 MÉTHODE POUR PRÉPARER LES ENFANTS 

contre ; il fit des reproches au conquérant cruel et l'engagea 
à abandonner ses plans criminels, à s'éloigner avec son 
armée des murs de Rome. Et voyez ! Ce roi sauvage, qui 
n'avait pas reculé devant les plus vaillantes armées, trembla 
devant un faible vieillard ; pourquoi donc trembla-t il? C'est 
qu'il voyait à côté du saint pontife, l'apôtre saint Pierre qui 
menaçait de le frapper du glaive dont sa main était armée, 
et de le tuer. Cette vision l'effraya tellement, qu'il obéit aux 
avertissements du pape. Mes chers frères ! à côté du pape 
S. Léon, se tenait S. Pierre; mais à côté de chaque enfant 
se trouve son ange gardien, se tient Jésus-Christ, se tient 
Dieu lui-même. Aujourd'hui il les prend sous sa protection, 
et celui qui pervertit ou corrompt un de ces petits, aura à 
faire au divin Sauveur qui a lancé cette menace : « Malheur 
à celui qui scandalise un de ces petits; il aurait mieux valu 
pour lui, d'avoir au cou une pierre de moulin et d'être 
couché au fond de la mer. » Pensez-y, vous qui, vis-à vis des 
enfants, êtes si imprudents dans votre conduite, vous qui ne 
vous gênez pas, pour tenir devant eux de sales et honteux 
propos, de leur donner de mauvais exemples et de gâter 
ainsi ces âmes innocentes, en leur inoculant le poison du 
vice. Si l'amour pour Jésus-Christ et pour ces enfants, n'est 
pas capable de vous arrêter, quand vous êtes sur le point de 
donner de mauvais exemples, du moins que l'effroi vous 
arrête, en pensant au glaive vengeur que la justice, divine 
brandit sur la tête de chacun de ceux qui scandalisent ces 
petits, et ne vous chargez pas de la terrible malédiction qui 
menace un pareil corrupteur. 

Et vous, ô aimable Sauveur, qui vous êtes choisi ces petits 
enfants, qui leur témoignez aujourd'hui un amour si ineffa- 
ble : abaissez un regard de bonté et de tendresse sur eux! 
De même que vous avez prié autrefois votre Père pour vos 
disciples, en disant : « Père saint, conservez-les en votre 
nom! » de même nous vous prions maintenant de les con- 
server en votre nom, de faire en sorte qu'aucun d'eux ne se 
perde. Confirmez par votre main toute-puissante, ce que 
nous allons dire en votre nom, et versez les torrents de votre 
grâce dans ces cœurs que vous avez choisis aujourd'hui , 



A LA PREMIÈRE COMMUNION. 313 

pour votre demeure. Chers enfants ! Que la bénédiction du 
Dieu tout-puissant, f du Père, du Fils et du Saint-Esprit 
descende sur vous, prépare vos cœurs, vous garde dans 
toutes vos voies, vous protège dans tous les dangers et vous 
conduise à la vie éternelle! Ainsi soit-il. 

IL 

PLANS DE SERMONS 

POUR LA PREMIÈRE COMMUNION ET LES SOLENNITÉS DU TRÈS SAINT 

SACREMENT. 

Avertissement. 

Bien des prêtres, après avoir exercé pendant de longues 
années leur ministère dans la même paroisse, se trouvent 
quelquefois dans un certain embarras quand il s'agit d'allo- 
cutions ou de sermons pour la solennité de la première com- 
munion des enfants. Pendant les jours qui précèdent, ils 
n'ont guères le temps disponible de se préparer, et il n'est 
pas si aisé alors d'inventer de suite, pour un thème qui se 
ressemble sans cesse quant au fond, une forme nouvelle qui 
soit intéressante et puisse être retenue avec facilité. 

Les plans qui suivent, sont un essai pour obvier à cet em- 
barras ; on y trouvera des sermons qui pourront servir au jour 
de la première Communion, surtout l'après-midi, et aux 
solennités des octaves du saint Sacrement. Pour me conformer 
au caractère de ce petit ouvrage, auquel ces esquisses servent 
de supplément, et pour ne pas en augmenter trop le format, 
j'ai exclu les matières qui n'ont pas un rapport direct avec le 
saint Sacrement (par exemple : les vertus spéciales, les dan- 
gers, les moyens de persévérance etc), et omis également ce 
qui regarde le Sacrifice de la Messe. 

La plupart des plans paraîtront peut-être trop vastes, puis- 
que les allocutions au jour de la première Communion ne 
doivent pas durer longtemps. Cependant cette étendue dans 
quelques plans n'est qu'apparente (car moi-même je les ai 
développés plus d'une fois et j'en ai fait des sermons qui du- 

MÉTHODE, ETC. 14 



314 MÉTHODE POUR PRÉPARER LES ENFANTS 

raient à peine une demi-heure). Des plans où l'on n'indique 
que les divisions principales, sont plus courts, il est vrai, 
mais aussi beaucoup plus difficiles à développer; au con- 
traire plus on subdivise chaque partie en détail, plus aussi les 
plans seront féconds, propres aux développements, et 
offriront de facilité au prédicateur afin d'en tirer profit. D'ail- 
leurs, il y a plusieurs sujets qui peuvent être scindés, et ser- 
vir de matière à plus d'une instruction. De même il sera facile 
d'omettre quelques subdivisions ou de ne les toucher qu'en 
passant. 

L'exorde et la péroraison, ainsi que les applications spé- 
ciales aux enfants qui font la première Communion, à leurs 
parents et aux autres auditeurs, ont été indiqués maintes 
fois, d'autres fois aussi on les a abandonnés au jugement du 
prédicateur. 

1. APPARITION DE JÉSUS-CHRIST. 

Ce n'est pas sans raison qu'on lit aujourd'hui l'évangile de 
l'apparition de Notre-Seigneur (S. Jean. 20, 19-31). Car ce 
qui se passe en ce jour devant nous, est indiqué et figuré en 
quelque sorte dans cet évangile. 

I. L'apparition de jésus-christ — est une figure de la sainte 
Communion surtout chez ces enfants. 

a) Jésus-Christ se montre à ses disciples, v. 19. — Ainsi il 
se montre à ces enfants (en général à tous ceux qui com- 
munient sainternent), il vient à eux, il leur parle, il 
demeure avec eux. 

b) Jésus montre ses plaies aux disciples, v. 20. — Il mon- 
tre à ces enfants son amour infini qui lui a causé ces 
plaies, il leur applique les mérites qu'il a acquis par ces 
plaies. 

c) Jésus donne à ses disciples le pouvoir de remettre les 
péchés, v. 23. — Ainsi il accorde à ces enfants la remis- 
sion des restes du péché. 

d) Jésus accorde à ses disciples le Saint-Esprit, v. 22. — 
Ainsi il apporte à ces enfants qui communient, les grâces 
abondantes du Saint-Esprit. 



A LA PREMIÈRE COMMUNION. 315 

e) Jésus souhaite et apporte aux disciples la paix, v. 19. 
— De même il apporte à ces enfants la paix et le 
calme. 

f) Jésus remplit de joie le cœur de ses disciples (gavisi 
sunt discipuli viso Domino), v. 20. — De même il 
inonde le cœur de ces enfants d'une sainte et douce 
joie. 

II. la conduite des disciples, — est une figure de notre pré- 
paration. 

a) Les disciples étaient réunis dans une place dont les por- 
tes étaient fermés, v. 19. — C'est ainsi que la porte de 
notre cœur doit être fermée au péché, aux mauvaises 
inclinations, à la dissipation. 

b) Ils devaient l'accueillir avec une foi ferme (noli esse in- 
credulus sed fidelis), v. 27. — C'est ainsi que nous de- 
vons avoir et reveiller en nous une foi ferme et vive. 

c) Ils l'adorèrent (Dominus meus et Deus meus), v. 28. — 
C'est ainsi que, de notre côté, nous devons l'adorer avec 
un saint respect. 

d) Ils contemplèrent ses saintes plaies (ostendit eis manus 
et latus), v. 20. — C'est ainsi que nous nous tiendrons 
dans une fervente contemplation et dans la prière. 

e) Ils regardèrent Notre-Seigneur avec une sainte joie, 
v. 20. — De même nous devons le recevoir avec un vif 
désir et une sainte joie. 

Péroraison. 1) Vous, chërs enfants, communiez souvent et 
toujours avec une bonne préparation, alors Jésus-Christ vous 
apparaîtra chaque fois, vous apportera la paix et le bon- 
heur. 

2) Vous, parents, si vous aimez vos enfants, vous ne les 
empêcherez pas de goûter ce bonheur, mais vous les y en- 
gagerez. 

3) Et pour vous autres, dans vos Communions, Jésus-Christ 
est aussi venu à vous, mais peut-être qu'il n'a apporté ni paix, 
ni joie; pourquoi? Fermez mieux votre cœur, reveillez de 
nouveau la foi, la dévotion. — Ne cherchez pas votre bonheur 



316 MÉTHODE POUR PRÉPARER LES ENFANTS 

dans les choses défendues etc, alors le Seigneur vous appor- 
tera de nouveau la paix et la joie. 

2. FÊTE DE LA DÉDICACE DES ÉGLISES (l). 

C'est avec raison qu'on appelle ce jour une grande fête 
solennelle, car nous célébrons aujourd'hui la consécration des 
églises, et en même temps la consécration de tant de temples 
vivants de Dieu. (Cfr. 1 Cor. 3, 16; 6, 19). Comparons la 
consécration (mais aussi la profanation) de ces cœurs d'enfants 
avec la consécration (et la profanation) d'une église. 

I. LA CONSÉCRATION, 

a) de l'église. 

1) Le démon avec son influence est chassé. 

2) L'église est dédiée, consacrée à Dieu (elle devient la 
propriété de Dieu, la demeure de Dieu). 

3) Dieu y fait son entrée (dans le saint Sacrement). 

b) de ces enfants- Aujourd'hui 

1) ils renoncent au démon et à ses œuvres. 

2) Ils se consacrent à Dieu, promettant de lui obéir, de 
le servir fidèlement. 

3) Dieu lui-même fait son entrée dans leurs cœurs parla 
sainte Communion. 

c) Conséquences. 

\) La consécration ou la dédicace des églises est une 
fête pleine de joie. — Ainsi c'est aujourd'hui un jour de 
fête 

*) pour les enfants eux-mêmes, 
ß) pour les parents, 
y) pour toute la paroisse (pour quiconque aime Notre- 

Seigneur). 
2) L'église est un lieu de prière et de culte religieux. 
«) C'est pourquoi, chers enfants, priez avec ferveur, 

recevez les saints Sacrements, assistez avec zèle aux 

exercices du culte. 

(1) Ce plan peut servir à deux sermons, dont le premier traiterait de la 
consécration, et le second de la profanation des églises, en appliquant 
chaque point au cœur des enfants. On peut diviser de même plusieurs plans 
qui suivent. 



A LA PREMIÈRE COMMUNION". 317 

C) Vous, parents, veillez à ce qu'ils y soient fidèles; 

y) et vous autres, chers paroissiens, ne les en détournez 
pas. 
3) Il faut avoir un profond respect pour l'église, — de 

même pour les enfants. 

*) Vous, chers enfants, respectez-vous vous-mêmes, 
conservez votre corps et votre âme dans la sainteté 
et la pureté. 

ß) Vous parents, soyez également pénétrés d'un 
saint respect. Jésus-Christ et le démon doivent-ils 
demeurer sous le même toit? Voudriez-vous souffrir 
le péché dans votre maison, lorsque Jésus-Christ 
habite sous votre toit, dans le cœur de ces enfants ? 

y) Vous tous, paroissiens, considérez-les comme la 
propriété de Jésus-Christ qui ne laisse pas impunie 
une profanation. 

II. LA PROFANATION, 

a) de l'église. 

1) Par quoi elle se fait : 

«) par l'assassinat ou l'effusion du sang ; 
ß) par l'impudicité. 

2) Quelles en sont les suites : 

«) Dieu sort de l'église profanée (on en éloigne le saint 
Sacrement). 

ß) On en fait disparaître les ornements et la joie (les 
cierges, les fleurs etc). 

y) Elle est privée de toute bénédiction (il n'y a plus 
de sacrifice, de services religieux, de bénédic- 
tion). 

b) de ces enfants. 

1) Par quoi elle se fait : 

«) par tout péché grave qui donne la mort à lame, qui 
verse le sang de Jésus-Christ; mais principale- 
ment 

ß) par l'impureté. 

2) Suites de cette profanation : 

a) Dieu s'en va de î'âme et le démon y entre ; 



318 MÉTHODE POUR PRÉPARER LES ENFANTS 

ß) la beauté et la joie s'en vont pour faire place à la 

laideur et à la tristesse du remords; 
y) la bénédiction s'en va pour faire place à la malé- 
diction (pour le temps et pour l'éternité). 
c) Conséquences. 

\) Vous, enfants, évitez une telle profanation, 
*) car elle serait 
aa) un crime effroyable, 
bb) un crime suivi de malheurs. 
ß) C'est pourquoi 

aa) fermez les portes de ce temple, à savoir de votre 
cœur (veillez sur ceux qui veulent vous corrom- 
pre, évitez les mauvais discours etc); 
bb) appelez au secours (priez, surtout dans la tenta- 
tion) ; 
ce) conservez-y le gardien céleste (communion fré- 
quente). 

2) Vous parents, — veillez, 

u) c'est ce qu'exige sévèrement votre devoir, 
ß) votre intérêt temporel, 
y) votre bonheur éternel. 

3) Vous tous, chers paroissiens, gardez-vous bien de 
scandaliser ces petits, surtout par de mauvais dis- 
cours, de mauvais exemples, des séductions, car 

a) ce serait un crime horrible, 

ß) qui vous attirerait la malédiction divine. 

péroraison : Prière dans le genre de celle que fait l'évêque 
consacrateur d'une église. Que la croix invincible soit et de- 
meure imprimée sur ces enfants.... Que le trouble, les ad- 
versités, les assauts des esprits malins s'éloignent d'eux, que 
la joie, la paix, l'union, la crainte de Dieu et tout ce qui est 
salutaire, demeure en eux.... Que la plénitude de ses biens 
les inonde ; que les tentations du démon restent loin d'eux, 
et que l'ange de paix, de chasteté, de charité et de vérité 
demeure près d'eux, qu'il les préserve de tout mal, qu'il 
Jes protège et les défende par Notre Seigneur Jésus-Christ. 
(Comparez aussi la prière de Salomon, 2 Paralip. 6, 14). 



A LA PREMIÈRE COMMUNION. 319 

3. LA TRANSFIGURATION. 

Le fait merveilleux cité par S. Mathieu 17, 1-9 peut être 
comparé à ce qui se passe aujourd'hui chez ces enfants, et en 
général à chaque communion bien faite. 

I. Chez nous aussi arrive, en quelque sorte, ce qui est arrivé 
lors de la Transfiguration. 

a) Les vêtements de J. C. devinrent blancs comme la 
neige — c'est ainsi que dans la sainte Communion le 
vêtement de notre âme est purifié, devient blanc. 

b) Son visage devint éclatant comme le soleil, — figure de 
la beauté, de l'éclat de l'âme, dans laquelle Jésus-Christ, 
le soleil de grâce, se lève et entre. 

c) Moïse et Eue apparaissent et s'entretiennent avec lui. 
— Celui qui communie, se met en union particulière 
avec les saints (surtout avec Marie; — protection de ces 
saints). 

d) « Il fait bon d'être ici. » — Avant-goût et gage du bon- 
heur céleste dans la sainte Communion. 

II) Mais alors seulement, lorsque, 

a) comme S. Pierre, nous croyons et nous nous repen- 
tons; 

b) comme S. Jacques, nous prions et nous sommes pleins 
de ferveur; 

c) comme S. Jean, nous aimons et désirons (ou : lorsque 
comme S. Jean, nous avons un cœur pur et une vive 
charité). 

4. LES ORNEMENTS QUE PORTENT CEUX QUI FONT 
LA PREMIÈRE COMMUNION. 

Aujourd'hui vous portez des habits de fête et des orne- 
ments. Ce n'est pas la vanité qui en est le motif, ni seulement 
la joyeuse solennité de ce jour. Non les ornements que vous 
portez ont une signification toute particulière. 

I. Les habits blancs (tout en vous rappelant la robe blanche 
du baptême) doivent vous rappeler : 



320 MÉTHODE POUR PRÉPARER LES ENFANTS 

a) la pureté de cœur, avec laquelle vous devez vous appro- 
cher de l'Eucharistie ; 

b) la difficulté de conserver cette pureté (car les habits 
blancs sont le plus vite souillés) ; c'est pourquoi ils 
vous rappellent aussi 

c) le soin que vous devez employer, pour ne pas blesser ou 
perdre cette pureté. 

II. Les couronnes de fleurs doivent vous rappeler : 

a) la couronne de vertus, que vous devez apporter : 

1) le lis de la pureté, 

2) la violette de l'humilité, 

3) la rose de la charité, 

4) la campanule de la piété, 

5) le myosotis d'un saint et ferme propos ; 

b) les grâces, que votre Sauveur répandra sur vous, et 
qui, si vous les conservez et mettez à profit, vous pro- 
cureront 

c) la couronne qui vous attend au ciel. 

Ulf Les cierges allumés doivent vous rappeler (outre le cierge 
de votre baptême et le cierge bénit qui vous attend au 
lit de la mort): 

a) la lumière du monde, le soleil de la grâce qui se lève 
aujourd'hui dans vos cœurs. 

b) les bénédictions qu'elle vous apporte (cfr. plan 13). 

c) les sentiments avec lesquels vous devez recevoir Jésus- 
Christ. 

1) La lumière éclaire — sentiment de foi. 

2) La lumière s'élance vers le ciel — sentiments de piété 
et d'espérance. 

3) La lumière allume... — sentiments d'amour et de 
désir. 

d) quedès maintenantvous devez marcher dans la lumière, 
et faire briller votre lumière devant les hommes; 

e) la lumière éternelle qui luira un jour à vos yeux. 

péroraison. De même que la pieuse Honorée conservait les 
habits qu'elle avait portés le jour de sa première Communion; 



A LA PREMIÈRE COMMUNION. 321 

de même conservez, dans un sens spirituel, les ornements de 
ce jour (la pureté, la couronne de vertus, la piété). A chaque 
Communion que vous ferez dans la suite (et que vous ferez 
souvent) voyez si vous avez encore ces ornements, surtout 
lorsque revient l'anniversaire de ce beau jour. Heureux, si 
au moment de mourir, vous pourrez les montrer au divin 
Sauveur. 

Vous parents, veillez avec autant de soin sur l'âme et les 
ornements spirituels de ces enfants, que sur leur corps et 
sur leurs habits etc. Et vous, chers auditeurs, où sont les 
ornements de votre première Communion? — Sentiments de 
reconnaissance ou de repentir, et ferme propos. — Gardez- 
vous bien de souiller la robe de ces enfants, de lacérer 
cette couronne, d'éteindre leur lumière, — autrement vous 
en rendrez compte à celui qui a acquis ces ornements par 
son sang précieux. 

5. demeurez en moi (S. Jean 15, 4) (i). 

Exorde. Jésus-Christ est la vigne, nous sommes les bran- 
ches. Aujourd'hui ces enfants sont greffés d'une façon mysté- 
rieuse sur la vigne céleste. Mais l'important c'est qu'ils lui 
restent attachés. 
I. Motifs (Jésus lui-même les indique. S. Jean 15, 4). 

a) Si vous le faites (si vous restez unis à Jésus-Christ), 

1) vous porterez des fruits, beaucoup de fruits (v. 5) ; 

2) par là vous glorifierez Dieu (v. 8) ; 

3) vous vous montrerez reconnaissants, puisque J.-C. 
vous a tant aimés (v. 9) ; 

4) vous serez ses disciples (v. 8) ; 

5) vous demeurerez dans son amour (v. 9) ; 

6) vous obtiendrez tout ce qne vous demanderez 
(v. 7) ; 

7) vous aurez la joie de Jésus-Christ en vous (v. 11). 

b) Si vous ne le faites pas, 

1) vous ne porterez pas de fruits (v. 4) ; 

2) vous serez rejetés (du cœur de Jésus) (v. 6) ; 

(1) D'après le commentaire de Cornelius a Lapide, 

14. 



322 MÉTHODE POUR PRÉPARER LES ENFANTS 

3) vous dessécherez (vous perdrez la vie, la charité, la joie) 
v. 4, et 6) et 

4) vous serez jetés au feu (v. 6). 
II. Manière de rester unis à J.-C. 

a) Ne vous laissez pas arracher de la vigne ; donc: 

1) Evitez tout ce qui pourrait vous en séparer, à sa- 
voir : 

a) le péché mortel, 

ß) les occasions du péché. 

2) Si vous avez eu le malheur de tomber dans un péché 
mortel, confessez-vous-en le plus tôt possible (et 
même, sans cela, confessez-vous souvent avec beaucoup 
de soin). 

b) Laissez vous tailler par le jardinier céleste; pour cela, 

1) supportez patiemment les peines de la vie; 

2) mortifiez-vous, surtout dans vos mauvais penchants ; 

3) retranchez les discours superflus, la paresse etc. 

c) Cherchez à puiser la sève vitale dans le cœur de Jésus : 

1) par la fréquente Communion, 

2) par le saint Sacrifice de la Messe, la visite, l'adoration 
du saint Sacrement, 

3) en général par la prière. 

6. LE PAIN DE LAME. 

Exorde. Pourquoi Notre-Seigneur nous a-t-il laissé son 
corps adorable sous les apparences du pain? 

Parce que la sainte Eucharistie est pour l'âme, ce que le 
pain est pour le corps. Faisons-en la comparaison. 

I. Nature de l'un et de l'autre. 

a) Le pain est la nourriture la plus commune, il est d'un be- 
soin général. — C'est ainsi que tous doivent se nourrir de 
ce pain de vie, S. Jean 6, 54. 

b) On peut le manger toujours sans en être fatigué, il goûte 
toujours de nouveau. — Celui qui communie saintement, 
loin d'éprouver du dégoût pour cette nourriture céleste, 
la trouve au contraire toujours plus douce et plus agréa- 
ble. 



A LA PREMIÈRE COMMUNION. 323 

c) La manière de préparer le pain indique : 

1) Ce que J.-C. a fait pour être notre nourriture, — (gra- 
num frumenti cadens in terram). — S. Jean 12, 24. 

2) Ce que nous devons faire. 

a) Le froment sort d'un grain de blé corrompu, — 

c'est la figure de notre résurrection spirituelle; 

renoncement au péché. 
ß) Le froment est ensuite moulu, broyé — de même 

notre cœur doit être brisé, broyé par le repentir. 
y) La farine est mêlée d'eau — c'est la figure, d'un 

côté, des larmesde la pénitence, — d'un autre côté, 

de la charité fraternelle qui doit nous unir les uns 

aux autres. 
$) la pâte est cuite dans le feu — c'est la figure du feu 

de l'amour divin qui doit remplir notre cœur. 

II. Effets. 

a) Le pain passe au dedans de nous, s'unit à nous; — ainsi 
J.-C. s'unit à nous de la manière la plus intime dans la 
sainte Communion. 

b) Il rétablit les forces perdues ; — ainsi la sainte Com- 
munion enlève les faiblesses de lame, les péchés vé- 
niels. 

c) Il conserve la vie et la santé; — ainsi la sainte Commu- 
nion préserve l'âme du péché mortel, et conserve la vie 
spirituelle. 

d) Il donnedes forces pour travailler; — ainsi la sainte Com- 
munion nous donne du goût et du courage pour pra- 
tiquer les bonnes œuvres, pour mener une vie ver- 
tueuse. 

Péroraison. Pour que nous éprouvions ces effets, nous 
devons : 

a) nous abstenir d'aliments empoisonnés, nuisibles; 

b) avoir faim (avoir un vif désir de communier: — Com- 
munion spirituelle), 

c) manger réellement et souvent (de même qu'il ne suffit 
pas de manger une fois du pain etc). 



J24 MÉTHODE POUR PRÉPARER LES ENFANTS 

7. « venez et voyez » (S. Jean 1, 39). 

Quand il s'agit de la sainte Eucharistie, nous ne devons pas 
nous fier aux sens extérieurs; mais employons les sens de 
l'âme (éclairés par la foi) et surtout deux sens : 

I. QUE VOYONS-NOUS? 

a) Jésus. 

1) Son corps. 

u) Les yeux, — les mains, — les pieds, qui ont tant 
fait pour vous; le cœur qui vous a tant aimé. — 
Reveillez des sentiments d'amour, de reconnais- 
sance. 

ß) Les plaies qu'il a reçues à cause de vos péchés. — 
Sentiments de repentir et de confiance. 

2) Son âme avec tous les trésors 

ce) de vertu — confusion, ferme propos ; 
ß) de grâces — désirs ardents. 

3) Sa divinité, il est un avec le Père et le Saint-Esprit, 
— respect, adoration. 

4) Ses occupations : 

a) il glorifie Dieu — imitez-le; 
ß) il prie pour nous — priez aussi ; 
y) il répand des grâces — cherchez aussi à obtenir des 
grâces pour les autres. 

b) des troupes d'Esprits célestes. 

Comment adorent-ils — comment adorez-vous? 

II. qu'entendons-nous? 

a) des paroles d'instruction : Ceci est mon corps (S. Math. 
26, 26). — Foi. 

b) des paroles de reproches : Mon peuple , quel mal vous 
ai -je fait? (Michée 6, 3). — Vous ne pouvez pas même 
veiller une heure avec moi (S. Math. 26, 40). Vous n'êtes 
ni chaud ni froid (Apoc. 3, 15). — Repentir. 

c) des paroles d'avertissement etc. Apprenez de moi etc. 
(S.Math. 11, 29). Quiconque veut me suivre etc. (S.Math. 
16, 24). — Résolution courageuse. 



A LA PREMIÈRE COMMUNION. 325 

d) des paroles de consolation, d'invitation : Soyez consolé, 
mon fils, vos péchés vous sont pardonnes (S. Math. 9, 2). 
Celui qui vient à moi, je ne le repousserai pas (S. Jean, 
6, 37). Venez tous à moi, vous qui êtes affligés etc. 
(S. Math. 11, 28). — Reconnaissance et joie. 

e) des paroles de promesses : Ayez confiance, j'ai vaincu le 
monde (S. Jean, 16, 33). Lorsque vous demanderez 
quelque chose (S. Jean 14, 14; 16, 23). Soyez fidèle 
jusqu'à la mort, je vous donnerai la couronne de la vie 
(Apoc. 2, 10). — Espérance, prière et persévérance. 

8. LA MANNE. 

Notre Sauveur lui-même a comparé la sainte Eucharistie à 
la manne. Nous connaîtrons la ressemblance qu'il y a entre 
les deux, quand nous considérons : 

I. l'origine, la nature, la destination de l'un et de l'autre. 

a) La manne était un aliment, qui venait du ciel. — On 
peut dire la même chose de la sainte Eucharistie, dans 
un sens bien plus élevé. 

b) Toutes les deux se produisent dans la nuit (la sainte 
Eucharistie dans les ténèbres du mystère). 

c) Toutes les deux, d'une manière miraculeuse. 

d) Toutes les deux sont blanches et agréables. 

e) Toutes les deux ont un goût autre que ce qu'ils sont 
réellement (la manne avait le goût du miel, et néan- 
moins n'était pas du miel; la sainte Eucharistie a le goût 
du pain, et néanmoins n'est pas du pain). 

f) Ceux qui reçoivent ces aliments miraculeux, reçoivent 
également autant ; qu'ils aient reçu une quantité plus 
grande ou moindre, peu importe. 

g) De toutes les deux on garde une partie (la manne dans 
l'arche — le sainte Eucharistie dans le tabernacle). 

h) L'une et l'autre servent de nourriture dans le désert, 
sur le chemin de la terre promise (la sainte Eucharistie 
dans le désert de la vie terrestre, sur le chemin de la 
patrie céleste). 



326 MÉTHODE POUR PRÉPARER LES ENFANTS. 

II. Effets. 

a) Le bon goût, — approprié au besoin d'un chacun (la 
manne avait le goût que chacun de ceux qui la man- 
geaient, souhaitait; la sainte Eucharistie procure la 
grâce, les consolations, dont a besoin celui qui reçoit ce 
sacrement). 

b) La reconfortation (la manne fortifiait les juifs dans leur 
voyage et dans les combats. — Il en est de même de la 
sainte Eucharistie pour nous). 

c) La conservation de la santé (l'Eucharistie conserve la 
santé de l'âme). 

III. Disposition — Conditions pour bien en user. Nous aussi 

nous devons 

a) quitter l'Egypte — abandonner le péché ; 

b) passer par la mer rouge, — passer par le baptême peni- 
ble de la pénitence; 

c) aller au désert — nous préparer dans la solitude, — la 
retraite, la prière; 

d) nous lever avant le jour, — nous approcher avec fer- 
veur ; 

e) en amasser journellement — communier souvent. 

9. QUATRE SOUHAITS. 

Ce que des parents, aux pensées mondaines, ont coutume 
de souhaiter à leurs enfants, c'est ce qu'obtiennent dans un 
sens beaucoup plus relevé, ces enfants qui font aujourd'hui 
leur première Communion. Bien souvent il y a des parents 
qui souhaitent à leurs fils et à leurs filles : 

1 DES honneurs. 

a) Les honneurs, selon eux, rendent heureux, parce que 

1) ils procurent aux hommes une haute position, 

2) les élèvent au-dessus des autres, 

3) les font estimer, craindre, admirer par les autres. 
Mais, 

b) les honneurs du monde ne sont pas en état de les rendre 
heureux ; car 



A LA PREMIÈRE COMMUNMON. 327 

1) les honneurs sont peu de chose en eux-mêmes, ils sont 
vains; 

2) ils excitent les désirs, au lieu de les calmer; 

3) ils passent comme la fumée. 

c) Au contraire ces enfants obtiennent des honneurs réels 
auprès de Dieu; car aujourd'hui ils deviennent 

1) les favoris, les amis du roi céleste, 

2) les commensaux des esprits célestes, 

3) les héritiers du royaume céleste. 

II. DES RICHESSES l 

a) Car avec l'argent on peut 

1) éloigner beaucoup de maux et de misères, 

2) obtenir bien des jouissances et des plaisirs. Mais en 
réalité 

b) l'argent est bien impuissant; car 

1) il ne peut détourner que les moindres maux, procu- 
rer que peu et de misérables plaisirs; 

2) il prive même de beaucoup de joies et amène des 
chagrins (des inquiétudes, des soucis continuels); 

3) aujourd'hui vous pouvez être riche, demain un men- 
diant. 

c) Mais ici nous trouvons de véritables trésors, qui sont : 

1) infinis, inépuisables, 

2) des remèdes contre tous les véritables maux, 

3) des moyens pour obtenir tous les véritables biens. 

III. DES PLAISIRS. 

a) les plaisirs rendent heureux, car 

1) chacun veut des plaisirs, 

2) on sacrifie tout pour les plaisirs. 

b) Cependant les plaisirs terrestres ne sont souvent 

1) qu'apparents, 

2) mêlés d'amertume, 

3) éphémères. 

c) Mais ici (dans la sainte Communion) il y a des plai- 
sirs 

1) véritables, nobles qui ne ravalent pas l'homme, mais 
qui l'élèvent réellement; 



328 MÉTHODE POUR PRÉPARER LES ENFANTS 

2) capables d'adoucir ou de dissiper toutes les souffran- 
ces et même de les changer en joie; 

3) durables, éternels même. 

IV. LA SANTÉ, UNE LONGUE VIE. 

a) Voilà ce qu'on estime beaucoup, car 

1) sans la santé le reste ne sert de rien; 

2) une longue vie est une condition pour pouvoir jouir 
réellement de quelque chose (d'un plaisir, d'un poste 
honorable). 

b) Mais devant la seule saine raison, tout ceci est 

1) insuffisant ici-bas (si quelqu'un malgré sa forte santé, 
a une âme malade — alors il n'a pas de paix, pas de 
véritable joie etc.) ; 

2) insuffisant pour là-bas (pour l'éternité). 

c) Dans la sainte Communion les enfants obtiennent 

1) la santé, la vie de l'âme, 

2) le moyen de la conserver, 

3) le gage de la posséder éternellement. 

Péroraison : 1) Vous, chers enfants, conservez ces hon- 
neurs, ces plaisirs etc ; ne les vendez pas pour une misérable 
jouissance terrestre. 

2) Vous, parents, si vous aimez vraiment vos enfants, faites 
tout ce qui est en vous pour qu'ils continuent de participer à 
ces trésors, et de les augmenter sans cesse. 

3) Et vous autres, les plaisirs du monde etc. vous ont-ils 
rendus heureux? Cherchez donc le bonheur là seulement où 
on peut le trouver. 

10. DONS DE JÉSUS-CHRTST ET DU CHRÉTIEN. 
I. QUE NOUS A DONNÉ JÉSUS-CHRIST? 

a) Qu'a t- il donné 9 , (quid) 

1) Ce qu'il a acquis lui-même (des mérites, des grâces) ; 

2) ce qu'il a reçu de sa mère (sa chair et son sang); 

3) ce qu'il a reçu de son Père (l'âme et la divinité) ; 



A LA PREMIÈRE COMMUNION. 329 

b) Qui l'a donné? (quis) 

1) le Dieu d'infinie majesté, devant lequel les anges trem- 
blent, devant lequel la terre n'est que comme un grain 
de poussière etc; 

2) celui qui sait tout, qui, peut tout, et qui malgré sa 
science et sa toute-puissance, ne pouvait nous donner 
rien de meilleur; 

3) celui qui est infiniment bon, qui ne voulait nous 
donner rien moins. 

c) A gm l'a-t-il donné? (eux) 

1) à l'homme, sa créature, et même à tous les hommes, 
même aux plus misérables. 

2) à des ingrats (aux apôtres qui, comme il le savait, 
devaient l'abandonner, le renier, le trahir, et à nous 
qui devions agir de même). 

3) à des sacrilèges, qui devaient le profaner affreusement. 

d) Quand l'a-t-il donné? (quando) in qua nocte tradebatur. 

e) Pourquoi l'a-t-il donné? (cur) Par pure charité. 

II. QUE VOULONS-NOUS LUI DONNER? 

a) Nos biens. — En évitant les abus; en faisant un saint 
usage de nos biens. 

b) Notre corps — bon usage des sens, patience dans les 
douleurs. 

c) Notre âme — notre raison par la foi ; notre cœur par la 
charité; notre volonté par l'obéissance. 

11. ZACHÉE. 

Similitude de la fête de ce jour avec le fait que rapporte 
S. Luc. 19, 1-10. 

I. Que fit Zachée pour voir Jésus et lavoir chez lui? (Et nous 
que devons nous faire?) 

a) « Quaerebat videre » — désir (c'est ainsi que nous aussi 
nous devons etc.). 

b) « Pusillus erat » — humilité; 

c) « Praecurrens » — zèle, vaincre le respect humain ; 



330 MÉTHODE POUR PRÉPARER LES ENFANTS 

d) « Ascendit » — ferveur dans la prière; 
c) « Excepit gaudens » — sainte joie. 

II. Qu obtint-il? (et qu'obtenons-nous)? 

a) « In domo tüa oportet me manere » — il obtint Jésus 
lui-même, 

b) « Venit filius hominis salvum facere quod perierat » — 
pardon des péchés : 

c) « Salus domui huic facta est » — salut, bonheur, bé- 
nédiction. 

III. Comment prouva-t-il sa reconnaissance? (comment nous 

aussi etc.). 

a) « Reddo quadruplum » — réparation des fautes, des 
négligences, fidèle accomplissement des devoirs ; 

b) « Dimidium bonorum meorum do pauperibus» — Il fit 
plus qu'il n'était obligé de faire. C'est ainsi que nous ne 
devons pas nous borner à faire ce à quoi nous sommes 
strictement tenus, mais etc. 

42. LE DON DE L'AMOUR (l). 

Afin de pouvoir apprécier en quelque sorte ce don admi- 
rable de la sainte Communion, considérons : 

I. La bonté du donateur; laquelle se montre dans 

a) ses infinis abaissements, 

b) son complet abandon, 

c) sans le moindre intérêt personnel, 

d) à des ingrats — des pécheurs. 

II. La grandeur du don 

a) en soi (le corps et l'âme de l'Homme-Dieu, ses méri- 
tes etc.) ; 

b) comparé à d'autres dons (il nous a donné le monde 
visible pour notre propriété, un ange pour gardien, 
Marie pour mère, son sang pour rançon — mais ici il 
nous donne davantage). 

(1) D'après St Thomas d'Aquin. 



MÉTHODE POUR PRÉPARER LES ENFANTS, ETC. 331 

III. Avantages pour celui qui le reçoit : il est 

a) purifié, 

b) gracié, 

c) sanctifié, 

d) divinisé. 

13. LA LUMIÈRE (i). 

Quel beau spectacle que celui du lever du soleil ! Aujour- 
d'hui il se passe quelque chose de semblable, puisque le 
soleil divin, la lumière du monde se lève d'une manière 
parfaite dans le cœur de ces enfants. Explication détaillée 
de la comparaison de J.-C. avec la lumière (le soleil). 

I. Nature de la lumière. 

a) 1) La lumière nous touche de très près, sans elle nou* 

ne pourrions pas vivre — et cependant nul homme 
ne sait ce que la lumière est proprement. 
2) C'est ainsi que J.-C. est extrêmement près de nous 
(comme Dieu il est partout présent; par la sainte 
Eucharistie il est dans nos églises, et même dans 
nos cœurs) et cependant : generalionem ejus qu'a 
enarrabit? 

b) 1) La lumière est produite par le soleil (engendrée par 

le soleil etc.) et cependant elle est aussi ancienne 
que le soleil. 
2) Ainsi le Fils provient du Père, il est engendré par 
lui, et il est néanmoins éternel comme lui. 

c) 1) La lumière descend sur la terre, sans pourtant quit- 

ter le soleil : 
2) Le Fils descend sur la terre, sans quitter le ciel. 

d) 1) Lorsque la lumière passe à travers un verre coloré, 

elle en prend la nuance, sans néanmoins nuire au 
verre etc. (comme lumière elle est aussi ancienne 
que le soleil; mais comme lumière colorée, elle ne 
l'est que du moment où elle passe dans le verre). 

(1) La première partie de ce plan peut-être omise. 



332 MÉTHODE POUR PRÉPARER LES ENFANTS 

2) Jésus-Christ reçut de Marie la nature humaine, sans 
nuire à sa virginité (comme Dieu il est éternel; 
il n'est homme que depuis qu'il est né de Marie), 
e) 1) Lorsque le rayon du soleil se cache derrière un 
nuage, sa lumière est adoucie, il n'est pas visible 
en soi, mais on le sent par la clarté et la chaleur 
qu'il répand, 

2) Il en est ainsi de J. C. caché sous les apparences sa- 
cramentelles ; il est caché, mais on sent sa présence 
par la lumière et les grâces qu'il répand. 

II. Effets de la lumière. 

a) Sa clarté. 

1) La lumière éclaire, fait distinguer les objets, nous fait 
trouver les chemins, les sentiers etc. 

2) Tel est Jésus-Christ: 

u) par sa divine parole (il dissipe les ténèbres de l'i- 
dolâtrie) ; 

ß) dans la sainte Eucharistie. Etes-vous dans le doute, 
les incertitudes etc. Allez à lui — il a aussi pour 
vous des paroles de la vie éternelle. 

b) Sa chaleur et sa fécondité. 

1) Sans le soleil, la terre serait une masse froide, hu- 
mide, infertile, — par le soleil des milliers de fleurs, 
de fruits, etc. 

2) Jésus-Christ. 

«) Qu'était le monde, l'âme de l'homme sans Jésus- 
Christ? (le paganisme.) Quels admirables fruits de 
sainteté, Notre-Seigneur a produit dans le monde 
entier, dans toutes les âmes en particulier! 

/3) Ces fruits, le Sauveur eucharistique les produit 
aussi en vous, si vous etc. (effets de la sainte Com- 
munion chez saint Louis de Gonzague, etc.). 

c) Sa gaitè, sa beauté. 

1) La lumière contribue à rendre la terre si belle (au 
printemps), fait chanter si joyeusement les petits oi- 
seaux, réjouit les hommes. 



A LA PREMIÈRE COMMUNION. 333 

2) Il en est de même de Jésus Christ, 
«) lorsqu'il vivait encore sur la terre et depuis cette 
époque : tristesse du monde et de lame sans Jésus- 
Christ ; 
ß) c'est ce qu'il fait aussi dans la sainte Eucharistie — 
qu'elle est belle l'âme où il habite par sa grâce; quel- 
les joies célestes il lui apporte! ( Exemple de saint 
Louis de Gonzague). 
Péroraison. Faites que le soleil divin ne s'obscurcisse ja- 
mais dans vos cœurs par le brouillard empoisonné et les 
nuages obscurs du péché, les suites en seraient terribles. 
Faites qu'il rayonne toujours dans votre cœur. Alors votre 
mort (votre dernière Communion) sera belle comme un ra- 
vissant coucher de soleil, et en même temps la glorieuse au- 
rore du jour éternel qui se lèvera pour vous, l'aurore de la 
gloire céleste, 

» 

14. LE RAPTÈME ET LA PREMIÈRE COMMUNION. 

La fête de ce jour fait penser souvent au saint Baptême, et 
en effet elle a beaucoup de rapports et une ressemblance 
particulière avec ce sacrement. Considérons 

I. Ses effets. 

a) Par le baptême nous obtenons : 

1) la rémission des péchés; 

2) le titre d'enfants adoptifs de Dieu ; 

3) l'incorporation au corps de Jésus-Christ; 

4) le droit à l'héritage céleste. 

b) Parla sainte Communion nous sommes 

1) purifiés de nos péchés ; 

2) nous devenons d'une manière spéciale des enfants 
chéris de Dieu ; 

3) nous sommes unis étroitement à Jésus-Christ — 
incorporés à lui comme des membres d'un même corps ; 

4) nous obtenons le gage du bonheur éterneL 

II. Ses obligations. 

a) Au baptême nous avons pris sur nous l'obligation 
1) de renoncer au démon et au péché ; 



334 MÉTHODE POUR PRÉPARER LES ENFANTS 

2) de croire fermement et de professer courageusement 
notre foi; 

3) d'obéir à l'Eglise. 

b) Lors de la première Communion, nous prenons l'obli- 
gation 

1) de renoncer au démon, surtout: 
«) à l'impureté, 

ß) à l'orgueil et 

y) à l'intempérance. 

2) de croire en Jésus-Christ et de professer courageu- 
sement notre foi ; c'est pourquoi nous sommes obli- 
gés 

u) sous le rapport de la foi, 

aa) d'éviter ce qui peut exposer notre foi (la lecture 
des mauvais livres — la fréquentation des enne- 
mis de la foi, des impies qui se moquent de la re- 
ligion) ; 

bbj de faire souvent des actes de foi, de fréquenter 
le catéchisme; 
ß) de professer la foi, surtout : 

aa) quand on s'en moque ; 

bb) quand nous avons à craindre qu'on fasse tort à 
notre sainte Religion et que nous pouvons l'em- 
pêcher ; 

ce) en menant une vie chrétienne. 

3) d'obéir à l'Eglise, par 

u) l'observation de ses commandements (le jeûne, la 
messe le dimanche et les jours de fête, la confession 
annuelle, etc.); 

ß) le respect et l'obéissance aux supérieurs ecclésias- 
tiques. 

15. LE SACREMENT D'AMOUR. 

I. C'est l'amour qui a porté Jésus-Christ au saint Sacrement 
(c'est-à-dire l'amour l'a porté à instituer la sainte Eucha- 
ristie, à y demeurer au milieu de nous). Il l'a instituée 
a) pour être toujours près de nous et nous rappeler ce 
qu'il a fait pour nous ; 



A LA PREMIÈRE COMMUNION. 335 

b) pour se donner à nous ; 

c) pour nous communiquer les trésors de sa grâce. 

II. C'est Vamour qui doit nous porter au saint Sacrement. 

a) Pourquoi ? 

1) Parce que par là nous lui faisons plaisir, nous croîs- 
sons dans son amour ; 

2) autrement nous l'attristons, nous perdons son amour. 

b) Comment? 

1) En le visitant; 

2) en assistant avec dévotion à la sainte Messe; 

3) en communiant souvent (en réalité ou en esprit). 

III. C'est Vamour que nous apportera la sainte Eucharistie 

(surtout dans la sainte Communion) . 

a) La considération seule de ce que nous recevons, doit 
nous remplir d'amour envers Jésus-Christ; 

b) encore plus la vertu ou l'efficacité du Sacrement, qui 

1) ôte les obstacles à l'amour; 

2) nous approche du foyer de l'amour (du divin cœur 
de Jésus) et allume l'amour en nous ; 

3) nous rend possibles les dévouements et la persévé- 
rance dans l'amour. 

16. RUT DE L'INSTITUTION. 

I. Pour le passé. — L'Eucharistie nous rappelle la vie et la 
mort de Jésus-Christ, et d'abord : 

a) son incarnation et sa vie cachée (la Consécration nous 
rappelle l'Incarnation ; le saint Viatique, porté aux mala- 
des, la Visitation ; la vie cachée dans le saint Sacrement, 
la vie cachée de J.-C. à Nazareth etc) ; 

b) sa vie publique (ici comme alors, Jésus enseigne, fait 
des prodiges, guérit les malades, etc.) ; 

c) sa passion et sa mort ( la consécration sous les espèces 
séparées, représente sa mort sanglante; la communion 
indigne renouvelle la trahison de Judas etc) ; 



o36 MÉTHODE POUR PRÉPARER LES ENFANTS 

d) les mystères glorieux (ici comme alors son corps est 
glorifié; la sainte Communion rappelle l'apparition de 
Jésus, — cfr. plan I — ). 

II. Pour le présent, c'est pour que nous l'eussions près de 

nous : 

a) comme Dieu que nous adorons ; 

b) comme victime que nous offrons (pour apaiser Dieu 
etc.) ; 

c) comme ami et consolateur, auquel nous avons re- 
cours ; 

d) comme dispensateur des grâces, auprès duquel nous 
trouvons de l'assistance. 

III. Pour l'avenir, 

a) afin de nous préparer au ciel et 

b) de nous donner un gage de la participation à sa 
gloire. 

17. qu'a fait jésus-christ, que devons-nous faire? 

I. qu'a fait jésus-christ, pour venir a nous? 

a) Qu'a-t-il fait? Considérons 

1) son incarnation, 

2) sa passion et sa mort, 

3) le nombre de miracles étonnants qu'il opère à la con- 
sécration. 

b) Pourquoi l'a- 1- il fait? 

1) Le motif qui le portait à agir ainsi était uniquement 
l'amour. 

2) Son but était de glorifier Dieu et de nous fairejpar- 
venir plus sûrement au bonheur éternel. 

II. que devons-nous faire, pour que jésus demeure avec 

nous? 

a) Prier — C Mane nobiscum. S. Luc. 24, 29) ; 

b) veiller (sur les ennemis, les dangers extérieurs et inté- 
rieurs) ; 



A LA PREMIÈRE COMMUNION. 337 

c) par rapport aux péchés 

1) examiner notre conscience, chercher à les connaître 
de suite; 

2) les réparer et les expier par le repentir et le ferme 
propos, (en nous imposant une pénitence) autant que 
nous pouvons ; 

3) chercher le pardon dans la confession (faite à certaines 
époques fixes, et le plus tôt possible quand il s'agit de 
fautes graves) . 

J8. UN PETIT BOUQUET DE FLEURS. 

De même qu'on réunit, pour les offrir à un hôte vénérable, 
les fleurs qui lui plaisent davantage, de même réunissez au- 
jourd'hui dans votre cœur, et offrez à l'hôte divin que vous 
attendez, les vertus qu'ilaimedavantage,qu'ila louées leplus, etc. 

1) la pureté et l'innocence de la Sainte-Vierge, 

2) la foi du centenier (S. Math. 8), 

3) l'humilité de S. Pierre {Exi a me, S. Luc. 5, 8), du 
publicain (S. Luc. 18), 

4) Le repentir de Marie-Madeleine, 

5) Le ferme propos et l'esprit de componction de Zachée 
(S. Luc. 19), 

6) La charité de S. Jean, 

7) Les désirs de Siméon (S. Luc. 2), 

8) La générosité et la constance des rois-mages 
(S.Math. 2). 

19. l'arche d'alliance. 

Comparée au saint Sacrement. 
I. En elle-même, 

a) L'arche était ce qu'il y avait de plus saint chez les Juifs. 
— Ainsi la sainte Eucharistie est ce qu'il y a de plus 
saint dans l'Eglise; c'est pourquoi, 

b) les prêtres juifs seuls pouvaient toucher l'arche; de 
même les prêtres catholiques seuls peuvent toucher la 

MÉTHODE, ETC. IÖ 



338 MÉTHODE POUR PRÉPARER LES ENFANTS 

sainte Eucharistie. Et pourquoi l'une et l'autre sont-ils 
si saints? 

c) C'est que Dieu lui-même était présent d'une manière 
mystérieuse au-dessus de l'arche, — mais dans la sainte 
Eucharistie, il est présent d'une manière plus mystérieuse 
encore et bien plus près de nous, puisque le Fils de Dieu 
lui-même y est présent, y vient à nous avec son corps et 
son sang etc. 

d) Des chérubins en adoration étaient représentés sur 
l'arche etc; — devant le saint Sacrement.se trouvent réel- 
lement présents des anges qui l'adorent avec le plus 
profond respect. 

e) Dans l'arche d'alliance se trouvaient les tables de la loi, 
la manne et la verge d'Aaron. — Dans la sainte Eucha- 
ristie se trouve l'auteur de la loi d'amour, la douce 
nourriture de l'âme, le soutien de notre pèlerinage (sorte 
de verge qui verdit sans cesse, et fait éclore les lis de la 
pureté etc.). 

II. Dans ses effets 

a) à Végard du peuple de Dieu. 

1) Près de l'arche le peuple de Dieu trouvait des lumiè- 
res et des conseils. — Dans la sainte Eucharistie le 
chrétien trouve la vraie lumière, etc. 

2) L'arche était portée devant les Juifs pour les conduire 
dans la terre promise. — La sainte Eucharistie nous 
conduit au ciel. 

3) L'arche aidait les Israélites à triompher. — La sainte 
Eucharistie nous fortifie dans la lutte et nous fait 
vaincre nos ennemis. 

b) à regard des ennemis de Dieu. 

1) Les Bethsamites curieux furent punis sévèrement. — 
Tel est le sort réservé à ceux qui osent scruter témé- 
rairement la sainte Eucharistie et s'en moquer. 

2) Oza expia son irrévérence, — et les chrétiens qui se 
conduisent sans respect dans l'église, pendant la 
sainte Messe, ne seront-ils pas punis aussi très sévère- 
ment ? 



a la première: communion. 339 

3) Aux Philistins qui l'avaient enlevée, l'arche n'apporta 
que des malédictions et des malheurs. — De même la 
sainte Eucharistie n'apporte au sacrilège que malheur 
et damnation. 

20. l'hémorroïsse. 

(S. Matth. 9, 20-22, comp. S. Marc. 5, 2o; S. Luc. 8, 43.) 

I. Comment alla-t-elle a Jésus.? 

a) Avec foi et confiance (te Pourvu seulement que je puisse 
toucher le bord de sa robe ») ; 

b) avec un saint courage et une entière franchise (« Elle 
lui dit toute la vérité devant le peuple réuni ») ; 

c) avec respect et humilité (« Elle s'approcha par der- 
rière »). 

El. QlOBTINT-ELLE? 

a) le pardon, le salut (« Votre foi vous a sauvée ») ; 

b) la santé, le bien-être (« Elle fut guérie ») ; 

c) des consolations, de la joie («Ma fille soyez consolée»). 

(N. B. Appliquez tout ceci, pour montrer: 

I. Comment nous devons-nous approcher de Jésus dans la 

sainte Communion, 

II. Ce que nous obtenons dans la sainte Communion). 

Péroraison. 1) L'histoire rapporte que cette femme guérie, 
fit, par reconnaissance, élever une statue au Sauveur. Vous 
aussi, chers enfants, élevez une image de Jésus dans vos 
cœurs. Pour cela considérez souvent le Sauveur, imitez-le, 
cherchez à imprimer ses traits dans vos cœurs par la fré- 
quente Communion. 

2) Vous autres apprenez ce qui suit : 

•à) Auparavant la femme avait cherché partout sa guérison, 
mais ce fut en vain, elle y avait dépensé toute sa fortune. — 
Combien longtemps voulez-vous chercher autre part la gué- 
rison, la joie, la paix? N'avez-vous pas fait assez de démar- 
ches ? Venez à Jésus. 



340 MÉTHODE POUR PRÉPARER LES ENFANTS 

b) Il y en eut plusieurs qui touchèrent Jésus, mais cette 
femme seulement y trouva une vertu guérissante. — Car elle 
seule avait une foi très-ferme etc. Ainsi il ne suffit pas que 
vous touchiez le corps sacré de J. C. dans la sainte Commu- 
nion ; vous n'en ressentirez la vertu salutaire que lorsque 
vous vous en approcherez avec une foi ferme, après une con- 
fession sincère et repentante. 

21. Jésus cherché, trouvé et gardé 
(S. Luc. 2, 42-52). 

I. Avec quelle ardeur marie et joseph cherchèrent Jésus. 

a) Pourquoi 

1) le cherchèrent-ils si ardemment? C'est que 
a) ils le connaissaient bien, 

ß) ils l'aimaient, 

y) ils ne pouvaient être heureux sans lui. 

2) C'est avec la même ardeur que nous devons le cher- 
cher (dans l'Eucharistie), 

») car nous aussi nous le connaissons, 

ß) nous l'aimons, 

y) nous ne pouvons être heureux sans lui. 

b) Comment 

1) Marie et Joseph le cherchèrent? 
u) Ils retournèrent sur leurs pas, 
ß) ils n'épargnèrent aucune peine, 
y) ils se rendirent au temple. 

2) De même vous aussi vous devez 

u) retourner sur vos pas (vous convertir), 
ß) faire des efforts, 
y) prier etc. 

II. Avec quelle joie ils le trouvèrent. 

a) En effet Marie et Joseph trouvèrent en lui 

1) l'objet de leur amour, 

2) la joie de leur maison, 

3) la bénédiction de leur vie. 

b) C'est ainsi que vous trouverez aussi Celui 



A LA PREMIÈRE COMMUNION. 341 

1) qui vous a aimé si tendrement et qui seul est digne 
d'être aimé, 

2) qui seul peut vous donner la paix et le bonheur, 

3) qui vous inondera de bénédictions et de grâces. 

III. Avec quel soin ils le gardèrent. 

a) Marie et Joseph 

1) n'avaient pas besoin de le faire; 

2) néanmoins ils le firent avec tout le soin possible, car 
*) ils le regardaient souvent, 

ß) lui parlaient souvent, 

y) se tenaient autant que possible près de lui. 

b) Nous 

i) avons besoin de le garder, car 
*) des milliers d'ennemis veulent nous ravir Jésus, 
ß) nous sommes si faibles etc., 
y) la perte serait irréparable etc.; 
2ty c'est pourquoi nous devons aussi 
«) jeter souvent les yeux sur lui, 
aaj en examinant notre "conscience, pour voir s'il 

est encore là, 
bb) en formant de bonnes intentions, pour savoir 
ce qu'il veut de nous ; 
j8) lui parler beaucoup par la prière; 
y) le recevoir au dedans de nous, le conserver par la 
fréquente Communion. 

22. La crèche et l'autel. 

Lorsque, à la naissance de Jésus-Christ, un ange apparut 
aux bergers, il leur dit : « Voici que je vous annonce un 
grand sujet de joie. Et en effet quelle ne fut pas la joie, le 
bonheur des bergers ? Mais notre joie peut-elle être aussi 
grande? Oui ; car alors même que nous ne voyons pas le cher 
Enfant avec les yeux de notre corps, notre foi nous dit cepen- 
drnt que le même Jésus présent sur l'autel fut un jour couché 
dans la crèche. 



'»♦-' méthode pour préparer les enfants 

[. Jésus présent sur l'autel- dans la sainte eucharistie esi 
encore aujourd'hui le meme que dans la crèche; 110us il'a- 
vods qu'à considérer: 

a) Son humilité 

1 dans la crèche: 

m L'infiniment riche — plus pauvre que le plus pau- 
vre des enfants, est sur un peu de paille, etc.; 

ß) la sagesse infinie — est muette, pleure ; 

y) la toute-puissance — est enveloppée de bandelettes, 
et portée au gré de Marie. 

2) dans la sainte Eucharistie: 

a\ Le Dieu de gloire, le maître du ciel repose dans de 
pauvres églises, de mauvais tabernacles ; 

s l'infinie majesté — se cache sous l'apparence d'un 
peu de pain ; 

y) celui qui gouverne tout, obéit aux paroles du prê- 
tre, se laisse porter dans les plus pauvres cabanes, 
descend dans les coeurs sacrilèges, etc. 

b) Son amour 

1) dans la crèche : 

a.) Il est descendu dans notre prison, — devenu notre 
compagnon de voyage, il a vécu parmi nous; 

- : il a prouvé à tous sa charité, les a aidés ; 

y) il a souffert infiniment; 

$) et tout cela uniquement par amour (car quelle était 
sa récompense?) 

2) dans la sainte Eucharistie: 

t) Il demeure au milieu de nous; 

ß) il est accessible pour tous, même pour les plus 

pauvres ; 
y) il s'offre entièrement pour nous (dans la Messe) 

souffrant tou* les outrages (les sacrilèges) ; 
/) et tout cela uniquement par amour (car quelle est 

sa récompense 



A LA PREMIÈRE COMMUNION. 343 

II. Mais les hommes aussi sont encore aujourd'hui les mêmes 

A SON ÉGARI» I 

a) Les indifférents. 

1) A Bethléem il frappa (par la main de Marie et de Jo- 
seph) à tant de portes, mais 

*) les uns ne l'entendirent point — ils étaient plongés 

dans le sommeil; 
ß) les autres ne voulurent pas se lever — par paresse; 
y) puis d'autres n'avaient pas de place pour le pauvre 

Jésus, — mais ils en avaient pour des coffres et des 

armoires, pour des parents riches. 

2) De même dans la sainte Eucharistie, Jésus frappe à la 
porte de tant de cœurs, mais 

a) un grand nombre sont endormis, n'entendent pas, 
— ils sont plongés dans les choses terrestres ; 

ß) d'autres sont trop paresseux pour ouvrir, pour 
venir à lui; 

y) une troisième classe n'a pas de place à lui offrir, — 
leur cœur est rempli de mauvais penchants, de cou- 
pables desseins, Jésus ne peut y trouver place. 

b) Les ennemis. 

1) Le divin enfant trouva tout jeune des persécuteurs : 
et) les soldats sanguinaires, envoyés par 

ß) l'hypocrite Hérode. 

2) De même Jésus est persécuté dans la sainte Eucha- 
ristie, 

n) par des attaques personnelles contre son adorable 
sacrement (allusion aux Garibaldiens et à leurs 
odieux forfaits) ; 

ß) par ceux qui font une communion sacrilège. 

c) Les amis. 

2) L'enfant Jésus avait néanmoins aussi des âmes fi- 
dèles 

«) qui le soignaient (Marie, Joseph), 
ß) qui l'adoraient avec respect, présentaient des dons 

(les bergers, les trois Rois), 
y) qui le recevraient avec de pieux désirs (Siméon). 



oh MÉTHODE POUR PRÉPARER LES ENFANTS 

2) De même dans le saint Sacrement, Jésus trouve des 
âmes fidèles qui 
a) ont soin de l'ornement de sa maison, lui tiennent 

compagnie, travaillent ardemment pour sa gloire ; 
ß) assistent avec respect au saint Sacrifice de la 

Messe ; 
y) reçoivent avec de vifs désirs la sainte Communion 

dans un cœur pur. 

Péroraison. A quelle classe voulez-vous appartenir? Les 
indifférents ont repoussé le salut loin d'eux. — Hérode a péri 
misérablement — tandis que les bergers entendirent les 
anges chanter : « Paix aux hommes » etc. faites que vous 
ressembliez aux bergers (que vous alliez comme eux avec 
joie, respect et pureté à Jésus), alors aussi la paix 
céleste sera votre partage dans ce monde et dans l'autre. 

23. O SACRUM CONVIVIUM. 

La très-sainte Eucharistie, que vous allez recevoir en ce 
jour pour la première fois, est saluée par l'Eglise de la ma- 
nière suivante dans une belle Antienne : O sacrum convivium, 
in quo Christus sumitur , recolitur memoria passionis ejus, 
mens impletur gratia, et futurœ gloriae nobis pignus datur. 
Dans cette Antienne (que nous allons méditer selon l'expli- 
cation qu'en donne l'Eglise) est indiqué : 

I. Le banquet auquel vous prenez part (O sacrum convivium). 

a) qui donne ce banquet? 

b) Quelle en est la nourriture (une nourriture royale, an- 
gélique, divine). 

c) Quels sont les convives? 

d) Quels sont les serviteurs? 

II. Le but et les effets. 

a) Christus sumitur, donc 

1) Jésus-Christ vient à nous ; 

2) nous nous unissons étroitement à lui, afin 

3) de vivre entièrement en lui (Gai. 2, 20). 



A LA PREMIÈRE COMMUNION. 345 

b) recolitur memoria passionis ejus. Cet auguste sacrement 
est 

1) un souvenir de la passion de Jésus-Christ en soi, 

2) un souvenir de ce qui le porta à souffrir (son amour 
et nos péchés), 

3) ce qu'il souffrit dans sa passion, se renouvelle ici 
(trahison, outrages etc.). 

c) Mens impie tur gratia : 

1) gratia — quelle abondance et quelle richesse de 
grâces ; 

2) impletur — pour cela l'âme doit être d'abord vide de 
péchés, de désirs mauvais et terrestres, de distrac- 
tions, etc. 

d) futurœ gloriœ nobis pignus datur. 

1) grandeur de ce gage et de ce qui nous est garanti par 
là; 

2) mais seulement, lorsque ce gage est fidèlement con- 
servé etc. 

24. NOTRE COEUR DOIT RESSEMBLER AU TOMBEAU 
DE JÉSUS-CHRIST. 

Le cœur de celui qui communie, et dans lequel va être 
déposé aussi le corps de Jésus-Christ, doit ressembler au 
tombeau du Sauveur. Ce tombeau était 

I. nouveau; donc 

a) il faut qu'on éloigne du cœur le péché : 

1) le péché mortel, et 

2) autant que possible les péchés véniels volontaires; 

b) il faut qu'on rompe avec les mauvaises habitudes ; 

c) que les désirs, les discours, les actes soient nou- 
veaux etc. 

II. dans un jardin. Le cœur doit contenir 

a) les fleurs et les bourgeons de la piété, 

b) les fruits d'une conduite vertueuse. 

III. dans un rocher. C'est ce que montre 

a) la fermeté du bon propos, 

b) la constance à le conserver. 

15. 



346 MÉTHODE POUR PRÉPARER LES ENFANTS 

IV. scellé et gardé ; le cœur doit être 

a) fermé aux inspirations 

1) du démon, 

2) de la chair, 

3) du monde, des mauvais camarades, des séducteurs. 

b) bien gardé par des gardiens, à savoir par 

1) la crainte de Dieu (la prière, la fréquentation des sa- 
crements), 

2) par la modestie, la fuite des mauvaises compagnies, 
des occasions dangereuses. 

F Si nous recevons toujours Jésus-Christ de cette manière, 
alors il ressuscitera dans nos cœurs, il y vivra glorieux, il y 
régnera, et alors s'accomplira dans nos cœurs cette prophé- 
tie :îet erit sepulchrum ejus gloriosum (Is. 11, 10). 

25. CAUSES DE LA STÉRILITÉ DE CERTAINES COMMUNIONS. 

Les effets, les fruits de la sainte Communion sont extrême- 
ment abondants et glorieux. Et cependant il y a tant de Com- 
munions qui, quoique n'étant pas sacrilèges, ne produisent 
que peu ou point de fruits ; or, quel est la cause de cette 
stérilité? La cause n'en est pas à la sainte Communion elle- 
même, mais à ceux qui la reçoivent. C'est: 

I. Le manque de foi : 

a) On ne connaît pas la foi (on néglige l'instruction) ; 
b)^on ne recueille pas la foi (on n'en profite pas) ; 

c) on ne médite pas la foi (réflexion, affection, attention). 

II. Lelmanque d'espérance: 

[ a)~par absence de désirs; 

b) par la poursuite d'autres objets (intention perverse), 
l'attachement aux biens de la terre; 

c) par le découragement et la témérité. 

III. Le manque de charité : 

a) quand le cœur est plein de ce qui peut troubler l'amitié, 
plein de péchés véniels; 



A LA PREMIERE COMMUNION. 347 

b) la tiédeur, le défaut de préparation, — la froideur dans 
la réception — et dans l'action de grâces ; 

c) le défaut de générosité, d'esprit de dévouement. 

Eloignons ces obstacles, présentons- nous avec les vertus 
opposées à ces défauts, et nous sentirons en nous les mira- 
cles de la grâce, nous goûterons combien le Seigneur est 
doux. 

26. La première et la dernière communion. 

I. La première Communion. 

a) Combien elle est belle! 

b) Qu'est-ce qui la rend si belle? Qu est-ce qui la distingue 
des autres Communions? C'est que 

1) elle est la première de toutes ; 

2) sa préparation consciencieuse ; surtout 

3) une plus grande pureté de cœur, et 

4) un plus grand détachement des désirs terrestres ; de 
là aussi 

5) une plus grande abondance de grâces. 

Que ce serait beau, si vous communiiez toujours ainsi ! 
Alors vous pourriez voir arriver avec consolation 

II. la dernière Communion. 

a) Que celle-ci est émouvante ; considérons 

1) la dernière Communion du juste (qui a gardé fidèle- 
ment l'innocence de ses jeunes années) ; dernière Com- 
munion de saint Louis de Gonzague; 

2) la dernière Communion du pécheur, qui s'est con- 
verti. Mais jetons aussi un coup d'œil sur 

3) le pécheur qui meurt ou sans communier ou en com- 
muniant mal. 

b) Comment sera notre dernière Communion ? 

1) Puissiez-vous, chers enfants, tous communier pour 
la dernière fois, comme saint Louis de Gonzague. 
Pour cela, 



348 MÉTHODE PULK PRÉPARER LES ENFANTS 

«) gardez, comme lui votre innocence (ou commu- 
niez toujours d'une manière aussi innocente qu'au- 
jourd'hui i ; 

ß) communiez souvent et avec piété, comme lui (ou 
bien : communiez souvent et aussi saintement, aussi 
pieusement que vous le faites aujourd'hui) ; 

y) priez chaque jour et surtout à chaque Communion, 
pour obtenir la grâce de la persévérance. 

2) Mais vous, qui êtes déjà tombés dans le péché, puis- 
siez vous au moins recevoir la sainte Communion en 
pécheurs repentants. Pour cela, 

ec) repentez-vous de tout cœur et faites dès mainte- 
nant une confession sincère; 
/S) communiez saintement et régulièrement; 
y) gardez-vous de_ retomber. 

3) La fin déplorable du pécheur attend quiconque 

oc) se jette volontairement dans les dangers et les oc- 
casions du péché, 

ß) continue, malgré les avertissements et les conseils 
dont il se moque peut-être, à marcher dans la voie 
du péché, 

y) remplit la mesure de ses péchés par des Commu- 
nions sacrilèges et des scandales. 

Péroraison. Prière à Dieu, pour que cette première Commu- 
nion des enfants soit en même temps pour eux la dernière 
(qu'ils meurent de suite après) s'ils devaient avoir la fin des 
misérables pécheurs. Résolution énergique de la part de 
ceux qui sont innocents et de ceux qui sont tombés dans 
des péchés graves. 

27. l'image du sacré coeur de jésus. 

Combien Jésus nous aime dans la sainte Eucharistie, quel- 
les faveurs signalées il nous accorde, mais aussi ce que nous 
lui devons pour cela, et malheureusement combien souvent 
nous en abusons, c'est ce qui est admirablement représenté 
dans l'image du Sacré Cœur de Jésus (description de cet 
image). Examinons ce que chaque détail signifie: 



A LA PREMIÈRE COMMUNION. 349 

I. Le Cœur lui-même est le symbole 

a) de la charité infinie de Jésus pour nous, lui qui 

1) comme un bon pasteur cherche la brebis égarée 
(S. Luc. 15, 4) ; 

2) comme un père aimant accueille l'enfant prodigue qui 
revient (S. Luc. 15, 11); 

3) comme une poule fidèle le garde sous les ailes de son 
amour (S. Math. 23, 37). 

b) De l'amour que nous devons lui témoigner en retour, 

1) en pensées — penser souvent au saint Sacrement, 
désirs, communion spirituelle; 

2) en paroles — aimer à parler souvent avec respect du 
saint Sacrement, prières jaculatoires; 

3) en actions — visites, Messe, communion. 

II. Les rayons qui l'entourent, indiquent 

a) comment Jésus 

1) nous éclaire 

u) par ses exemples, 

ß) par ses paroles, 

y) par sa grâce (inspirations); 

2) est entouré d'une auréole de gloire ; — 

b) comment nous devons 

1) marcher dans cette lumière, 

et) par l'imitation de ses exemples, 
ß) la méditation de sa doctrine, 

y) le bon usage des inspirations intérieures, par les- 
quelles nous aussi 

2) nous pouvons arriver à la lumière de la gloire. 

III. Les flammes, qui s'en échappent, montrent 
a) combien Jésus brûlait du désir 

1) de souffrir pour nous : Quomodo coarctor, S. Luc. 
12, 50 ; 

2) de s'unir à nous : Desiderio desideravi, S. Luc. 22,15 ; 

3) de procurer la gloire de son Père céleste : Zelus do- 
mus tuée comedit me. Ps. 68, 10 ; S. Jean 2, 17; 

4) de procurer notre salut : Sitio, S. Jean 19, 28. 



350 .MÉTHODE POUR PRÉPARER LES ENFANTS 

b) comment nous aussi nous devons brûler du désir, 

1) de recevoir Jésus, 

2) de faire et de souffrir quelque chose pour lui, 

3) de propager la gloire de Dieu, surtout l'honneur du 
saint Sacrement, 

4) de travailler à notre salut et au salut du prochain. 

IV. La couronne cCèpines nous rappelle 

a) les peines que Jésus endure dans la sainte Eucharis- 
tie 

1) de la part des infidèles, 

2) des chrétiens tièdes et irrespectueux, 

3) des profanateurs sacrilèges ; 

b) comment nous devons faire amende honorable 

1) par de fréquents actes de foi et une profession coura- 
geuse de notre foi, 

2) par notre zèle à l'adorer et à le recevoir, 

3) par des messes réparatrices et des communions. 

V. La blessure nous montre 

a) comment Jésus 

1) a fait pour nous l'extrême (a versé la dernière goutte 
de sang), 

2) nous a préparé un lieu de refuge, 

3) nous a ouvert une source de grâces ; 

b) comment nous 

1) nous devons du moins faire le peu qu'il désire, 

2) nous y réfugier dans toutes les tentations, 

5) puiser avec empressement à cette source. 

VI. La croix montre 

a) comment Jésus 

1) fut conduit à la croix par la charité, 

2) et nous précéda dans le chemin de la croix ; 

b) comment nous aussi nous devons 

1) avoir l'amour des croix, 

2) le suivre dans le chemin de la croix (souffrances, 
mortifications volontaires, etc, obéissance). 






A LA PREMIÈRE COMMUNION. 351 

28. CE QUE LE SACRE COEUR DE JÉSUS EST POUR NOUS. 

I. Il est notre amour, notre trésor, notre joie, 

a) car il est 

1) le principe de toute beauté, de toute vertu, 

2) la source de toutes les marques d'amour pour nous, 

3) le trésor de tout ce qui peut nous rendre heureux. 

b) C'est pourquoi nous devons 

1) aimer tendrement et honorer ce cœur, 

2) lui être reconnaissant, 

3) chercher notre joie en lui (prière, communion). 

II. // est notre modèle {Discite a me S. Math. 11, 29) 

a) surtout dans 

1) la pureté, 

2) la charité (la piété, la ferveur), 

3) la douceur, l'humilité, l'obéissance. 

b) C'est pourquoi il est utile 

1) de le considérer souvent, 

2) de comparer notre cœur à son cœur, 

3) de tâcher de l'imiter. 

III. Il est pour nous une source de grâces. 

a) Il nous donne 

1) le titre d'enfants de Dieu et tous les biens qui y sont 
attachés, 

2) la grâce de combattre et d'avancer, 

3) la force pour triompher. 

b) C'est pourquoi nous devons 

1) garder fidèlement ce titre d'enfants de Dieu, 

2) suivre avec zèle ses inspirations, 

3) recourir à lui dans les tentations, pour obtenir la 
grâce de la persévérance. 

29. RAISONS POUR ET CONTRE LA COMMUNION FRÉQUENTE. 
I. RAISONS POUR. 

a) La volonté de Jésus- Christ 
1) résultant de ses paroles (S. Jean 6, 54; S. Luc. 22, 
15 et 19 ; 1 Cor. 11, 24; comp. Prov. 8, 4 ; 31 ; 9, 1). 



352 MÉTHODE POUR PRÉPARER LES ENFANTS 

2) résultant de la nature de la chose : 

u) De même qu'à Bethléem il devait être peiné de ce 
que les siens ne l'accueillaient pas, ainsi il doit être 
peiné, lorsque nous, pour qui il a tant fait, nous 
ne le recevons pas ou que rarement dans notre 
cœur, tandis qu'il nous y engage si souvent. 

ß) De même qu'une mère doit être affligée, lorsque sa 
fille qui demeure dans le même endroit ne vient 
jamais la voir, ainsi le divin Sauveur doit être af- 
fligé, lorsque son enfant bien-aimé, qui demeure 
si près de lui, ne vient jamais à lui, alors qu'il l'in- 
vite si vivement. 

y) Jésus-Christ veut notre salut, donc il veut aussi, 
que nous employions les moyens pour cela. Or un 
des principaux moyens c'est la sainte Communion. 

b) Décisions de l'Eglise. 

1) Importance de ces décisions. 

a) Elle sait quelle est la volonté de Jésus-Christ, l'en- 
seignement des Apôtres, etc. 

ß) On ne consulte pas un cordonnier sur la mécani- 
que etc. donc voudrait-on consulter sur l'affaire la 
plus importante, des hommes qui parfois ne con- 
naissent pas même leur catéchisme, et non ceux 
qui s'en occupent spécialement, qui ont été spécia- 
lement chargés de ce soin par Notre-Seigneur. 

2) Quelles sont ces décisions? (Cfr. Trid. Sess. 13 de 
Euch. Cap. 8; Sess. 22 de sacrif. Missse. Cap. 6.) 

c) Doctrine et pratique des saints comme des vrais chrétiens : 

1) des premiers chrétiens, 

2) des plus grands guides spirituels et des docteurs, 

3) des hommes les plus avancés en perfection (des plus 
grands saints). 

d) Notre propre avantage. 

1) Plus souvent nous communions bien, plus aussi 
et) nous plaisons à Dieu, 
ß) nous obtenons de grâces, 
y) nous recueillons de mérites. 



A LA PREMIÈRE COMMUNION. 353 

2) C'est seulement la communion fréquente qui produit 
les effets abondants de la sainte Eucharistie, de même 
que l'alimentation fréquente préserve de la mort, et 
que le rayonnement du soleil, suivi d'une pluie fré- 
quente, produit la fertilité; entre autres effets 

a) la fréquente Communion préserve du péché mortel 
(que ne donneraient pas les hommes, pour rester à 
l'abri de la mort?), 
ß) elle procure une paix douce, intime, 
y) elle est une assurance du bonheur éternel. 

3) La communion fréquente c'est le ciel sur la terre. Eu 
effet 

*) elle ennoblit, soulage, adoucit les souffrances, 

ß) elle procure les joies , les plus belles , les plus 

pures, 
y) elle nous donne la possession et la jouissance de 

Dieu, 
^) elle nous unit aux Saints. 

II. Raisons qu'on allègue contre la Communion fréquente. 

a) Je n'ai pas le temps. 

4) C'est un mensonge — vous avez bien le temps de cou- 
rir de côté et d'autre, de vous amuser etc. 

2) Quand même vous auriez beaucoup à faire — vous 
devez trouver du temps pour la chose la plus néces- 
saire. 

3) Aimez Jésus de tout votre cœur et vous trouverez du 
temps. 

b) Je ne suis pas digne. 

1) C'est un prétexte hypocrite : est-ce là le vrai motif? 
(Cfr. Achaz Non tentabo Dominum. Is. 7, 12.) 

2) En vous éloignant de la Communion, deviendrez-vous 
plus digne? 

3) C'est précisément la Communion fréquente (il est en 
votre pouvoir de vous préparer chaque fois sainte- 
ment) qui vous rendra toujours plus digne. 

c) « La Communion fréquente est bonne pour les bigots et 

les vieilles femmes. » 



354 MÉTHODE POUR PRÉPARER LES ENFANTS 

1) C'est là un langage impie (Gfr. I). 

2) S. Louis, Charlemagne et tant de héros, de grands ca- 
pitaines (même dans les temps modernes) étaient-ils 
aussi des bigots? 

3) Je n'ai jamais ^entendu qu'il y eût un ciel àpart pour 
les bigots et les vieilles femmes, ou un chemin parti- 
culier pour aller au ciel. Or, si vous n'entrez pas dans 
ce ciel, vous n'entrerez dons aucun autre. 

d) On se moquera de moi, on m appellera cagot. 

1) Peut-être, — mais dans le fond du cœur ils vous esti- 
meront. 

2) Vous pouvez leur répondre : mieux vaut d'être un ca- 
got qu'un saligot, qu'un homme sans mœurs. 

3) Si vous alliez vous régler d'après ces discours, ce se- 
rait 

«) une insulte à Dieu, à qui vous préférez ces miséra- 
bles railleurs ; 
ß) une pitoyable lâcheté, 
y) un grand danger pour vous, car 
aa) qui vous jugera en définitive? 
bb) qui viendra vous assister, quand vous serez sur 

votre lit de mort? 
ce) Que voudriez-vous avoir fait alors? Qui voudriez- 
vous avoir écouté alors? 

30. VISITE AU SAINT SACREMENT. 

I. Motifs qui doivent nous y porter. 

a) L'amour et la reconnaissance. 

1) Une fille qui ne rendrait pas visite à sa mère (demeu- 
rant dans le même endroit) ne montrerait pas qu'elle 
l'aime etc. Ainsi 

2) celui qui aime une personne, demeure volontiers près 
d'elle. 

3) Surtout, parce que J.-G. s'y trouve uniquement par 
dévouement pour nous. 

b) Notre avantage. Ici nous trouvons 
1) du secours dans nos besoins, 



A LA PREMIÈRE COMMUNION. 355 

2) de la consolation dans nos peines, 

3) de la force dans nos combats. 

c) Exemples des Saints (S. François de Borgia, S. Marie- 
Madeleine de Pazzis, S. Alphonse de Liguori, etc.). 

II. Manière de faire cette visite. 

a) Préparation : 

1) en chemin — tenez-vous dans le recueillement (si 
vous deviez aller chez le roi, vous réfléchiriez à ce que 
vous lui diriez; alors vous êtes en chemin pour aller 
chez le Roi suprême, donc réfléchissez etc.) ; 

2) à l'entrée de l'église prenez de l'eau bénite, saluez 
avec respect le divin Sauveur, fléchissez le genou; 

3) arrivé à votre jplace, — représentez-vous vivement 
que votre Sauveur y est présent entouré de troupes 
d'anges. 

b) Exercices de piété pendant la visite. 

1) Ayez un but particulier: 
*) louez et remerciez; 

ß) suppliez, et repentez-vous; 

y) demandez des grâces et des bienfaits particuliers. 

2) d'après les différentes époques de Tannée ecclésiasti- 
que, par exemple : 

*) au temps de Noël pensez à Jésus dans la crèche, 
faites ce que vous eussiez fait, si vous étiez venus 
avec les bergers dans retable, etc. 

ß) au temps du carême ou le vendredi : représentez- 
vous un mystère de la Passion, — compatissez — 
repentez-vous — faites des résolutions, etc. 

3) ou bien en général représentez -vous Jésus-Christ 
comme médecin — vous-même comme un malade 
(J.-C. comme un roi riche — vous comme un men- 
diant ; J.-C. comme le soleil de la vérité — vouscomme 
un aveugle; J.-C. comme un bon pasteur — vous 
comme la brebis égarée, etc.) ; 

u) examinez — avouez — déplorez votre maladie, vo- 
tre misère — vos principaux défauts ; 



356 MÉTHODE POUR PRÉPARER LES ENFANTS 

ß) considérez avec confiance le médecin céleste, sa sa- 
gesse, sa toute-puissance, sa bonté; 

y) excitez en vous un grand désir d'être guéri, priez, 
promettez de combattre votre défaut capital. 

c) Conclusion. 

1) Remerciement pour la dernière Communion. 

2) Faites la Communion spirituelle et demandez des 
grâces pour bien faire la Communion suivante. 

3) Saluez la très Sainte Vierge. 

4) Demandez pardon des fautes commises pendant la 
visite. 

5) Priez Jésus de vous bénir, de vous accompagner, etc. 

31. LA COMMUNION SPIRITUELLE. 

La Communion spirituelle est 

I. très -facile à faire. Cela résulte 

a) de sa notion (expl. la manière de la faire), 

b) parce qu'elle n'a pas de loin les mêmes obstacles que la 
communion réaile, 

1) sous le rapport du lieu — elle ne se faitpas seulement 
à l'église ; 

2) sous le rapport du temps — elle ne se fait pas seule- 
ment le matin ; 

3) sous le rapport des personnes — on n'a pas besoin 
du prêtre ou du clerc ; 

4) sous le rapport de la réitération — ce n'est pas seu- 
lement une fois dans la semaine, ou une fois dans la 
matinée; 

5) sous le rapport de la préparation — vous n'avez pas 
besoin d'être à jeun, de vous confesser d'avance, de 
prier longtemps auparavant. 

II. très agréable à Dieu. 

a) Les désirs sont saints ou criminels selon l'objet que 
je souhaite. Ici je désire ce qu'il y a de plus saint, 
donc etc. 



A LA PREMIÈRE COMMUNION. 357 

b) Les actes à faire pour la Communion spirituelle, sont 
des actes de vertu qui plaisent davantage à Dieu. 

c) C'est pourquoi Dieu nous a montré d'une manière mira- 
culeuse combien cette pratique lui est agréable (S. Stanis- 
las, S. Catherine de Sienne etc). 

III. très utile 

a) en général : 

1) Dieu récompense toute œuvre qui lui est agréable. 

2) Chaque bon acte mérite une augmentation de grâce 
sanctifiante et de récompense céleste — combien plus 
cet ensemble de plusieurs actes saints. 

3) De même que le baptême de désir produit des effets 
pareils à ceux du baptême véritable; la confession en 
désir, les effets de la confession réelle, ainsi la Com- 
munion spirituelle ou de désir aura des effets sembla- 
bles à ceux de la Communion réelle. Trid. S. XIII 
Cap. 6. 

b) En particulier elle produit 

1) une plus grande charité (des amis qui ne se visitent 
ou ne s'écrivent jamais, deviennent froids; au contraire 
etc); 

2) une préparation plus digne à la communion réelle. 
(Jésus-Christ vient sans doute plus volontiers en celui 
qui l'invite plus souvent.) ; 

3) des grâces pour nous et pour les autres. (Plus nous 
sommes étroitement unis à Dieu, plus nous sommes 
près de son cœur, plus efficacement aussi nous prions. 
Oui les maîtres de la vie spirituelle disent, qu'une 
communion spirituelle, faite avec une véritable fer- 
veur, peut produire plus de grâces qu'une communion 
réelle, faite avec tiédeur. ) 

Péroraison. 

1) Pratiquez souvent la communion spirituelle, surtout 
a) le matin — vous unissant à toutes les messes etc., 

ß) à chaque messe où vous êtes présent, et à chaque 
visite; 



358 MÉTHODE POUR PRÉPARER LES ENFANTS 

y) le soir (confession spirituelle, communion spiri- 
tuelle en viatique; voyez l'instruction page 152). 
2) Ne négligez cependant pas la Communion réelle 
(autrement votre Communion spirituelle serait une 
sorte de mensonge; de même que si quelqu'un parlait 
sans cesse du grand désir d'aller vous voir, et ne venait 
jamais, quoiqu'il en eût le temps et l'occasion, etc.). 

32. l'adoration perpétuelle. 

Nous devons, à la solennité de l'Adoration perpétuelle dans 
notre paroisse, montrer une grande ferveur pour y prendre 
part; 

c'est à quoi doit nous engager le désir 

I. de témoigner à Jésus l'honneur et la reconnaissance qui lui 

sont dus. 

a) L'honneur. 

1) L'honneur qu'on rend à un roi (sentinelles devant son 
palais). 

2) Jésus- Christ qui est le roi des rois, nous visite. 

8) C'est pourquoi l'église ne devrait jamais être vide ni 

le jour ni la nuit. 
4) Mais comme cela ne peut se pratiquer, on a institué 

cette dévotion de l'Adoration perpétuelle. 

b) La reconnaissance, l'amour. 

1) Quelle est bien souvent notre reconnaissance pour une 
bagatelle ! 

2) Quel grand bienfait nous accorde J.-C. dans l'Eucha- 
ristie ! 

3) Comme nous devrions l'en remercier jour et nuit! 

II. de témoigner à Jésus la satisfaction ou la réparation qui 

lui est due. 

a) Jésus-Christ est souvent outragé dans la sainte Eucha- 
ristie 

1) par les impies ; 

2) par les fidèles, à cause 

«) de leur indifférence en communiant; 



A LA PREMIÈRE COMMUNION. 359 

ß) de leur manque de respect dans leglise ; 
y) de leurs blasphèmes; 
^) de leur communions sacrilèges, 
b) Que devons-nous donc faire? 

1) Quand une mère a été insultée par un enfant déna- 
turé, l'enfant sage tâche de causer d'autant plus de 
joie à sa mère; donc 

2) comme de braves enfants, nous 

*) prierons pour nos propres fautes, 
ß) pour les fautes des autres, 

y) nous tâcherons de causer d'autant plus de joie à 
Jésus. 

III. de nous procurer des avantages. 

a) Aujourd'hui c'est le grand jour d'audience; 

b) promesses de Notre-Seigneur ; 

c) générosité de Jésus-Christ qui récompensera large- 
ment nos légères peines. 

Péroraison. 

4) Soyons donc zélés pour rendre à Jésus l'honneur qui 
lui revient (ornerles églises, prendre part à l'œuvre des 
églises pauvres, se partager quelques heures d'adora- 
tion, assister aux processions, etc). 

Mais comme nous savons que les louanges ne sont pas 
pures dans la bouche d'un pécheur » (Ecclés. 15, 9), 

2) profitons de la circonstance de cette fête pour nous 
approcher aussi des sacrements (ce qui est également 
nécessaire pour gagner les Indulgences); 

3) assistons ensuite avec piété aux heures d'adoration, 
nous rappelant que, d'après l'Ecriture, nous louons 
Dieu en présence des Anges (Ps. 137. 1). 

33. LA CONFRÉRIE Dû SAINT SACREMENT (l). 

I. Pourquoi a-t-elle été instituée? 

a) Afin de faire une profession publique de notre foi au 
saint Sacrement, et de la fortifier par la dévotion prati- 
quée en commun ; 

(4) Quelques autres esquisses et plans de sermons ayant trait au saint 



3(30 MÉTHODE POIR PRÉPARER LES ENFANTS 

b) pour rendre au Sauveur l'honneur, la reconnaissance 
etc. qui lui reviennent; 

c) pour lui procurer une réparation publique; 

d) pour lui exposer publiquement et en commun nos be- 
soins, et implorer son assistance. 

II. Que devons-nous faire pour atteindre ce but? 

a) Assister avec zèle et piété aux solennités des conféries 
(pourquoi ? — comment ?) ; 

b) recevoir souvent et avec piété les sacrements ; 

c) ne jamais nous conduire d'une manière inconvenante 
en présence du saint Sacrement; tâcher d'empêcher les 
autres de le faire etc.; 

d) tâcher d'engager, par notre bon exemple et nos dis- 
cours, les autres à entrer dans la confrérie. 

34. LE COEUR ET LE LIS. 

On trouve quelquefois une charmante image où l'on voit 
comment un enfant revêtu d'une robe blanche offre son cœur 
à la Mère de Dieu, et celle-ci lui donne en retour un magni- 
fique lis. Il y a là pour vous une double leçon bien impor- 
tante : 

I. Ainsi longtemps que vous conserverez le lis de la pureté, 
Marie conservera vos cœurs. 

a) La pureté plaît à Marie! 

1) Elle était la plus pure de toutes les créatures ; elle 
aurait mieux aimé de ne pas devenir la mère de Dieu 
que de perdre sa pureté ; 

2) sa virginité fut même conservée par un miracle; 

3) depuis lors elle a toujours protégé les âmes pures. 

b) C'est pourquoi conservez la pureté, 
1) car; 

*) elle est un bien très-précieux, qui rend si heureux; 

Sacrement, peuvent être empruntés facilement aux instructions sur la 
sainte Eucharistie, par ex. sur l'Action de grâces, page 200; sur la Prépa- 
ration, page 186 ; sur les Effets de la sainte Communion, page 150 sur 
la Communion indigne. pagelTl (mais cette dernière matière ne doit pas 
être traitée ex professo, le jour de la première Communion). 



A LA PREMIÈRE COMMUNION. 361 

ß) elle est un bien qu'on perd si aisément, 
y) elle est un bien dont la perte est irréparable; 
2) c'est pourquoi : 

a) gardez une haute estime pour cette vertu angéli- 

que, 
ß) veillez sur vos ennemis (extérieurs et intérieurs), 
y) priez (demandez chaque jour cette grâce; recevez 
souvent la sainte Communion « le pain des élus, le 
vin qui fait germer les vierges » (Zach. 9, 17). Mais 
surtout ayez une grande dévotion à la sainte Vierge ; 
car, 

II. aussi longtemps que vous laissez votre cœur à Marie, elle 
vous conservera la pureté. 

a) La dévotion et l'amour de Marie est le meilleur moyen 
de conserver la pureté. En effet 

1) Marie nous montre 

te) quel honneur, quel bonheur c'est de posséder la 

pureté, 
ß) avec quel soin on doit veiller sur elle. (Avec quel 

soin veillait Marie, elle priait, elle se tenait près de 

Jésus! C'est ainsi que nous etc). 

2) Elle nous obtient les grâces nécessaires à cet effet. 

b) C'est pourquoi honorez Marie 

1) par de fréquentes méditations, la récitation du cha- 
pelet etc., 
2; par de ferventes invocations, 

3) par l'imitation de ses vertus. 

Alors Marie protégera votre cœur pendant le cours de votre 
vie comme à l'heure de la mort, et si vous pouvez lui pré- 
senter le lis de la pureté, sans qu'il soit souillé, elle vous 
remettra en retour, des mains de son divin Fils, la couronne 
de la gloire éternelle. 



MLTUOLtE, ETC. 16 



TABLE DES MATIÈRES. 



Avis du traducteur ...... i 

Préface des trois éditions allemandes . . . .m 



Première section. 

Indications pour le catéchiste. 

1. Importance de la première Communion et de l'instruction 

préparatoire à la première Communion . . .5 

2. Recommandations aux catéchistes . . . .12 

3. Quels sont les enfants que l'on doit admettre à la première 

Communion . . . . . .14 

4. Où, quand et en quoi doit-on instruire les enfants pour les 

préparer à la première Communion. . . .16 

o. Manière de donner l'instruction . . . .19 

6. Préparation immédiate . . . . .25 

7. Le jour de la première Communion. . . .35 

8. Après la première Communion . . . .57 

Deuxième section. 

Instructions sur la Suinte Eucharistie. 

Introduction. 59 

1. De la présence de Jésus-Christ dans la sainte Eucharistie . 49 

2. Du saint Sacrifice de la Messe . . . .92 
5. De la sainte Communion . . . , . 149 

Troisième seetion. 

Préparation à la confession générale. 

I. Instruction sur la confession en général . . . 208 

a. La confession générale ; sa nécessité et son utilité . ibid. 



TABLE DES MATIÈRES. 

b. Parties nécessaires du Sacrement de pénitence 

1. L'examen de conscience. 

2. La contrition 
5. Le propos 

4. La confession 

5. La satisfaction . 

IL Instructions pendant la semaine de la retraite 

1. La lin de l'homme 

2. Le péché mortel. 
5. Les suites du péché mortel 

4. Le péché véniel . 

5. L'enfant prodigue 

6. La persévérance. 



36:3 

211 

ibid. 
221 
230 
234 
240 

245 
246 
254 
264 
271 
278 
284 



SUPPLEMENT. 

1 . Quelques allocutions pour le jour de la première Communion. 

2. Plans de sermons pour la première Communion et les solen- 

nités du Saint-Sacrement . 

Avertissement. 

1. Apparition de Jésus-Christ 

2. Fête de la dédicace des églises. 



3. La Transfiguration 

4 Les ornements que portent ceux qui 
Communion . 

5. Demeurez en moi 

6. Le pain de l'âme 

7. Venez et voyez. 

8. La manne 

9. Quatre souhaits 

10. Dons de Jésus-Christ et du chrétien 

11. Zachée 

12. Le don de l'amour 

13. La lumière 

14. Le baptême et la première Communion 

15. Le Sacrement d'amour. 

16. But de l'institution 

17. Qu'a fait J.-C, que devons-nous faire 

18. Un petit bouquet de lleurs 



font la première 



296 

313 
ibid. 

314 

516 
319 

521 

322 
524 
525 
526 
528 
529 
550 
551 
555 
554 
555 
556 
537 
ibid. 



364 TABLE DES MATIÈRES. 

49. L'Arche d'alliance 

20. L'hémorroisse. 

21. Jésus cherché, trouvé et gardé. 

22. La crèche et l'autel 
25. sacrum convivium . 

24. Notre cœur doit ressembler au tombeau de Jésus 

25. Cause de la stérilité de certaines Communions 

26. La première et la dernière Communion 

27. L'image du Sacré Cœur de Jésus 

28. Ce que le Sacré Cœur de Jésus est pour nous 

29. Raison pour et contre la Communion fréquent 

50. Visite au saint Sacrement 

51. La Communion spirituelle 

52. L'Adoration perpétuelle 
55. La confrérie du Très-Saint Sacrement 
54. Le cœur et le lis 



-Christ. 



559 
5i0 
541 
542 
5 45 
544 
545 
54G 
547 
548 
551 
ibid. 
554 
556 
558 
560 



FIN. 



Bruxelles, imp. pontificale de H. Goemaere. 



La Bibliothèque. 
Université d'Ottawa 
Echéance 



Thd Libnxviy 
University of Ottawa 
Date Due 




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APRÛ3199i 
tf MR. 1991 



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BX 2237 .S3351M 1Ö70 





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